Affichage des articles dont le libellé est saga. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est saga. Afficher tous les articles

28 février 2021

L'Hiver du monde, Le Siècle tome 2 de Ken Follett

Titre original : Winter of the World, The Century Trilogy Book 2
 
Spoilers sur le tome précédent
 
Résumé :
Entre 1933 et 1949, de l'arrivée au pouvoir d'Hitler à la reconstruction de l'Europe, les familles Dewar, Williams/Leckwith, Peshkov et Von Ulrich sont emportées dans la tourmente qui va balayer le monde...




Mon avis :
L'été dernier, j'avais lu le premier tome de la trilogie du Siècle et, si j'avais aimé ma lecture, je l'avais trouvée très longue et j'avais dû l'entrecouper d'autres lectures. Du coup, c'est avec circonspection que j'ai entamé ce tome 2 qui a été ma première lecture de 2021 et celle que j'ai choisie pour le Challenge Un genre par mois d'Iluze. Et, à ma grande surprise, j'ai adoré ce tome 2 dont j'ai dévoré les 940 pages en une vingtaine de jours, ce qui est un exploit en ce moment.

Bon je dois avouer qu'au début j'ai un peu été désarçonnée par le saut dans le temps depuis la fin du tome 1, 14 ans et par le fait que les personnages de L'Hiver du monde soient les enfants de ceux qu'on avait suivis dans la Chute des géants. J'aimais beaucoup Ethel, Maud, Walter et Gus et j'ai presque dû faire mon deuil d'eux, même si on les voit encore. En plus, au début de ce tome 2, ces nouveaux personnages ont entre 14 et 16-17 ans et ont donc des réactions d'enfants ou d'ados et j'ai été un peu chagrinée de voir le roman être raconté à travers leur prisme. Mais cette gêne a finalement très peu duré car j'ai vite été emportée par leurs histoires et surtout l'Histoire.

Car L'Hiver du monde aborde une période dramatique, cruelle et qui résonne encore aujourd'hui. Quand, au début, du roman, on assiste à la prise de pouvoir d'Hitler, d'abord de façon légale puis autoritaire, comment ne pas faire de parallèle avec la montée des populismes et des nationalismes aujourd'hui ? Comment ne pas penser à Trump, qui a tout fait, mais vraiment tout, pour renverser, il y a quelques semaines, des élections présidentielles qui étaient en sa défaveur ? Qui a appelé à la rébellion et l'insurrection. Qui a légitimé les actions d’extrémistes et suprémacistes blancs. Mais, heureusement, grâce aux institutions solides des États-Unis, on a pu lui faire barrière mais, il s'en est fallu de peu et certains pays n'ont pas ce luxe. Et, dans le livre, cette période charnière entre 1933 et 1939 m'a fait penser à tout ce qu'il se passe dans notre monde, avec la morgue et les actions en toute impunité des Chemises Brunes. Il y a des scènes vraiment atroces qui m'ont bouleversée. Comme l'Homme oublie bien vite ce genre de choses et retombe dans ses excès les plus noirs !
 
Et puis il y a les horreurs de la guerre, la guerre d'Espagne d'abord, puis celle se déroulant mondialement, aussi bien en Europe que dans le Pacifique et qui va laisser tant de victimes, mortes ou vivantes d'ailleurs. Et ne parlons pas de la Libération où les Russes se sont comportés de façon bestiale dans Berlin... C'est un pan de l'Histoire que je ne connaissais pas et j'ai trouvé cela très dur. Mais aussi très intéressant car si je connaissais le Berlin coupé en deux par le mur et les deux Allemagnes (j'ai grandi avec cette situation), je ne savais pas vraiment comment cela s'était passé à la Libération et comment cela s'est décidé. En lisant la fin du livre, je pensais à ces pauvres Allemands qui passaient sous le joug des Soviétiques pour plus de 40 ans...

Le roman ne traite pas seulement des guerres mais aussi d'événements historiques et politiques annexes, comme la politique américaine, le New Deal, Roosevelt, le Plan Marshall etc... l'Anglaise avec, là aussi, la montée des fascistes mais heureusement étouffée dans l'oeuf, puis l’avènement du parti travailliste (je ne savais pas qu'ils avaient gagné les élections après guerre), la course à l'arme nucléaire, aussi bien du côté américain (avec les événements d'Hiroshima et Nagasaki de si triste mémoire) que du côté soviétique.

