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06 janvier 2017

Lol est aussi un palindrome de Mathilde Levesque

Résumé :
Mathilde Levesque, professeur agrégée enseignant dans un lycée de Seine Saint-Denis, raconte avec humour les dialogues qu'elle a avec ses élèves lors de ses cours.







Mon avis :
Ce sont mes enfants qui m'ont offert ce petit recueil pour Noël et il ne sera pas resté bien longtemps dans ma pal puisque ce fut ma dernière lecture de l'année 2016.

C'est un livre que se lit rapidement, en 30-45 min. L'auteur, en une année scolaire et mois par mois raconte donc les échanges qu'elle a avec ses élèves. Des échanges plein d'humour, car on rit beaucoup, mais sans que ce ne soit jamais moqueur. On sent que l'auteur a de la tendresse pour ces élèves et que ceux-ci le lui rendent.

Chaque mois, elle débute son chapitre par un état des lieux de sa classe, le nombre d'élèves, l'humeur de ces derniers et la sienne. Puis elle donne les bribes d'échanges tous plus cocasses les uns avec les autres qu'elle a eus. Tous ces dialogues sont des perles d'humour. On a envie de tout noter. Si je devais choisir celui qui m'a le plus plu, ce serait très difficile tellement tous sont savoureux.

En conclusion, et parce que je n'ai pas grand chose à dire de plus, si vous voulez vous détendre pendant quelques minutes, rire aux déclarations pleine d'humour, très naturelles et parfois naïves de ces lycéens, et de leur professeur, lisez-le, vous ne le regretterez pas !

Note :

15 septembre 2015

Une semaine avec Marilyn de Colin Clark

Titre original : My week with Marilyn

Résumé :
Colin Clark raconte avec beaucoup de délicatesse la semaine où Marylin Monroe, épuisée par son entourage lors du tournage du Prince et la danseuse à Londres, chercha un peu de réconfort auprès du jeune homme de 23 ans et noua avec lui une relation aussi platonique qu'éphémère.



Mon avis :
Il y a un peu plus de trois ans, j'étais allée voir My Week with Marilyn, un film avec Michelle Williams et Eddie Redmayne, tiré de cette autobiographie, et qui avait été un coup de coeur. Dans la foulée, j'avais acheté ce livre que j'ai laissé dormir dans ma pal. Cette année, j'ai décidé de l'en sortir, et je dois dire que si j'ai largement préféré le film, ce fut une très jolie lecture.

En septembre 1956, Colin Clark, 23 ans, fils d'un éminent historien d'art, est troisième assistant sur le film Le prince et la danseuse dans lesquels jouent Laurence Olivier, qui veut sortir de son image figée d'acteur shakespearien et Marilyn Monroe qui veut prouver qu'elle peut jouer autre chose que les blondes hollywoodiennes écervelées. Mais le tournage est un cauchemar, plombé par les absences et les crises de Marilyn qui est perçue comme une enfant instable par son entourage. Colin est le seul à comprendre la femme seule et perdue, derrière le mythe, et à savoir la réconforter et, pendant une semaine, une idylle singulière va se nouer entre le jeune homme et le monstre sacré.

Colin Clark a tu cet épisode de sa vie pendant plus de quarante ans, même lorsqu'il a sorti un livre sur ses souvenir du tournage en 1995. Pourquoi as-t-il éprouvé le besoin de le révéler quelques années après, je ne sais pas trop. Pas par appât du gain ou par sensationnalisme (surtout qu'il n'y a rien eu de sexuel entre eux, juste un peu de séduction), je pense, mais plutôt pour rendre hommage à cette actrice dont il a su percevoir la fragilité le temps d'un moment.

Clark évoque donc, avec beaucoup de délicatesse et de pudeur, dans ces 199 pages, ce moment de grâce, cette parenthèse enchantée, ce "miracle" comme il l'appelle, qui lui a permis de connaître Norma Jean derrière Marilyn. Ce n'était pas une diva hollywoodienne voulant croquer du jeune anglais par ennui ou un jeune homme s'offrant une actrice mondialement connue, non, c'est la rencontre entre une jeune femme mal conseillée, mal comprise, phagocytée par son entourage, y compris par son tout récent mari, Arthur Miller, qui la considérait comme une enfant, plutôt que comme sa femme, et un jeune homme qui n'est pas un produit de l'industrie cinématographie et qui sait encore écouter. La semaine qu'ils vont passer ensemble (ou plutôt le temps d'un week-end), est ludique, on dirait l'escapade de deux ados voulant s'amuser et je pense que c'est exactement cela que recherchait Marilyn à ce moment-là, sortir de ce carcan étouffant de ce qu'elle représentait et trouver un peu de réconfort sans arrière-pensée. Même si je pense que si Colin n'avait pas été un gentleman, ça aurait pu aller plus loin.

Une semaine avec Marilyn, c'est aussi voir vivre dans l'intimité tous ces grands noms de l'âge d'or du cinéma qui nous ont fait rêver, Marilyn donc mais aussi Laurence Olivier, Vivien Leigh (mon actrice préférée) et bien d'autres. C'est magique ! :)

Colin Clark donne l'image d'un jeune homme bien. C'est quelqu'un de sensible, attentionné et je pense que Marilyn a su reconnaître ces qualités et ne pas en profiter. J'ai trouvé que par rapport à l'impression qu'il donnait dans le film, qu'il était plus ferme en vrai. Il n'hésite pas à remettre les gens (dont Laurence Olivier) à leur place (avec beaucoup de diplomatie quand même), surtout quand à un moment, leur emprise sur la star risque d'être néfaste.

Marilyn, ici, est vue à travers les yeux d'un homme qui l'admire plus que tout donc son image est peut-être un peu faussée, mais on découvre une jeune femme vulnérable et attachante, assez manipulatrice (mais pas méchante) quand même, qui hésite souvent entre être Marilyn et Norma Jean mais qui ne pourrait pas vivre sans être la première et sans vivre sous les lumières des projecteurs et le regard des fans. Il y a d'ailleurs une scène qui montre bien cela lors d'une visite à la bibliothèque de Windsor.

Dans le film, j'avais un peu regretté que Paula Strasberg (épouse de Lee créateur de l'Actor's Studio) soit montrée un peu comme un gourou. Le témoignage de Colin Clark est aussi peu nuancé et on a vraiment l'impression que Paula s'accroche à Marilyn comme une sangsue pour mieux la manipuler. D'ailleurs tout l'entourage de l'actrice est considéré sévèrement par le jeune assistant, ce en quoi il n'avait peut-être pas tort mais j'aurais aimé un peu plus de nuances.

Pas grand chose à dire sur le style (ou plutôt la traduction), ça se lit bien, c'est fluide, c'est à l'image de son auteur, c'est à dire pas tape-à-l’œil et c'est écrit avec beaucoup de pudeur.

En conclusion, même si j'avais de loin préféré le film, j'ai passé un très agréable moment avec ce témoignage très touchant de Colin Clark sur son flirt d'une semaine avec Marilyn Monroe. Un témoignage qui permet de découvrir l'envers du décor derrière les paillettes et les sourires. Et si vous voulez savoir comment s'est passée cette semaine avec Marilyn, lisez-le.

Note :



Il fait partie du Challenge Un genre par mois 2015 organisé par Nathalie
Ce mois-ci : Autobiographie/témoignage
9/12

et du Challenge ABC 2015 de Nanet
  22/26

25 septembre 2014

Au-delà... Grandir après la perte de Sophie Davant

Résumé :
L'animatrice Sophie Davant a perdu sa mère d'un cancer lorsqu'elle avait vingt ans. Une blessure qui ne s'est jamais vraiment cicatrisée. Vingt-cinq ans après, en compagnie du doctor Christophe Fauré et d'autres spécialistes, elle revient sur le processus de deuil dont le sien et la prise en charge des malades...





