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12 avril 2018

Demain tout commence d'Hugo Gélin

avec Omar Sy, Gloria Colson, Clémence Poésy, Antoine Bertrand, Clémentine Célarié

Résumé :
Samuel, la trentaine immature qui multiplie les conquêtes, voit un jour débarquer Kristin, l'un de ses coups d'un soir qui lui laisse un bébé dans les bras, le sien, avant de repartir. Samuel se précipite à Londres pour retrouver la jeune femme, en vain. Il va rester 8 ans sur place, à élever sa fille, Gloria, à l'aide de Bernie, un français établi là-bas. Jusqu'au jour où Kristin réapparaît et réclame la garde de sa fille...




Mon avis :
Voilà encore un film que je n'aurais pas regardé sans les Challenges Seriebox. Mais comme il faisait partie des quelques films à voir pour réussir le top100, je me suis dit que c'était l'occasion de le découvrir et s'il n'est pas un grand film, il m'a fait passer un chouette moment en février.

Bon, si on a vu Trois hommes et un couffin et Kramer contre Kramer, c'est une version des deux, en assez léger, mais cependant touchante. Rien n'est vraiment surprenant dans ce film, ni l'évolution de Samuel qui passe de fêtard et queutard sans responsabilités, qui ne jure que par le sea sex and sun, en père (presque, il ne faut pas exagérer non plus) responsable en un clin d'oeil, ni la bataille pour la garde d'enfant avec une issue assez cousue de fil blanc. Alors si, il y a un petit twist à la fin du film et que je n'avais pas vu venir.

En fait, ce qui rend le film très plaisant à regarder ce sont ses acteurs et les personnages qu'ils interprètent. À commencer Omar Sy qui ne démérite pas son capital sympathie et qui est évidemment très à l'aise dans son rôle de papa gâteau pour qui la vie est un jeu. Son sourire et surtout son rire, sa dégaine, illumine ce film et le duo qu'il forme avec la jeune Gloria Colson est franchement épatant. Car elle est épatante, naturelle, d'une fraîcheur inouïe et elle traverse ce film avec aisance comme si elle était la jeune Gloria (oui le personnage porte son prénom :)) Et le personnage est presque plus mature que celui de Samuel.

Une avec laquelle j'ai du mal c'est Clémence Poésy. C'est assez paradoxal, j'aime bien l'actrice mais en même temps elle m'agace :) Et ce depuis Harry Potter et la coupe de feu. En plus ici, rien n'est fait pour nous la rendre vraiment sympathique avec son rôle à la Meryl Streep française mais qui est loin de l'égaler. Mais bon on n'est pas dans le mélo non plus. Mais voilà, son rôle n'est pas de nous la rendre attachante...

J'ai beaucoup aimé Bernie, le meilleur pote de Samuel. Il dégage beaucoup de sympathie et on voit qu'il est très attaché à la famille.

Je ne connais pas Hugo Gélin dont c'est le 2e long métrage. Il faut dire que la dynastie Gélin est importante et qu'il en est la 3e génération, puisque son père était Xavier, son grand-père Daniel, ses oncles et tantes, Manuel (dont j'étais amoureuse après l'avoir vu dans Les Uns et les autres en 1981 :)), Fiona et Maria Schneider. Sa réalisation n'est pas très surprenante, et elle est même classique de ce genre de film mais, franchement, il sait manier l'art du divertissement et de l'émotion avec beaucoup d'équilibre.

En conclusion, voilà un très joli film qui n'est ni surprenant, ni extraordinaire mais qui sait nous émouvoir et nous faire rire grâce à ce duo épatant formé par le toujours impeccable Omar Sy et sa toute jeune partenaire, Gloria Colson. Le film a très bien marché en France et à l'étranger, alors que les critiques ont été plus réservées.  Ce qui n'ai pas très étonnant. Personnellement, même si je ne me tourne pas forcément vers ce genre de films, j'aime bien en voir de temps en temps. Alors si vous aussi voulez découvrir Samuel et Gloria et savoir si la fourbe (non ce n'est pas vrai, elle ne l'est pas :)) Kristin arrivera à en avoir la garde, regardez-le.

Note :



Le film fait partie du Top 100 de Seriebox
2/5
97/100

et du Challenge Le film de la semaine 2018 de Benji
7/52

11 juin 2017

Monsieur et Madame Adelman de Nicolas Bedos

avec Dora Tillier, Nicolas Bedos, Pierre Arditi, Denis Podalydès

Résumé :
Pendant presque 50 ans, Sarah et Victor se sont aimés, souvent déchirés, parfois quittés, lui est devenu un écrivain célèbre, elle la femme de l'ombre. Le jour de l'enterrement de son mari, Sarah accepte de raconter sa version de la vie de monsieur et madame Adelman à un journaliste...




Mon avis :
Vous avez dû le remarquer, je vais rarement voir des films français au cinéma (mais ça m'arrive). Généralement, j'attends qu'ils sortent en DVD ou qu'ils passent à la télé. Mais c'est là où la promo de Monsieur et Madame Adelman a été très bien faite car j'en ai beaucoup entendu parler à la radio et Ruquier en a fait une pub d'enfer à On n'est pas couchés. Du coup, j'ai eu très envie de le voir dès sa sortie, surtout que j'étais en France à ce moment-là. Et j'ai adoré ce film drôle et touchant, pas exempt de défauts mais porté par une actrice lumineuse et caméléon.

Sarah et Victor sont étudiants quand ils se rencontrent au début des années 70. Lui veut devenir écrivain, elle tombe sous le charme et le poursuit de ses assiduités. Ils vont s'aimer passionnément, lui va devenir un écrivain célèbre, elle le soutenir dans l'ombre, jusqu'à se perdre parfois. La vie va les éprouver, ils vont se quitter, se retrouver, jamais cesser de s'aimer. Quand Victor meurt en 2015, tout le monde se pose des questions sur les circonstances de ce décès soudain. Sarah, le jour des obsèques, décide de raconter sa version de leur vie commune à un jeune homme qui voudrait faire sa biographie...

Avec ce film, ce sont 45 ans de la vie d'un couple qui sont passés au microscope. Une vie avec ses hauts et ses bas, ses joies et ses épreuves et tout ce qui fait qu'on restent ensemble, ou pas. Une histoire assez classique somme toute et déjà vue et revue depuis que le cinéma existe. Alors qu'est-ce qu'il fait que la sauce prend malgré la non originalité du sujet ? Tout d'abord, c'est très ludique et lumineux, en tout cas dans la première partie, on rit beaucoup devant l'acidité de certaines scènes, notamment les scènes familiales, on fond devant le couple Sarah et Victor (même si elle est peu "stalkeuse" avant) et on se prend à rêver que le côté comédie romantique reste de bout en bout.

Mais le film montre que la réalité ce n'est pas que cela, il y a l'usure du temps et les jalousies et si le film accuse un petit coup de mou au milieu, notamment quand Victor est en plein succès et que Sarah en plein doute, c'est intéressant à voir. Et puis la dernière partie est excellente aussi, notamment certaines révélations.

Mais ce qui fait le charme fou de ce film c'est son actrice principale, Dona Tillier. Je suis complètement tombée amoureuse de cette comédienne aux multiples facettes. Je ne la connaissais pas du tout et je savais à peine à quoi elle ressemblait (si, je l'ai vue chez Ruquier). Si bien qu'elle interprète Sarah de façon tellement convaincante à chaque étape de sa vie qu'on ne sait pas très bien si dans la réalité elle a 20 ans, 40 ans, 75 ans. En vrai elle en a 31 :) mais c'est pour dire qu'elle est belle et convaincante à chaque âge (et très bien maquillée). Et son compagnon, Nicolas Bedos, la filme de façon sublime. Franchement, j'espère qu'elle sera nommée aux prochains César, elle est au moins aussi convaincante que Virginie Efira dans Victoria.

J'avoue que je ne connais pas bien Nicolas Bedos, le fils de Guy. Je sais qu'on l'aime ou qu'on le déteste, qu'il peut être très mordant et que c'est un touche à tout, chroniqueur, scénariste, acteur et j'en passe. À chaque fois que je l'ai vu quelque part, je l'ai bien aimé. Dans son film, il passe très bien en personnage écrivain bobo parfois bougon, il n'en fait pas des tonnes et sait s'effacer derrière son personnage, même si finalement on voit qu'il est écrit sur mesure.

Les autres acteurs ont du mal à exister mais il y a quand même Arditi en père pas très sympa (et l'acteur a vieilli !) et Denis Podalydès très bon en psy.

