18 avril 2020

Au revoir là-haut de Pierre Lemaître

Résumé :
Après la guerre de 14-18, deux rescapés, Albert Maillard, ancien comptable et Édouard Péricourt, un jeune dessinateur de génie et faisant partie de la bourgeoisie parisienne, ce dernier défiguré et tous deux fracassés par cette guerre et par leur lieutenant, un être fourbe et malfaisant, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. De son côté, le lieutenant Audrey-Pradelle a réussi à faire un beau mariage et, en bon arriviste, entend bien trouver sa place dans les arcanes du pouvoir et par tous les moyens.




Mon avis :
En 2018, j'avais vu le film éponyme d'Albert Dupontel que j'avais adoré mais n'avais encore pas lu le roman de Pierre Lemaître. Sans les Challenges Livraddict, je pense que je ne l'aurais pas lu mais, dans l'une des catégories, il y avait la suite, Couleurs de l'incendie, et je me suis dit qu'avant de découvrir cette suite, il fallait que je lise Au revoir-là-haut et que c'était enfin l'occasion de découvrir l'histoire qui avait valu le prix Goncourt à son auteur en 2013. J'ai beaucoup aimé ce roman mais j'ai quand même préféré son adaptation.

C'est toujours délicat de faire une chronique d'un livre dont on a vu l'adaptation avant ou vice versa, quand on a lu le livre avant et qu'on voit le film. J'essaie de ne pas faire de comparaison mais c'est pratiquement impossible. Et, comme avec The Perks of Being a Wallflower (Le monde de Charlie), là j'ai préféré l'adaptation au roman d'origine. Il faut dire que Dupontel y a instillé un je-ne-sais-quoi qui m'a plus attachée aux personnages et notamment à celui d'Édouard (qui était admirablement joué, il faut le dire).

Avec ce roman historique, Pierre Lemaître brosse une France fracassée par la guerre dont les petites gens peinent à se relever, tandis que ceux qui ont le pouvoir entendent le garder et surtout en tirer profit. À travers les histoires des différents protagonistes, on a une vision assez réaliste de ce que fut cet après-guerre.

En fait, ce qui m'a désarçonnée en lisant le roman, c'est que l'arnaque aux monuments aux morts intervient assez tard dans le récit.  Je n'avais plus le souvenir que/si c'était le cas dans le film et, du coup, j'ai un peu piaffé :) Mais bien sûr Au revoir là-haut ne repose pas que sur cette intrigue et l'on suit les destins des personnages avec grand intérêt, les escroqueries des uns (oui c'est à toi que je m'adresse Audrey-Pradelle), les manigances des autres, la reconstruction ou le chagrin étouffé de certains et j'en passe.

Albert Maillard est un personnage intéressant. Car, de prime abord, ce n'est pas quelqu'un sur lequel on se retournerait, il est effacé et timide, mais la tragédie qu'il vit juste avant et sa rencontre avec Édouard donnent un sens à sa vie. Et j'ai beaucoup aimé son évolution.

J'avais adoré Édouard Péricourt dans le film, il était tellement bien joué qu'il crevait l'écran et rendait l'histoire grandiose, ça a été un peu moins le cas dans le roman. Même si, évidemment, l'Édouard de papier a des côtés attachants et qu'on est bien sûr horrifié par ce qu'il vit, j'ai moins accroché. Mais c'est une vraie figure tragique, comme l'est sa vie, notamment vis à vis de son père et les masques qu'il met au gré de ses humeurs renforce ce côté tragique. Le destin de ce personnage m'a vraiment attristée.

Sur écran ou sur papier, le lieutenant Audrey-Pradelle est vraiment une ordure de première. Mais quel salaud ! Autant, parfois, certains méchants peuvent avoir des côtés ambigus, autant lui c'est clair et net, il n'y a rien de bon pour le rattraper. J'ai vraiment adoré que Madeleine ne soit rapidement plus dupe et le lui fasse savoir.

En parlant de Madeleine, la soeur d'Édouard et épouse d'Audrey-Pradelle, je me rappelais pas avoir autant accroché à elle dans le film. Je l'avais évoquée, surtout qu'elle était incarnée par Emilie Dequenne mais je dois dire que la version roman m'a beaucoup plus marquée et j'ai hâte de lire la suite d'Au revoir là-haut, Couleurs de l'incendie, qui porte sur elle, il me semble.

Autour de ces personnages, gravitent de nombreux autres, certains comme le père Péricourt ou Louise la petite fille qui s'attache à Édouard et sont au premier plan, d'autres figures sont plus floues...

J'ai beaucoup aimé la narration de Pierre Lemaître. Il adopte un ton un peu argotique, titi parisien qui va très bien avec l'époque. Et son écriture est très vivante, on se croirait un peu dans les romans-feuilletons de l'époque.

En conclusion, même si je n'ai pas adoré le roman autant que le film, cela reste une très bonne lecture et une histoire tragi-comique, tragédie avec l'histoire d'Édouard Péricourt, comédie avec celle à la pieds nickelés de l'arnaque aux monuments aux morts. Avec des personnages bien croqués, attachants pour certains, haïssables pour d'autres et surtout Audrey-Pradelle. Et un style qui convient très bien à l'histoire. Bref, si vous voulez savoir si nos deux compères réussiront leur coup et surtout si l'ignoble Audrey-Pradelle sera puni, lisez-le !

Note :




Le roman fait partie du Challenge Un genre par mois d'Iluze
au mois de février : Historique
2/12

4 commentaires:

  1. Je n'ai pas lu le livre mais j'avais également adoré le film :)

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  2. J'avais adoré le film et c'est vrai que depuis j'ai envie de lire le livre aussi.
    Je me laisserai peut être tenté à l'occasion.
    Merci de cette chronique
    Bonne journée

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  3. je veux vraiment lire cette série. Après mai. Parce que là, je suis en fantasy.

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  4. J'avais vraiment beaucoup aimé : il faut que je lise les deux autres !

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