Mon avis :
Vous vous demandez sûrement ce que fait une chronique de l'animatrice Sophie Davant sur mon blog et à fortiori pourquoi j'ai acheté son livre sorti en 2010 alors que je regarde rarement la télévision (à part les chaînes infos, les reportages/documentaires et le sport) et jamais ses émissions. La raison en est très simple et pour cela il faut que je vous raconte un peu ma vie.

Il y a plus de trente ans, Sophie et moi avons été étudiantes dans la même fac de Bordeaux, dans les mêmes TD d'anglais et nous étions même assises à deux places l'une de l'autre. Je ne pense pas qu'elle se rappellerait de moi mais moi, j'ai toujours suivi son parcours. Donc nous étions en fac ensemble et avions des copains communs. Mais c'était une fille que je trouvais assez lointaine voire hautaine et je ne l'appréciais pas plus que ça. Puis, après mes études, je suis partie 2 ans à l'étranger et quand je suis revenue, elle était devenue présentatrice de la météo sur Antenne 2 (France 2 maintenant), puis a fait la carrière que l'on connaît.

En 2010 donc elle sort ce livre et je m'aperçois qu'elle a perdu sa maman à l'époque où nous étions en fac ensemble et je me suis dit que cette tragédie expliquait peut-être son comportement d'alors. De plus, j'avais aussi perdu ma mère quelques mois auparavant (en 2009) et j'ai pensé que son témoignage m'aiderait peut-être. Mais c'était encore trop tôt pour moi et j'ai laissé le livre dormir dans ma Pal. Cette année, je me suis enfin décidée à l'en sortir et je dois dire qu'il m'a effectivement donné une toute autre image de la Sophie de vingt ans et que j'ai été très touchée par son témoignage.

Dans ce témoignage très digne et plein de pudeur, Sophie Davant se raconte et se dévoile. C'est d'abord une autobiographie sur sa vie, son enfance près de Bordeaux, sa famille, ses études, sa carrière. Carrière qui n'aurait sans doute pas été la même sans le décès de sa maman. Elle explique très bien que cette mort a été le moteur de tout ce qui l'a fait avancer ensuite, les prises de risque, l'envie de se dépasser. Sans sa mort, elle serait sans doute restée dans son cocon à travailler on sait où à Bordeaux. Elle se raconte donc et on découvre une Sophie humaine loin de la jeune fille hautaine que je connaissais.

"Au bout du compte, je me sens seule, dévastée, en mal de protection et de sécurité. Je suis en décalage, déphasée par rapport à l’insouciance de mes copains de fac. Bref, ça ne va pas fort."

On se rend compte alors qu'à l'époque, elle s'est forgée une carapace et je regrette de ne pas l'avoir compris à ce moment-là...

Cette autobiographie est entrecoupée de témoignages plus médicaux. Sophie est allée voir des spécialistes pour savoir comment on accompagnait les malades et leurs familles, de nos jours, ce qu'il en était des soins palliatifs, peut-être pour éteindre cette espèce de culpabilité qui nous étreint tous devant la perte d'une personne chère, "aurait-on pu faire mieux ?"... J'ai aussi beaucoup aimé ces parties-là qui "légitiment" en quelque sorte son témoignage. Cela m'a assez rappelé le livre de Temple Grandin (une autiste devenue spécialiste de la douleur animale) que j'avais chroniqué ici et qui elle-aussi s'appuyait sur des spécialistes pour raconter son parcours et son handicap.

Le livre est bien écrit, on sent la journaliste derrière son écriture simple et sans chichis mais pas simpliste. Certains passages m'ont énormément touchée, notamment et évidemment ceux se rapportant à la mort de sa maman (qu'on ait 20 ans ou 45, la mort d'une mère chérie est toujours une déchirure qui ne se referme jamais vraiment malgré les années qui passent...) et ces années où nous nous côtoyions...

En conclusion, si vous voulez découvrir qui se cache derrière le sourire de télé de Sophie Davant, lisez cette autobiographie et surtout son témoignage touchant qui parlera à tous ceux qui ont perdu quelqu'un de proche...

Note :



Il fait partie du Challenge ABC 2014 de Nanet
20/26


C'est aussi  le livre que j'ai choisi pour le challenge d'Iluze Un genre par mois
Ce mois-ci : Essai et non-fiction
 9/12

05 septembre 2014

Tu vivras, mon fils de Pin Yathay

Titre original :

Résumé :
Les vies de Pin Yathay et de sa famille basculent le jour où les Khmers rouges entrent dans Phnom Penh. Obligés de suivre l'exode qui jettent les habitants sur les routes, ils vont connaître les camps, le travail forcé, la perte de proches. Mais aussi l'envie de survivre à tout prix...



Mon avis :
Ce n'est jamais facile de trouver un auteur commençant par Y pour le challenge ABC. Cette année, j'ai jeté mon dévolu sur cet auteur cambodgien dont le récit m'a fait penser par bien des côtés au livre que j'avais lu pour le Destination... Cambodge, il y a 3 ans, Une enfance en enfer de Maley Phcar. Comme ce livre-là, d'ailleurs, Tu vivras, mon fils est un témoignage poignant sur l'enfer vécu par les Cambodgiens lors de la chute de Phnom Penh et qui m'a beaucoup touchée.

Le 17 avril 1975, la vie douillette de Pin Yathay, ingénieur au ministère des travaux publics, change du tout au tout. Les Khmers rouges font leur entrée dans Phnom Penh et évacuent les quelques millions d'habitants pour faire table rase du passé. Voilà Pin jeté sur les routes avec une grande partie de sa famille proche ou lointaine. Au fil des mois, la maltraitance, les camps, le travail pénible et la faim vont tuer peu à peu ses proches. Deux ans après, Pin Yathay décide de s'évader pour rejoindre la Thaïlande en ayant en tête cette phrase dite par son père avant sa mort, "tu vivras, mon fils"...

Si je voulais faire ma fainéante, je n'aurais qu'à m'auto-plagier et recopier la chronique que j'avais faite alors pour Une enfance en enfer. Car les parcours de Pin Yathay et Maley Phcar sont vraiment similaires. Tous deux ont connu l'évacuation de Phnom Penh, les exactions des Khmers rouges et l'enfer pendant les années qui suivirent. Leur différence est que Pin est un adulte et Maley un enfant et que l'un a réussi à s'échapper et l'autre a attendu la délivrance.

À travers Pin Yathay, c'est la descente aux enfers de tout un peuple qui est raconté. Comment on les a privés de leur religion, de leur identité même. La scène où ils doivent abandonner tout papier mentionnant leur identité car c'est trop "capitaliste" est en soi édifiante et glaçante. Dorénavant, leur vie doit être vouée à l'Angkar, le parti des Khmers rouges et malheur à celui qui s'en détournerait un tantinet, il sera emmené dans la forêt et tué...

