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18 avril 2020

Au revoir là-haut de Pierre Lemaître

Résumé :
Après la guerre de 14-18, deux rescapés, Albert Maillard, ancien comptable et Édouard Péricourt, un jeune dessinateur de génie et faisant partie de la bourgeoisie parisienne, ce dernier défiguré et tous deux fracassés par cette guerre et par leur lieutenant, un être fourbe et malfaisant, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. De son côté, le lieutenant Audrey-Pradelle a réussi à faire un beau mariage et, en bon arriviste, entend bien trouver sa place dans les arcanes du pouvoir et par tous les moyens.




Mon avis :
En 2018, j'avais vu le film éponyme d'Albert Dupontel que j'avais adoré mais n'avais encore pas lu le roman de Pierre Lemaître. Sans les Challenges Livraddict, je pense que je ne l'aurais pas lu mais, dans l'une des catégories, il y avait la suite, Couleurs de l'incendie, et je me suis dit qu'avant de découvrir cette suite, il fallait que je lise Au revoir-là-haut et que c'était enfin l'occasion de découvrir l'histoire qui avait valu le prix Goncourt à son auteur en 2013. J'ai beaucoup aimé ce roman mais j'ai quand même préféré son adaptation.

C'est toujours délicat de faire une chronique d'un livre dont on a vu l'adaptation avant ou vice versa, quand on a lu le livre avant et qu'on voit le film. J'essaie de ne pas faire de comparaison mais c'est pratiquement impossible. Et, comme avec The Perks of Being a Wallflower (Le monde de Charlie), là j'ai préféré l'adaptation au roman d'origine. Il faut dire que Dupontel y a instillé un je-ne-sais-quoi qui m'a plus attachée aux personnages et notamment à celui d'Édouard (qui était admirablement joué, il faut le dire).

Avec ce roman historique, Pierre Lemaître brosse une France fracassée par la guerre dont les petites gens peinent à se relever, tandis que ceux qui ont le pouvoir entendent le garder et surtout en tirer profit. À travers les histoires des différents protagonistes, on a une vision assez réaliste de ce que fut cet après-guerre.

En fait, ce qui m'a désarçonnée en lisant le roman, c'est que l'arnaque aux monuments aux morts intervient assez tard dans le récit.  Je n'avais plus le souvenir que/si c'était le cas dans le film et, du coup, j'ai un peu piaffé :) Mais bien sûr Au revoir là-haut ne repose pas que sur cette intrigue et l'on suit les destins des personnages avec grand intérêt, les escroqueries des uns (oui c'est à toi que je m'adresse Audrey-Pradelle), les manigances des autres, la reconstruction ou le chagrin étouffé de certains et j'en passe.

Albert Maillard est un personnage intéressant. Car, de prime abord, ce n'est pas quelqu'un sur lequel on se retournerait, il est effacé et timide, mais la tragédie qu'il vit juste avant et sa rencontre avec Édouard donnent un sens à sa vie. Et j'ai beaucoup aimé son évolution.

J'avais adoré Édouard Péricourt dans le film, il était tellement bien joué qu'il crevait l'écran et rendait l'histoire grandiose, ça a été un peu moins le cas dans le roman. Même si, évidemment, l'Édouard de papier a des côtés attachants et qu'on est bien sûr horrifié par ce qu'il vit, j'ai moins accroché. Mais c'est une vraie figure tragique, comme l'est sa vie, notamment vis à vis de son père et les masques qu'il met au gré de ses humeurs renforce ce côté tragique. Le destin de ce personnage m'a vraiment attristée.

Sur écran ou sur papier, le lieutenant Audrey-Pradelle est vraiment une ordure de première. Mais quel salaud ! Autant, parfois, certains méchants peuvent avoir des côtés ambigus, autant lui c'est clair et net, il n'y a rien de bon pour le rattraper. J'ai vraiment adoré que Madeleine ne soit rapidement plus dupe et le lui fasse savoir.

En parlant de Madeleine, la soeur d'Édouard et épouse d'Audrey-Pradelle, je me rappelais pas avoir autant accroché à elle dans le film. Je l'avais évoquée, surtout qu'elle était incarnée par Emilie Dequenne mais je dois dire que la version roman m'a beaucoup plus marquée et j'ai hâte de lire la suite d'Au revoir là-haut, Couleurs de l'incendie, qui porte sur elle, il me semble.

Autour de ces personnages, gravitent de nombreux autres, certains comme le père Péricourt ou Louise la petite fille qui s'attache à Édouard et sont au premier plan, d'autres figures sont plus floues...

J'ai beaucoup aimé la narration de Pierre Lemaître. Il adopte un ton un peu argotique, titi parisien qui va très bien avec l'époque. Et son écriture est très vivante, on se croirait un peu dans les romans-feuilletons de l'époque.

En conclusion, même si je n'ai pas adoré le roman autant que le film, cela reste une très bonne lecture et une histoire tragi-comique, tragédie avec l'histoire d'Édouard Péricourt, comédie avec celle à la pieds nickelés de l'arnaque aux monuments aux morts. Avec des personnages bien croqués, attachants pour certains, haïssables pour d'autres et surtout Audrey-Pradelle. Et un style qui convient très bien à l'histoire. Bref, si vous voulez savoir si nos deux compères réussiront leur coup et surtout si l'ignoble Audrey-Pradelle sera puni, lisez-le !

Note :




Le roman fait partie du Challenge Un genre par mois d'Iluze
au mois de février : Historique
2/12

03 novembre 2018

Le Cercle littéraire de Guernesey de Mike Newell

Titre original : The Guernsey Literary And Potato Peel Pie Society
avec Lily James, Michael Huisman, Matthew Goode, Tom Courtenay, Katherine Parkinson

Résumé :
En 1946, une jeune écrivain anglaise en mal d'inspiration reçoit une lettre touchante d'un membre d'un club de lecture de Guernesey qui est entré en possession d'un roman lui ayant appartenu. Elle décide alors d'aller les voir avec éventuellement la possibilité d'écrire sur ce club pas comme les autres et sa rencontre avec ses membres, dont le troublant Dawsey Adams qui élève seule sa petite fille, change sa vie radicalement...





Mon avis :
En 2009, j'avais lu le roman dont tout le monde parlait à l'époque avec son drôle de nom, Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, une belle et touchante histoire romanesque et romantique avec des échanges épistolaires et des destins douloureux. Il avait fait partie de mes coups de coeur lors de mon premier bilan lectures sur mon blog en 2010. En début d'année, j'ai appris que le livre avait été adapté au cinéma et que le film sortirait en juin. Je m'y suis donc précipitée dès que je suis rentrée en France. Au final, si j'ai trouvé le film sympathique à voir, il est nettement moins bien que le roman.

Le film est surtout une gentille bluette centrée sur Juliet, l'écrivain qui cherche un sens à sa vie et vient à Guernesey pour le trouver et Dawsey, le gentil local sexy. Avec en toile de fond, les traumatismes de la guerre et la disparition d'Elizabeth, une jeune femme, la maman de Kit, la petite fille élevée par Dawsey. Et bien sûr ce fameux club de lecture où il est question d'épluchures de patates.

Ce qui m'a le plus plu dans cette adaptation, c'est évidemment tout ce qui tourne autour de ce club de lecture, à commencer par sa création à l'issue d'un événement qui aurait pu être dramatique et tous ceux qui composent ce club sont vraiment savoureux.

Historiquement, le film rappelle que les Allemands ont aussi occupé l'Angleterre dans ces îles qui ont connu le joug de l'ennemi. Que leurs habitants ont souffert et ont dû faire preuve de débrouillardise pour s'en sortir.

La romance est mignonne, pas très originale mais elle m'a plu.

