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28 juin 2015

Les vacances d'un serial killer, Mémé Cornemuse tome 1 de Nadine Monfils

Résumé :
Alfonse Destrooper espère passer des vacances tranquilles en famille sur la mer du Nord. Mais c'est sans compter sur les impondérables qui viennent lui pourrir la vie et notamment Mémé Cornemuse, la mère de sa femme, qui a décidé de s'improviser Calamity Jane...





Mon avis :
C'est Lisalor qui m'a fait découvrir Mémé Cornemuse au gré de ses chroniques et m'a donné envie de découvrir cette grand-mère indigne. Aussi quand Mypianocanta a voulu me récompenser pour être une fidèle de son blog, j'ai choisi ce premier tome que j'avais envie de lire. Et malheureusement, la rencontre n'a pas été concluante car je ressors vraiment très mitigée de ce roman à l'humour trash et argotique.

Alfonse Destrooper, le roi de la boulette sauce lapin, est impatient de partir en vacances à Blankenberge en mer du Nord même s'il doit se traîner sa belle-mère, Mémé Cornemuse, dans une caravane pourrie. Mais les vacances tournent au cauchemar car sa femme et ses enfants le gonflent d'entrée et Mémé Cornemuse décide de retrouver une seconde jeunesse et pour couronner le tout, la petite pension de famille pimpante avec vue sur mer se révèle un taudis tandis qu'un serial killer se balade en liberté dans le coin...

Je dois dire que ma lecture fut assez chaotique. j'ai constamment hésité entre "pff c'est débile" et "hum c'est génial finalement" pour finalement rester sur une impression très mitigée. J'aime plutôt bien les thrillers/polars un peu trash et cash (comme le Bourbon Kid), mais là, le côté franchouillard (ou plutôt l'équivalent pour les Belges :)) a eu un peu raison de moi. Certains ont comparé (dans les commentaires sur Bibliomania il me semble) le livre à un San Antonio. Je n'ai jamais lu de San Antonio, mais je veux bien le croire et je me dis que ce genre de roman n'est pas vraiment fait pour moi.

On a donc affaire à une sorte de famille Bidochon (c'est marrant parce qu'en BD, ça ça passe bien :)) en vacances et avec tous les clichés de ce genre de famille. On se croirait dans un talk show ou un reportage un peu voyeur comme l'émission Strip Tease qui passait sur France 3 ou encore le Jerry Springer Show. Alors ça a des côtés amusants mais ça fatigue bien vite.

Le côté polar (pas le moteur principal de l'histoire) est marqué par des morts qui tombent comme des mouches. Certains tuent sans aucune morale et en toute impunité et même avec une joyeuse insouciance. Il faut reconnaître que c'est parfois drôle.

Je n'ai réussi à m'attacher à aucun personnage (il faut dire aussi qu'aucun n'est vraiment attachant) mais Mémé Cornemuse est assez savoureuse. Une sorte de Tatie Danielle trash et joyeusement lubrique. Rien que pour elle, j'aurais presque envie de lire la suite de ses aventures.

Alfonse, lui, c'est le beauf par excellence, celui qui se voit beau, sympa et qui ne l'est pas. Pas un méchant mec, non, mais un beauf :)

J'ai plutôt bien apprécié Josette la femme et les enfants, qui sont presque les plus normaux de la famille.

Le style de l'auteure est brut de décoffrage. On est dans l'argot pur et dur et c'est souvent vulgaire. Pas de fioritures même si on peut reconnaître une certaine qualité d'écriture parfois.. En tout cas, ça désarçonne au début, surtout que je ne m'attendais pas à ça. Ce qui m'a un peu gênée c'est que n'étant ni du Nord, ni Belge, certaines références me sont passées au-dessus.

En conclusion, je n'ai pas été convaincue par ce premier tome de Mémé Cornemuse, parce que je crois que ce n'est pas mon genre, tout simplement, et je pense que je ne poursuivrai pas au-delà, même si je serais curieuse de savoir ce que mijote la vieille dame indigne dans ses autres aventures. En tout cas, si vous voulez faire connaissance de la famille Destrooper et de Blankeberge sur mer, sa plage, sa pension Les mouettes rieuses, ses morts, lisez-le.