Pour ce qui est de la réalisation, c'est le premier film de Bedos, c'est plutôt bien filmé avec des aller-retours entre le présent (l'enterrement de Victor) et le passé (tout le reste). On a reproché au film d'être bobo parisien, je suis la première que ça crispe quand c'est le cas dans un roman ou un film mais franchement là ça ne m'a pas dérangée car j'étais sous le charme.

En conclusion, si vous cherchez une belle histoire d'amour racontée sur plus de 45 ans, avec des moments de grâce, des révélations et une actrice belle à tomber, lumineuse et qui éclaire ce film de sa grâce, il est fait pour vous. Certes, il n'est pas parfait et à un petit coup de mou au milieu mais franchement, j'ai eu un gros coup de coeur pour lui et j'ai très envie de le revoir. Alors n'hésitez et venez découvrir qui sont Monsieur et Madame Adelman ! Il pourrait même vous surprendre !

Note :
+ +


Le film fait partie du Film de la semaine 2017 de Benji
14/52

15 mars 2017

La La Land de Damien Chazelle

avec Ryan Gosling, Emma Stone, John Legend et la participation de J.K. Simmons

Résumé :
Mia, serveuse à Hollywood et Sebastian, pianiste de jazz, se rencontrent et tombent amoureux. Mais cet amour résistera-t-il à leurs rêves et ambitions, elle qui veut devenir actrice et lui rêve d'ouvrir son propre club de jazz ?




Mon avis :
Dire que j'attendais la sortie de La La Land est un euphémisme ! Depuis des mois, depuis que je savais que cette comédie musicale allait sortir, je trépignais d'aller le voir et enfin, quand il est sorti fin janvier, j'ai pu enfin le découvrir et j'ai adoré !

Je vous avais déjà parlé un jour, je ne sais plus dans quelle chronique, de ce qui faisait mes coups de coeur. Que ce n'était pas forcément les meilleurs films ou livres, les plus aboutis, mais que c'était une lecture ou un film qui arrivaient au bon moment et qui touchaient plus que d'autres. Et La La Land c'est cela, le film qui arrive exactement au bon moment. Alors que la vie est triste, que le monde part en sucette, que nous sommes assaillis d'images anxiogènes, voilà un film qui te donne envie de chanter et danser et voir la vie en couleurs pendant un petit instant. .

Depuis que je suis petite, j'ADORE les comédies musicales ! À la télé, pendant le Ciné-Club ou le Cinéma de minuit (dans les années 70 donc...), j'adorais voir Gene Kelly, Fred Astaire, Cyd Charisse, Judy Garland et plein d'autres nous faire rêver, chanter et danser le temps d'un film, pas forcément très futé mais ô combien réjouissant. Puis il y a eu les films des années 60, West Side Story, La mélodie du bonheur, My Fair Lady et les Opera Rock des années 70 ainsi que les comédies musicales françaises réalisées par Jacques Demy. J'ai pratiquement tout vu (il m'en manque encore) mais j'ai tout aimé.

Autant dire que maintenant, dès qu'il y a une rare comédie musicale qui sort, j'adore la voir. et dès que j'entends une chanson de comédie musicale à la radio, je danse et chante dans la maison, en me faisant moquer par mon cher et tendre époux :D

La La Land n'est sûrement le film qui révolutionne le genre, il s'inspire (des) et rend hommage aux classiques du genre avec brio. Donc rien de bien nouveau sous les sunlights d'Hollywood... Mais c'est un film qui donne la pèche et donne vraiment envie de danser et chanter. Dès le départ, le ton est donné avec une scène d'ouverture vraiment sympa et une chanson qui reste en tête longtemps après avoir vu le film.

Si le film est coloré et joyeux une bonne partie du film, il n'en est pas moins réaliste et montre que la vie n'est pas forcément une comédie romantique ou une comédie musicale. Car La La Land ce n'est pas que des chansons, c'est aussi l'histoire d'un homme et d'une femme qui ont des rêves, des ambitions et qui ne sont pas forcément compatibles avec leur amour. Du coup, le film prend une tonalité douce-amère sur la fin et j'avoue avoir un peu pesté et versé ma larme...

Emma Stone et Ryan Gosling avaient déjà joué ensemble dans Crazy, Stupid Love et ils avaient déjà une bonne alchimie. Et dans ce film, on voit qu'ils ne sont pas danseurs et chanteurs professionnels et cela donne beaucoup de naturel à leur prestation.

J'adore Emma Stone depuis longtemps, depuis Bienvenue à Zombieland. Emma Stone, c'est comme Virginie Efira dont je vous parlais il y a peu, elle illumine les films dans lesquels elle apparaît. Et dans La La Land, c'est encore le cas. Elle est fraîche, solaire, joue bien et sa Mia est attachante, même si elle peut agacer par certaines de ses décisions. Emma Stone a gagné l'Oscar de la meilleure actrice cette année. Personnellement, je l'ai beaucoup aimée dans son rôle mais de là à lui donner un Oscar... Mais tant mieux pour elle, c'est toujours sympa de voir son travail reconnu.

J'aime aussi beaucoup Ryan Gosling, j'ai déjà eu l'occasion de le dire ici plusieurs fois. Je l'aime à la fois dans ses rôles sombres et ses rôles plus légers. J'ai beaucoup aimé sa prestation dans La La Land, presque plus que celle de Stone, car son personnage est très touchant.

J'ai vu beaucoup de gens parler de John Legend, qui joue un musicien dans le film et j'avoue que je ne le connaissais pas du tout. Apparemment, dans la vie, c'est un musicien très connu et réputé, alors shame on me...

J.K. Simmons, qui jouait dans le précédent film de Chazelle, Whiplash, a ici un tout petit rôle secondaire. C'est sympa de le voir faire une apparition.

Donc Damien Chazelle, c'était le très talentueux réalisateur de Whiplash, sorti il y a deux ans et que j'avais vu il y a un an avec cette scène de batterie d'anthologie à la fin. Il récidive donc dans le monde la musique, mais de manière différente avec La La Land et s'en sort encore avec beaucoup de talent. Au point de vue réalisation, le film est peut-être moins jouissif que Whiplash mais il m'a plus touchée. Et apparemment il a touché aussi beaucoup de gens puisqu'il a eu une pluie de récompenses. Mais pas l'Oscar du meilleur film. Et si vous avez suivi, il y a eu un micmac puisqu'il fut annoncé gagnant alors qu'en fait c'était Moonlight (donc je vous parlerai bientôt car je l'ai également vu).

En conclusion, j'ai eu un gros coup de coeur pour La La Land, qui n'est pas forcément le film le plus innovant dans le monde de la comédie musicale, ni dans son histoire mais qui vient au bon moment, qui touche, fait danser, chanter et pleurer. Et franchement, c'est tout ce que je demande :) Et si vous voulez savoir quelle direction les vies de Mia et Sebastian vont prendre, si vous aussi vous voulez chanter et danser sur Another Day of Sun et City of Stars, regardez-le ! Quant à moi, tiens, je vais aller faire quelques pas de claquettes dans ma cuisine ;)

Note :
+ +


Vu en version originale sous-titrée anglais

Le film fait partie du Film de la semaine 2017 de Benji
7/52

03 octobre 2015

While we're Young de Noah Baumbach

Avec Ben Stiller, Naomi Watts, Adam Driver, Amanda Seyfried

Résumé :
La quarantaine, Josh et Cornelia Srebnick semblent vivre heureux, même si professionnellement Josh est au point mort, travaillant sur un documentaire depuis des années et en manque d'inspiration. Leur rencontre avec un jeune couple d'une vingtaine d'années va leur redonner, pour un temps, un coup de fouet bienvenu.



Mon avis :
Après avoir vu plusieurs blockbusters, j'ai eu envie d'aller voir au cinéma un film plus intimiste. Mon choix s'est porté sur ce While we're young réalisé par Noah Baumbach même si son Greenberg, il y a 5 ans, et déjà avec Ben Stiller, ne m'avait pas tout à fait convaincue. J'ai plutôt bien apprécié cette comédie douce-amère sur les affres de la quarantaine, même si elle ne tient pas toutes ses promesses.

Josh et Cornelia Srebnick, la quarantaine, sont mariés, sans enfant dont le manque ne se fait pas ressentir. Mais quand leurs proches amis deviennent parents, ils se rendent compte qu'ils n'ont plus grand chose en commun avec eux. Et professionnellement, tout n'est pas rose pour Josh, réalisateur qui travaille sur un documentaire depuis longtemps et semble manquer d'inspiration. la rencontre des Srebnick avec Jamie et Darby, un jeune couple bobo d'une vingtaine d'années leur redonne une seconde jeunesse et ils passent bientôt tout leur temps ensemble.