Je dois avouer que j'ai eu du mal avec Lily James. Je n'avais jamais vu jouer l'actrice, n'ayant toujours pas vu Downton Abbey (mais c'est prévu pour l'an prochain) et elle m'a un peu crispée. J'ai trouvé que dans le film elle rigolait souvent bêtement et que ça desservait son personnage, le rendant plus superficiel qu'il ne l'était. J'ai trouvé qu'elle avait des faux airs de Keira Knightley et vous savez (si me lisez régulièrement, bien sûr) combien la façon de sourire de Keira m'insupporte et là c'était pareil avec le rire de Lily. Mais bon elle était charmante malgré tout :)

Michael Huisman est charmant lui aussi et son personnage de Dawsey l'est tout autant. Il me semble que dans le livre il était un peu plus brut de décoffrage, même si son amour de la lecture faisait ressortir une certaine sensibilité.

Matthew Goode, qui est très charmant aussi (décidément), joue le rôle de l'éditeur et ami homosexuel de Juliet. C'est un brin cliché comme personnage mais il apporte un peu d'humour.

Le personnage du fiancé de Juliet est aussi un peu caricatural, arriviste, qui pense que tout lui est dû. On se demande comment la jeune femme a pu tomber amoureuse d'un tel homme et bien évidemment on n'a qu'un envie, qu'elle le quitte pour Dawsey.

Et puis il y a la petite troupe du cercle littéraire, qui sont sympas comme tout. J'ai surtout aimé le personnage joué par Katherine Parkinson, déjà parce que j'aime l'actrice et c'était sympa de la voir dans un rôle différent de ses autres prestations (The IT Crowd ou Humans, pas exemple) mais son personnage est vraiment attachant.

Mike Newell n'est plus à présenter, réalisateur de nombreux films comme 4 mariages et un enterrement, Donnie Brasco, Harry Potter 4 et de façon plus surprenante la daube Prince of Persia. Sa réalisation du Cercle littéraire est correcte, pas exceptionnelle mais efficace. Il sait comment nous émouvoir et nous faire palpiter pour ses personnages.

En conclusion, cette adaptation du roman est très sympathique à voir à défaut d'être vraiment enthousiasmante et mémorable. Il y a un truc qui m'a vraiment empêchée d'adorer, je ne sais pas si c'est l'actrice principale qui m'a un peu énervée ou autre chose. Mais c'est gentil à regarder. Alors si vous voulez savoir comment Juliet va s'intégrer à Guernesey, si elle va réussir à se mettre les membres du Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates dans la poche et si on va savoir ce qu'il est advenu d'Elizabeth, membre disparu mais tellement présent encore, regardez ce film. Et lisez le livre si ce n'est pas encore fait ! :)

Note :



Vu en version originale anglaise sous-titrée en français

Le film fait partie du Challenge Le film de la semaine 2018 de Benji
25/52

19 juin 2018

Au revoir là-haut d'Albert Dupontel

avec Nahuel Perez Biscayart, Albert Dupontel, Laurent Lafitte, Mélanie Thierry, Niels Arestrup, Emilie Dequenne, Heloïse Balster

Résumé :
Après la première guerre mondiale, deux rescapés, Albert Maillard, un comptable, et Édouard Péricourt, un jeune dessinateur de génie défiguré dans le conflit, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts...



Mon avis :
Je n'ai jamais lu le roman de Pierre Lemaître dont est tiré le film (shame on me) et je n'avais pas particulièrement envie de voir le film avant sa sortie. Ne me demandez pas pourquoi, j'ai parfois des lubies comme ça :) Mais j'en ai entendu beaucoup de bien et j'ai failli aller le voir lors d'un séjour à Paris début décembre. Au moment des César quand il a été nommé plusieurs fois et considéré comme un candidat sérieux aux récompenses majeures (il a eu entre autres celles du meilleur réalisateur et de la meilleure adaptation), je me suis dit que je verrais bien ce film qui entendait chiper les prix à mon chouchou 120 battements par minute et c'est une semaine après la cérémonie que j'ai pu le regarder et je dois dire que j'ai eu un beau coup de coeur pour ce chouette film.

Au revoir là-haut est un grand et beau film populaire. On a tendance à employer le terme populaire de façon péjorative mais ce n'est pas le cas ici. C'est à dire que c'est un film qui n'est ni une grosse comédie bien grasse, ni un film d'auteur prise de tête mais une histoire accessible à beaucoup, passionnante à suivre et bien jouée.

Je dois dire que j'avais un peu peur du sujet avant de voir le film. Deux rescapés de la grande guerre qui montent une arnaque aux monuments au mort, ce n'est pas l'intrigue la plus glamour qui soit :D et pourtant ça marche. Parce que Dupontel livre un film sincère et tendre avec juste ce qu'il faut d'ironie et de grincements :) C'est tiré d'un roman dont le matériau doit être déjà très bon mais l'acteur réalisateur a su capturer toute la poésie qui se dégageait de cette histoire aux côtés tragiques et romantiques.

Et puis les acteurs sont excellents. Dupontel n'en fait pas des tonnes, il reste même en retrait, avec de rôle d'ancien comptable un peu timide, alors qu'en tant que réalisateur il aurait pu se mettre plus en avant. Du coup, cette humilité sert énormément son personnage qui devient un héros malgré lui.

Mais celui que j'ai préféré entre tous c'est bien sûr Nahuel Perez Biscayart qui m'avait déjà bouleversée dans 120 BPM. Ici il campe un jeune héros à la destinée tragique et on voit finalement peu son visage caché derrière des masques, mais qu'il est expressif avec eux, qu'il arrive à faire passer bien des émotions ! Il m'a énormément touchée du début à la fin. Et s'il n'avait pas eu le César du meilleur espoir masculin pour le Campillo c'est avec ce film qu'il aurait pu l'avoir.

J'ai aussi beaucoup aimé la petite fille qui accompagne nos deux compères. Je l'ai trouvée convaincante.

J'avais dit lors de ma chronique de Elle de Verhoeven que je n'aimais pas vraiment Laurent Lafitte qui jouait toujours des types désagréables et là, bingo, qu'est-ce qu'il joue ? Une ordure. Ce n'est pas cela qui va le faire remonter dans mon estime ! :D Mais il joue très bien ce rôle de salopard fourbe, ça on ne peut le nier.

Les femmes sont plus en retrait, que ce soit Mélanie Thierry ou Emilie Dequenne qui a quand même un rôle un peu plus conséquent.

Je ne peux pas comparer la réalisation de Dupontel à ses autres films mais je l'ai trouvée très bien. J'ai lu des critiques qui la comparait à celle des Carot/Jeunet et en y réfléchissant c'est pas faux. Mais c'est peut-être aussi l'époque à laquelle se déroule le film qui veut ça. Mais le fait est que le film est bien filmé, avec de belles images, un rythme pas forcément emballant mais sans temps mort.

En conclusion, je suis vraiment ravie d'avoir découvert ce film car il a été un coup de coeur et ça aurait été dommage que je passe à côté. Il faudrait que je lise le livre un de ces jours. Et si vous voulez découvrir si Albert Maillard et Édouard Péricourt arriveront à monter leur arnaque, regardez-le.

Note :



Le film fait partie du Challenge Le film de la semaine 2018 de Benji
11/52

04 février 2017

Miss Peregrine et les enfants particuliers de Tim Burton

Titre original : Miss Peregrine's Home for Peculiar Children
avec Asa Butterfield, Eva Green, Samuel L. Jackson, Judy Dench, Chris O'Dowd, Terence Stamp

Résumé :
À la mort de son grand-père, Jacob découvre que les histoires qu'il lui a racontées étant enfant sont vraies, quand il se rend sur une île galloise et découvre que, derrière les ruines de l'orphelinat qui recueillit Abe pendant la seconde guerre mondiale, se cache un monde merveilleux et insoupçonné...

Mon avis :
Je n'aurai pas attendu bien longtemps pour voir le film tiré du livre de Ransom Riggs, après avoir lu ce dernier. À peine 10 petits jours :) Et si j'ai trouvé que le film était une très bonne adaptation, il n'est pas quand même pas aussi exaltant que le roman.