Note :



Ce livre fait partie du Challenge Thrillers et Polars 2014-2015 de Liliba
qui a passé le flambeau à Canel 
14/8

08 février 2015

L'homme du lac, une enquête du commissaire Erlendur Sveinsson, d'Arnaldur Indridason

Titre original : Kleifarvatn

Résumé :
Le lac de Kleifar ne cesse de baisser depuis quelques années. Un jour, une scientifique découvre un homme qui y reposait sans doute depuis des dizaines d'années. Erlendur Sveinsson et ses collègues vont s'efforcer de découvrir qui était l'homme du lac...



Mon avis :
Cette fois-ci, je n'aurai pas attendu l'automne pour lire mon Indridason annuel. En cette fin janvier, j'ai eu envie de lire un polar qui se lisait bien (et qui pourrait compter pour le challenge de Licorne) et comme j'avais celui-ci sous la main, hop, ni une ni deux, je l'ai sorti de ma Pal (où il n'était pas dedans depuis bien longtemps :)). C'est encore une enquête que j'ai beaucoup appréciée, je suis décidément fan de cette série et de son commissaire bougon.

L'eau de Kleifervatn baisse régulièrement depuis le tremblement de terre de 2000 ayant ouvert des failles. Ce qui a permis de mettre à jour un cadavre dormant là depuis une quarantaine d'années, cadavre dont la mort ne semble pas accidentelle. Qui est ce mystérieux homme du lac ? C'est ce que vont s'efforcer de découvrir Erlendur et ses co-équipiers et leur enquête va les mettre sur les pas des étudiants socialistes islandais, qui, dans les années cinquante, partirent plein d'espoirs faire leurs études en Allemagne de l'Est et se firent broyer par la police politique de l'époque...

Franchement, lire une enquête du commissaire Erlendur est toujours un réel plaisir. Je l'avais dit dans ma dernière chronique, c'est sans surprise, ce n'est pas un thriller où l'on tremble et où c'est gore à chaque page mais c'est toujours super bien très ficelé et intéressant à découvrir, notamment tout ce qui touche à ce pays qu'on connaît bien mal. J'aime beaucoup l'atmosphère qui se dégage de ces romans, notamment le fait que la lumière y soit différente de chez nous puisqu'en hiver il fait pratiquement nuit tout le temps et l'été, pratiquement jour tout le temps (ce qui dans ce tome pèse sur Erlendur qui préfère l'hiver).

Bref, pour en revenir à la partie policière, comme dans les précédents tomes, l'enquête du présent est en lien avec une histoire du passé. Il y a eu celle des organes de la cité des jarres, l'histoire de la femme en vert et du père Noël, c'est maintenant vers celle d'étudiants islandais idéalistes que l'auteur se tourne. Et c'est vraiment intéressant. J'ai beaucoup aimé tout ce qui touchait à cette affaire, notamment l'histoire de Tomas, islandais, étudiant à Leiptzig à la fin des années 50, qui découvre que le socialisme est-allemand assujetti au communisme soviétique n'est pas l'idéal politique auquel il croyait.

 L'enquête du présent m'a plu également. Ce n'est pas une intrigue qui tient en haleine mais elle est efficace et c'est amusant de voir qu'à partir de pas grand chose mais avec beaucoup d'opiniâtreté Erlendur arrive à démêler les fils d'une histoire à priori sans importance.

Outre l'atmosphère et les enquêtes, L'homme du lac parle aussi de la vie de ses personnages, celle d'Erlendur bien sûr qui continue à avoir des relations compliquées avec sa fille, et maintenant avec son fils dans ce tome, dont la vie sentimentale est également compliquée et qui a du mal également à oublier le passé et la mort de son frère quand ils étaient petits. C'est un personnage que j'aime beaucoup même s'il est bougon et pas toujours sympathique. J'aime aussi sa façon d'enquêter comme je l'ai déjà dit.