Pin Yathay raconte donc cela sans fioritures, la maladie et les privations qui font mourir peu à peu sa famille, lui-même passant tout près de la mort plusieurs fois, les combines pour survivre, le travail forcé et effectué en dépit du bon sens sous la houlette des Khmers rouges endoctrinés et sans éducation dont la mission est de rééduquer ces "Nouveaux" et sa décision de s'enfuir, pour mourir libre s'il échoue. On sait qu'il n'échouera pas puisqu'il a écrit ce livre... Mais son parcours pour en arriver là aura été douloureux et tragique. Tragique lorsque, et excusez-moi mais je vais spoiler, il doit abandonner à l'hôpital-mouroir son dernier fils vivant mais malade pour se donner une chance à tous deux de survivre (et quand il a écrit ce livre, il ne savait toujours pas si son fils avait survécu...), tragique lorsque lors de son évasion, il perd sa femme, Any, dans la forêt (et qu'il ne retrouvera jamais) et tragique encore lorsqu'il se croit arrivé en Thaïlande mais qu'il tombe sur un camp de Khmers rouges (dont il arrivera à s'échapper grâce à son astuce). J'ai souvent eu le coeur serré au fil des pages.

De prime abord, j'ai trouvé Pin Yathay assez arrogant. Comme il avait un bon poste au Ministère, il se croyait plus intelligent que les autres (et plus au courant aussi) et n'a pas senti que l'arrivée des Khmers rouges, qu'il voyait comme une délivrance, sonnait le glas de son peuple. Il croyait que tout allait s'arranger en quelques semaines et a donc pris des décisions catastrophiques pour lui et sa famille alors que son père, par exemple, lui soufflait la voix du bon sens (s'exiler tant qu'il était encore temps). Mais son parcours ensuite est tellement poignant qu'on lui pardonne cet excès de confiance. C'est en tout cas un homme tenace et courageux qui a survécu.

Difficile de parler des autres personnages. D'abord ils sont nombreux, rien que pour la famille, entre les frères, les soeurs, les oncles, les enfants, les cousins, difficile de s'y retrouver sans avoir le tournis. Et ensuite, même si certains sont marquants, il n'y a pas grand chose à en dire. J'ai cependant beaucoup aimé Any, la femme de Pin.

Le livre, ou plutôt sa traduction (il a été écrit en anglais) se lit bien, le style est concis mais arrive à faire passer de l'émotion dans certains passages.

En conclusion, voilà un autre témoignage très réaliste et douloureux sur cette période cruelle du Cambodge et qui m'a beaucoup intéressée. Et si vous voulez savoir comment Pin Yathay a réussi à survivre plus de deux ans dans les camps de "rééducation" des Khmers rouges et à s'enfuir pour retrouver la liberté, lisez-le.

Note :



Il fait partie du Challenge ABC 2014 de Nanet
17/26

28 décembre 2013

127 heures (Plus fort qu'un roc) d'Aron Ralston

Titre original : 127 Hours, Between a Rock and a Hard Place

Résumé :
Le 26 avril 2003, Aron Ralston, un ingénieur de 27 ans adepte d'escalade, part pour une randonnée d'une journée en Utah sans prévenir personne. La randonnée tourne au cauchemar quand Ralston déloge un rocher et tombe au fond d'une crevasse, le rocher lui écrasant la main droite lui interdisant toute échappatoire. Le calvaire va durer 127 heures...


Mon avis :
 Il y a deux ans et demi, j'avais écrit la chronique du film tiré de ce livre, film que j'avais énormément aimé. Du coup, j'avais acheté ce témoignage dans la foulée et il était resté dormir dans ma Pal. Pour ne pas l'y laisser encore plus longtemps, je l'ai inscrit à mon challenge ABC cette année et cela m'a permis de découvrir cette aventure hors du commun du point de vue de celui qui l'avait vécue.

Le 26 avril 2003, la vie d'Aron Ralston va changer brusquement. Jeune ingénieur de 27 ans, c'est un adepte des sports extrêmes et surtout d'escalade en montagne. Ce jour-là, il part pour une randonnée à priori anodine, dans les gorges de l'Utah, sans prévenir quiconque. Si en chemin, il rencontre deux jeunes femmes et lie connaissance, il ne leur dit pas exactement où il se rend. Au milieu de l'après-midi, l'accident stupide survient. Il déloge un rocher, glisse au fond d'une crevasse et le rocher de presque une demi-tonne lui écrase la main droite. Le voilà coincé pratiquement en équilibre contre le mur de la crevasse, avec très peu d'eau et 2 burritos, sans espoir de voir venir rapidement des secours, puisque personne ne sait où il se trouve. Son cauchemar va durer 127 heures à se demander comment pouvoir s'en sortir...

Vous savez combien de jours font 127 heures ? Cela fait 5 jours et 7 heures. C'est donc le temps qu'a passé Aron Ralston au fond de ce trou à survivre et se demander comment s'en sortir. Doit-il essayer de faire basculer le rocher qui pèse pas loin d'une demi-tonne ? Doit-il s'amputer la main ? Et si oui, comment, puisqu'il n'a qu'un canif et quelques sangles pour faire un garrot. Et s'il s'ampute la main comment rejoindre sa voiture ensuite qui est à 8 miles (13 kilomètres) de là où il se trouve alors qu'il sera affaibli ?

C'est donc ce témoignage très fort que nous livre Aron Ralston sur sa survie (oui il a survécu puisqu'il en a écrit un livre) et je dois dire que j'ai énormément aimé tous ces passages-là. Car le type est un sacré battant et a une sacrée constitution ! Si vous lisez le livre, vous serez épaté de voir comment il arrive à survivre avec autant peu d'eau, tout en restant lucide. Comment chaque nuit, il s'attend à mourir et que l'instinct l'emporte sur le découragement. Il y a des passages très émouvants, notamment lorsqu'il s'adresse à sa famille et ses amis face à sa caméra en pensant ne jamais les revoir...

Et puis il y a les passages sur sa vie d'avant. Sa vie de sportif surtout et ça c'est trèèèès long ! Le livre aurait gagné à être plus concis sur cet aspect-là car on a droit à toutes ses escalades depuis son adolescence et comme je ne connaissais ni les lieux, ni vraiment les termes techniques, ça m'a ennuyée et j'avoue avoir lu en diagonale certains passages.

Mais ces passages permettent de montrer que l'accident survenu ce jour-là n'est pas anodin. Ce type est un mélange d'inconscience et d'insouciance ! Combien de fois avait-il déjà échappé à la mort en grimpant des sommets ? Il y a eu la fois où il s'est fait poursuivre par un ours, la fois où il a failli se noyer, la fois où il a réchappé d'une avalanche, la fois où il a failli avoir les doigts gelés. À chaque fois qu'il racontait une des ses mésaventures, ça me faisait grincer des dents et je me disais mais franchement ce type est malade ! Mais cela permet de s'apercevoir que bien souvent la passion l'emporte sur le jugement.

Pas grand chose à dire sur les autres protagonistes de l'histoire qui sont des amis de l'auteur, sa famille et c'est émouvant de voir qu'à un moment, ils vont tout mettre en oeuvre pour retrouver Aron, sans beaucoup d'indices sur son parcours.

Le style de l'auteur n'est pas trop compliqué à lire mais il y a pas mal de termes techniques assez ardus et des noms de lieux à foison et tout ça ressemble un peu à du chinois pour celui qui ne s'y connaît pas. Mais son écriture est très réaliste et on a vraiment l'impression d'être avec lui au fond de cette crevasse...