À 16 ans, Jacob voit mourir son grand-père dans des circonstances étranges et horribles et il semble être le seul à avoir vu la créature responsable de l'assassinat. Pendant les semaines qui suivent, Jacob essaie de se remettre, aidé par sa psychologue. Mais des indices qu'il découvre çà et là lui font penser que les histoires que lui racontaient son grand-père quand il était petit n'étaient pas que sorties de son imagination. Il convainc alors son père de l'emmener sur l'île galloise où Abe le grand-père fut recueilli pendant la guerre et passa quelques années dans un orphelinat tenu, disait-il, par une femme-faucon et peuplé d'enfants aux pouvoirs étranges. Quand Jacob y met le pied, il n'y trouve que des ruines, mais un jour, il suit une étrange jeune fille et pénètre alors dans un monde merveilleux et bloqué à jamais le 3 septembre 1943...

Quand on regarde le film très peu de temps après avoir lu le roman, c'est difficile de faire abstraction du livre et de ne pas faire de comparaison. Je me demande toujours, dans ce cas-là, ce que j'en aurais pensé si je ne connaissais pas déjà l'histoire, car mon ressenti est évidemment un peu faussé (c'est aussi le cas quand je fais le contraire, voir le film avant de lire le roman). Je me demande aussi ce que pensent les spectateurs n'ayant pas lu le livre et qui se trouvent plongés d'emblée dans l'intrigue alors que le livre met un peu plus de temps pour nous faire entrer dedans. Est-ce compréhensible pour eux ? Je pense que oui car c'est bien fait mais on a une impression de rapidité.

Dans l'ensemble, cette adaptation (et ce qu'il faut retenir, c'est une adaptation, pas un copier-coller) est très bien. Franchement, j'ai passé un très bon moment, j'ai été ravie de voir en images cette histoire qui m'a tant plu et ce malgré les modifications parfois bizarres, comme d'avoir situé la boucle temporelle le 3 septembre 1943 au lieu du 3 septembre 1940, d'avoir interverti les pouvoirs d'Emma et d'Olive (sans doute pour donner de plus jolies scènes à Emma) et surtout d'avoir complètement changé la dernière partie. Alors, ça, c'est un peu désarçonnant. Pas inintéressant, mais perturbant. Mais sinon, le reste est assez fidèle au livre, que ce soit les personnages ou l'atmosphère.

J'ai été un peu perturbée d'entendre Asa Butterfield et Chris O'Dowd (qui joue le père de Jacob) parler avec l'accent américain, étant tout deux britanniques (O'Dowd est Irlandais). Bon en même temps, Andrew Lincoln est Anglais et ça ne me choque qu'il ait un accent sudiste dans The Walking Dead :) Bon bref, je connais Asa Butterfield depuis qu'il jouait Mordred enfant dans la série Merlin et il y avait beaucoup de charisme. Il est très bien dans le rôle de Jacob, tout ce qu'il faut de naïveté, d'innocence et de combativité.

C'est toujours un immense plaisir de retrouver Eva Green, admirable en Miss Peregrine à laquelle elle prête son talent magnétique. Le rôle semble un peu plus étoffé que dans le livre ou alors c'est qu'elle marque davantage l'écran :)

En revanche, je suis un peu déçue par Samuel L. Jackson. Oh il joue toujours très bien mais j'ai eu l'impression que son rôle de méchant était un peu une resucée de celui qu'il jouait dans Kingsman, un type complètement clownesque et barjot. À la limite, j'aurais préféré quelqu'un de moins connu...

Quant aux enfants particuliers, ils sont pratiquement conformes à leurs copies de papier. Emma est mignonne, Millard est invisible (et je le pensais plus vieux dans le livre). Quant à Enoch, ils en ont fait un garçon jaloux et envieux de Jacob, ouais bon...

Et il y a de beaux guests dans ce film comme la merveilleuse Judy Dench, Terence Stamp ou encore Rupert Everett qui a pris un coup de vieux depuis la dernière fois où je l'avais vu dans un film (c'était il y a 7 ans).

Je vous avais dit quand j'avais lu le roman, que c'était vraiment un univers fait pour Tim Burton et, effectivement il n'y avait que lui pour mettre en scène cette histoire. Et paradoxalement, j'ai trouvé finalement le roman beaucoup plus burtonien que le film ! C'est un comble quand même ! :) Ne vous méprenez pas, le film crie que c'est une réalisation de Tim Burton mais je l'ai trouvé moins sombre que ne l'était le roman, il manque ce petit quelque chose qui en ferait un grand Burton. L'histoire des photos est moins bien exploitée et, je l'ai dit, la dernière partie du film est différente du roman et ne ressemble finalement pas à du Burton, plutôt à un passage de Pirates de Caraïbes (oui vous m'avez bien lu). Mais sinon, la réalisation est belle, les images sont somptueuses, on retrouve les thèmes chers à Burton sur l'enfance, les cauchemars, et il s'est approprié l'histoire comme si c'était la sienne finalement.

En conclusion, le film de Tim Burton est une très bonne adaptation du roman de Ransom Riggs, même si je chipote et que je fais ma grincheuse :) C'est quand même un vrai bonheur de voir cette histoire fantastique à tout point de vue prendre vie sur grand écran, malgré les changements. Et si à votre tour, vous voulez découvrir Miss Peregrine et ses enfants particuliers, savoir ce que Jacob va découvrir et s'il est lui-même un enfant particulier, regardez-le film !

Note :



Vu en version originale sous-titrée en anglais

Ce film fait partie du Mini Challenge Aventure de Seriebox
1/4
40/50

du Mini Challenge Fantastique
2/5
43/50

et du Film de la semaine 2017 de Benji
3/52

17 janvier 2017

Miss Peregrine et les enfants particuliers, tome 1 de Ransom Riggs

Titre original : Miss Peregrine's Home for Peculiar Children

Résumé :
Jacob Portman a été abreuvé pendant toute son enfance par les histoires extraordinaires que son grand-père aurait vécu quand petit il fuit l'oppression nazi pour trouver refuge dans un pensionnat sur une île galloise. À la mort de celui-ci, Jacob et son père se rendent sur l'île mais Jacob ne trouve que des ruines à la place du pensionnat...





Mon avis :
C'est un roman jeunesse à côté duquel je suis passée complètement à côté lors de sa sortie il y a deux-trois ans. Mais quand le film de Tim Burton a été sur le point de sortir (et que j'ai trouvé la bande-annonce très alléchante), je me suis dit que je le lirais bien. Je comptais le faire en automne mais d'une lecture à l'autre, ce n'est qu'en ce début 2017 que j'ai pu le faire. Et j'ai beaucoup aimé cette histoire fantastique, très prenante et bien écrite.

Abe Portman, le grand-père de Jacob 16 ans, lui a toujours raconté des histoires rocambolesques. Comment tout jeune garçon il fuit la Pologne des monstres qui l'occupaient et trouva refuge dans un pensionnat sur une île du Pays de Galles, dirigée par une femme faucon et occupée par des enfants aux pouvoirs extraordinaires. En grandissant, Jacob a fini par se persuader que ces histoires n'étaient que sorties de l'imagination fertile de son grand-père, malgré les photos qu'il lui avait montrées. Mais quand son grand-père meurt dans des circonstances horribles et pour le moins étrange, Jacob, après plusieurs mois de deuil, persuade son père de l'emmener sur cette île mystérieuse afin de démêler le vrai du faux. De prime abord, l'île ne recèle rien d'extraordinaire et le pensionnat n'est qu'un ramassis de ruines datant d'un bombardement en septembre 1940. Mais un jour, Jake fait une découverte extraordinaire...

J'adore ce genre d'histoires. Celles qui mélange notre vie réelle à une vie parallèle, fantastique, remplie de personnages bizarres ou magiques. Un peu comme Harry Potter ou Fablehaven (qu'il faudrait que je continue d'ailleurs...).