J'ai trouvé les personnages d'Elinborg et de Sigurdur Oli (avec ces noms islandais, j'ai toujours un peu de mal à savoir qui est l'homme et qui est la femme, donc je note une bonne fois pour toute : Elinborg est une femme et Sigurdur Oli est un homme) un peu plus creusés que d'habitude. Disons qu'on en sait plus sur leurs vies autres que celles d'enquêteurs auprès d'Erlendur.

Le style de l'auteur est toujours agréable à lire, ça se lit vite et j'aime beaucoup. Je ne sais pas comment dire mais j'aime le charme qui se dégage de son écriture et la traduction rend très bien tout ça. Juste une petite précision, "vatn" veut dire lac en islandais donc dire le lac de Kleifarvatn est un pléonasme, même si je comprends qu'en français, ça vienne automatiquement. Bon ce n'est pas grave mais ça m'a fait bizarre (non pas que je parle islandais mais j'y avais passé une semaine en 2001 donc je connais ce mot :)) C'est comme quand on dit la place Maidan à Kiev alors que Maidan (dérivé du turc comme Midan en arabe), veut déjà dire Place...

Bref :) en conclusion encore une enquête très intéressante du commissaire Erlendur et de ses collègues qui se lit très agréablement et qui vous emmènera sur les traces de ces espions islandais ayant oeuvré pour la Stasi ou encore ces étudiants idéalistes qui sont tombés de haut. Et si vous voulez savoir qui est l'homme du lac, lisez-le ! Quant à moi, j'espère bien lire la suite cette année et ne pas attendre un an comme d'habitude.

Note :



Ce roman fait partie du Baby Challenge Policier 2015 de Livraddict
2/20
(1 + 1 joker)

du Challenge ABC 2015 de Nanet
  6/26
 
et du Challenge Fantasy/Thrillers de Licorne,
et ce sont toujours les Thrillers qui sont à l'honneur ce mois-ci
Thrillers
2/2 
6/12

et du Challenge Thrillers et Polars 2014-2015 de Liliba
qui a passé le flambeau à Canel 
7/8

26 septembre 2014

La voix, une enquête du commissaire Erlendur Sveinsson, d'Arnaldur Indridason

Titre original : Röddin

Résumé :
Gudlaugur, portier et Père Noël d'un hôtel, est retrouvé assassiné dans le cagibi qui lui servait de chambre et dans une posture inconvenante. Erlendur est chargé de l'enquête et il s'installe à l'hôtel afin de ne pas se retrouver seul chez lui en cette période de fêtes de Noël...



Mon avis :
Voilà la 3e année que je lis un Indridason pour le Challenge ABC (et sûrement pas la dernière) et 3e année que je le lis à peu près au même moment, en septembre-octobre (je n'ai pas d'explication à part peut-être le fait qu'un polar nordique se lit bien au moment où l'automne arrive :)) Bref, j'ai retrouvé le commissaire Erlendur avec plaisir dans une enquête encore une fois très prenante.

Alors que les fêtes de Noël commencent à battre leur plein et que les clients affluent, un hôtel de luxe est le théâtre d'un assassinat. Un homme nommé Gudlaugur, portier et qui devait officier comme Père Noël au goûter des enfants, est retrouvé mort dans le cagibi qui lui tenait lieu de chambre dans une position pour le moins inconvenante. Le directeur de l'hôtel veut éviter toute mauvaise publicité mais Erlendur chargé de l'enquête n'en a cure et il s'installe à l'hôtel pour fouiner et éviter de se retrouver seul dans son appartement à l'approche de Noël...

Arnaldur Indridason nous offre une fois de plus un roman policier bien ficelé, efficace et prenant. Avec cette nouvelle enquête, pas de mauvaises surprises, mais pas de folle originalité non plus. On reste dans le bon vieux policier à l'ancienne, sans chichis. Mais bien malin qui pourra deviner qui est le coupable ! En tout cas, j'ai apprécié de ne pas avoir des indices gros comme des maisons qui me donnent la solution dès le début du livre.