En conclusion, un très beau témoignage sur le courage et l'envie de survivre un peu parasité par le récit des exploits antérieurs d'Aron Ralston. Et si vous voulez savoir comment il a réussit à survivre plus de 5 jours dans des conditions extrêmes et surtout comment il a pu s'en sortir lisez-le. Et regardez le film qui est encore mieux car plus concis ! :)

Note :



Ce livre fait partie du du Challenge ABC 2013 de Nanet
et c'est ma dernière lecture ! 
26/26

Il fait partie du Challenge Read in English d'Avalon
8
Et du du Challenge 50 États - 50 billets de Sofynet
 31/50
L'Utah fut le 45e état à rejoindre l'Union en 1896. Il se situe à l'Ouest des USA et est le 13e état en terme de superficie. Sa capitale est Salt Lake City. 63 % des habitants de l'Utah sont des mormons. Les paysages de cet état sont très diversifiés, on y trouve des régions désertiques avec du sable, des forêts et des montagne.

11 octobre 2013

Funérailles célestes de Xinran

Titre original : Sky Burial

Résumé :
Chine, 1956, Wen et Kejun, tous deux médecins, se marient. Kejun est envoyé au Tibet où les Chinois y font la guerre et peu de temps après, Wen après la mort de son mari. Décidée à savoir la vérité, elle part à son tour pour ce pays mystérieux et si différent. Elle y restera trente ans, recueillie par une famille de nomades, avant de pouvoir savoir ce qu'il est arrivé à son époux...


Mon avis :
Quelle belle histoire, mes amis, mais quelle belle histoire ! Je voulais lire ce livre depuis que j'ai commencé les challenges ABC il y a 3 ans mais l'édition qu'on trouvait était vraiment trop chère pour un livre de 200 pages. Et puis il est récemment ressorti en poche et j'ai pu enfin me le procurer et je dois dire que ce fut un excellent moment de lecture, triste et dépaysant.

1956, en Chine, Shu Wen et Kejun, deux médecins, sont mariés depuis quelques semaines quand Kejun est envoyé au Tibet. Peu après, les autorités chinoises font état de la mort du jeune homme. Ne pouvait croire à son décès, Wen part sur ses traces et découvre un pays désertique et âpre. Étrangère, ne parlant pas la langue, Wen va vivre pendant des années au coeur d'une famille tibétaine, en apprendre les coutumes, et son opiniâtreté va lui permettre enfin de savoir, au bout de trente ans, ce qu'il est arrivé à son cher époux...

Ce livre n'est pas une fiction mais une histoire vraie, recueillie par Xinran, journaliste à l'époque où elle rencontra Shu Wen et la persuada de lui raconter son histoire. Le fait que ce soit une histoire vécue donne énormément de force au récit, même si on peut supposer que l'auteur a remanié un peu les faits car il y a parfois un côté conte de fée à l'histoire. Pas un conte de fée tout rose avec un happy end, hein mais dans la façon dont Wen traverse les épreuves, retrouve certaines personnes et garde un amour indéfectible envers son époux.

Car c'est avant tout une magnifique histoire d'amour, l'amour qu'une femme porte à son mari et qui va l'emmener dans un pays difficile et méconnu de la plupart des chinois et va pendant trente ans lui donner l'espoir de retrouver son amour disparu. Je dois dire que cette fidélité sans faille est très émouvante.

Ce livre c'est aussi un dépaysement total dans un pays dont on ne connaît rien, sinon qu'il se bat depuis des décennies pour son indépendance et que son leader spirituel, le Dalaï Lama est en exil. Petite anecdote, je ne me rappelais plus que les moines tibétains étaient des lamas et quand, à un moment, un personnage arrive avec un groupe de lamas, je me suis demandé ce que ces animaux sud-américains venaient faire sur les hauts-plateaux tibétains... avant de me rendre compte de ma stupidité ! :D

Dans ce livre, on voyage donc en terre inconnue, dans des terres désolées, dangereuses même à tout point de vue, avec des nomades vivant chichement, ne connaissant pas la modernité (l'étonnement de Wen quand elle se rend compte après tant d'années que d'autres famille nomades vivent avec des objets modernes est édifiante) mais valorisant l'amitié, la solidarité et c'est cela qui va permettre à Wen de survivre. C'est toujours très touchant et émouvant et très intéressant.

La religion bouddhiste tient une grande part dans ce livre. Je n'y connais rien du tout mais j'ai beaucoup apprécié cette incursion dans une religion qui régit la vie de ses habitants.

Et puis il y aussi l'aspect géopolitique avec la guerre contre la Chine, les tibétains qui essaient de résister par tous les moyens mais qui se font broyer par l'appareil chinois. Ce n'est pas l'aspect principal du livre mais la violence entre les tibétains et les chinois est toujours là en filigrane.

Wen (je vous rappelle qu'en Chine, le nom de famille est le premier et le prénom vient en deuxième) est un personnage de femme très attachant. Cette femme éduquée, médecin, va se retouver démunie de tout, vivant des aventures extraordinaires dans un pays dont elle ne connaît rien. Quel courage !

J'ai beaucoup aimé également son amie tibétaine Zhuoma, qu'elle va perdre puis retrouver. L'amitié entre cette femme tibétaine et Wen la Chinoise est assez remarquable alors que leurs deux pays sont ennemis.

J'ai également beaucoup aimé le style de l'auteur qui nous dépayse vraiment, on sent le souffle du vent sur les plateaux tibétains, on souffre avec Wen, on vit au coeur de sa famille d'accueil... J'ai regretté qu'on n'aille pas au bout de l'histoire de Wen tout simplement parce que - spoilers - après son interview, Xinran ne retrouva jamais Wen...

En conclusion, une magnifique histoire qui a su m'emporter, me faire découvrir un pays que je ne connaissais pas et me faire vibrer aux côtés de personnages attachants. Et si vous voulez savoir ce que sont les funérailles célestes du titre (faut avoir le coeur bien accroché !), lisez ce roman court mais percutant.

Note :



D'autres avis sur Logo Livraddict


Ce livre fait partie du Challenge ABC 2013 de Nanet
19/26

30 octobre 2012

Ma vie d'autiste de Temple Grandin

Titre original : Emergence : Labeled Autistic

Résumé :
La vie de Temple Grandin, diagnostiquée autiste et qui a réussit à déjouer les pronostics en arrivant à faire des études supérieures et à faire une carrière internationale comme spécialiste d'équipements agro-alimentaires.




Mon avis :
C'est en voyant un reportage à la télévision (Envoyé Spécial, il me semble), il y a 18 mois, que j'avais découvert cette femme autiste qui m'avait beaucoup plu. J'ai vu ensuite qu'elle avait publié cette autobiographie qui date de 1986. Je me la suis donc procurée dans l'espoir de la lire rapidement mais ce n'est que maintenant que j'ai pu découvrir la vie de Temple Grandin. Une femme admirable qui a su surmonter son handicap, vivre une vie à peu près normale et utiliser son expérience pour améliorer le confort des animaux d'élevage.

Temple Grandin, née en 1947, a eu très tôt un comportement différent des autres enfants. Diagnostiquée autiste à une époque où ce handicap est encore mal connu, elle va arriver à le surmonter, grâce notamment à l'amour de sa mère et à la patience d'un professeur. Ayant remarqué que les "machines à serrer" employées sur les animaux de bétail leur procuraient un certain calme, elle a eu l'idée de l'essayer sur elle puis sur les animaux d'abattage. Grâce à son courage et sa ténacité, elle est devenu spécialiste internationale de produits agro-alimentaires.

Voilà donc un récit très touchant et très instructif sur les mécanismes de l'autisme car vu de l'intérieur sur le combat d'une enfant puis d'une femme pour surmonter ce handicap et en faire un atout professionnel.