Avec While we're young, Baumbach reprend un peu la même recette que Greenberg, à savoir la quarantaine dans tous ses états. Mais là où Greenberg était dépressif (j'avais dit à l'époque qu'il fallait avoir pris son Prozac pour le voir), While we're young joue davantage sur le ton de la comédie dans sa première moitié, pour virer petit à petit sur une note plus douce-amère mais moins intéressante car plus convenue.

J'ai d'ailleurs beaucoup aimé la première partie, amusante et avec ses airs à la Woody Allen (à cause de New York ?) et son étude de moeurs sur les différents couples évoqués dans le film. Mais comme j'ai dit plus haut, j'ai trouvé que ça finissait par s'essouffler petit à petit pour devenir un peu lassant et surtout assez cliché. Surtout dans la façon de vivre du jeune couple, obligatoirement écolo, vintage et nostalgique des années 70. Certaines situations Baba cool/New age un peu lourdingues, notamment un séminaire, m'ont fait lever les yeux au ciel. Clichée aussi l'évolution de la relation entre les quarantenaires et les vingtenaires. Et clichée également la relation entre Josh et son beau-père, forcément teintée d'envie et d'un soupçon de rivalité quand l'un a réussi (le beau-père) et pas l'autre. Mais toutes ces réserves ne m'ont pas empêchée d'apprécier malgré tout l'ensemble car le film reste juste par certains autres côtés et bien joué.

Pour ceux qui ont vu Ben Stiller dans autre chose que des grosses comédies ne seront pas surpris de sa prestation dans ce film. Il y joue ce qu'il sait faire de mieux, le Pierrot lunaire, touchant et attachant, un brin mélancolique mais avec l'humour à fleur de peau.

Naomi Watts se débrouille très bien dans le rôle de l'épouse un peu déboussolée de Stiller. Elle est juste.

Je ne connaissais pas Adam Driver mais il est plutôt convaincant dans le rôle du jeune Jamie, apprenti réalisateur aux dents longues sous ses dehors débonnaires. J'ai trouvé qu'il avait des airs de Keanu Reeves jeune.

Amanda Seyfried est mignonne comme à son habitude et le rôle de la jeune Darby, lumineuse et spontanée, lui va très bien.

Il y en a une qui est habituée aux même rôles, c'est Maria Dizzia qui joue l'amie des Srebnick qui a un bébé. Elle jouait déjà, Penny, la copine enceinte (puis qui avait un bébé) de Piper Chapman dans les deux premières saisons de Orange is the New Black.

La réalisation de Baumbach est honnête, même s'il n'arrive pas à la hauteur d'autres grands réalisateurs de films indépendants ou de Woody Allen.

En conclusion, une comédie de moeurs sur les quarantenaires (et les vingtenaires qui se cherchent également), qui ne tient pas forcément toutes ses promesses sur la durée du film mais qui se laisse mieux voir, à mon avis, que Greenberg, l'autre film que j'avais vu du réalisateur, et dont je garde un plutôt bon souvenir deux mois après l'avoir vu. Et si vous voulez savoir comment évoluera la relation entre les Srebnick et leur jeune couple d'amis et si Josh arrivera à terminer son documentaire un jour, regardez-le.

Note :



Il fait partie du Challenge Le film de la semaine 2015 de Benji
28/53

18 juin 2015

Il était temps de Richard Curtis

Titre original : About Time
avec Domhnall Gleeson, Rachel McAdams, Bill Nighy

Résumé :
Le jour de ses 21 ans, Tim Lake apprend par son père que les hommes de sa famille ont la possibilité de voyager dans le temps, mais ne peuvent intervenir que sur le passé et leur propre vie. Quand Tim rencontre Mary, il va mettre tout en oeuvre pour que leur vie soit parfaite mais cela ne lui épargnera ni les épreuves ni les chagrins...


Mon avis :
Je n'avais absolument pas entendu parler de ce film à sa sortie (novembre 2013) et ce n'est qu'en lisant l'un de mes magazines ciné (avec des mois de retard) que j'ai lu un papier dessus. Voyages dans le temps, comédie romantique anglaise, Bill Nighy, c'était pour moi un cocktail gagnant :) Et comme il faisait partie des Challenges Seriebox, je me suis dit que ça me ferait un petite soirée ciné sympa. Et je dois dire que j'ai énormément aimé ce film qui tient à fois du film romantique et de la chronique familiale comme les Anglais savent si bien les faire...

Tim Lake est un jeune homme assez gauche qui ne sait pas trop comment s'y prendre avec les filles et quoi faire de sa vie. Le jour de ses 21 ans, son père lui apprend que les hommes de la famille peuvent voyager dans le passé mais ne peuvent interférer que sur leur propre vie. Après un réveillon de Noël désastreux, Tim décide de prendre sa vie en mains, il rencontre la jolie Mary et va s'appliquer à ce que leur vie soit la plus parfaite possible, quitte à s'y reprendre plusieurs fois. Mais son don ne pourra rien contre certaines épreuves...

Je tiens à vous prévenir tout de suite, l'aspect voyage dans le temps n'est finalement qu'accessoire. Il s'agit avant tout d'une comédie romantique et familiale douce-amère sur la vie avec ses hauts et ses bas. Et c'est toujours un plaisir de voir comment les Anglais arrivent à faire de jolis films avec de petits riens. Le temps qui passe, les gens qui se rencontrent, se marient, font des enfants, la routine, les parents qui vieillissent et qui partent un jour... rien de bien folichon à priori et du vu et revu mais sous l'oeil de Richard Curtis cela donne une histoire tendre et émouvante et qui a su totalement me convaincre.

 Le fait que Tim puisse revenir dans le temps et modifier certaines choses est la cerise sur le gâteau, l'élément qui permet de voir certains événements se dérouler de différentes façons (et de façon hilarante parfois, je pense notamment au choix du témoin lors du mariage) et de donner une deuxième voire troisième, quatrième etc... chance à notre héros.

Si l'histoire se focalise beaucoup sur l'histoire entre Tim et Mary, le plus bel aspect en est la relation père-fils entre Tim et son père. Les moments où ils sont ensemble dégagent énormément d'émotion, surtout sur la fin et j'ai trouvé magnifique leurs échanges. C'est pour moi, le gros plus de ce film.

Bon il faut dire aussi que le père est joué par Bill Nighy, et je pense que c'est l'acteur anglais que je préfère. J'aime de nombreux acteurs britanniques mais je trouve que Bill Nighy dégage quelque chose de très classe dans sa façon de jouer et j'adore le voir à l'écran. Et ici, il est tout ce qu'un fils peut souhaiter avoir comme père, un homme compréhensif, émouvant et doté d'un humour très British.

Domhnall Gleeson (sympa à écrire le prénom !) est le film de Brendan Gleeson. Et qui est Brendan Gleeson me direz-vous ? Bah c'est l'acteur qui, entre autres, jouait Maugrey Fol Oeil dans les Harry Potter ! Et Domhnall y jouait lui Bill Weasley (mais je ne l'avais pas reconnu avant de lire l'info sur internet). Domhnall a un physique assez particulier qui m'a beaucoup fait penser à Luke Newberry de In the Flesh et qui convient très bien pour le rôle de Tim, ce garçon un peu falot, timide et gauche qui va s'employer à réussir sa vie grâce à son pouvoir. J'ai beaucoup aimé le personnage et l'acteur.

Décidément Rachel McAdams est abonnée aux rôles de femmes de voyageur dans le temps et au mot temps dans les titres ! :) Car elle l'était déjà dans le mauvais Hors du temps tiré de l'excellent The Time Traveler's Wife. J'aime bien cette actrice même si elle n'est pas exceptionnelle et ici elle apporte beaucoup de charme à l'histoire. À noter qu'on la retrouvera très bientôt dans la saison 2 de True Detective.

À noter que c'est Lindsey Duncan qui joue la mère de Tim, actrice que l'on a pu voir notamment dans Merlin, Black Mirror et Sherlock.

On ne présente plus Richard Curtis, réalisateur de Love Actually et de Good Morning England et scénariste de Quatre mariages et un enterrement et de Coup de foudre à Notting Hill (et de Mr Bean mais on va oublier ;)). C'est dire s'il maîtrise ce genre de films et il nous livre sa comédie anglaise clé en mains sans bavure. Et ce n'est pas péjoratif quand je dis ça, ça veut dire que sa recette marche super bien avec ce petit quelque chose qui fait qu'on accroche instantanément à l'histoire. Et la bande-son est très sympa.