Miss Peregrine contient tous les éléments pour passionner un lectorat jeunesse (et même moins jeune) avec ce qu'il faut d'aventures, de noirceur et de mystères. Si le roman n'avait pas déjà été adapté par Tim Burton, je me serais dit que c'était un support parfait pour son univers en le lisant, tant l'histoire semble avoir été écrite pour lui :)

L'auteur a donc créé une histoire et une mythologie tout à fait originales et très intéressantes à lire. Comme c'est un tome 1, il faut laisser le temps à l'intrigue de s'installer et aux personnages, surtout celui de Jake, de se faire connaître. Mais on ne s'ennuie pas une seconde, tout est très intrigant et on a hâte de savoir le fin mot de l'histoire au fur et à mesure que Jake fait ses découvertes. Et l'on n'est pas déçus une fois qu'il les fait.

Et Miss Peregrine n'est pas seulement un roman fantastique avec enfants particuliers et directrice encore plus particulière. Il y est aussi question d'Histoire, de nazisme, de chasse aux Juifs, de bombardements et il est bon de rappeler à la jeune génération que les monstres et le danger ne viennent pas seulement de créatures venues de l'imagination fertile des écrivains...

Jake, ou Jacob, est le héros ado sympa auquel on s'attache très vite et qui découvre en même temps que nous ce monde insoupçonné qui vit en parallèle du nôtre. C'est marrant, il m'a assez fait penser à Percy Jackson, l'humour à tout crin en moins. Peut-être parce que leur parcours sont un peu similaires. Élevés de façon normale, ils se retrouvent propulsés dans des aventures fantastiques. Sauf que Jake n'est pas un demi-dieu mais passons :)

 Miss Peregrine contient tout une flopée de personnages tous plus fantasmagoriques les uns que les autres. À commencer par directrice qui donne son nom au titre du roman et de la saga. Une femme un peu rigide, une directrice à l'ancienne quoi :) mais dont on sent que les enfants dont elle a la charge sont tout pour elle et qu'elle est prête à tout risquer pour leur sauvegarde.

Et les enfants sont assez intéressants avec leurs particularités. Je ne vais pas vous parler de tous, mais Emma sort du lot ainsi que Millard qui est mon préféré de par son don et son humour.

Les parents de Jake sont assez conventionnels, le papa étant à la ramasse et la mère, issue d'une famille aisée, reste en arrière-plan.

Quant aux méchants, brrr ils font froid dans le dos.

Le style de l'auteur est très agréable à lire en anglais et se lit sans aucune difficulté mais sans être trop jeunesse. Le livre objet est très beau (même si je l'ai lu en ebook) avec des photos d'enfants particuliers tirés de clichés de la première partie du XXe siècle voire avant et qui font parfois froid dans le dos, surtout quand vous lisez le roman toute seule le soir vers minuit. Je dois dire que j'ai parfois eu un peu peur :D

En conclusion, voici le début d'une excellente saga jeunesse, comme je les aime, avec une écriture et une histoire intelligentes, des personnages attachants, une intrigue mystérieuse, de la SF, du fantastique, des monstres et qui fait réfléchir également sur notre monde. Et si vous voulez savoir ce que Jake va découvrir sur l'île galloise et si son grand-père avait raison quand il parlait d'un pensionnat avec des enfants particuliers (bon j'ai un peu vendu la mèche à ce niveau-là ;)), lisez-le. Quant à moi, j'ai vraiment hâte de lire la suite ! En attendant, je vais me regarder le film dont je vous reparlerai très vite.

Note :



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Le roman fait partie du Challenge Read in English 2016 - 2017 que j'organise
11,5

et du Challenge Un genre par mois d'Iluze
ce mois-ci : Jeunesse/Young Adult
1/12

Et du Challenge Jeunesse/Young Adult de Mutinelle
3/10

20 novembre 2016

The Lost Child of Philomena Lee de Martin Sixsmith

Résumé :
En 1952, en Irlande, la jeune Philomena Lee accouche d'un petit garçon illégitime et elle est forcée d'abandonner tout droit sur lui par les soeurs qui s'occupent des filles-mères au couvent de Roscrea mais doit rester trois ans au service des soeurs avec la possibilité d'élever son fils pendant ce temps. En 1955, le jeune Anthony est adopté par une famille américaine et toute sa vie sera marquée par l'idée que sa mère l'a abandonné à sa naissance et qu'il lui manque quelque chose. En 2004, la fille de Philomena aborde le journaliste Martin Sixsmith pour qu'il l'aide à retrouver le fils perdu de sa mère...

Mon avis :
Il y a bientôt 3 ans, j'avais vu le film de Stephen Frears tiré de ce livre, Philomena, et ça avait été un vrai coup de coeur. Je m'étais donc empressée d'acheter la biographie de Martin Sixsmith mais j'ai laissé passer du temps pour que les deux ne se télescopent pas. C'est donc en cette fin d'année que je me suis décidée à le sortir de ma pal. Et j'ai été très surprise de voir une histoire assez différente du film. Disons que l'histoire est abordée d'une façon différente, moins coup de coeur mais très intéressante.

Ce que j'avais adoré dans le film, c'était toute la quête de Philomena et Martin pour retrouver Anthony, l'histoire de cette femme forcée d'abandonner son fils et le traumatisme que cela avait engendré, même si elle avait refait sa vie. Et surtout il y avait ce duo entre Judy Dench et Steve Coogan, excellents dans leur rôles respectifs, apportant pas mal d'humour, malgré les drames. On ne connaissait le sort de ce fils perdu que dans les dernières minutes du film.

Dans ce livre, c'est en fait tout le contraire. la quête de Philomena et Sixsmith est réduite à la portion congrue (une vingtaine de pages en épilogue) et c'est sur la vie d'Anthony, rebaptisé Michael, que l'histoire se concentre. Et finalement je suis ravie d'avoir lu cette biographie et vu le film car les deux forment finalement un tout très complet.

La première partie est assez similaire aux deux supports dans le sens où l'on passe trois ans à l’abbaye de Roscrea en compagnie de Philomena et son fils. Une partie dure, terrifiante, dans laquelle l'Église catholique n'a pas le beau rôle, surtout ces soeurs qui ne font preuve d'aucune charité chrétienne et considèrent qu'un enfant hors mariage est péché et qu'une femme qui a fauté n'est pas digne de s'occuper d'un enfant, qui sera mieux élevé par des parents américains qui auront, évidemment, grassement rémunéré l'abbaye... On est souvent révolté à la lecture des exactions des soeurs qui, même des dizaines d'années après, refuseront que le fils et la mère se retrouvent, tellement elles sont confites dans leur rigorisme.

Le reste du livre raconte la vie d'Anthony Lee, devenu Michael Hess et se lit comme un roman. Martin Sixsmith s'est inspiré des documents qu'il a trouvés, des gens qu'il a rencontrés pour livrer l'histoire très détaillée de ce petit garçon déraciné, en conflit avec son père adoptif assez rigide, jeune homme intelligent, homosexuel qui devra le cacher car travaillant pour les Républicains, hésitant constamment entre la stabilité d'un seul amour et une tendance auto-destructrice et finissant par mourir du Sida dans les années 90.

Avec lui, c'est aussi 40 ans d'Histoire que l'on parcourt et surtout les administrations Reagan et Bush puisque Michael va être très proche du pouvoir. Et quand on lit les pages sur l'arrivée du Sida, peu prise en compte au début par Reagan puis ensuite longtemps stigmatisée aux seuls homosexuels sous les Républicains, empêchant de développer rapidement des traitement efficaces, on ne peut s'empêcher de penser à ce que vivent les États-Unis aujourd'hui avec l'arrivée de Trump et des Républicains dans tous les organes du pouvoir et qui veulent réduire les fonds destinés à la lutte contre le Sida... Bon j'avoue que j'ai trouvé certains passages un peu longuets car c'est très détaillé mais c'est quand même intéressant.

Michael/Anthony est un homme qui nous procure des sentiments assez ambigus. Il est touchant et attachant par de nombreux côtés et mais aussi agaçant avec son "oh mon dieu, je suis adopté, il me manque quelque chose, je ne pourrai jamais être heureux". Bien sûr je schématise mais j'avoue que ça m'a un peu énervée. J'avais envie de le secouer parfois et de lui dire de regarder ce qu'il avait autour de lui et d'en profiter.