Temple Grandin nous raconte donc son enfance ponctuée de colères, de renfermement sur soi, de besoin d'affection sans pouvoir l'exprimer, et l'incompréhension des autres face à ses réactions. C'est attachant, assez triste mais porteur d'espoir puisque l'on voit que les autistes arrivent, avec de l'aide et des stimulations, à mener une vie presque normale.

La stimulation est venue, pour Temple, de cette machine à serrer les animaux, qui lui a procuré un bien fou, même si cette obsession était jugée malsaine par beaucoup (imaginez une jeune adulte à quatre pattes dans une de ces machines et vous voyez le tableau). Mais grâce à cela, elle a pu en faire un atout et son métier. Mais elle explique aussi que ce genre de stimulation ne marche pas sur tous les autistes.

Le livre n'est pas seulement une autobiographie de l'auteur. Il comporte également une approche scientifique de l'autisme (en préface et dans le récit), nous expliquant ses mécanismes, les façons de se comporter avec un enfant autiste, la façon de le soigner. De prime abord, cela semble moins intéressant mais j'ai finalement beaucoup aimé que Temple Grandin nous en parle de cette façon-là car cela nous permet de bien comprendre ce handicap de l'intérieur. En annexe, on trouve des grilles d'évaluation de l'autisme de Temple.

Temple Grandin est donc une personne qui m'a beaucoup touchée, dont j'ai admiré le courage et l'envie de dépasser son handicap.

Mais j'ai aussi beaucoup aimé sa mère, une femme admirable, qui avec tout l'amour qu'elle pouvait donner à sa fille, et sa compréhension, a su l'aider à grandir et à se dépasser. On la sent vraiment aux côtés de sa fille, à un époque où l'autisme était mal connu et où elle aurait très bien pu se reposer sur des instituts spécialisés. Au contraire, elle a toujours veillé à donner à sa fille la vie la plus normale qui soit, même si ce n'était pas toujours facile.

Le livre est bien écrit. En fait, je n'ai pas grand chose à dire sur le style qui est narratif et assez méthodique.

En conclusion, une histoire vraiment intéressante sur une femme admirable. Et si vous voulez découvrir Temple Grandin et la façon dont elle est devenue une spécialiste renommée, lisez ce livre.

Note :



Ce livre fait partie de mon Challenge ABC 2012 de Nanet pour la lettre G
21/26

01 octobre 2011

Si c'est un homme de Primo Levi

Titre original : Se Questo È un Uomo

Résumé :
Primo Levi, chimiste italien et juif, a 24 ans quand en décembre 1943, il est arrêté et déporté dans un des camps à Auschwitz. Il nous raconte ses 18 mois de détention entre faim, humiliation, maladie et sans savoir s'il sera encore vivant le lendemain.




Mon avis :
Je devais déjà lire ce livre l'an dernier pour le Big Challenge Livraddict 2010 et je n'avais pas eu le temps. je l'ai donc acheté cette année et j'ai profité d'une lecture commune sur ce titre pour le lire enfin. Je dois dire que je ne sais pas très bien comment je vais tourner ma chronique. Je risque de passer pour une vieille insensible...

Primo Levi est italien, chimiste et juif et il a 24 ans quand il est arrêté et déporté dans un camp à Auschwitz.Il va vivre l'horreur pendant des mois, les privations, la faim, les combines, la maladie, la cruauté et enfin la libération alors que tous sont à deux doigts de la mort...

C'est toujours délicat de parler de ce genre de livres, surtout quand on n'a pas aimé... La Shoah est tellement un sujet délicat qu'on risque de passer pour une sans-coeur si on dit qu'on s'est ennuyée à lire le témoignage d'un homme qui a été plongé dans l'horreur pendant des mois. Et pourtant, c'est bien ce qui s'est passé pour moi, pour ce livre. Je me suis ennuyée, j'ai trouvé ça long, sans émotions, je suis restée sur le bord de la route, un peu comme ce que j'avais ressenti quand j'avais lu le Liseur. J'ai même failli abandonner tellement je baillais et que toutes les 3 pages, mon esprit pensait à autre chose et je devais relire les deux dernières pages !

Je tiens cependant à mettre les choses au clair, il faut lire des livres comme celui-ci. C'est un devoir de mémoire et l'homme ayant tendance à oublier tout ce qui a plus de 10 ans, il faut encore et encore parler de l'Holocauste, dénoncer la folie des hommes, leur cruauté et espérer qu'un jour, ils ne refassent pas les mêmes erreurs.

Je n'ai pas aimé mais ça ne veut pas dire que je déconseille sa lecture. C'est le premier témoignage direct que je lis sur la vie dans les camps, qui ne soit pas un roman et qui vient directement du vécu d'un homme. C'est donc une lecture essentielle qu'il serait dommage de louper parce que mamie Frankie a baillé !

Mes copinautes m'avaient dit que c'était un livre poignant, émouvant, déchirant, je n'ai rien ressenti de tout cela ! Je me suis posé la question du pourquoi. Pourquoi est-ce que je passais à côté de ce livre, pourquoi pour moi, c'était plat et sans émotions et que j'avais l'impression que Primo Levi nous racontait ce pan de sa vie de façon très détachée ? J'ai pensé alors que ce détachement de façade de sa part était une façon pour l'auteur de pouvoir justement raconter l'horreur de ce qu'il avait vécu, comme si ça arrivait à quelqu'un d'autre finalement et donc je n'ai pas su voir au-delà et j'ai eu plus d'empathie pour l'écrit que pour l'histoire qui est effectivement poignante et déchirante. Et la fin est très abrupte, tellement qu'on dit "ah bon ?"

Faut dire aussi que c'est noyé sous les noms de personnes qui font partie du camp, des termes allemands, sur la vie quotidienne dans un camp. C'est intéressant bien sûr mais pas franchement "page-turner" !
J'ai de loin préféré la postface (enfin pas tout !) et j'ai trouvé bien plus émouvant quand il donne des nouvelles de ses compagnons d'infortune, par exemple.

Concernant le style, je l'ai dit, c'est raconté de façon assez clinique et détachée avec parfois des phrases plus poétiques. Je n'ai pas grand chose à dire de plus. C'est un témoignage, l'auteur raconte des faits.

En conclusion, un livre essentiel mais qui ne m'a pas convaincue et qui m'a fait bailler tout au long de sa lecture. Et si vous voulez savoir comment on peut survivre dans un camp quand on ne garde qu'un infime espoir de s'en sortir, lisez-le.

Note :



Je tiens à préciser que la note que je mets sur ce livre n'est pas contre le livre, loin de là, c'est juste moi qui n'ai pas apprécié.

C'est une lecture commune organisée par Aspare avec Kactusss, Rose, Sisol, Anasthassia, Flof13, Cléclé, Gentiane, Dingue-de-livres, Kincaid40, Hidile, Hanaelle, (Melisende).


Ce livre fait partie du Big Challenge Livraddict 2011
9/12

Il fait partie aussi du Challenge 26 livres - 26 auteurs de Nanet
9/26

02 juillet 2011

Une enfance en enfer de Malay Phcar

Résumé :
Malay a 9 ans quand, le 17 avril 1975, les Khmers Rouges prennent Phnom Penh et évacuent ses 3 millions d'habitants. Jeté sur les routes avec sa famille (ses parents et 7 de ses frères et soeurs), Malay va connaître l'enfer pendant 5 ans, la misère, la détresse, la mort de pratiquement tous ses proches, la maladie, les camps de travail. Le 8 mars 1980, l'enfer prend enfin fin...