Comme La femme en vert, l'intrigue principale n'est pas cousue de fil blanc et derrière le meurtre apparemment banal de cet homme se cache une autre histoire qui éclaire sous un nouveau jour la personnalité de la victime (et l'enquête). C'est intéressant, émouvant même parfois. C'est aussi l'occasion de plonger dans les combines de chacun, de mettre à jour la face cachée de cet hôtel et de l'Islande en général. Finalement qu'on soit en France, en Angleterre, aux USA ou en Islande, les affaires sordides sont partout les mêmes !

Dans ce livre, on ne suit pas seulement l'enquête principale mais aussi une 2e affaire, plus en retrait, qui recèle son lot de surprises également, et on approfondit la personnalité d'Erlendur. Dans le livre précédent, on avait appris le drame survenu dans son enfance et dont il porte toujours le fardeau et ici on en apprend davantage ce qui ne permet de mieux connaître l'homme derrière le flic.

Erlendur n'est pas forcément un homme sympathique (il ne s'est jamais occupé de ses enfants, qui le lui reprochent maintenant), il est distant, fatigué, désabusé mais dans La voix, j'ai trouvé que son côté humain ressortait quand même pas mal avec ses doutes et ses faiblesses et ses espoirs aussi. Je ne veux pas trop en parler car je ne sais pas comment cela va tourner mais j'espère qu'Erlendur va enfin trouver un peu de bonheur... En tout cas, c'est un enquêteur hors pair, opiniâtre (demandez à ceux qu'ils suspectent) et efficace.

Erlendur est accompagné de ses deux acolytes habituels, Elinborg (qui doit, en plus de l'enquête principale et de l'autre enquête annexe, s'occuper du repas de Noël de sa famille) et Sigurdur Oli. Pas grand chose à dire sur ces deux-là si ce n'est qu'ils complètent bien Erlendur.

On retrouve aussi Eva Lind, la fille du commissaire, qui va mieux que dans l'enquête précédente mais qui est toujours bourrée de problèmes, qui en fait rejaillir la faute sur son père (elle n'a pas totalement tort non plus), qui est tantôt touchante, tantôt agaçante.

Pas grand chose à dire sur les autres personnages, non pas qu'ils ne soient pas intéressants mais parce que ça n'apporterait rien à ma chronique et qu'il vaut mieux les découvrir en lisant le livre.

Le style de l'auteur est toujours agréable à lire, les pages se tournent vite, le livre de 400 pages se lit vraiment rapidement.

En conclusion, encore un très bon polar d'Arnaldur Indridason, auteur qui ne m'a jamais déçue jusqu'à présent ! Et si vous voulez savoir qui est la voix du titre et quel rapport avec le meurtre d'un père Noël d'hôtel à quelques jours des fêtes de fin d'année, lisez-le ! Quant moi, je pense évidemment lire la suite, pourquoi pas lors du prochain challenge ABC ? :D

Note :



Le livre fait partie du Challenge ABC 2014 de Nanet
21/26

Il fait aussi partie du Challenge Thrillers et Polars 2014-2015 de Liliba
2/8

et du Challenge Fantasy/Thrillers de Licorne,
puisque ce sont les thrillers qui sont à l'honneur ce mois-ci
Thrillers
2/1

21 septembre 2013

La femme en vert, Une enquête du commissaire Erlendur Sveinsson, d'Arnaldur Indridason

Titre original : Graforpögn

Résumé :
Un cadavre vieux de plus d'un demi-siècle est retrouvé dans les fondations de nouvelles constructions. L'enquête d'Erlendur et son équipe les mène sur les traces d'une famille qui vivait là autrefois...




Mon avis :
L'année dernière, j'avais découvert le commissaire Erlendur avec La cité des jarres. Un polar nordique qui m'avait beaucoup plu. Voulant poursuivre ses aventures, c'est tout naturellement que j'ai inscrit La femme en vert à ma liste du Challenge ABC 2013. Et je dois dire que j'ai passé un très bon moment à lire ce roman policier assez classique mais très intéressant.