Et puisqu'on parle de l'URSS, le roman couvre bien sûr le régime Stalinien, régime tout aussi autoritaire et abject que le régime Nazi. Bien sûr, ils n'ont pas massacré des millions de juifs et de gens différents mais ils ont déportés, tués tous ceux qui s'opposaient au régime et le Kapo, ancêtre du KGB, n'a rien à envier à la Gestapo concernant les méthodes punitives et expéditives.. Et l'on voit nos personnages soviétiques, ceux qui ont oeuvré pour faire tomber le régime tyrannique du Tsar, comme Grigori Peshkov, s'apercevoir que leurs idéaux de la Révolution ont permis l'émergence d'autres tyrannies...

Bien sûr, L'Hiver du monde n'est pas qu'un roman sur des faits historiques, c'est aussi des histoires familiales et personnelles, des histoires de gens. Comme je l'ai dit plus haut, on suit la nouvelle génération, les enfants de ceux qu'on avait côtoyés lors du premier tome et ils sont tout aussi attachants, sinon plus, finalement, que leurs parents.
 
Mon personnage préféré a été Lloyd, le fils d'Ethel qu'elle avait eu illégitimement avec le jeune comte Fitzherbert. J'ai adoré son côté pataud, sa droiture, sa fidélité envers les causes qu'il épouse et son amour sans faille pour Daisy, la fille de Lev Peshkov.. J'ai adoré son parcours et le fait qu'il réchappe aux guerres (je spoile mais j'ai vraiment eu peur pour lui). 

Au début, je n'aimais pas Daisy Peshkov, jeune américaine frivole dont le père Lev était un gangster. Je ne comprenais pas comment Lloyd pouvait en être amoureux (enfin si, c'était une jeune fille vive et lumineuse). Je l'ai trouvée détestable de préférer le titre de comtesse et Boy Fitzherbert à Lloyd mais, avec la guerre venue, elle a fini par murir et je dois dire que je l'ai beaucoup mais vraiment beaucoup appréciée. J'ai adoré ses prises de conscience, son empathie et l'amour de Lloyd et celui qu'elle lui portait l'ont grandie. J'ai aussi beaucoup aimé sa relation avec Ethel.

Ceux qui m'ont vraiment serré le coeur, ce sont les Von Ulrich. C'est vraiment la famille maudite de la saga ! Déjà, dans le premier tome, l'amour entre Maud, Anglaise et Walter, Allemand, était digne d'un drame, puisqu'il naissait juste avant la guerre. Mais heureusement, tout se terminait bien et Maud épousait son Walter et partait vivre avec lui en Allemagne. Et là, bam, Hitler arrive au pouvoir et pour le social démocrate qu'est Walter et la femme éprise de liberté qu'est Maud, c'est une longue descente en enfer. L'histoire des Von Ulrich est raconté du point de vue de Clara leur fille, toute jeune fille en 1933, éprise de liberté et qui, au fur et à mesure que les années passent, devient une jeune femme digne de sa mère. Mais alors, que de drames et d'épreuves la famille traverse ! Je ne veux pas spoiler mais ce sont ceux qui souffrent le plus dans ce tome 2 et subissent le plus la cruauté des gens et des événements. Et comme si cela ne suffisait pas, voilà que leur maison se retrouve dans le secteur soviétique ! On sait ce que ça veut dire pour les décennies à venir et ça me fend vraiment le coeur...

Les Dewar, en Amérique, étaient plus en arrière-plan dans le premier tome mais j'avais beaucoup aimé Gus et celle qui est devenue son épouse ensuite, Rose, la journaliste intrépide. Dans ce tome, si eux sont toujours présents, ce sont leurs deux enfants, Woody et Chuck qui prennent le relais et mettent la famille plus en avant. Et ce sont eux qui vont également vivre épreuves et drames... C'est à travers cette famille qu'on suit la politique américaine sur 16 ans, au sortir de la Dépression, jusqu'à la décision du Plan Marshall dans lequel les Dewar sont bien impliqués. Ce sont des personnages que j'ai beaucoup aimés.