En conclusion, une comédie anglaise pleine de charme et de tendresse avec juste ce qu'il faut d'humour britannique et d'excellents comédiens, notamment Bill Nighy et Domhnall Gleeson. Et si vous voulez savoir comment Tim Lake arrivera à modifier sa vie sans trop en payer les conséquences, voir la relation qu'entretient le fils avec le père et passer un très bon moment de cinéma, regardez-le.

Note :



Vu en version originale sous-titrée VO

Ce film fait partie du Mini Challenge Romance de Seriebox
1/12
15/50

et du Challenge Le film de la semaine 2015 de Benji
21/53

23 septembre 2014

Le rôle de ma vie de Zach Braff

Titre original : Wish I Was Here
avec Zach Braff, Kate Hudson, Mandy Patikin

Résumé :
À la suite de la maladie de son père, Aidan Bloom, un comédien raté, cherche un sens à sa vie...






Mon avis :
J'aime beaucoup Zach Braff que l'ont connaît surtout pour son rôle de JD dans les 9 saisons de la comédie médicale Scrubs (enfin il a joué dans 8 saisons et quelques épisodes de la 9e pour effectuer la transition) et pour son premier film en tant que réalisateur, Garden State, sorti il y a déjà dix ans et que j'avais beaucoup aimé. Aussi quand j'ai appris qu'il sortait un nouveau film et que je serai en France à ce moment-là, j'ai été ravie et je dois dire que j'ai beaucoup apprécié cette comédie douce-amère.

Aidan Bloom est un comédien qui a du mal à percer et dont les rares cachets ne permettent pas de faire vivre sa famille. Pour lui permettre de réaliser son rêve, c'est sa femme qui fait bouillir la marmite et son père qui paie les frais de scolarité de ses enfants dans une école juive huppée. Mais quand son père tombe malade et ne peut plus assurer ces frais, Aidan doit se remettre en question, essayer de sauver son couple qui commence à battre de l'aile et de réconcilier son frère et son père avant qu'il ne soit trop tard...

Le rôle de ma vie est un film à l'image de son acteur/réalisateur, tendre, amusant, émouvant et sincère. C'est le film indépendant par excellence, loin des codes formatés d'Hollywood, un joyeux fourre-tout (sans connotation péjorative) où Zach Braff y a mis ce qui lui tenait à coeur, la difficulté de vieillir et de sortir de l'adulescence (vous savez, ces adultes qui sont encore de grands enfants :)), l'importance de la famille, la poursuite des rêves, le tout avec énormément d'humour, malgré la tonalité triste de certains thèmes abordés, comme la maladie, voire la mort, ou les difficultés financières. Si on a la gorge nouée par moments (on peut même verser sa petite larme), le film n'est jamais plombant et garde même une certaine légèreté. On sourit beaucoup (notamment lors de passages dans l'école juive des enfants), on rit souvent.

 Zach Braff s'est taillé un rôle sur mesure dans ce film, Aidan Bloom est dans la lignée de John Dorian de Scrubs et Andrew de Garden State, un personnage un peu lunaire, qui imagine ses rêves et pense pouvoir les vivre, jusqu'à ce que la réalité le rattrape et lui fasse comprendre que hé il faut grandir un peu ! Il n'est donc pas super original dans ce rôle mais il est très bien.

Les autres acteurs sont également très justes. À commencer par les enfants, la jeune Joey King qui est formidable dans ce film dans le rôle de la fille d'Aidan et le petit Pierce Gagnon que l'ont vient de voir dans Extant, une série télé avec Halle Berry sur CBS et qui avait déjà un rôle conséquent dans Looper. Mandy Patikin (Saul dans Homeland) est impeccable comme à son habitude et Kate Hudson joue le rôle pas évident de la femme qui doit faire bouillir la marmite et avoir la tête sur les épaules. Josh Gad que je ne connaissais pas (il a doublé Olaf dans la version américaine de La reine des neiges) joue le frère d'Aidan et c'est assez savoureux de voir que des deux, c'est Aidan qui semble le plus mature dans la fratrie...
Donald Faison, le fidèle d'entre les fidèles, joue un petit rôle dans le film de son pote tout comme Jim Parsons (ZE Sheldon Cooper de The Big Bang Theory) a un petit rôle également.

La réalisation de Zach Braff est sympa, la BO également, il a y quelques petites longueurs de ci de là mais rien de bien méchant.

En conclusion, un joli film tendre et émouvant mais avec énormément d'humour, qui vous fera passer un bon moment si vous aimez ce genre de films doux amers. Zach Braff confirme son talent à raconter des histoires et j'espère ne pas avoir à attendre encore 10 ans pour le retrouver en réalisateur. Et si vous voulez savoir ce que fera Aidan Bloom pour trouver "le rôle de sa vie" et quel rôle joue la Swear Jar (le bocal où l'on met des sous quand on jure) qu'il tient dans ses bras sur l'affiche, regardez-le !

Note :



Vu en version originale sous-titrée

Ce film fait partie du Film de la semaine de Benji
24/52

02 septembre 2014

New York Melody de John Carney

Titre original : Begin Again
avec Keira Knightley, Mark Ruffalo, James Corden, Adam Levin

Résumé :
Greta et son ami Dave, tous deux compositeurs et chanteurs anglais, viennent à New York pour y vivre de leur musique. Mais le succès tourne la tête de Dave et voilà Greta prête à rentrer à Londres. Son ami Steve la persuade de venir chanter dans un bar. C'est là qu'un ancien producteur devenu alcoolique la remarque et lui propose de la lancer...


Mon avis :
Un film sur New York, la musique et des critiques qui promettaient une comédie romantique fraîche et pétillante, il n'en fallait pas plus pour que je me précipite le voir au cinéma. Mais si j'ai apprécié ce joli film, je ne l'ai pas trouvé non plus exceptionnel.

Dave et Greta partagent tout dans la vie, leur amour et leur musique. Mais quand ils débarquent à New York, où Dave va entamer une carrière solo, Greta tombe vite de haut. Dave a la tête tournée par le succès et une attachée de presse et la jeune femme se décide à rentrer à Londres. Mais la veille de son départ, un ami, Steve, la persuade de le suivre dans un bar où il se produit et de chanter l'une de ses compositions. Charmée par ses chansons et sa fraîcheur, Dan, un ancien producteur devenu une épave alcoolique, décide de la prendre sous son aile et de produire son premier album de façon tout à fait originale...

Si vous vous attendez à une comédie romantique classique, voire à une comédie romantique tout court, passez votre chemin. Car de romance il y en a vraiment très très peu et ce n'est pas vraiment le sujet du film. Oh bien sûr, on a droit à quelques petites choses, des drames amoureux, des regards en coin et des réconciliations mais le coeur du film c'est bien la musique et New York et en cela le titre français du film est bien trouvé. D'ailleurs c'est quand le film se focalise là-dessus qu'il devient vraiment bien et pétillant. Cette idée de faire un album dans des conditions live dans les rues ou les parcs de New York ou sur les toits est vraiment très bonne. Et mon petit coeur palpitait à chaque fois que je voyais des endroits où j'étais un an auparavant pour mes vacances :)

Le film en profite pour être légèrement à charge contre l'industrie du disque dont les labels dénaturent certaines chansons pour mieux convenir au marché, ou encore exploitent les jeunes artistes. Cette industrie figée dans un passéisme alors que de plus en plus d'artistes essaient de trouver d'autres moyens, via internet ou les réseaux sociaux, de s'auto-produire, faire connaître et vendre leur chansons.

Si New York Melody est un joli film, force est de reconnaître qu'il y a quelques petites longueurs et surtout que les chansons sont un peu mièvres. Quand Greta les chantent avec un groupe, ça va, ça passe, mais quand elle les chante en solo, pfiou c'est assez plat.

Il faut dire qu'avoir choisi Keira Knightley pour jouer le rôle de Greta et interpréter les chansons est un peu à double tranchant. Elle est certes mignonnette mais son jeu est assez forcé (quand elle sourit, on dirait qu'elle grimace, mais d'un autre côté on peut voir qu'elle n'a pas les dents refaites :D) et elle a le charisme d'une huître. C'est une actrice que j'aime plutôt bien mais là franchement, elle m'a moyennement convaincue.