Sur un chantier près de Reykjavik, un enfant découvre les ossements d'un cadavre qui semble vieux de plusieurs décennies. Le commissaire Erlendur et son équipe, Elinborg et Sigurdur Oli, peinent à trouver des indices mais remontent jusqu'à une famille qui vécut là pendant la seconde guerre mondiale, famille victime de la misère sociale et de la violence ordinaire...

Ce que j'aime avec ce genre de polars, c'est qu'ils ne ne font pas d’esbroufe. Certains thrillers ou romans policiers se veulent trop malins (oui c'est à toi que je parle L'invisible !) avec des twists censés laisser bouche bée et qu'on a vus venir dès le début et qui ratent donc leur coup. Pas de ça avec La femme en vert. C'est un polar bien classique, une enquête méthodique, pas forcément haletante, mais très intéressante. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde avec ce livre et je l'ai même lu assez vite et je l'ai refermé avec un vrai sentiment de satisfaction. J'ai apprécié, même si la résolution de l'enquête n'est pas forcément surprenante, de ne pas avoir tout deviné.

Il y a trois histoires dans ce roman. L'enquête proprement dite dont je vous ai touché deux mots, l'histoire de la famille en lien avec l'enquête et les vies personnelles de nos enquêteurs.

Je dois dire que les parties sur la famille vivant pendant la guerre m'a beaucoup touchée voire émue. C'est la misère sociale dans toute sa splendeur, la violence conjugale d'un mari envers sa femme et je dois dire que c'est assez sordide.

Quant aux vies de nos flics, elles ne sont pas lui réjouissantes. Que ce soit Erlendur qui gérer sa fille Eva Lind ou Sigurdur Oli sa petite amie.

Après avoir lu deux livres d'Indridason, je dois dire qu'il donne une image assez glauque de l'Islande. Quand j'avais visité ce pays, j'en avais eu une vision assez idyllique avec ses paysages magnifiques et sa capitale toute tranquille et sympa. Il faut croire que la vie quotidienne n'est pas si reluisante que ça ! :)

Ce livre est l'occasion d'en apprendre davantage sur le commissaire Erlendur, ce flic désabusé mais coriace. Que ce soit un pan de sa jeunesse ou son passé conjugal raté, c'est l'occasion de le découvrir un peu plus, de voir l'homme derrière le flic. Il n'est pas forcément sympathique mais de découvrir ses faiblesses, voire ses démons, est intéressant à suivre.

Concernant les autres personnages, je n'ai pas grand chose à dire, soit parce que je ne veux pas en dévoiler trop, soit pas je n'ai rien à dire de plus ! :D

Le style d'Indridason est très agréable à lire. Il est réaliste, prenant et ça n'a pas l'air comme ça mais c'est un vrai page-turner ! :) Comme l'auteur alterne les scènes du présent et celles du passé, on a toujours envie d'en savoir plus et c'est difficile de s'arrêter par moments.

En conclusion, voilà un polar très bien ficelé qui m'a beaucoup plu. Et si vous voulez savoir qui est la dame en vert du titre, lisez-le ! Quant moi, je pense remettre la suite dans ma liste du Challenge ABC de l'année prochaine.

Note :




Ce roman fait partie du Baby Challenge Policier de Livraddict
11/20
(9 + 2 jokers)

du Challenge ABC 2013 de Nanet
17/26

et du Challenge Thrillers et Polars de Liliba
2/8

25 octobre 2012

La Cité des Jarres, Une enquête du commissaire Erlendur Sveinsson, d'Arnaldur Indridason

Titre original : Mýrin

Résumé :
L'inspecteur Erlandur est appelé sur ce qu'il croit être une banale histoire de meurtre mais qui prend un tour plus compliqué quand son enquête le mène sur la piste de secrets enfouis depuis des décennies...




Mon avis :
Cela fait un bout de temps que j'ai ce livre dans ma Pal puisqu'il était déjà inscrit à mon challenge ABC de 2011 ! Mais je n'avais pas eu le temps de lire. C'est maintenant chose faite et je dois dire que j'ai passé un très bon moment avec ce polar nordique de facture assez classique.