J'ai beaucoup aimé Mary, sa soeur adoptive, celle qui est née pratiquement en même temps que lui au couvent et qui a été adoptée avec lui. En fait, c'est plutôt lui qui a été adopté avec elle :) C'est dommage que quand Michael devient adulte et part travailler et vivre à Washington elle soit moins présente.

Et j'ai également beaucoup aimé Peter, le compagnon de Michael pendant 15 ans, un garçon attachant, équilibré et qui fera tout pour rendre Michael heureux, jusque dans ses dernières volontés.

Même si c'est une biographie, on a vraiment l'impression de lire un roman car Martin Sixsmith ne fait pas que rédiger des faits, il crée une véritable histoire et son écriture est agréable à lire en anglais.

En conclusion, je ne m'attendais pas du tout à suivre la vie d'Anthony/Michael, le fils perdu de Philomena Lee, en commençant ce livre, étant donné que le film de Stephen Frears portait surtout sur Philomena et Martin Sixsmith et leur quête pour retrouver ce fils mais je suis ravie d'avoir eu ce côté de l'histoire et je trouve que livre et film forme un tout très cohérent. Le livre ne m'a pas autant emportée que le film mais je l'ai trouvé très intéressant et touchant. Alors si vous aussi vous voulez découvrir la vie du fils perdu de Philomena Lee et traverser 40 ans d'histoire, lisez-le. Et regardez le film aussi pour avoir la version "Philomena" :)

Note :



Le roman fait partie du Challenge ABC 2016 de Nanet
26/26
Challenge réussi !

du Challenge Read in English 2016 - 2017 que j'organise
7

et du Challenge Un genre par mois d'Iluze
ce mois-ci : non fiction
11/12

10 novembre 2016

Divergente de Neil Burger

Titre original : Divergent
avec Shailene Woodley, Theo James, Kate Winslet, Maggie Q.

Résumé :
Dans un futur proche, la société est divisée en 5 factions. À l'âge de 16 ans, lors d'une cérémonie, les jeunes doivent choisir la faction dans laquelle ils vont évoluer et pas forcément celle de leur naissance. C'est ainsi que Tris, né Altruiste, va choisir les Audacieux, tout en devant cacher qu'en fait ses tests ont été peu concluants et qu'elle est en fait une divergente...


Mon avis :
Il y a quatre ans, j'avais lu le roman de Veronica Roth (et ses suites ensuite), qui ne m'avait pas franchement convaincue, l'ayant trouvé trop long pendant une grande partie du roman. Du coup, le film ne m'attirait pas plus que cela. Mais comme c'était le dernier film à voir pour le Mini Challenge Science-fiction de Seriebox, j'ai fait "un effort" et c'est peut-être parce que je n'en attendais pas grand chose que j'ai été agréablement surprise :) Ce n'est pas un grand film mais au moins on ne s'ennuie pas une seconde.

Chaque année, dans une société divisée en 5 factions, Les Altruistes, les Audacieux, les Fraternels, les Sincères et les Érudits (Abnegation, Dauntless, Amity, Candor et Erudite, en VO), les jeunes âgés de 16 ans passent des tests pour voir quel trait de caractère ressort le plus, celui de leur faction d'origine ou une autre. C'est ainsi que Beatrice (Tris pour les intimes), née Altruiste, passe ces tests qui s'avèrent troublants car plusieurs traits de caractères en ressortent. Si les résultats viennent à être connus, elle sera classé comme Divergente et mise à mort par cette société qui n'accepte que l'uniformité. Forcée de garder le secret, elle décide de rejoindre les Audacieux lors de la cérémonie du choix. Lors de sa période d'initiation, elle découvre un monde nouveau, attirant mais également dur, fait de coups bas, de trahisons et de luttes pour le pouvoir. Elle s'aperçoit aussi que son monde n'est pas si parfait que ça et qu'une des factions trame un coup d'état...

Ce qui est bien quand on a lu le livre il y a longtemps, c'est qu'on n'en retient que la trame et on est moins pinailleur sur les différences entre le roman et le film. Car à vu de nez, comme ça, le film est une adaptation correcte du livre. Alors bien sûr, tout va vite et reste un peu superficiel, notamment dans les enjeux, et je ne suis pas sûre que ceux qui n'ont pas lu le livre maîtrisent bien toutes les données, mais l'essentiel est là. Et finalement ce n'est pas plus mal. Car le livre était trèèès long pendant une longue partie, notamment celle de l'initiation de Tris, et là ça passe beaucoup mieux. En revanche, toute la dernière partie, celle où tout part en sucette est peut-être un peu trop rapide pour le coup.

Quant au problème des Divergents, comme dans le livre, ce n'est pas quelque chose qui encore très abouti. Tout juste sait-on qu'on n'a pas le droit de l'être (Divergent) et qu'il faut être uniforme. Et là, il y a quelque chose qui m'a sauté aux yeux, à partir du moment où vous choisissez une faction différente de votre faction de naissance, n'êtes-vous déjà pas un peu Divergent ? Évidemment, c'est le test qui dit quel est votre trait de caractère et vous aide à choisir. Mais à partir du moment où justement il y a un choix, rester dans sa faction de naissance ou aller dans celle que le test vous a déterminé, la divergence est déjà présente...

Et puis il y a la romance entre Tris et Four, qui ne prend pas trop de place et c'est très bien comme ça. Mais comme le film est assez rapide, leur histoire arrive un peu vite alors que dans le roman, elle prenait vraiment son temps.

J'ai trouvé Shailene Woodley très bien dans le rôle de Tris. Le personnage est un peu effacé au début et n'a pas un physique à tomber par terre et je trouve que la jeune actrice a été bien choisie. Elle n'est pas exceptionnelle et n'a pas le charisme de Jennifer Lawrence dans Hunger Games mais elle se débrouille bien.

Quant à Theo James, le beau gosse de service, il est bien également dans le rôle de Four.

En revanche, je me demande ce que Kate Winslet est venue faire là. J'aime l'actrice mais elle ne m'a pas impressionnée dans le rôle de méchante. En revanche, j'ai été ravie de revoir Maggie Q. que j'aime beaucoup depuis Nikita.

Quant aux congénères de Tris, j'avoue que je n'ai retenu ni leurs noms, ni vraiment leurs visages car il ne m'ont pas trop marquée. Enfin si, la copine c'est Christina (enfin dans le livre) et justement dans le livre, je parlais de sa jalousie envers Tris et là ça ne ressort pas vraiment.

Neil Burger, réalisateur de L’illusionniste et Limitless, se débrouille pas mal. Ses scènes d'action sont efficaces j'ai bien aimé les scènes du train, peut-être moins percutantes que dans le livre mais visuellement très bien :)

En conclusion, Divergente n'est pas aussi bon qu'un Hunger Games mais j'avoue avoir été surprise d'aussi bien accrocher et  c'est une dystopie pour ado plutôt efficace et pas ennuyeuse à regarder même si l'ensemble est sans doute un peu superficiel par rapport au roman. Alors si vous voulez découvrir les factions de Chicago et savoir ce que ça fait quand on est Divergent, regardez-le ! Quant à moi, je pense qu'à l'occasion, je regarderai le deuxième film, même si je n'ai pas vraiment aimé le 2e tome des romans.

Note :



Vu en version originale sous-titrée VO

Le film fait partie du Mini Challenge Science-fiction
5/5
50/50
yeah !

du Film de la semaine 2016 de Benji
43/52

03 août 2016

Orgueil et préjugés de Joe Wright

Titre original : Pride and Prejudice
avec Keira Nightley, Matthew MacFadyen, Donald Sutherland, Carrey Mulligan, Jena Malone, Judy Dench, Rupert Friend, Kelly Riley

Résumé :
Les Bennet ont cinq filles, dont Elizabeth, de nature assez indépendante. Ils espèrent que leurs filles feront un bon mariage. Quand Mr Bingley et son ami Darcy viennent s'installer dans la propriété voisine, les filles Bennet sont en émoi, surtout Jane que Bingley ne laisse pas indifférente, et Elizabeth qui se prend à détester Mr Darcy pour sa hauteur et sa façon de juger les choses. Il leur faudra passer outre leur orgueil et leurs préjugés les uns envers les autres pour arriver à se rapprocher...