Mon avis :
J'adore le Destination... proposé par Evertkhorus tous les 3 ou 4 mois. Parce que ça me permet de découvrir des auteurs étrangers que je n'aurais jamais lus autrement. Cette fois-ci, c'est au Cambodge qu'Evert nous a proposé de partir et quand il s'est agi de trouver un livre à lire, je n'ai pas eu à chercher beaucoup. Je voulais lire un livre dans la lignée de La déchirure (l'histoire de Dith Pran, ce journaliste qui réussit à s'enfuir après 4 années de camp de travail) et je suis de suite tombée sur cette Enfance en enfer, l'histoire de ce petit garçon qui a vécu l'horreur. Et je dois dire que je suis très contente (si tant est que "contente" soit un mot qui convienne pour parler de ce témoignage bouleversant) d'avoir choisi ce livre.

Malay est un petit garçon de 9 ans, vivant heureux avec sa famille à Phnom Penh. Le 17 avril 1975, les Khmers Rouges s'emparent de la ville et font évacuer toute la population. Voilà Malay, ses parents et 7 de ses frères et soeurs sur les routes de l'exode jonchées de cadavres. Les Khmers Rouges vont les trimballer de camp en camp, les affamant, les humiliant et Malay va voir mourir ou disparaître une grande partie de sa famille de maladie, d'exactions ou de tortures. Lui-même va se retrouver à travailler dans un camp à la construction de digues et de barrages, vivant dans des conditions plus que précaires et se retrouvant chef de famille à 12 ans seulement. Quand les Khmers Rouges sont battus par les Vietnamiens en 1979, l'enfer de Malay n'en finit pas pour autant et ce n'est que que le 8 mars 1980 que le jeune homme de 14 ans deviendra vraiment un homme libre.

De prime abord, je me suis demandé si j'allais aimer ce livre. Je trouvais le style très sec avec des phrases courtes et sans émotion. Je me perdais également dans la famille très nombreuses de Malay. Et puis, j'ai fini par être très touchée par ce témoignage d'un petit garçon qui a vécu l'enfer et qui en est sorti.

Je ne connais pas très bien (enfin pas du tout, même) l'Histoire du Cambodge à part qu'effectivement les Khmers Rouges ont pris le pouvoir en 1975 et ont fait régner la terreur. Mais le témoignage de Malay va au-delà de ce simple constat. C'est la terreur et la répression poussées à leur extrême. Ne nous voilons pas la face, les Khmers Rouges n'ont pas l'apanage de la cruauté et de la répression et de nombreux régimes totalitaires ont pratiqué l'épuration et le crime de masse mais c'est très poignant de le voir raconter par ce petit garçon qui, du jour au lendemain, se retrouve à être considéré comme un animal, à n'avoir à manger qu'une petite cuillère de riz pendant des semaines, qui n'a plus le droit de rire, de chanter des chants autre qu'à la gloire de l'Angkar (le parti des Khmers Rougges) et dont on essaie de gommer toute individualité pour ne servir qu'une communauté, celles des vainqueurs.

Et le pire, c'est qu'une fois sorti du joug des Khmers, le calvaire de Malay ne sera pas fini puisque la seule famille qui lui reste (des vagues oncles) vont le traiter, ainsi que son frère, comme un chien. Mais je vous rassure l'histoire se finit bien.

Et elle se finit d'autant mieux que j'ai cherché sur le net ce qu'il était advenu de Malay. Il vit en France depuis 1980 (sa grand-mère paternelle était française) et est très engagé dans la lutte afin que les Khmers Rouges soient jugés pour leurs crimes de guerre. Mais la plus belle histoire, c'est que, dans le livre, il raconte comment son plus jeune frère, Toot, a disparu dans la forêt juste avant d'être sorti d'affaire et combien ça a été très dur à vivre pour lui. Et le passage en question m'avait mis les larmes aux yeux. Or dans un article lu avant-hier, j'ai appris qu'il avait retrouvé ce frère 25 ans après (il y a donc quelques années seulement). J'en étais toute émue !

Concernant le thème du Destination, je trouve que le livre colle parfaitement puisqu'il permet de connaître le Cambodge (pas sous son meilleur jour), mais le voir à travers les yeux d'un enfant, de voir qu'il continue à jouer, à se débrouiller pour survivre donne envie de mieux connaître ce pays finalement intrigant.

Concernant le style, je vous l'ai dit, ce n'est pas le mieux dans ce livre. Les phrases sont très courtes, sèches, comme aboyées. L'émotion passe mal mais finit par passer malgré tout.

En conclusion, un témoignage extrêmement poignant sur une période terrible de l'histoire du Cambodge et si vous voulez savoir comment Malay finira par survivre et s'en sortir, lisez-le. Et vivement le prochain Destination...

Note :




Ce voyage a été effectué en compagnie d'Evertkhorus, bien sûr, mais aussi de Mimi54Lynnae, Véro, Achille49 (liens à venir).

13 mars 2011

Willis from Tunis : Chroniques de la Révolution de Nadia Khiari

Résumé :
Willis from Tunis est né sur Facebook le 13 janvier 2011 lors du dernier discours de Ben Ali. Le lendemain, le dictateur quittait le pays et Willis prenait son envol. Depuis, il promène son regard plein d'humour sur la Révolution de Jasmin, sur les petits travers de ses compatriotes, sur les affaires franco-tunisiennes de M.A.M ou sur les révolutions alentour.




Mon avis :
Ce recueil de dessins humoristiques sur la société tunisienne ne fera sans doute rire que les tunisiens et les expats vivant sur place, c'est à dire pas grand monde parmi vous chers blogolecteurs mais c'est mon premier vrai coup de coeur de ce début d'année (plus que le tome 7 de L'assassin royal !) et je ne pouvais pas ne pas vous en parler !

Avant le 13 janvier 2011, la liberté d'expression était réprimée en Tunisie et à part dire que Ben Ali était super, que la famille de sa femme était formidable et que tout allait bien, le peuple tunisien n'avait pas le droit à autre chose. Le 13 janvier 2011, Ben Ali a fait un discours libérant la parole et Willis from Tunis, chat malin, a commencé à s'exprimer sur Facebook. Le 14 janvier, Ben Ali (ZABA, comme l'appelle les tunisiens), est parti et ce fut la révolution du Jasmin avec ses avantages et ses inconvénients. Depuis, tous les jours, Willis nous livre ses réflexions par un dessin plein d'humour qui croque ses concitoyens, leurs travers, les siens également, ceux qui profitent de la révolution, ceux qui en pâtissent et sort de ses frontières en faisant des traits d'humour sur ce qu'il se passe à l'étranger. Voilà maintenant les chroniques de Willis réunies dans ce livre...

Il y en a qui le savent, d'autres non, mais je vis en Tunisie depuis fin août.  C'est un pays formidable où il fait bon vivre. La chute du pouvoir en place le 14 janvier a rendu leur liberté aux Tunisiens mais a été également le creuset d'actions moins reluisantes comme l'insécurité, les manifestations pour tout et n'importe quoi, les cambriolages et j'en passe. Période un peu pesante pour tout le monde, tunisiens comme étrangers, où on se demandait où le pays allait. Aussi quand sont apparus les dessins de ce chat qui nous faisait rire sur nos peurs et nos angoisses, je dois dire que ça a été une bouffée d'air pur ! En ce qui me concerne, sans Willis, je ne sais pas si j'aurais aussi bien tenu le coup et ça a été un booster de moral formidable.

Je ne veux pas raconter chaque dessin mais je les trouve tous formidablement intelligents et certains me font rire à gorge déployée ! Tous les jours, j'ai ma dose de Willis et je suis de bonne humeur ! Même si on n'est pas tunisiens, tout le monde peut se retrouver dans les croquis, puisque Willis parle aussi de la condition de parent avec les enfants et tous les travers qui jalonnent notre vie quotidienne.