Mark Ruffalo, lui, joue plutôt bien, même si son rôle n'est pas très original, le type qui avait tout pour lui et qui est tombé dans l'alcool, s'est retrouvé seul et qui trouve avec Greta l'occasion de trouver sa rédemption. Les américains aiment beaucoup ce genre de choses ! :)

Celui que j'ai bien aimé c'est Steve, le copain de Greta, joué par James Corden et pas seulement parce que James avait joué Craig Owens dans Doctor Who et était devenu à l'époque, le chouchou des fans. Dans NY Melody, il est toujours aussi sympathique. Et on reverra James Corden dans les mois à venir puisqu'il va jouer dans Into th Woods, un film Disney (mais pas d'animation) sur les contes de fées et qui sortira en fin d'année.

Je ne connaissais pas Adam Levine, chanteur des Maroon 5 (que je ne connais pas d'ailleurs si ce n'est de nom) et je n'ai pas grand chose à dire sur son personnage, pas très original non plus de type qui attrape la grosse tête dès qu'il a un peu de succès.

Pas grand chose à dire sur l'irlandais John Garney dont je n'avais vu aucun autre film (mais j'ai Once dans ma DVDthèque). Il filme bien New York qui est vraiment un personnage à part entière (et le plus intéressant) du film.

En conclusion, malgré mes réserves, c'est un film qui m'a fait passer un joli moment même si j'ai trouvé que Keira Knightley n'était pas tout à fait à la hauteur. Et si vous voulez savoir si l'album de Greta arrivera à voir le jour et à avoir du succès, regardez-le.

Note :
Vu en version originale sous-titrée

Ce film fait partie du Film de la semaine de Benji
21/52

09 février 2014

La vie rêvée de Walter Mitty de Ben Stiller

Titre original : The Secret Life of Walter Mitty
avec Ben Stiller, Kristin Wiig, Shirley McLaine

Résumé :
Walter Mitty est un homme réservé, enfermé dans une vie ordinaire et qui préfère s'imaginer des aventures passionnantes que de les vivre. Amoureux de sa collègue, Cheryl, il n'ose lui avouer ses sentiments. Sa vie prend un tour inattendu lorsqu'il doit retrouver le négatif d'un des photographes les plus secrets mais le plus en vue...


Mon avis :
Quand j'étais petite (enfin pré-ado) dans les années 70 et qu'on pouvait voir des vieux films et des comédies musicales à la télé tard le soir (on n'avait pas de DVD ni même de K7 VHS :)) j'avais vu la première version de La vie secrète de Walter Mitty (je ne sais pas pourquoi ils ont remplacé secrète par rêvée d'autant plus que le titre VO est secret life) avec Danny Kaye, un acteur comique des années 40 et j'avais beaucoup aimé ce film savoureux et amusant. D'ailleurs 40 ans après, il m'en reste encore des images en tête. Aussi quand j'ai vu qu'il y avait un remake avec Ben Stiller (je ne savais pas avant d'avoir vu le film qu'il en était le réalisateur), j'ai eu très envie de le voir et c'est donc maintenant chose faite. 

Walter Mitty, la quarantaine, est un homme réservé travaillant dans les sous-sols du magazine Life au service des négatifs (oui là, les photos sont encore sur pellicule) et amoureux de loin de sa jolie collègue, Cheryl. Sa vie, il préfère se l'imaginer, devenant alors l'homme aventureux qu'il rêve d'être. Mais quand pour sa dernière couverture, le magazine le charge de retrouver le négatif du photographe vedette de Life mais que personne n'a jamais vu, sa vie rêvée devient réalité...

Le film est à l'image de sont acteur/réalisateur, tendre et touchant. Il y a des moments de comédie mais on ne rit pas aux éclats non plus, c'est plus subtil que ça. J'ai beaucoup aimé la première partie, qui montre un Walter Mitty gaffeur et rêveur et où les "rêves" sont plus présents qu'ensuite lorsqu'il prend sa vie en main.  La 2e moitié est très bien aussi,  plus portée sur l'aventure (avec de beaux paysages) mais toujours avec cette poésie qu'on retrouve parfois chez Ben Stiller (pas toujours, hein ! :)) J'ai juste trouvé qu'il y avait parfois des coups de mou au cours du film, ce qui fait que j'ai été moins enchantée que je ne l'aurais pensé. Mais c'est très bien quand même, ne vous inquiétez pas.

Dans le dernier film de Ben Stiller que j'avais vu (Voisins du 3e type), j'avais fait remarqué qu'il vieillissait très bien et c'est encore le cas ici. J'adore cette acteur qui peut jouer aussi bien des gros déconneurs que des personnages plus en nuances. Ici, comme dans Greenberg que j'avais vu en 2010, c'est son côté mélancolique, poète et doux rêveur qui ressort, celui qui ferait le clown blanc dans un spectacle de cirque. J'aime beaucoup cet aspect-là de l'acteur et je dois dire qu'il sert à merveille Walter Mitty et que le personnage et l'acteur ne pouvaient que se rencontrer tant le rôle semble être fait pour lui. Je vois peu d'autres acteurs pour incarner Mitty.

C'est Kristin Wiig qui joue Cheryl, celle qu'il aime en secret et je dois dire que quand j'ai vu la bande-annonce, j'ai cru que c'était Jennifer Aniston en rousse ! ^^ En tout cas, elle joue un rôle fort sympathique, qui sert un peu de faire-valoir au héros mais c'est elle qui va lui donner le courage de prendre sa vie en main.

Shirley McLaine joue ici la mère de Walter, cela faisait bien longtemps que je ne l'avais pas vue dans un film ! Pour les plus jeunes qui ne connaîtraient pas l'actrice, ce fut une des stars de l'Hollywood des années 60 où elle promenait sa bouille mutine dans des comédies (mais pas que) et accessoirement c'est la soeur de Warren Beatty, un des acteurs beaux gosses des années 60-70.

À noter Sean Penn dans un caméo très savoureux. Je n'en dis pas plus :)

La réalisation est assez classique, pas d'extravagances mais des jolis paysages (c'est tourné en partie en Islande, même pour des scènes se passant ailleurs). J'ai beaucoup aimé une scène à un moment quand Cheryl chante Space Oddity (de Bowie) pour booster Walter.

En conclusion, voilà donc un très joli film, peut-être moins onirique et comique que celui avec Danny Kaye mais qui est à l'image de son réalisateur, tendre et plein de poésie. Et si vous voulez savoir si Walter arrivera à conquérir le coeur de la jolie Cheryl et surtout à retrouver le photographe et son fameux négatif manquant, regardez-le !

Note :



Vu en version originale sous-titrée

Ce film a été vu dans le cadre du Film de la semaine de Benji
2/52

10 octobre 2013

Camille redouble de Noémie Loevsky

avec Noémie Loevsky, Samir Guesmi, Yolande Moreau

Résumé :
Camille, la quarantaine, comédienne de second plan (voire de 10e plan !) a vu son mari, Éric, partir avec une femme plus jeune et elle noie son spleen dans l'alcool. Le soir du nouvel an, elle est renvoyée 25 ans en arrière, au milieu des années 80 et a de nouveau 16 ans. Pourra-t-elle changer le cours de sa vie en sachant ce qu'il va lui arriver ?


Mon avis :
Voilà un film que je n'avais pas plus envie de voir que ça mais quand il a été nominé aux derniers César et que j'en ai vu des extraits, je me suis dit que je le visionnerais bien un jour. Alors quand une de mes amies m'a prêtée le DVD, j'ai sauté dessus ! :D Si le film est plutôt sympathique, j'ai trouvé que le film se ramollissait sur la seconde moitié alors que la première était très réussie.

À quarante ans, Camille a raté sa vie professionnelle et privée. Comédienne dans des films de séries B, voire Z, elle a été quittée par son mari, l'amour de ses 16 ans et elle noie sa détresse dans l'alcool. Mais le soir du 31 décembre, elle s'évanouit et se retrouve 25 ans en arrière, en 1986, alors qu'elle a 16 ans, que sa mère est toujours vivante et qu'elle vient de rencontrer Éric, son futur mari. Sachant ce qu'il va lui arriver, arrivera-t-elle à redonner une 2e chance à sa vie ?

Des films où des adultes un peu largués se retrouvent magiquement dans le corps de leurs 16 ans ou, vice-versa, des jeunes qui se retrouvent soudainement adultes, il y en a eu déjà pas mal, à commencer par Peggie Sue s'est mariée, 30 ans sinon rien avec Jennifer Garner, Big avec Tom Hanks ou encore 17 ans encore (un film avec Matthew Perry et Zac Efron, que je n'ai pas vu). Mais je crois que c'est la première fois qu'un film français s'essaie à cet exercice. Du coup, la french touch apporte pas mal de fraîcheur et un humour loin des potacheries américaines.