Mon avis :
Il y a 6 ans, j'avais découvert Jane Austen avec Orgueil et préjugés et contre toute attente (le genre n'étant pas trop ma tasse de thé), j'avais énormément aimé ce roman alliant roman historique et regard acéré sur la société d'alors. Du coup, je m'étais acheté l'adaptation de la BBC, que je n'ai toujours pas vue. Cette année, c'est donc l'adaptation de 2005 que je me suis décidé à regarder. Comme il ne me restait que peu de films à voir dans le top 100 de Seriebox, je me suis dis que c'était le moment de m'y mettre. Adaptation fidèle si ma mémoire ne me fait pas défaut mais avec les désavantages liés au film qui ne fait que 2h. J'ai donc bien aimé mais pas autant que le roman :)

Les Bennet sont des propriétaires terriens, élevant leur 5 filles dans une certaine liberté. Le père fait tout pour avoir la paix et ne pas se mêler des affaires de "ses femmes", et son épouse est une femme superficielle et un peu sotte, dont le plus grand souhait est que ses filles fassent un beau mariage. Quand Mr Bingley, jeune célibataire en vue, vient s'installer à la propriété adjacente, c'est l'émoi chez les Bennet. Lors d'un bal, Jane, la fille aînée, sage et réfléchie, tombe sous le charme du jeune homme tandis qu'Elizabeth, la 2e fille Bennet, spirituelle et indépendante, fait la connaissance de Mr Darcy qui séjourne chez son ami Bingley. D'emblée, les deux jeunes gens se heurtent, Darcy ayant des préjugés à l'encontre de la jeune fille et de sa famille, pas assez bien nés à son goût. Préjugés qui vont mettre des écueils à l'histoire d'amour de Jane et Bingley. Au fil des mois, Darcy et Elizabeth se croisent, apprennent à se connaître et s'apprécier un peu plus, tandis que des événements et des scandales secouent la famille de la jeune fille...

J'ai déjà eu l'occasion de le dire lorsque je chronique un livre puis son adaptation cinéma, c'est toujours difficile de faire une chronique du film objective. On se situe toujours par rapport à ce qu'on a lu et par rapport à l'adaptation qui en été faite, bonne ou pas. Et Orgueil et préjugés n'échappe pas à cela. Je ne peux pas écrire sur ce film sans comparer au roman.

En lui-même, le film Orgueil et préjugés est un très bon film. C'est une bonne reconstitution de l'Angleterre de la fin du XVIIIe siècle avec de la romance, de la légèreté et beaucoup de charme. Les acteurs sont plutôt bons (même si je ne suis pas hyper fan de Keira Knightley, mais j'y reviendrai) et on ne s'ennuie pas une seconde.

Après, si l'on a le livre en tête, ce film de 2h ressemble plus à un résumé de l'histoire qu'autre chose. Tout va très vite, et là où Jane Austen prenait son temps pour parler de ses contemporains, là on a l'impression que beaucoup d'événements sont réglés en deux temps trois mouvements. Et notamment l'histoire entre Elizabeth et Darcy qui passent une grande partie du film à se jauger et se lancer des piques et pouf tout à coup Darcy déclare son amour inconditionnel à Elizabeth (qui tombe des nues et nous aussi :D) et sa prise de conscience à elle de son amour pour Darcy paraît du coup venir aussi comme un cheveu sur la soupe, de façon un peu précipitée, je dois dire, et même forcée. Comme si le réalisateur s'était dit "oh la la, mais mon film va se terminer, il faudrait peut-être que ça se conclut cette histoire entre Lizzie et Darcy !" :) Du coup, cette romance-là n'a pas fait vraiment battre mon ptit coeur tout mou.

Et pour en revenir aux thèmes chers à Miss Austen, si les préjugés sur les conditions sociales sont bien évoqués, la condition des femmes, justes bonnes à se marier, aussi, il n'en reste pas moins qu'on est loin du regard ironique et plein d'humour que l'auteur portait sur son époque. Le film traite tout cela, certes, mais avec un peu trop de superficialité. Et je ne parle pas des Bennet, décrits comme vivants pratiquement dans une ferme boueuse alors que je n'en avais pas ce souvenir dans le roman. Il me semblait qu'ils étaient désargentés, certes mais vivaient dans une belle propriété (c'est en tout cas ce que j'avais mis dans ma chronique) pas dans un cloaque au milieu des poules et des cochons.

Et la maisonnée Bennet ressemble à un joyeux bordel, entre un père évitant toute confrontation qui pourrait perturber sa tranquillité, une mère assez sotte et superficielle (que j'ai pris pendant un bon moment pour la gouvernante :D) et cinq filles qui rient et qui crient et font beaucoup de bruit. Mais tout cela n'est pas, à vrai, dire, très différent du roman. Et c'est vrai que cinq filles ça doit mettre de l'animation dans une maison ^^

Keira Knightley est charmante dans le film. Elle campe assez bien le personnage d'Elizabeth Bennet, assez moderne dans sa façon de se comporter et de faire fi des convenances. Elle est peut-être un peu plus fade que le personnage du roman. En fait, c'est que j'ai du mal avec cette actrice, comme je vous l'ai dit. J'en avais déjà parlé dans ma chronique de New York Melody mais sa façon de sourire avec la bouche grande ouverte et dents apparentes m'horripile. Du coup, même si elle est mignonne, ça m'a un peu gâché le personnage.

Je pensais n'avoir jamais vu Matthew MacFayden mais je me disais quand même je l'avais déjà vu quelque part. Et en regardant sa filmographie, j'ai vu qu'il jouait le prieur Philip dans Les piliers de la Terre. Un rôle bien différent du taciturne Fitzwilliam Darcy ! :) Il le joue de façon un peu fade d'ailleurs ayant plus l'air boudeur qu'hautain. Il est certes charmant lui aussi mais manque un peu de charisme.

Donald Sutherland joue très bien le père Bennet tout comme Brenda Blethyn (actrice chez Mike Leigh joue la mère. Parmi les soeurs Bennet, plein de jeunes actrices peu connues alors comme Rosamund Pike (qui joue la soeur aînée), Jena Malone et Carey Mulligan (que j'adore) qui campent les deux plus jeunes soeurs, écervelées. Et comme dans le roman, la soeur du milieu est assez effacée et je n'ai pas retenu le nom de l'actrice (la pauvre !). On y trouve aussi Judy Dench, impeccable dans le rôle de la redoutable Lady Katherine, Rupert Friend, loin de son rôle d'agent secret dans Homeland et la toute jeune Tamzin Merchant qui joue la soeur de Darcy et qu'on a pu voir (et reverra à l'automne) dans la série Salem. Au casting, on trouve également Kelly Riley qui joue la soeur (car il n'en a plus qu'une et non pas deux) de Bingley, ce dernier étant un personnage assez falot dans le film.

C'est le premier film de Joe Wright que je voyais. Il a également réalisé, entre autres, Reviens-moi et le Anna Karenine de 2012 et là il s'acquitte de sa tâche avec honnêteté. Pas avec brio, ni beaucoup d'originalité mais il s'en tire bien. Son film est beau visuellement, avec des paysages très romantiques et des plans idoines et une belle reconstitution historique.

En conclusion, une jolie adaptation du roman de Jane Austen, même s'il est difficile de rendre véritablement justice à l'histoire en 2h de film qui la condense peut-être un peu trop et n'a pas l'ironie que portait l'auteur sur la société étriquée d'alors. Les acteurs sont charmants (même si j'ai du mal avec Keira Knightley) et on passe malgré tout un bon moment. Alors si vous voulez voir l'amour d'Elizabeth Bennet et de Fitzwilliam Darcy éclore sous vos yeux et passer outre leur orgueil et leurs préjugés, regardez-le. Quant à moi, j'attendrai un peu pour voir l'adaptation de 1995 mais il me tarde quand même de la regarder pour comparer.