Grâce au bouche à oreille, Willis est devenu célèbre et compte plus de 6000 fans sur Facebook. Et la belle histoire ne s'est donc pas arrêtée là puisque que les chroniques ont donc été éditées (à compte d'auteur) dans ce recueil.

Dernièrement, nous avons appris que derrière Willis il y avait une jeune femme, Nadia Khiari, qui est d'abord une artiste peintre avant de se cacher derrière son avatar félin qui lui a servi d'exutoire lors des événements de janvier. Willis étant son chat. Depuis, la situation s'est plus ou moins calmée mais Willis a encore beaucoup de choses à nous dire pour notre plus grand plaisir !

Et joie immense, une séance de dédicace était organisée hier dans ma ville, La Marsa, et donc Frankie from La Marsa s'est précipitée voir Willis from Tunis. J'ai donc pu acquérir le recueil dont vous voyez la couverture en haut de la page et ensuite j'ai dû faire la queue pour obtenir ma dédicace. L'attente a duré plus d'une heure mais je ne le regrette pas car d'une part je suis ravie que Willis ait un tel succès bien mérité et d'autre part parce que cela m'a permis de rencontrer Nadia Khiari, jeune femme charmante, disponible et qui m'a fait une jolie dédicace que voilà.



Nadia m'a gentiment autorisée à prendre une photo d'elle en pleine dédicace et je la remercie vivement !

 
 
En conclusion, Willis from Tunis permet de dédramatiser des situations pas toujours agréables à vivre et parle avec humour des préoccupations de chacun. Et si vous voulez savoir comment monter une barricade avec des pots de fleurs et des canapés ou se servir de baguettes de pain comme matraque, courez lire Willis from Tunis sur Facebook puisque le recueil n'est pas encore accessible en France. C'est aussi une bonne façon de savoir avec humour comment on a vécu ces 3 derniers mois en Tunisie. Quant à moi, je ne peux qu'espérer que Willis me fasse rire encore longtemps et qu'un second recueil voit le jour bientôt !

Note :

30 novembre 2010

Persepolis de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud

avec les voix de Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve, Danielle Darrieux.


Résumé :
La vie de Marjane Satrapi, de la petite fille de 8 ans vivant dans une famille aisée iranienne sous le régime du Shah au départ pour la France à plus de 20 ans, en passant par l'instauration du régime islamique et ses interdits et l'exil en Autriche à l'adolescence puis le retour en Iran...

Mon avis :
Cela faisait longtemps que j'avais Persepolis dans ma DVDthèque et que je ne m'étais pas résolue à l'en sortir malgré tout le bien qu'on en disait. Heureusement que le ciné Club de Seriebox est passé par là en septembre (oui, je sais, c'était il y a plus de deux mois...) et que j'ai eu l'occasion de le voir ! J'ai beaucoup aimé ce témoignage, à travers les yeux d'une petite fille, sur un beau pays tombé dans le fanatisme religieux, malgré quelques longueurs au milieu.

Marjane, petite fille de 8 ans plutôt délurée, vit dans une famille bourgeoise de Téhéran. Le Shah règne d'une main de fer et le pays aspire à plus de libertés. Quand la révolution chasse le pouvoir en place, chacun croit en un avenir meilleur. Las, la République Islamique est encore plus répressive et pour les iraniens la vie est encore plus dure. Quand la guerre contre l'Irak commence, les Satrapi finissent par envoyer Marjane ado à Vienne pour la préserver. Elle est découvre alors une toute autre vie mais également le fait d'être différente et parfois incomprise. Son retour en Iran va lui permettre de découvrir combien la société iranienne a changé avec ses gardiens de la révolution intransigeants envers les débordements de toute sorte. Cela n'empêche pas la société dorée de Téhéran de chercher à s'amuser par tous les moyens. Après un mariage express raté, Marjane n'arrive plus à trouver sa place en Iran et émigre en France.

Plus qu'une biographie sur Marjane et sa famille, c'est véritablement l'Histoire iranienne qui est passée au crible. Bien sûr on suit les frasque de la petite Marjane, son franc-parler, son dynamisme mais l'arrière-plan politique est présent pendant tout le film. Les iraniens ont cru que leur vie serait plus facile après le renversement du régime, hélas, l'Histoire leur a démontré le contraire...La guerre contre l'Irak n'a pas arrangé les choses et nombre d'iraniens qui avaient supporté bien des exactions les années précédentes ont émigré à ce moment-là. Je connais une famille qui émigra en France pour que leur fils ne soit pas enrôlé pour se battre...

Les parties se situant en Iran sont celles que j'ai préférées. On connait tous de loin le régime des Ayatollahs en place depuis 1979, mais le voir au quotidien maltraiter des gens, surveiller des jeunes filles qui ne demandent qu'à s'amuser et à se maquiller un peu donne froid dans le dos et le film retranscrit bien  aussi ce que j'ai déjà pu lire par ailleurs sur cette jeunesse de Téhéran qui arrive plus ou moins à s'amuser clandestinement.

J'ai moins aimé la vie de Marjane en Autriche. Je trouve qu'elle s'apitoie un peu trop sur son sort même si je reconnais que ce n'a pas dû être facile d'être déracinée ainsi et mal-aimée dans ce pays. Disons que j'ai trouvé que c'était un peu long.

Concernant les personnages, j'ai les ai tous appréciés. De Marjane à sa grand-mère, en passant par ses parents, des gens ouverts et engagés qui vont de désillusions en désillusions mais ne quittent jamais leur pays. En revanche, j'ai été très étonnée du langage employé par cette mamie en collier de perles ! Elle parle de façon assez grossière parfois, j'avoue que ça m'a légèrement dérangée et pourtant je n'emploie pas un langage châtié dans ma vie ! ^^

Marjane enfant m'a fait penser à la petite Scout de Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur. Même gouaille, même curiosité envers ce qui l'entoure et mêmes révoltes envers les injustices du monde. J'ai moins apprécié l'ado et l'adulte, plus banales.

Un petit clin d'oeil, les voix des personnages féminins sont doublées par Chiara Mastroianni et Catherine Deneuve pour Marjane et sa mère et qui sont mère et fille à la ville et la grand-mère par Danielle Darrieux qui jouait la mère de Deneuve dans les Demoiselles de Rochefort.

Je n'ai jamais lu la BD dont est tiré le film, mais côté animation, c'est sobre et sans chichis. Noir & blanc pour le passé, un peu de couleur pour le présent. Un Persepolis 2 serait en préparation.

En conclusion, un beau témoignage sur l'Iran des années 80 à travers les yeux d'une petite fille puis une jeune femme dynamique, engagée et téméraire.  Et si vous voulez voir une grand-mère jurer comme un charretier ou une petite fille desireuse de devenir "Prophète" regardez ce film !

Note :

18 août 2010

Conseils d'amie à la clientèle d'Anna Sam

Résumé :
Après son témoignage de caissière en grande surface, Anna Sam passe de l'autre côté de la barrière et nous livre les 1001 pièges et miroirs aux alouettes qui attendent les clients qui font leurs courses en grande surface.


 




 Mon avis :
Après plusieurs grosses lectures (les 1080 pages des Piliers de la Terre et les plus de 1000 pages des deux tomes de Jack Spark), j'ai eu envie d'une petite lecture de transition, quelque chose de léger qui se lise vite. Je dois dire que de ce côté-là, Conseils d'amie a totalement rempli son office puisque que je l'ai lu en 2 heures sur mon transat.