Franchement, la première partie m'a beaucoup plu. Voir Noémie Loevsky jouer une ado de 16 ans alors que nous la voyons avec son corps d'adulte, la voir redécouvrir cette vie où l'on se cherche avec le recul de ses années vécues est assez jubilatoire et touchant. Il y a des scènes très drôles, d'autres émouvantes et on sent que la réalisatrice a beaucoup de tendresse pour son histoire et ses personnages et a envie de nous les faire aimer.

En revanche, sur la 2e moitié, j'ai trouvé que ça perdait un peu de son intérêt. Une fois que l'histoire est mise en place, qu'on s'est amusés des tentatives maladroites de Camille pour éviter de refaire les mêmes erreurs, on dirait presque du remplissage, dont une histoire avec un professeur qui ne m'a pas passionnée. C'est dommage car si le film était resté sur sa lancée du début, j'aurais vraiment adoré.

L'affiche parle d'une éclatante comédie. Je n'ai pas trouvé que c'était si amusant que ça. C'est même plutôt triste par moments, même s'il est vrai qu'on ri parfois, qu'on sourit souvent. Mais c'est plus l'histoire d'une femme qui fait le constat de ses désillusions qu'un film tagada tsoin tsoin !

J'ai beaucoup aimé Noémie Loevsky en tant qu'actrice. Je l'ai déjà aperçue dans certains films mais jamais dans un grand rôle et j'ai beaucoup apprécié la voir jouer. Elle ne joue pas forcément de façon extraordinaire mais elle le fait avec beaucoup de sensibilité et sa Camille est très touchante.

J'ai découvert Samir Guesmi dans Les revenants et je dois dire que j'étais très contente de le voir dans ce film. Lui aussi n'est pas forcément très juste quand il joue mais il y va franco ! :) J'ai beaucoup aimé le voir jouer, lui l'adulte, un ado de 16 ans un peu couillon ! Ça fait partie des moments amusants du film, le décalage entre les personnages que l'ont voit et ce qu'ils sont censés représenter.

 Yolande Moreau est égale à elle-même dans le rôle de la mère de Camille, c'est à dire très bien.

Les autres acteurs ados sont joués par des jeunes acteurs. On peut reconnaître Vincent Lacoste que j'avais découvert dans Les beaux gosses (c'était son premier rôle) de Riad Sattouf en 2009.

Pas grand chose à dire sur la réalisation de Noémie Loevsky. Il y a des maladresses mais l'ensemble est bon même si comme j'ai dit, ça manquait un peu d'intérêt sur la deuxième moitié. En revanche, il y a un moment qui m'a chagrinée, c'est quand on entend One Day d'Asaf Avidan, une chanson de 2009 et qui n'a rien à faire dans une scène se passant en 1986. Du coup, je me demande si ça ne m'a pas bloquée pour la suite du film ! Sinon, le reste de la BO est sympa puisqu'il y a des tubes des années 80 ! :)

En conclusion, un joli film tendre et doux amer sur une femme qui se cherche et va essayer de réparer sa vie, qui est très bien au début mais qui m'a moins intéressée sur la seconde moitié et c'est un peu dommage car j'aurais voulu l'aimer de bout en bout. Mais dans l'ensemble j'en garde quand même un bon souvenir. Et si vous voulez voir Noémie Loevsky et Samir Guesmi jouer des ados de 16 ans et donner beaucoup de tendresse à leurs personnages, regardez-le.

Note :

05 août 2011

The Trip de Michael Winterbottom

Avec Steve Coogan et Rob Brydon

Résumé :
L'acteur Steve Coogan est envoyé faire un tour gourmet d'une semaine dans le nord de l'Angleterre par The Observer. Sa petite amie lui ayant fait défaut, c'est avec un de ses vieux amis, Rob Brydon, qu'il va entreprendre cette tournée.




Mon avis :
Lorsque j'avais vu la bande-annonce de ce film il y a quelques mois, elle m'avait vraiment plu. Vous savez que je suis fan de 1) séries anglaises 2) films anglais 3) quand ça parle avec l'accent anglais ! ^^ Bref, ce film avait tout pour me plaire. Et il m'a beaucoup plu. Envers et contre tout et malgré ses défauts, je dirais, car il est long et redondant avec deux personnages/acteurs qui passent leur temps à se tirer la bourre à qui jouera le mieux ou fera les meilleures imitations.

Steve Coogan, acteur anglais qui a une bonne notoriété, est envoyé par The Observer pour aller tester des restaurants gastronomiques dans le nord de l'Angleterre. Sa petite-amie Misha étant partie aux États-Unis, c'est un des ses vieux amis, Rob Brydon, qui va l'accompagner. Entre exaspération et complicité, les deux amis vont passer 6 jours ensemble.

C'est un drôle de film, en fait. Étant donné que les deux acteurs principaux jouent leur propre rôle, ce n'est pas facile de démêler la fiction de la réalité. C'est une fiction à n'en pas douter puisque les autres personnages sont joués par des acteurs et ne portent pas leur nom mais Steve Coogan et Rob Brydon sont tellement naturels qu'on a l'impression d'assister en vrai à leur petit voyage gastronomique et à leurs prises de bec.

C'est un film qu'il faut considérer au-delà de ses défauts. J'ai dit plus haut qu'il était un peu long et redondant et c'est vrai. L'histoire se passe sur 6 jours, dans 6 endroits différents et il se passe à peu près la même chose chaque jour : Steve et Rob vont d'un point A à un point B en voiture, s'arrête dans un restaurant (ou hôtel) gastronomique, Steve essaie de téléphoner, souvent sans succès car les portables passent mal et c'est rebelote le lendemain. C'est vrai qu'au bout de 2-3 jours, c'est un peu toujours la même chose.

L'autre chose qui est un peu pénible ce sont les imitations de Rob Brydon. Je ne connais pas cet acteur mais dans le film c'est un humoriste qui fait des imitations et il passe son temps à en jouer. À table avec Steve, chez les parents de Steve, quand il est au téléphone avec sa femme et il n'est pas très bon (bon d'accord, j'ai presque reconnu Hugh Grant !) ou alors il imite des gens dont nous, français, connaissons mal la voix : Sean Connery, Richard Burton ou Michael Caine. Alors une fois, ça va mais quand il fait systématiquement des imitations, ça devient lourd. Je suppose que c'est voulu mais c'est lourd ! :)

Malgré mes réserves, j'ai trouvé que le film dégageait un vrai charme et finalement quand je suis sortie, j'avais super aimé. Il y a des scènes qui m'ont beaucoup plu (par exemple quand ils chantent sur du Abba), On se balade dans la campagne anglaise, on voit beaucoup de bouffe (ne pas voir le film le ventre vide), ça parle avec l'accent anglais et finalement on s'attache à ces deux personnages un peu prise de tête.

Je ne sais pas comment est Steve Coogan, l'acteur (que je n'ai vu que dans le Tour du monde en 80 jours il y a quelques années) mais j'espère qu'il n'est pas comme celui du film ! Le Steve du film est souvent pénible et immature. Il ne supporte pas, par exemple, que Rob ait le monopole des imitations et il essaie toujours de tirer la couverture à lui en voulant faire mieux ! Il veut la plus belle chambre, il veut toujours être le premier. C'est "moi, moi, moi" ! C'est un type qui recherche l'attention mais qui est finalement très seul car il n'arrive pas à s'ouvrir aux autres. Par exemple, avec Rob, il fait toujours comme si ce n'était pas un ami de longue date. Du coup, sa vie est assez triste et on le plaint. Pour en revenir au vrai Coogan, j'ai trouvé qu'il avait un air de ressemblance avec Jack Davenport (Flash Forward, les 3 premiers Pirates des caraïbes) et même sa voix.

Rob, au contraire, est le type même de la joie de vivre ! Heureux sur tous les plans, il fait son show et ne s'aperçoit pas qu'il agace. Jamais un peu ton plus haut envers Steve, alors que moi, je lui en aurais balancé dans les gencives ! J'ai dit plus haut que je ne connaissais pas l'acteur mais Google est mon ami et m'a dit que c'était donc un acteur/animateur/humoriste/imitateur connu en Angleterre. Dans la vraie vie, il est très proche de Coogan.

L'affiche du film représente TRÈS bien les personnages !

La mise en scène n'est pas exceptionnelle, on a de longs plans sur la voiture qui roule au milieu de la campagne anglaise, enfin bon, elle n'est pas mal.

J'ai oublié de dire que ce film est tiré en fait d'une série du même nom qui reprend exactement la même trame. La série fait 6 épisodes de 30 min pour les 6 jours soit 180 min au lieu de 107. Je pense regarder la série pour voir ce que ça donne sur cette durée plus longue. Elle a été diffusée à l'automne 2010.