Note :



Vu en version originale sous-titrée VO

Ce film fait partie du Top 100 du Ciné Challenge de Seriebox
5/9
96/100

du Mini Challenge Drame
3/7
31/50

ainsi que du Film de la semaine 2016 de Benji
31/52

27 décembre 2015

Hunger Games 3 : La révolte - Partie 2 de Francis Lawrence

Titre original : Hunger Games, Mockingjay - Part Two
avec Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Woody Harrelson, Liam Hemsworth, Philip Seymour Hoffman, Julianne Moore, Natalie Dormer

Résumé :
Le district 13, aidé de Katniss, s'efforce de porter un coup fatal à Panem et au Président Snow alors que la guerre civile fait rage un peu partout.




Mon avis :
Et voilà, 5 ans après avoir lu le tome 3 de la trilogie de Suzanne Collins, j'ai enfin vu sa conclusion sur grand écran. Une adaptation assez fidèle au roman mais qui manque un peu de passion...

Spoilers sur les films précédents

Quand on avait quitté Katniss la dernière fois, elle venait de se faire attaquer par Peeta qui avait subi un lavage de cerveau et qui croyait que la jeune fille était l'ennemi à abattre. Pendant ce temps-là, le District 13 essayait de soulever les autres districts et de porter la guerre civile aux portes du Capitole. Dans cette 2e partie de La révolte, le soulèvement se poursuit et Katniss, Gale, Peeta (qu'il faut toujours surveiller) et d'autres soldats se rendent au Capitole pour tuer Snow et mettre fin à la dictature...

Dans ma chronique du précédent film, j'avais dit ma frustration que le 3e tome soit coupé en deux. Et mon opinion n'a pas varié après avoir vu cette 2e partie. Je maintiens qu'un seul film plus ramassé aurait été plus percutant. Mais bon, j'aime beaucoup cette saga (que ce soit en livres ou en films) et je n'ai pas boudé mon plaisir à l'idée de retrouver cet univers une nouvelle fois.

La révolte partie 2 c'est donc la fin de ces Jeux de la faim, de cette lutte entre un Capitole tout-puissant et des districts exsangues et le point final à l'histoire d'une jeune fille qui s'était sacrifiée pour sa petite soeur et dont le coeur balançait entre un garçon doux, Peeta, et un qui lui ressemblait, Gale.

Le film est riche en scènes chocs et spectaculaires, il y a pas mal d'action mais je l'ai trouvé un tantinet en-dessous des précédents et mon préféré restera le deuxième film qui m'avait énormément plu. Ce que je reprocherais ici c'est un certain manque de passion, ou d'intensité. Katniss n'a jamais été réputée pour être une fille très expressive mais là j'ai trouvé que certaines scènes, même si visuellement elles sont marquantes, manquaient d'émotion. Je pense en particulier à certaines scènes vers la fin (mais je ne veux pas détailler pour ne pas spoiler) qui manquent de force alors que dans le livre, elles, dont une en particulier m'avait marquée. Et je dirais aussi que la toute dernière scène passe un tout petit peu moins bien à l'écran.

Katniss est toujours égale à elle-même, déterminée surtout, fidèle à ceux qu'elle aime, il n'y a qu'à la voir se battre pour faire revenir Peeta du bon côté de la force. :) En revanche, elle est faite d'acier, c'est pas possible ! Par 3 fois, elle est sérieusement blessée ou amochée et pif paf pouf en deux temps trois mouvements, elle se remet comme une fleur et sans aucune séquelle !

J'ai beaucoup aimé le personnage de Peeta, le plus fouillé à mon avis. En revanche, j'ai trouvé Gale aussi fade que précédemment (comment ça, je suis Team Peeta ? :D).

Donald Sutherland est toujours excellent en Snow et Julianne Moore glaçante dans le personnage de la présidente Coin. J'ai regretté qu'Elizabeth Banks ne soit pas plus présente dans le rôle d'Effie car dans le précédent film elle apportait un peu d'humour qui ne faisait pas de mal. Woody Harrelson est présent mais fait plutôt de la figuration.

À noter également dans le casting des figures plus ou moins connues comme Gwendoline Christie (Brienne dans Game of Thrones), Michelle Forbes, Toby Jones, ou encore l'actrice qui joue l'attachée de presse dans Madam Secretary.

Francis Lawrence revient à la réalisation pour la 3e fois et il connaît son sujet donc c'est carré, certaines images sont impressionnantes mais comme j'ai dit, ça manque un peu d'émotion dans le tout.

En conclusion, ce dernier film d'Hunger Games clôt très bien la série de films et est une bonne adaptation de la 2e partie du roman éponyme. Il manque juste une étincelle en plus qui en aurait fait un grand film d'anticipation young adult mais je suis plutôt satisfaite du résultat même si ce ne sera pas mon préféré. En tout cas, si vous voulez savoir si le Geai Moqueur mettra la dictature à terre et qui Katniss choisira entre Peeta et Gale (parce qu'après tout, c'est tout ce qui nous intéresse, hein ;)), regardez-le.

Note :
Vu en version originale sous-titrée

Le film fait partie du Challenge Le film de la semaine 2015 de Benji
43/53

et comme Jennifer Lawrence est née à Louisville dans le Kentucky,
il fait partie du Challenge 50 États - 50 billets de Sofynet
  45/50
Le Kentucky fut le 15e état à rejoindre l'Union en 1792. Sa capitale est Frankfort et sa plus grande ville Louisville.

10 décembre 2015

Le monde de Charlie (le film) de Stephen Chbosky

Titre original : The Perks of Being a Wallflower
avec Logan Lerman, Emma Watson, Ezra Miller, Paul Rudd, Nina Dobrev, Joan Cusack

Résumé :
Charlie est un ado introverti qui entre au lycée en cette année 1991 et où il se retrouve sans ami car il est atypique. Quand il rencontre la jolie Sam et son frère par alliance, Patrick, plus vieux que lui, le monde de Charlie s'en trouve bouleversé.


Mon avis :
Voilà longtemps que Le monde de Charlie m'intéresse que ce soit en livre ou en film et que j'avais envie de découvrir cette histoire. Fin octobre, je cherchais un film pas trop long à regarder et j'ai jeté mon dévolu sur celui-ci, même si je n'avais pas encore lu le roman, et j'ai bien fait car j'ai adoré cet portrait d'ados en décalage avec leurs pairs...

Charlie est un jeune ado de 14-15 ans, introverti et souffrant de problèmes psychologiques après un événement traumatisant survenu l'année précédente. Quand il entre au lycée en cette rentrée 1991, il se retrouve sans ami car les autres ne le comprennent pas, sauf son prof de littérature qui a deviné sa sensibilité et son talent pour l'écriture. Bientôt il rencontre Sam et Patrick, frère et soeur par alliance, qui sont en terminale et qui lui font découvrir la fête, l'amour et la musique. Cette amitié change radicalement le monde de Charlie.

Si on a lu avant Eleanor & Park et Aristote & Dante découvrent les secrets de l'univers, Le monde de Charlie est dans la même veine. Des ados atypiques, mal dans leur peau, en décalage avec le reste du monde, qui se cherchent, se trouvent et qui au terme de l'histoire auront grandi. Ce film aborde avec beaucoup de justesse, de sincérité et d'émotion ce passage de l'enfance à l'âge adulte avec tous les bouleversements qu'il induit et traite de thèmes fort comme la dépression, le suicide ou encore l'homosexualité (comme dans Aristote & co) mais sans que ce soit jamais pesant. Le film est très émouvant mais ne tombe jamais dans le pathos et la point d'humour permet de faire naviguer le film entre drame et comédie avec un bel équilibre. Si jamais je devais émettre une petite critique c'est sur l'histoire de la tante de Charlie qui ne m'a pas plus emballée que ça mais explique aussi pas mal de choses sur le jeune homme.

Quant à la romance entre Charlie et Sam (et encore, je ne sais pas si on peut parler de romance), elle est traitée avec délicatesse et cela donne une jolie histoire, pas mièvre pour un sou.