Quand l'inspecteur Erlandur est appelé sur une scène de crime, il croit être devant un de ces meurtres "typiquement islandais, un truc bête et méchant". Mais tout se complique quand il mène son enquête et qu'il découvre des secrets cachés depuis des dizaines d'années...

Je ne mets jamais la quatrième de couverture en résumé et ici, je la mettrais encore moins puisqu'elle est erronée !  Non, "les photos pornographiques retrouvées chez la victime ne révèlent pas une affaire vieille de 40 ans" ! Et non "elles ne le conduisent pas à la Cité des Jarres une abominable collection de bocaux renfermant des organes" ! Il y a bien des photos pornos mais elles n'ont rien à avoir avec le coeur de l'histoire, à part révéler le caractère pervers de la victime. Quant à la Cité des Jarres, franchement, ce n'est pas le coeur du sujet même si un des éléments l'est, lui... D'ailleurs le titre original du livre veut dire Marais, pas vraiment Cité des Jarres. Enfin bon...

Il y a quelques années, j'avais vu la bande-annonce du film tiré ce ce livre (écrit en 2000) et elle m'avait bien plu. Mais je n'ai jamais eu l'occasion de le regarder. Mais c'est ce qui m'a donné envie de lire ce livre à l'origine.

Nous avons ici affaire à un polar tout à fait classique dans sa construction et bien ficelé. Un meurtre, une enquête, des secrets et peut-être la découverte du meurtrier. Ce n'est donc pas un thriller haletant avec des retournements de situations toutes les deux pages et il n'y a pas de scènes trop sanglantes. Mais c'est un très bon polar, qui tient la route, qui se lit très facilement et dont on a envie de connaître le dénouement. Surtout que si ce n'est pas gore, il a des choses bien sordides dedans ! :) À commencer par ces secrets révélés, puis par cette cité des jarres ou par la personnalité de la victime.

J'ai juste regretté que le dénouement soit un peu rapide.

Mais j'avoue ne pas m'être ennuyée une seconde à suivre l'inspecteur Erlandur, vieux (enfin bon, la cinquantaine) flic fatigué et archétype de tous ces flics de polars qu'on peut rencontrer. Assez désabusé, vivant seul, ne prenant pas soin de lui, ayant des problèmes familiaux, n'hésitant pas à sortir des sentiers battus pour faire avancer son enquête, il m'a fait penser par certains côtés à Bernie Gunther, le flic de La trilogie Berlinoise de Philip Kerr.

Concernant les autres personnages, pas grand chose à en dire, il y a la fille d'Erlandur, qui lui pose bien des problèmes, son collègue de boulot Sigurdur Oli, assez sympathique au demeurant même si on ne connaît pas grand chose de lui.

L'Islande en arrière plan est presque un personnage à part entière avec sa pluie continue et ses noms imprononçables (rappelez-vous le volcan !). J'ai eu l'occasion de passer une semaine en Islande en juillet 2001 (et c'est marrant parce que l'histoire se passe quelques mois plus tard) et je n'ai pas trop été perdue par les noms de lieux car j'en connaissais certains (comme Keflavik - où se trouve l'aéroport) ou Husavik où je suis allée. En tout cas, cette île particulière ajoute une certaine pesanteur à l'histoire.

Le style de l'auteur est très fluide et agréable à lire.

En conclusion, un très bon polar, pas exceptionnel mais qui vous fera passer un bon moment. Et si vous voulez découvrir quelle est cette Cité des Jarres ou ces secrets mis au grand jour, lisez-le.

Note :



Ce livre fait partie du Challenge ABC 2012 de Nanet
20/26

Et du Challenge Thrillers et Polars de Liliba
7/12

12 mars 2011

Perdre est une question de méthode de Santiago Gamboa

Titre original : Peder es cuestión de método

Résumé :
Un homme empalé est retrouvé près de Bogota. Victor Silanpa, un journaliste de faits divers et détective à ses heures, se lance dans l'investigation afin de découvrir qui a pu tuer cet homme. Cela l'entraîne sur la trace magouilles financières et immobilières orchestrées par des politiciens et des hommes d'affaires véreux. Dans le même temps, Silanpa doit gérer sa vie amoureuse des plus chaotiques...