Bizarrement, ceux que j'ai moins aimés, ce sont les Peshkov (à part Daisy bien sûr), américains et soviétiques. Disons qu'ils m'ont laissée plus indifférente. Peut-être parce qu'ils souffrent moins, que la vie semble plus douce pour eux. Je dis semble car il n'est pas facile de vivre dans l'URSS Stalinienne, bien évidemment mais, alors que j'avais beaucoup aimé Grigori, j'ai moins apprécié Volodia, le fils ou plutôt son neveu, puisque depuis le début du tome 1 on sait qu'il est le fils de Lev (le fourbe qui avait volé l'argent de son frère pour partir aux USA en laissant sa petite amie enceinte). Oh il n'a rien à se reprocher et est même plutôt gentil, ouvert et même critique (enfin critique en silence) envers la politique stalinienne mais je ne sais pas, il y a tellement de personnages dans ce roman que je ne peux pas les aimer tous. Et c'est pareil avec Greg, son cousin/demi-frère qui est très gentil, a une storyline intéressante mais n'est pas de la trempe des Lloyd, Woody ou Chuck.

Et puis il y a les détestables, comme Boy le fils du comte Fitzherbert. Le père n'était pas très recommandable, le fils c'est pire ! 
 
Et malheureusement, je ne peux pas parler de tous les personnages, sinon on y serait encore dans 10 ans mais nombreux sont ceux que je n'ai pas évoqués et qui sont très intéressants.

Dans le premier tome, j'avais aimé le style de l'auteur mais regretté que ce soit un peu long et, là, j'ai adoré de bout en bout sa façon d'écrire ! Sa plume m'a emportée, j'ai aimé son sens du détail qui m'a immergée complètement dans son récit et j'ai vraiment eu l'impression de vivre aux côtés de ses personnages. Même les scènes de guerre m'ont plu (en plaire n'est pas le mot mais vous voyez ce que je veux dire) et j'ai vraiment tout apprécié.

En conclusion, à mon grand étonnement, L'Hiver du monde est un coup de coeur. Et alors que le tome 1 m'avait paru bien long à lire, cela n'a pas du tout été le cas ici. Il faut dire que les événements historiques m'ont passionnée, certains démontrant la cruauté des hommes et/ou faisant malheureusement écho avec notre époque en montrant que les courants extrêmes de tous bords sont dangereux. Ce n'est pas un tome où il se passe beaucoup de choses réjouissantes et il est souvent triste et dur. Mais ce roman est avant tout une histoire de personnes, de multiples personnages auxquels on s'attache vite, même si au début leur jeunesse m'a déconcertée. Mais comme le roman se déroule sur plus de 10 ans, on les voit évoluer et changer. J'ai adoré Lloyd, l'Anglais et Clara l'Allemande mais beaucoup ont su me toucher ou me convaincre alors que ce n'était pas gagné, comme Daisy Peshkov. Alors je n'ai qu'un conseil à vous donner, c'est que si vous avez aimé le tome 1, lancez-vous sans hésiter dans ce tome  et si vous avez été mitigés en lisant La chute des géants, redonnez sa chance à la saga en lisant L'hiver du monde ! Quant à moi, franchement, cela ne m'aurait pas dérangée que cela dure plus longtemps ! Heureusement, j'ai encore le tome 3 à lire, malheureusement, je ne pourrai sûrement pas le lire avant 2022 car il fait au moins 1000 pages et je veux déjà lire le tome 4 des Archives de Roshar de Sanderson qui, lui aussi, fait plus de 1000 pages et je ne pourrai pas lire les deux. Et puis attendre un peu pour lire le tome 3 me permettra de rester encore un peu avec les personnages de ce tome 2 en tête...

Note :



Le roman fait partie du Demi-Challenge ABC 2021 de Nanet

 1/13
 
et du Challenge Read in English que j'organise
6
 
Du Challenge Un genre par mois d'Iluze
Au mois de janvier : Historique/Classique
1/12
 
et du Baby Challenge Historique 2021 de Livraddict
1/12
10/20

18 décembre 2020

La Chute des géants, Le Siècle tome 1 de Ken Follett

Titre original : Fall of Giants

Résumé :
Entre 1911 et 1921, l'histoire de cinq familles emportées par le tourbillon de l'Histoire. Les William, famille de mineurs dont le fils Billy partira à la guerre et la fille Ethel, mise en enceinte par le comte Fitzherbert qui, à Londres, deviendra une activiste féministe, Maud Fitzherbert, la soeur du comte, menant une vie non conventionnelle et amoureuse en secret d'un Allemand, Walter Von Ulrich qui va devenir l'ennemi en 1914, les Pechkov en Russie dont l'un des frères va s'exiler en Amérique et devenir un membre de la mafia russe en épousant la fille du parrain local, tandis que son frère Grigori va vivre la guerre du côté russe et être l'un des artisans de la révolution d'Octobre ou encore Gus Dewar, jeune diplomate américain...