C'est singulier que ces trois histoires se passent pratiquement à la même époque, fin des années 80 ou début des 90 (Le monde de Charlie a été écrit, lui, en 1999 et se passe en 1991), à une époque où il n'y a ni smartphones ni internet et où le summum est de faire une mixtape à écouter dans un magnétophone. Quand je vois combien on est hyper connectés maintenant (jeunes et vieux), c'est bien de se rappeler qu'il y a eu un temps où on ne le passait pas les yeux vissés sur notre téléphone et que quand on étaient ensemble, on l'était à 100 %. Je me demande, à chaque fois que je lis ce genre d'histoire, et même si les problèmes d'ado restent les mêmes, ce qu'elle donnerait ancrée dans notre époque...

Le film ne serait pas ce qu'il est sans les 3 acteurs principaux qui sont formidables et jouent leurs personnages avec beaucoup de réalisme et les rendent attachants et émouvants.

Mon préféré a été Ezra Miller qui joue Patrick. Son personnage est vraiment touchant, qui cache de nombreuses fêlures sous des dehors un peu extravagants et légers. Je ne connaissais pas l'acteur (il a joué dans Californication mais je ne m'en rappelle plus) mais il est épatant et très juste. On le retrouvera sous les traits de Barry Allen/The Flash (whaaat ?) dans Batman vs Superman et également dans le spin off d'Harry Potter, Les animaux fantastiques, avec Eddie Redmayne.

Logan Lerman était aussi un inconnu pour moi (il a joué Percy dans les Percy Jackson) et je suis ravie de le découvrir dans le rôle de Charlie auquel il apporte également beaucoup de sensibilité.

Emma Watson est épatante dans le rôle de Sam. On est loin d'Hermione et c'est beau de la voir évoluer (je l'avais juste vue dans My week with Marilyn où elle n'avait pas un grand rôle) ainsi et elle apporte fraîcheur et spontanéité à son rôle tout en étant très juste dans les scènes plus difficiles.

À noter que c'est Paul Rudd "monsieur je ne vieillis pas" qui joue le rôle du professeur de littérature et Joan Cusack (soeur de John) le rôle de la tante de Charlie, qu'on voit peu dans le film mais qui est une actrice que j'aime beaucoup.

Stephen Chbosky a mis tous les atouts de son côtés puisque non seulement il est l'auteur du roman mais il l'a adapté et réalisé. Autant dire que le film est son bébé et je dois dire qu'il se sort admirablement bien de ce passage de l'écriture au cinéma. Sa réalisation est impeccable, très émouvante et en plus j'adore la musique du film, notamment le Heroes de David Bowie, utilisé dans deux scènes clés du film.

En conclusion, voici un magnifique film sur les affres de l'adolescence, sans faire d’esbroufe mais avec une réalisation intimiste et touchante et surtout porté par un excellent trio d'acteurs qui jouent avec beaucoup de justesse et de sensibilité. Et si vous aussi vous voulez découvrir Le monde de Charlie, regardez-le. Quant à moi, il ne me reste plus qu'à lire le roman et voir s'il me touchera autant que le film.

Note :



Vu en version originale sous-titrée

Ce film fait partie du Ciné Challenge de Seribox
7/13

87/100

du Mini Challenge Romance de Seriebox
3/12

16/50

et du Challenge Le film de la semaine 2015 de Benji
36/53

13 octobre 2015

Mémoires d'une geisha de Rob Marshall

Titre original : Memoirs of a Geisha
avec Zhang Ziyi, Gong Li, Michelle Yeoh, Ken Watanabe

Résumé :
La petite Chiyo est vendue par son père, un pêcheur très pauvre, à une maison de geisha. Au fil des années, la petite fille aux troublants yeux bleus, employée d'abord comme servante, va gravir les échelons, devenant Sayuri la geisha, respectée par les uns ou s'attirant l'inimitié de rivales comme Hatsumomo, ne pouvant aimer personne mais dont le coeur bat pour un homme inaccessible...

Mon avis :
J'avais lu le livre d'Arthur Golden il y a déjà cinq ans (en septembre 2010) qui m'avait énormément plu et avait acheté le DVD dans la foulée. Jusqu'à présent, il était pourtant resté dormir dans ma DVDthèque. Mais fin août, quand j'ai cherché un film à voir avec ma fille, je me suis enfin décidée à l'en sortir et l'histoire, même si très romancée et à la sauce hollywoodienne, m'a une fois de plus emportée.

Chiyo Sakamoto, petite japonaise aux yeux bleus issue d'une famille pauvre de pêcheurs, est vendue, avec sa soeur par son père. Alors que Chiyo est destinée à une okiya, une maison de geisha, Satsu, la soeur finit dans une maison de passe. Chiyo devient servante sous la férule rigide de la maîtresse des lieux, mais se rebelle souvent. Un jour, elle rencontre un bel homme, le Président, rencontre qui va changer sa vie et elle décide de tout faire pour devenir une geisha accomplie. Au fil des années, chaperonnée par la belle Mameha, et malgré les tentatives de sa rivale, Hatsumomo au sein de son okiya, elle gravit les échelons et atteint son objectif, sous le nom de Sayuri. Les hommes se pressent pour obtenir son mizuage (sa virginité), mais Sayuri ne peut oublier le Président, seul homme inaccessible mais qui fait battre son coeur à chaque fois qu'elle le rencontre.

Geisha, c'est une magnifique histoire, filmée avec beaucoup de délicatesse et de sensibilité, à l'image de ces geishas qu'il évoque. Je ne reviendrai pas sur le rôle des geishas, j'en avais longuement parlé dans ma chronique du livre. Je regrette juste que certains côtés soient occultés, comme la très importante cérémonie du thé qui m'avait marquée dans le livre.

Le film est beaucoup plus mélo que le roman (désolée de faire des comparaisons entre les deux) et hollywoodien, c'est à dire un peu cliché. Mais franchement, ça ne m'a pas dérangée du tout et j'ai beaucoup apprécié voir en images ce que j'avais lu.

Le film est peut-être aussi un peu plus centrée sur l'aspect romance, cette histoire d'amour impossible entre Sayuri et le Président qui ne peut pas devenir son Danna (protecteur). Cela ne m'a pas déplu et a fait battre mon petit coeur romantique :)

En revanche, j'ai vraiment regretté qu'aucune des actrices principales ne soient japonaises ! En effet, Zhang Ziyi et Gong Li sont chinoises et Michelle Yeoh d'origine Malaise. Cela n'enlève rien à leur talent mais c'est là où l'on voit que le film est destiné à un public occidental qui ne fait sans doute pas la différence.

En tout cas, Zhang Ziyi est jolie comme un coeur et est très émouvante dans le rôle de Chiyo/Sayuri, Gong Li vénéneuse à souhait et Michelle Yeoh est royale.

J'ai beaucoup aimé Ken Watanabe dans le rôle du Président, tout en dignité et séduction. J'ai déjà eu l'occasion de voir jouer l'acteur, notamment dans Inception et Le dernier Samouraï et l'avait déjà apprécié.

Rob Marshall est le réalisateur de Chicago et Nine, deux comédies musicales imparfaites mais que j'avais beaucoup aimées à l'époque), de Pirates des Caraïbes 4 que je n'ai pas aimé du tout, et de Into the Woods que je n'ai pas encore vu. Ce n'est pas un super réalisateur mais pour Mémoires d'une geisha, il s'en tire pas mal, livrant un très joli film, malgré le côté hollywoodien. Les images sont belles, la musique envoûtante.

En conclusion, même si le film n'est pas l'adaptation parfaite du roman, Mémoire d'une geisha a su m'emporter pendant ses 2h20 (qui passent très vite) grâce sa belle histoires et ses actrices talentueuses, même si pas japonaises. Et si vous voulez savoir comment Sayuri va réussir à devenir geisha et si elle arrivera à conquérir le coeur du Président, regardez-le.

Note :



Ce film fait partie du Ciné Challenge de Seribox
5/13

85/100

du Mini Challenge Romance de Seriebox
2/12

16/50
et du Challenge Le film de la semaine 2015 de Benji
30/53