Mon avis :
C'est toujours délicat de choisir un auteur d'un pays qu'on ne connaît pas. À chaque Destination... c'est le même dilemme : dois-je choisir un livre qui va vraiment me parler du pays en question (comme avec Une saison blanche et sèche) ou dois-je m'en affranchir ? Pour ce qui est de la Colombie, ce n'était pas facile. Soit je prenais un roman historique et je passais à côté de la situation actuelle (les narco-trafiquants, les Farc), soit je prenais un livre sur une histoire contemporaine ancrée dans le présent. J'ai décidé, cette fois-ci, de faire autrement et de découvrir le pays par le biais d'un genre populaire, le polar. J'ai donc découvert ce Perdre est une question de méthode que je me souvenais avoir vu en partenariat un jour sur Livraddict.

À l'arrivée, mon avis sur ce livre est plutôt mitigé. C'est un polar plutôt efficace mais j'ai mis pas mal de temps à le lire, 5 jours pour 346 pages et je n'ai pas plus accroché que ça. Mais je dois reconnaître que j'ai apprécié de découvrir Bogota et ses alentours, même si ce n'est pas reluisant ! :)

Victor Silanpa est un journaliste de faits divers, détective privé à ses heures et dont la vie amoureuse part à vau-l'eau. Sa façon d'exorciser ses démons est une poupée dans la robe de laquelle il glisse des petits mots, des maximes sur le sens de la vie. La découverte macabre d'un corps crucifié et empalé lui redonne un élan qu'il n'avait plus et il va jusqu'à risquer sa vie pour découvrir qui a pu faire cela. Aidé par Estupiñan, un homme qui recherche son frère disparu, il va tomber sur des magouilles politico-financières auxquelles sont mêlés des hommes d'affaires et des politiciens véreux...

Je vous préviens tout de suite, ce n'est pas un roman très gai. Comme l'indique la collection dans laquelle il est édité chez Points, c'est un roman noir et tout l'est dans ce livre. Noire, l'humeur de Silanpa la plupart du temps, noire l'enquête qu'il mène, noirs les bas-fonds glauques dans lesquels il traîne ses guêtres. Tous, gentils comme méchants, ont l'air de traîner des casseroles de spleen et si vous avez envie de rigoler après avoir lu ce livre, c'est que vous avez un moral de Bisounours ! :)

Concernant ma raison première pour avoir lu ce livre, la Colombie, j'en ressors un peu frustrée. J'aurais voulu savoir comment un pays (ou une ville) vit avec la peur des Farc ou des cartels. Certes, les narco-trafiquants ou les rebelles sont évoqués et on sent la peur qu'ont certaines personnes à circuler dans certains coins (les taxis, en particulier) mais sinon, j'ai l'impression que cette histoire pourrait se passer dans n'importe quelle ville sud-américaine. C'est parfois poisseux, glauque, ça magouille de partout mais c'est comme ça dans de nombreux pays et pas seulement la Colombie. De plus, je ne le savais pas avant de le lire mais l'histoire se passe en 1990 et si j'avais su, quitte à lire un polar ou un roman contemporain, j'aurais pris quelque chose qui se passe plus récemment.

Une chose qui m'a vraiment très étonnée, c'est la facilité avec laquelle Silanpa a accès à l'enquête et aux informations ! C'est un journaliste et tout le monde semble le traiter comme un flic !  Il a ses entrées partout, a le droit de tout voir si bien qu'au début, j'ai pensé que j'avais mal compris ! En tout cas, ce n'est pas comme chez nous ! ^^

Sinon, concernant l'intrigue, elle est assez classique, magouilles et compagnie de la part de types véreux qui s'affrontent sur des projets immobiliers. Mais si ça a l'air simple comme ça, j'ai parfois eu du mal à m'y retrouver car je me perdais parmi les noms des protagonistes et je les confondais tous ! :) J'ai mis du temps à différencier l'homme politique du mafieux et de l'avocat ! :) Et je ne vous parle même pas des nudistes (oui oui, il y en a !) !Ce que je reprocherais aussi à ce livre, ce sont ses scènes de coucheries et de sexe pratiquement systématique. J'ai eu parfois l'impression que ça empiétait sur le reste. Apparemment, la plupart des personnages du roman n'ont aucun état d'âme à ce sujet et ont tendance utiliser le sexe pour parvenir à leurs fins...