Mon avis :
À une époque, j'adorais lire les grandes sagas historiques qui sortaient, comme certains romans de Michener. Et cet engouement ne s'est jamais démenti même si j'en lis (beaucoup) moins maintenant. Je me suis bien sûr régalée avec la saga de Kingsbridge (Les Piliers de la Terre et ses suites). Mais paradoxalement, cette saga du Siècle m'attirait un peu moins car c'était un peu trop contemporain à mon goût et je ne suis pas hyper fan de la première guerre mondiale (même si Downton Abbey a un peu changé la donne) mais c'est Mypianocanta qui m'a donné envie de lire ce roman (en chroniquant une des suites) et, de fait, je l'ai mis dans mon challenge ABC de cet année. Même si ma lecture a été un peu ardue pour diverses raisons, j'ai quand même beaucoup apprécié cette lecture.

Si j'ai dit plus haut que ma lecture avait été ardue c'est parce que le livre est un beau pavé de 1000 pages, ce qui ne n'aurait absolument pas fait peur il y a quelques années mais qui m'a assez ralentie dans mes lectures, étant donné que mon rythme est devenu plus lent qu'un escargot anémique. Du coup, j'ai dû morceler cette lecture pour ne pas avoir l'impression d'y passer mon année ! :) Je l'ai commencée fin juin pour la finir début septembre.

Avec la Chute des Géants, c'est dix ans d'Histoire qu'on aborde et une multitude de personnages. On n'est pas dans Game of Thrones mais pas loin :D Il faut donc avoir une sacrée mémoire pour, au début, se rappeler qui est qui et ce n'est pas toujours évident.
 
Ce premier tome évoque d'abord les soubresauts de l'Histoire qui ont conduit à la première guerre mondiale puis l'on passe ensuite la majeure partie du roman à vivre cette guerre. Quand je dis "vivre" ce n'est pas un vain mot puisqu'on est plongés au coeur de ce conflit, avec force détails et de tous les côtés, que ce soit chez les Anglais, les Allemands, les Russes, voire les Américains. Paradoxalement, les Français sont très peu présents, même si le conflit se déroule, en partie, sur leur territoire. Cela m'a un peu surprise et gênée de n'être que spectatrice de mon Histoire de France. Mais cela avait été aussi le cas lors de la Colonne de Feu qui se déroulait durant la Saint Barthélémy et où les Français n'étaient presque qu'anecdotiques.

Je dois l'avouer, tous ces chapitres sur la première guerre mondiale m'ont barbée. Notamment lorsque cela parlait stratégie à n'en plus finir, alliances et batailles sur le front, qu'il soit français ou russe. J'ai trouvé que c'était parfois très long et lent et ce n'était pas franchement ce que j'avais envie de lire dans ce roman.

En revanche, même si c'était aussi parfois un peu long, je n'ai pas trop éprouvé de lassitude concernant toute la révolution russe. J'ai même beaucoup aimé la suivre et en connaître le déroulement. Car on connaît surtout (enfin pour moi qui ai fait du russe pendant des années au lycée et en fac il y a des décennies de cela) la révolution d'Octobre mais en connaître les tenants et aboutissants précédant cela, c'était assez passionnant à suivre.

Mais, en fait, j'ai beaucoup aimé les petites histoires des personnages, j'ai adoré suivre la vie de certains, surtout certaines, comme les femmes et notamment Ethel et Maud, mes deux personnages préférés, j'ai aussi beaucoup aimé Billy le frère d'Ethel. J'ai aimé la façon dont Ethel se sortait de sa condition pour devenir une femme indépendante et forte, j'ai aimé que Maud brave les convenances pour vivre à sa guise (et en subisse aussi les conséquences malheureusement). Ce sont deux très beaux portraits féminins que nous a brossés l'auteur. J'ai aussi beaucoup aimé Grigori Pechkov, grugé par son voyou de frère mais qui va se révéler grâce à la révolution, ainsi que dans sa vie privé. En revanche, j'ai eu envie de baffer son frère, une petite frappe de première, un bon à rien franchement. J'ai également beaucoup aimé Gus Dewar qui a un rôle plus secondaire et Walter von Ulrich, né dans le mauvais pays et la mauvaise famille. J'ai beaucoup aimé sa droiture et sa fidélité à Maud.