En conclusion, un film qui a beaucoup de charme malgré ses défauts et qui m'a finalement conquise. Et si vous voulez voir Steve et Rob se tirer la bourre à qui imitera le mieux Michael Caine ou les voir chanter et disserter sur The Winner Takes it all d'Abba, allez le voir !

Note :

07 mai 2011

Mangez-moi d'Agnès Desarthe

Résumé :
Myriam, la quarantaine un peu fracassée, vient d'ouvrir un restaurant, un endroit de bric et de broc appelé Chez moi et qui devient le rendez-vous des gens du quartier qui aiment y retrouver une ambiance chaleureuse et des menus à leur goût. À leur contact, Myriam va retrouver une certaine raison de vivre...





Mon avis :
Sans la Fnac qui m'a offert ce livre quand j'en ai acheté d'autres il y a un an, je n'aurais jamais lu ce délicieux Mangez-moi. Et pourtant, la rencontre a failli mal tourner, tellement ce livre a commencé par m'agacer avec son air à la Gavalda !

Myriam a un peu plus de quarante ans et elle décide de commencer une nouvelle vie. Il y a 6 ans, pour des raisons dramatiques, elle a quitté son mari et son fils pour suivre un cirque en tant que cuisinière. Quand le cirque se trouve obligé de partir, elle décide d'ouvrir un endroit (restaurant étant un bien grand mot) où l'on pourra venir manger tout en se sentant chez soi. Les débuts du Chez moi (c'est son nom) sont difficiles mais grâce à Vincent le fleuriste du coin et surtout à Ben un jeune homme qui l'épaule, le lieu va devenir le coin incontournable des gens du quartier qui vont y trouver de quoi satisfaire leur appétit mais aussi un endroit chaleureux. Grâce à Chez-moi, Myriam va retrouver le goût d'avancer et de passer à autre chose...

J'ai dit en préambule combien j'avais eu du mal à démarrer ce livre, au point d'avoir envie de l'abandonner ! Je n'arrivais pas à l'avancer et, au bout de 30 pages, je l'ai mis de côté pour lire une lecture plus urgente. Quand je l'ai repris, le déclic s'est fait et j'ai finalement beaucoup aimé.

C'est un livre qui a des airs de conte de fée, un peu à la manière d'Ensemble c'est tout d'Anna Gavalda où des gens différents se trouvent et il se passe une espèce de miracle, d'osmose quand ils sont ensemble. Il se dégage alors une chaleur qui fait du bien et donne envie de se pelotonner sur son canapé. Le Chez-moi de Myriam c'est ça

Du conte de fée, il en a aussi les travers. Si tout semble difficile pour Myriam au début, tout semble aussi se résoudre un peu trop facilement quand Ben arrive. Du jour au lendemain, comme ça, Chez moi devient un lieu très fréquenté et qui marche alors qu'il allait à la ruine auparavant. C'est le miracle du conte de fée. J'ai trouvé que c'était donc parfois un peu trop facile. Mais il ne faut pas bouder son plaisir non plus, ce livre est fait de bonheurs simples et tranquilles comme la vie.

Mangez moi n'est pas seulement un livre sur le plaisir de donner du bonheur au gens. C'est aussi un livre triste et parfois sombre sur le passé de Myriam qui a commis des erreurs et en a payé le prix fort. J'avoue que j'ai bien aimé la façon dont elle nous parlait de ce passé, par petites touches avec parfois des non-dits qui nous font deviner ce qu'il s'est passé.

Concernant le personnage de Myriam, j'avoue que j'ai eu un peu de mal avec elle parfois. J'ai bien aimé son côté fantasque et peu pragmatique, prenant la vie comme elle vient mais au début, je la trouvais assez cassante et sèche. Peu sympathique en fait, quand elle est tout seule à tourner en rond dans son resto ! C'est quand les gens commencent à venir qu'elle devient plus agréable. En revanche, j'ai regretté qu'elle ait un coeur d'artichaut dès qu'un mec débarquait ! J'ai trouvé que ça manquait de constance et que ça amoindrissait les sentiments qu'elle aurait pu avoir pour l'un ou l'autre. Idem dans sa vie tout court, en fait.

Concernant les autres personnages, j'ai bien aimé Ben, le jeune homme qui l'aide à s'en sortir. C'est un ange, ce type ! J'ai aussi beaucoup aimé Ali, le fermier.

Le style de l'auteur est peut-être ce qui m'a le moins plu. Du moins au début. J'ai parlé d'Ensemble c'est tout, pour l'histoire mais le style pourrait aussi se rapprocher de celui d'Anna Gavalda dans ce qu'il a de négatif ! Si je n'ai pas accroché au début c'est que, à l'instar de Gavalda, Agnès Desarthe a tendance à balancer des litanies de mots et d'expressions juxtaposées et ça m'agace à un point qu'on ne peut imaginer ! J'ai vraiment failli balancer le bouquin ! Heureusement que j'ai tenu bon car ça s'estompe ensuite mais son style reste sec et sans chichis.  Mais sur certains passages, elle réussit bien à faire passer son émotion.

En conclusion, un livre à lire au coin d'un feu, pelotonnée dans le canapé en sirotant un bon thé et qui, passé les 30 premières pages, a réussi à m'accrocher pour ne plus me lâcher. Et si vous voulez savoir comment Myriam va s'en sortir et faire de son Chez moi un lieu où il fait bon venir et manger, lisez-le !

Note :



Ce livre fait partie du Challenge 26 livres - 26 auteurs de Nanet
4/26

14 janvier 2011

L'Échappée belle d'Anna Gavalda

Résumé :
Lola, Garance et Simon, 3 frère et soeurs décident de quitter brusquement un mariage de famille qui s'annonce fastidieux pour rejoindre leur petit frère Vincent qui est guide d'un château. Là, ils vont, pour quelques heures, se retrouver...






Mon avis :
J'ai un gros souci avec les romans d'Anna Gavalda, c'est que je n'ai jamais retrouvé, dans ses autres romans, la magie qui opéra si bien dans Ensemble, c'est tout.

Ensemble... fut le premier roman que je lus de l'auteur et j'avais été emballée par les histoires toutes simples du livre et son écriture fluide et agréable à lire. Le deuxième livre que je lus d'elle, Je l'aimais, fut abandonné au tiers. Je ne retrouvais pas ce que j'y aimais chez l'auteur et je n'aimais pas l'histoire. Pensant retrouver dans la Consolante, une histoire aussi sympathique que dans Ensemble, je me suis précipitée dessus à sa sortie, pour l'abandonner au bout de 100 pages, je crois. Le style "Anna Gavalda" ne marchait plus avec moi.

Dernièrement, cherchant une lecture courte, j'ai pensé à cette Échappée belle sur lequel j'entendais de très jolies choses et je me le suis procuré. Il faut croire que je suis devenue hermétique à cette auteure car je n'ai vraiment pas accroché à ce livre. Disons que si l'histoire et les personnages sont assez intéressants, le style est vraiment ce qui m'a rebutée !

Garance, Lola, Simon et Vincent sont des frères et soeurs issus d'une famille plutôt bohème. Si Simon a l'air d'avoir plutôt réussi sa vie (affublé d'une femme autoritaire et cassante), le reste de la fratrie semble encore figé dans une sorte d'adulescence dont ses membres ont du mal à sortir...

Un jour où les trois plus âgés (Simon, Lola et Garance), doivent assister à un mariage de famille qui s'annonce plutôt fastidieux et ennuyeux, un ras-le-bol s'empare d'eux, en partie provoqué par l'épouse de Simon, Carine, une femme autoritaire qui passe son temps à râler et critiquer les autres.

Aussi, ils ne font ni une ni deux, plantent là le mariage et décident de rejoindre leur petit frère qui fait office de guide dans un vieux château. Là, ils vont pouvoir oublier leurs obligations pendant quelques heures, faire le point sur leur vie et peut-être tous repartir plein de bonnes résolutions et de bonne volonté...

L'histoire elle-même, bien que peu originale, n'est pas désagréable du tout. Je l'ai même plutôt appréciée, elle est rose bonbon, jolie et se termine bien. Si le livre m'avait plu, j'en serais sortie avec le sourire aux lèvres. De plus le livre est court, 164 pages, et se lit très facilement.

Les personnages, assez clichés malgré tout, m'ont quand même bien plu également.

Je dis "assez cliché" car on a quand même Simon, l'homme qui a suivi la bonne route toute sa vie, a fait un mariage stable, a réussi sa vie professionnelle et rien ne semble le faire dévier de sa route. Et puis, tout à coup, il se remet en question. Ça, c'est vu et revu des dizaines de fois.