Après son témoignage caustique de caissière de grande surface, Anna Sam a décidé de passer de l'autre côté et de nous donner quelques conseils en temps que cliente, cette fois-ci. Elle nous propose de déjouer tous les pièges et les tentations qu'on peut rencontrer dans les supermarchés, tout ce qui est fait par les dirigeants pour nous amener à consommer et à prendre les cartes de fidélité ou de crédit. Elle décrypte pour nous les mises en place dans les rayons, les objets saisonniers qu'on voit fleurir de plus en plus tôt (Noël à Toussaint, la rentrée début juillet, etc...). En allant faire vos courses demain, vous ne regarderez plus votre Auchan ou votre Carrefour du même oeil... :)

Voilà donc un petit livre sympa pour nous ouvrir les yeux sur nos habitudes de consommateurs. Mais, je dois dire que si le ton du livre est toujours un peu caustique et humoristique, il est moins mordant que dans le livre précédent de l'auteur. Il manque un peu d'âme et on a un peu l'impression de se retrouver devant une simple liste de ce que fait le client, ce que fait la grande surface pour appâter le chaland, etc... D'un autre côté, Anna Sam a également perdu le ton condescendant qui m'avait un tantinet gênée dans Les Tribulations.

Néanmoins, j'ai trouvé certains passages hautement instructifs ! Bon, je ne suis pas du genre à me laisser charmer par un vendeur pour acheter telle télé ou tel ordi ou à prendre la garantie extra top-moumoute de 5 ans à 100€ car je sais toujours ce que je veux (et que je commande surtout par internet !) mais c'est effectivement marrant de voir comment ils se comportent avec les clients et surtout en leur faisant croire qu'ils sont des spécialistes alors qu'il ne font qu'ânonner  le carton qui est devant le produit ! Je sais, j'ai testé pour vous il y a quelques années pour l'achat d'un PC et j'en savais mieux que le pauvre gars qui me récitait son petit laïus par coeur... Bon, OK, ça c'est pour le rayon multimédia et je suis peut-être un peu méchante mais c'est quand même la vérité !
On a moins ce genre de souci dans le rayon frais car généralement il n'y a personne pour vous conseiller tel ou tel yaourt ! :D

Un autre passage qui m'a interpelée c'est la disposition parfois bizarre de certains produits en rayon. Normalement on trouve l'huile avec le vinaigre, les fromages ensemble et les confitures et pâtes à tartiner côte à côte. Or, il arrive qu'on trouve des cohabitations "sauvages" ! Les serviettes en papier de pique-nique qui sont à des kilomètres des autres "papiers" comme le Sopalin ou un exemple que j'ai moi-même remarqué qui n'est pas dans le livre et qui me rend perplexe à chaque fois que je vais faire mes courses dans mon hyper : Les bonbons et autres sucreries qui font face aux produits diététiques et de régime dans le même rayon ! Ça ne vous paraît pas bizarre, quand même ? :) Peut-être que c'est pour culpabiliser la pauvre fille qui va se ruer sur les bonbons ou pour faire dire à la personne qui vient faire acheter des barres de régime qu'elle pourra se goinfrer après, en tout cas, j'ai posé la question un jour à une vendeuse qui n'a pas su me répondre... Le mystère de cette disposition reste donc encore et toujours entier !

Anna Sam évoque aussi cette tendance qu'on les grandes surfaces à mettre en place les saisonniers des semaines à l'avance ! On trouve les jouets de Noël dès Halloween passé, la galette des rois avant que Noël ait eu lieu et bientôt on aura les chocolat de Pâques en même temps que la galette ! Que ça peut m'énerver !

Le style d'Anna Sam est comme dans le premier, direct et plein d'humour mais comme je l'ai dit plus, un peu moins efficace. Ça n'en reste pas moins une lecture sympathique.

En conclusion, Anna Sam vous raconte de façon amusante, même si un peu longuette parfois, comment les grandes surfaces cherchent à vous faire consommer encore plus. Si vous voulez tout savoir sur les stratagèmes employés sans avoir jamais osé le demander, lisez ce livre.

Note :

18 juillet 2010

Les Tribulations d'une caissière d'Anna Sam

Résumé :
Le regard acéré et caustique d'Anna Sam, diplômée de littérature et qui fut caissière en grande surface pendant 8 ans. Elle décrit tous les travers des clients, leurs manies, leur façon de se comporter avec les caissières.






Mon avis :
Un petit livre amusant sur les 1001 façons qu'ont les clients de se comporter dans un supermarché et leurs relations par rapport aux caissières plus ou moins invisibles derrières leurs caisses.

Anna Sam est une diplômée en littérature qui s'est retrouvée à devoir travailler comme caissière de supermarché, d'abord pour financer une partie de ses études puis par nécessité. Pendant les 8 ans où elle est restée derrière sa caisse, elle a noté toutes les sortes de clients qu'on peut rencontrer, leurs manies, leur mépris, souvent, leur gentillesse parfois. 

Dans ce livre, tout ce qui fait la vie d'une grande surface est passée au crible : La façon dont les gens passent aux caisses, la façon dont certains arrivent avant l'heure d'ouverture, ceux qui essaient d'acheter alors que ça ferme, ceux qui s'embrassent comme s'ils étaient seuls, ceux qui font les soldes, ceux qui viennent le soir du 24 décembre acheter des cadeaux de Noël, rien n'échappe à l'oeil caustique de notre auteur.

C'est plein d'humour mais j'ai trouvé Anna Sam un brin condescendante parfois. On sait que dans la société française, il y a nombre de râleurs, de beaufs, d'imbéciles, voire de cons tout court, mais il y a aussi des gens gentils qui font leurs courses tranquillement et qui disent "bonjour" à la caissière, et "merci, au revoir" quand ils s'en vont. Évidemment, un livre sur ces gens-là ne seraient pas très amusant, n'est-ce pas ? :)

Du coup, j'ai eu l'impression que l'auteur dénigrait un peu tous ces gens en les regardant de haut et ça m'a un peu dérangée. Certaines personnes sont peut-être odieuses, méprisantes ou sans-gêne envers les "hôtesses de caisse" mais nous, clients, avons le droit aussi de vouloir être tranquilles quand on passe à la caisse. Par exemple, je suis polie, aimable et affable (enfin, j'essaie ! ;)) quand je passe en caisse mais j'ai le droit de ne pas vouloir que la caissière me fasse la conversation comme si j'étais une vieille copine de lycée et qu'on se raconte nos vies ! Comme j'ai le droit aussi de ne pas vouloir que la caissière fasse des commentaires sur ce que j'achète : "ah ça a l'air super bon, ça !", "oh ce film a l'air génial !", "sympa ce pull !", Grrr ! Et il faut voir aussi que parfois on est fatiguées, grognon ou tête en l'air et qu'on oublie d'être "sympa" !

Mais dans l'ensemble, c'est plein d'humour et c'est également très instructif ! ;) Le style de l'auteur est du langage parlé, ça peut choquer de la part de quelqu'un qui a fait des études de littérature mais j'ai bien aimé ce style direct et plein d'humour. Anna Sam n'a pas la prétention de faire un essai philosophique et c'est très bien comme ça !

En conclusion, un livre détente qui se lit très vite, idéal en période de vacances. Et si vous voulez savoir comment ça se passe dans un supermarché, lisez-le ! Quant à moi, je lirai son 2e livre : Conseils d'amie à la clientèle.

Note :