Le style de l'auteur est toujours très agréable à lire en anglais, pas trop compliqué. Même si j'ai trouvé que c'était très long parfois, on ne peut qu'admirer son sens de l'immersion et du détail :)

En conclusion, ce premier tome du siècle a été une lecture parfois en dents de scie et très longue à lire mais c'est parce que, tout d'abord, la première guerre mondiale n'est pas une période que j'aime forcément lire (je préfère de loin ses/les histoires se déroulant au Moyen-âge) et parce qu'il y a eu trop de passages stratégiques et guerriers dans ce roman. J'ai nettement préféré quand on se focalisait sur les personnages, notamment féminins qui font tout le sel de de cette histoire. Mais malgré mes réserves, c'est quand même une très belle lecture et une saga passionnante à suivre et si vous voulez faire connaissance avec des personnages comme Maud, Ethel, Grigori et bien d'autres n'hésitez pas. Quant à moi, je lirai bien volontiers la suite. Je ne sais pas si ce sera en 2021, je l'espère. Mais il me faudra beaucoup de temps devant moi car c'est aussi un gros pavé :)
 
Note :




Le roman fait partie du Challenge Read in English 2019-2020 que j'organise
14
 
et du Demi-Challenge ABC 2020 de Nanet
8/13
 
Et du Baby Challenge Historique de Livraddict
9/20

18 décembre 2010

La sagesse des fous d'Einar Kárason

Titre original : Heimskra Manna Rád

Résumé :
L'histoire de la famille Killian, les grands-parents, Sigfus et Solveig, leurs 7 enfants et leurs nombreux petits-enfants. Et, en arrière-plan, l'histoire d'une île perdue au Nord de l'Europe qui acquiert son indépendance au cours du XXe siècle.




Introduction :
Pour une fois, je ne vais pas commencer par mon avis sur ce livre mais par les raisons qui ont fait que je l'ai lu. J'ai lu ce livre dans le cadre du Destination... d'Evert qui nous propose de choisir chaque trimestre environ, un destination sur un continent donné. Après l'Australie, au printemps, et l'Afrique du Sud, cet été, c'est donc l'Europe qui était à l'honneur pour cet automne/hiver et c'est l'Islande qui a été choisie.


Imaginez une ïle tout là-haut au nord de l'Europe, qui effleure le cercle polaire arctique et où, l'été, il fait jour 22h/24 et qui connaît 8 mois d'hiver. Imaginez une île où l'on trouve aussi bien des paysages d'Irlande que des fjords norvégiens ou des icebergs et des volcans, où l'on trouve d'immenses geysers, des sources d'eau chaudes, des marmites bouillonnantes et la plus grand cascade d'Europe. Une île traversée par le plus grand désert (non sableux) d'Europe. Une ïle qui a donné Björk, la chanteuse...

Voilà l'Islande, terre de contrastes abritant une population rude habituée aux intempéries. Imaginez qu'on soit en été, qu'il pleuve et qu'il fasse 10°... Vous, français, seriez emmitouflés dans votre K-Way, trempés jusqu'au os... Eh bien pas les islandais ! Je les ai vus par ce temps-là, en habit d'été et sandales, discutant tranquillement sous la pluie alors qu'on grelottait ! :)

C'est donc dans cette île que j'ai passé une semaine de vacances en 2001 et dont je garde un excellent souvenir avec l'envie d'y retourner.

Je vais vous épargner mon road-trip mais pour vous donner une idée, voici la carte d'Islande et en rouge le tracé que nous avions effectué en 4x4 avec une halte en plein milieu de la Sprengisandur, piste qui traverse ce désert du Sud au Nord et où il fait 4° la nuit en plein été... Sympa quand vous campez !


C'est donc là que se passe La sagesse des fous et en grande partie à Laekjarbakki, que les cartes situent là où j'ai mis une croix rouge au nord du pays.