Prenez Garance, la narratrice. La trentaine débutante, pas d'obligations, mène une vie de patachon, s'en fout des règles établies et tout à l'air bien dans sa vie, mais éprouve un manque quelque part. Sa rencontre avec un chien lui fait prendre conscience qu'il faudrait qu'elle se pose un peu. Ah bon ? Bon, ça c'est vu et revu aussi !

Lola, la soeur aînée, un peu tête en l'air, s'est mariée jeune, a divorcé, ne sait pas trop où elle va. Ça aussi, ce n'est pas super original !

et enfin le petit dernier, Vincent, presqu'un ado encore, qui aimerait vivre de sa musique mais se retrouve à faire le guide dans un château d'un village perdu et décide au bout de quelques heures (en fait, je crois que c'est un ou deux jours ! ^^) avec sa famille de se prendre enfin en main. C'est pas cliché ça aussi ?

Ah et j'oublie Carine, les pieds sur terre, méprisante envers Garance sa belle-soeur, qu'elle ne comprend pas, casse-pieds, autoritaire, bref la mégère de service. Vu, revu et rerevu !

Et pourtant, j'ai trouvé ces personnages attachants et sympathiques. Ils ont leur fêlures, leurs rêves, leurs déceptions (zut, je me mets à écrire comme Anna Gavalda ! Aïe !) et on aimerait finalement en savoir un peu plus sur eux que les presque 200 pages où nous les accompagnons. Et puis, j'aime beaucoup le prénom de Garance, car cela rappelle un chef d'oeuvre du cinéma, Les enfants du paradis de Marcel Carné, où Arletty portait ce prénom. Bien sûr, maintenant, ce prénom fait assez bobo parisien et ça ne m'étonne pas vraiment qu'une héroïne d'Anna Gavalda le porte...

Mon gros problème avec le roman porte sur le style de l'auteur. Je le trouve trop artificiel. Je suis désolée mais je ne supporte plus ses litanies de mots mis côte à côte pour faire bien, un peu comme j'ai fait au-dessus. Une fois ou deux, ça passe mais quand ça devient systématique, ça en devient insupportable et quand  Garance se met à énumérer la compilation que lui a faite son frère, nous avons droit à la totale et j'ai cru que j'allais pousser des hurlements en balançant le bouquin ! Il aurait été écrit simplement, sans essayer à faire des effets de style, je pense que j'aurais nettement plus accroché à ce roman.

De plus, ses phrases sont toujours très abruptes, voire sèches, on éprouve peu d'émotions à leur lecture. On dirait quelqu'un qui écrit son journal et qui n'est pas pas destiné à être lu par autrui. J'ai souri  une ou deux fois lors de sa  francisation de mots anglais mais là encore, au bout de plusieurs fois, j'ai trouvé cela trop accrocheur, comme si on voulait éprouver une recette qui marche... un peu comme sur TF1 ! ;)

Je ne lis pas vraiment de la grande littérature, vous le savez tous, et bien souvent les livres que je lis ne sont pas des chefs d'oeuvre à ce niveau-là. Mais quand je sors de mes sentiers battus (bit-lit, SF, Thrillers), j'attends des romans que je lis qu'ils soient bien écrits ou bien traduits si ce sont des livres étrangers. Or là, je ne trouve rien de ce que je pourrais aimer dans un style bien écrit. Je sais bien qu'Anna Gavalda écrit de la littérature contemporaine et je ne dois pas m'attendre à y trouver du Jane Austen mais c'est une vraie grosse déception à ce niveau-là.

En conclusion, pour ma deuxième lecture en 2011, je tiens mon premier flop de l'année avec ce roman qui avait tout pour me plaire mais dont le style m'a gâché la lecture mais si vous voulez savoir ce que décideront les 4 frères et soeurs au bout de leurs deux (ou trois ?) jours de bohème, lisez-le !

Note :

30 décembre 2010

Another Year de Mike Leigh

avec Jim Broadbent, Lesley Manville, Ruth Sheen

Résumé :
Sur quatre saisons, des moments dans la vie d'un couple de sexagénaires paisibles, Tom et Gerri. Autour d'eux, leur fils, Joe, leur ami, Ken, venu leur rendre visite quelques jours et surtout, Mary, la vieille fille un peu fofolle qui cherche l'amour et le réconfort...



Mon avis :
On connaît tous Mike Leigh, cinéaste anglais reconnu, Palme d'or à Cannes en 1996 pour Secrets et mensonges et dont le dernier film était un bijou de bonne humeur et de positivité, Be Happy. Aussi, quand est sorti Another Year pendant les vacances de Noël, j'ai eu envie d'aller le voir, surtout que les critiques en disaient le plus grand bien et qu'il avait injustement oublié au dernier palmarès de Cannes.

Dans Another Year, Mike Leigh nous compte la vie de Tom & Gerri (ça fait rire aussi dans le film ! ^^), un couple de sexagénaires ou pas loin, qui mène une vie tranquille à Londres, elle médecin psychologue, lui géologue et qui cultive ses légumes dans la campagne anglaise tout en vivant entouré de  fils, Joe, le fils, Mary, la copine cinquantenaire, délurée et solitaire ou Ken un ami de longue date, entre autres...

Sur quatre saisons, ce sont des tranches de vie de tous ces gens qui nous sont offertes, leurs espoirs, leurs chagrins, leurs réussites ou leurs défaites toujours sous l'oeil bienveillant et parfois amusé de Gerri et Tom. Oeil qui va se faire plus critique quand Mary s'amourache de leur fils...

Je dois dire que si le film est de très bonne qualité, il n'en reste pas moins assez lent et parfois ennuyeux. Il n'y a pas de véritable histoire ou de fil conducteur. On assiste à des scènes plus ou moins longues, plus ou moins intéressantes mais sans qu'il ne se passe jamais vraiment rien.

Je ne veux pas descendre le film car il m'a plu malgré tout mais franchement, il n'est pas original pour un sou. Des films britanniques de cette veine, disséquant la vie des anglais moyens, il y a eu bien souvent et on se dit que Mike Leigh ne s'est vraiment pas foulé sur ce coup-là ! Il a fait ses devoirs comme un grand et en grand qu'il est mais ça ne va pas plus loin. Ses acteurs impeccables mais sa mise en scène est classique et on passe plus de 2h à regarder des gens parler en prenant du thé dans la cuisine ou Tom et Gerri faire pousser gentiment leurs légumes dans la belle campagne anglaise. Désolée mais j'ai nettement préféré la campagne de Stephen Frears dans Tamara Drewe !

En revanche, les acteurs sont tous formidables, ont tous des "gueules" et c'est la grande force du film.

La meilleure étant Leslie Manville qui joue le rôle de Mary, la copine un peu fofolle de Gerri. Elle est extra ! C'est un personnage  complètement à l'ouest, tout en nuances et en déchirures, qui donne à penser que tout va bien pour elle, qu'elle a la belle vie en étant célibataire, puis, on s'aperçoit que tout n'est pas si rose que ça. La pauvre Mary est bien pathétique parfois et l'on aurait envie de se moquer gentiment parfois de son insouciance, à l'image de Tom et Gerri (désolée je n'ai pas leur nom de famille !) qui la prennent souvent en charge tout en éprouvant une espèce de commisération amusée envers elle... Mary qui a le béguin pour Joe, le fils de famille...

Le ciment du film, Gerri et Tom, donc, sont moins percutants mais tout aussi bons dans leur couple tranquille qui dure depuis des années et donc on sent qu'une grande complicité les rapproche. Ils ne font pas de vagues et seraient d'ailleurs assez ennuyeux (les gens heureux n'ont pas d'histoires...) mais ce n'est pas le cas.  Ils portent un regard amusé sur tout ce qui les entoure et font preuve de beaucoup d'humour. Pourtant, je n'ai pas grand chose à en dire.

Le fils est assez quelconque mais gentil et avec de l'humour également mais j'ai trouvé très étonnant que Mary ait le béguin pour lui ! Il est aussi très bien interprété.



Je passe sur les autres personnages qui sont aussi très bien joués notamment Ken, le copain de Tom et Ronnie, le frère son frère (à Tom).




En conclusion, un bon film, bien sûr, et qui ravira ceux qui aiment ce genre de cinéma un peu lent et contemplatif et si vous voulez savoir si Mary s'en sortira ou si Tom et Gerri réussiront à faire pousser de beaux légumes dans leur petit lopin de terre, allez voir ce film !

Note :



Vu en version originale sous-titrée