Le récit concernant l'enquête est entrecoupé d'extraits de la vie du Capitaine Moya, un flic, écrits à la première personne. C'est assez intéressant mais jusqu'à la fin, on se demande ce que ça vient faire là ! À la fin, on sait. Mais ça ne m'a pas vraiment convaincue.

Concernant Victor Silanpa, c'est vraiment un anti-héros ! Il a des hémorroïdes, une poupée (pas gonflable) qui lui sert d'exutoire et qui est comme un doudou, en fait, traîne son chagrin amoureux avec lui mais couche avec la première gamine venue... Cependant, j'ai bien aimé son opiniâtreté à résoudre l'affaire et son amitié avec son ancien rédacteur en chef, Guzman. Bref, son personnage est intéressant mais pas vraiment attachant.

Estupiñan est un personnage sympathique qui se croit à fond dans un film de gangsters ! :D Je l'ai bien aimé car il amène un peu de détente dans tout ce stress ! :)

Les autres personnages ne sont franchement marquants ou séduisants, et sûrement pas Monica, l'amour de Silanpa que j'ai trouvée complétement inconséquente et qui finalement le mène plus ou moins par le bout du nez pendant un long moment. Je ne veux plus de toi mais je couche avec toi alors que je suis avec un autre maintenant, belle morale, madame !

Concernant le style, c'est assez abrupt, sec, efficace. C'est également assez cru. La quatrième couverture cite Lire en disant que ce thriller colombien est un pur moment de bonheur et d'humour... Ouais, nous n'avons pas la même conception de l'humour... ni du bonheur d'ailleurs ! :) En fait d'humour, rien ne m'a fait sourire, à part peut-être Estupiñan.
La quatrième de couverture se trompe également en disant que Silanpa est détective, journaliste à ses heures... C'est complétement le contraire !

Concernant la mise en page, j'ai été surprise de passer parfois du coq à l'âne au sein d'un même paragraphe, c'est assez perturbant car parfois on se demande si on n'a pas loupé un truc !

De plus, à un moment, je ne sais plus qui (Silanpa ?) va voir un film, Le garde du corps. Avec Kevin Coster. Heureusement que l'acteur était précisé car je les trouvais hyper francophiles dans le livre ! :) En France, Le garde du corps est un film de François Leterrier, sorti en 1984, avec Jane Birkin et Gérard Jugnot. Le film dont parle le roman est en fait Bodyguard avec Whitney Houston ! :D

À un autre moment encore, Silanpa écrit un article sur un autre cadavre qui avait été trouvé en Colombie Britannique...  à l'Est du Canada... je me suis demandée tout à coup si je connaissais encore mon ouest de l'est : j'ai traversé le Canada et suis allée en Colombie Britannique qui se trouve à... l'Ouest du Canada ! Quelqu'un s'est emmêlé les pinceaux et ce n'est pas moi ! ^^ Bref tout ça est un peu gênant.

En conclusion, une lecture un peu longuette qui ne restera pas dans ma mémoire mais qui permet de découvrir un peu la Colombie et Bogota. Et si vous voulez savoir qui est l'empalé, pourquoi Silanpa est aussi attaché à sa poupée et qui est le tueur, lisez ce livre.

Merci à Evert pour nous avoir fait voyagé encore une fois !

Note :



Ce livre a donc été lu dans le cadre de notre Destination... Colombie avec Evertkhorus - scor13 - Lynnae - mimi54 - Véro - bambi_slaughter - Lexounet - Iluze - flof13 - Sabbio - nanet - Guillome - Elora - Nelfe