Mon avis :
Quand il s'est agi de choisir un livre islandais, ma première idée a été de choisir La cité des Jarres d'Arnaldur Idrason, parce que j'avais envie de le lire depuis longtemps. Et puis j'ai eu envie de lire un roman davantage ancré dans le quotidien islandais et grâce à Evert qui avait mis un site en lien, j'ai pu trouvé mon bonheur parmi plusieurs titres et j'ai donc choisi ce roman, La sagesse des fous.

La Sagesse des fous raconte la vie d'une famille Islandaise, les Killian. Dans les années 20 ou 30, Sigfus et Solveig Killian viennent s'installer à Laekjarbakki, un trou perdu au milieu de la lande islandaise battue par les vents. Sigfus devient "Fusi la récupe", un vendeur de pièces détachées. Avec Solveig, il aura 7 enfants, 5 garçons et deux filles, qui connaîtront des fortunes diverses. Certains réussiront, d'autres non. C'est un de leur petit-fils qui entreprend de raconter l'histoire de la famille.

Je dois dire que si j'ai bien aimé ce livre, je l'ai trouvé également un peu long et surtout plat et sans réelle émotion. Tout au long de ses 310 pages, l'auteur se borne à nous narrer une succession de vies, de faits sans qu'on s'attache vraiment à qui que ce soit.

J'ai trouvé intéressant que le livre se situe en Islande (ce qui était quand même le but principal de ma lecture ! ;)) dans la mesure où on ne connaît rien de ce pays, ni son histoire, ni sa situation politique et économique (je sais seulement qu'ils ont une femme Premier ministre et que la crise de 2008 a été très grave dans ce petit pays).
Et de côté-là, le roman a rempli sa mission puisqu'en filigrane, on apprend que l'Islande devient indépendante au cours du XXe siècle après avoir été une possession danoise. Et, au fil de l'histoire, on assiste également à des événements extérieurs à la famille Killian.

Mais, sinon, l'histoire pourrait se passer n'importe où. Les Islandais sont tellement habitués à leur position géographique et à leur climat, que jamais ils ne paraissent souffrir du fait qu'il fait pratiquement nuit tout le temps l'hiver ou que le jour dure 22h l'été. La famille Killian vit comme une famille qui vivrait en Irlande ou en Écosse. J'attendais quelque chose de plus... typique à ce niveau-là ! ^^

Surtout que la trame du roman est finalement très classique ! On suit la vie d'une famille sur plusieurs générations, leurs rivalités, leurs amours, leurs réussites ou leurs défaites. Même sur la "terre de glace", ce n'est pas différent d'ailleurs ! :)

J'ai eu un peu de mal à suivre les pérégrinations de tous les personnages principaux ! Entre le patriarche et sa femme, leurs sept rejetons et leurs conjoints, les enfants, les amis, les connaissances, cela en faisait beaucoup et je me suis parfois perdue dans les noms et ne savais plus bien qui était qui ! Ajoutez à cela que certains prénoms (tel Einar) sont très courants en Islande et reviennent pour plusieurs personnages et c'est le flou ! ^^

Du coup, aucun personnage ne m'a vraiment touchée ou vraiment marquée. Certains ont quand même retenu mon attention comme le patriarche, Fusi la récupe, Salomon le jumeau dérangé, un des ses fils ou encore Bardur, le père du narrateur, un homme toujours à l'affût d'une bonne combine et ne réussissant finalement rien !

Concernant le style de l'auteur, il est simple, agréable, c'est bien écrit et ça se lit sans problème. C'est peut-être ce que j'ai le plus aimé dans le livre même si, comme je l'ai dit par ailleurs, c'est un peu plat et on ne ressent pas de réelle émotion dans ce qu'il écrit.

En conclusion, je suis très contente d'avoir découvert un auteur islandais même si son roman me laisse un tantinet mitigée et si vous voulez connaître Fusi la récupe, Bardur, ou Vihljam (William, en fait ! ;)) Edvard, un autre frère Killian à qui tout sourit, lisez ce roman ! Quant à moi, je suis prête à partir pour une prochaine Destination...

Note :



Vous pouvez découvrir également les lectures de Setsuka - Lexounet - bambi-slaughter - Lynnae - Pickwick - scor13 - Estellecalim - Erato - mamoun - djak - DeL - Mimi54 - Hilde - Véro - Lalou - flof13 - Sookee (pour un reportage en photos).