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31 octobre 2020

Dans la combi de Thomas Pesquet de Marion Fontaine

Résumé :
De sa sélection au programme spatial en 2009, à son retour sur Terre après six mois dans la Station Spatiale Internationale, l'aventure extraordinaire vécue par Thomas Pesquet, racontée en BD par Marion Montaigne.








Mon avis :
En mai dernier, pour le Challenge Un genre par mois d'Iluze, il fallait lire une biographie ou une autobiographie. On était en fin de confinement, toujours un peu déboussolés et franchement, je n'avais pas envie de me lancer dans une longue autobiographie comme je l'avais prévu (Just Kids de Patti Smith). C'est alors que je me suis rappelé cette bande-dessinée dont j'avais lu l'excellent avis chez Caro Bleu & violette (non mais franchement, allez lire sa chronique, elle est géniale et très bien documentée), je l'ai vite achetée et lue dans la foulée et j'ai très bien fait car j'ai adoré !

Franchement, cette BD est géniale ! À la fois sur le fond et sur la forme. Le fond, c'est donc le parcours de Thomas Pesquet, dont, comme beaucoup, j'ai entendu parler quand il est allée à bord de l'ISS et qui a partagé son expérience via les réseaux sociaux. Vous pensez, un Français, sympa, beau gosse et astronaute (spationaute, cosmonaute, taïkonaute ? :)), ça rejaillissait forcément sur nous et notre fierté nationale :D

On suit donc le jeune homme, depuis son enfance quand il a décidé de devenir astronaute puis surtout à partir de sa sélection en 2009. Tout est expliqué en détails, les épreuves pour cette sélection à partir de 2008, les embûches et les difficultés à surmonter lors des 7 années où il va s'entraîner pour partir dans l'espace. Les revers quand ce sont les copains/copines qui partent avant et enfin la joie d'apprendre que ce sera son tour en 2016. Et, au milieu de tout cela, un peu d'histoire sur la conquête spatiale, surtout soviétique et russe car c'est à bord d'une fusée russe que Thomas Pesquet atteindra l'ISS.

Vient alors ce qui est bien sûr l'apothéose de l'histoire et de la vie de Pesquet, son séjour à bord de la station spatiale, tout ce qu'il y vit, les bons comme les mauvais moments. Et c'est marrant, car j'ai vu la série Away il y a peu et ça m'a fait énormément pensé à la bd sauf que dans Away ils partent pour Mars :) Bref, c'est passionnant à suivre, avec plein d'infos, pratiques et techniques sur l'environnement de l'astronaute.

Et puis bien sûr, il y a l'homme, Thomas Pesquet himself, un gars de chez nous, parti dans les étoiles. S'il ne s'agit que d'une biographie, on voit que l'autrice a suivi Pesquet de près et qu'il a participé activement à créer son personnage. Du coup, il y a beaucoup d'auto-dérision en ce qui le concerne, on voit un bon gars avec un peu la grosse tête, qui se voit beau (il l'est :)), le meilleur (il en fait partie), avec des traits de caractères pas toujours reluisants (mais quand même sympathiques) comme s'il fallait gommer cette image de gendre idéal qu'il a renvoyé depuis l'ISS et qu'il renvoie toujours.

Ce que j'ai surtout adoré avec cette bd, c'est les dessins et l'humour de l'autrice. Je ne la connaissais pas du tout et l'ai découverte avec ce livre, mais qu'est-ce que j'ai ri et franchement, en mai, ça m'a fait énormément de bien. Et derrière l'humour et l'apparente désinvolture, elle retranscrit parfaitement le travail acharné que doivent fournir les astronautes, les longues années d’apprentissage, les doutes, la peur, le danger, que tout n'est pas toujours rose et facile. Tout comme l'est la vie quotidienne d'un astronaute avec ses petits tracas... ;)

En conclusion, je ne m'attendais pas du tout à avoir un aussi gros coup de coeur pour cette BD, pour le personnage qu'elle croque, bien sûr, un héros des temps modernes qui nous fait rêver, mais pour son humour ravageur et ses dessins très sympathiques. Je me suis régalée à suivre les aventures de Thomas Pesquet et j'ai trouvé le tout passionnant à suivre. Alors si vous aussi avez suivi avec intérêt le jeune homme dans l'espace, à travers les réseaux sociaux, si vous continuez à le suivre, n'hésitez pas à lire cette chouette BD. Quand Pesquet est revenu sur Terre en juin 2017, il rêvait de repartir mais lors de la sortie de la BD, ce n'était pas à l'ordre du jour mais, mais mais... Depuis quelques mois, Pesquet s'entraîne à nouveau pour repartir en 2021 et cette fois-ci ce sera à bord d'un véhicule américain, le Crew Dragon Space X créé par Elon Musk. Il sera le premier Européen à y faire le voyage dedans. Par conséquent, il s'entraîne à Houston et vous le suivre sur Facebook et Twitter (et sûrement Instagram). Quant à moi, si je me réjouis de retrouver ses impressions, j'espère aussi qu'il aura droit à un tome 2 de Marion Fontaine :)

Note :




la BD fait partie du Big Challenge 2020 de Livraddict
2/4
 
et du Challenge Un genre par mois d'Iluze
au mois de mai : Non Fiction
5/12

23 décembre 2018

Culottées, tome 2 de Pénélope Bagieu

Résumé :
En quelques planches et coups de crayon, Pénélope Bagieu revient nous conter le destin de 15 femmes hors normes, qui ne font que ce qu'elles veulent, comme le dit le titre.







Mon avis :
Il y a tout juste un an, j'avais découvert le premier tome de ces Culottées qui m'avait enchantée et je m'étais précipitée pour acheter la suite. Ce n'est que maintenant que je l'ai lu mais je me suis une nouvelle fois régalée.

On suit donc, une fois de plus, 15 destins de femmes, historiques ou contemporaines, peu connues pour la plupart et qui étaient bien souvent vouées à une vie maritale et se sont affranchies du carcan social ou racial auquel on les destinait. Qu'elles soient américaines, Australiennes, afghanes, françaises, indiennes, ou syriennes. Elles, ce sont Temple Grandin, autiste et qui a milité en faveur du bien-être animal, Sonita Alizadeh, rappeuse afghane, Cheryl Bridges, athlète américaine, Thérèse Clerc, une française qui a crée des maisons féminines, Betty Davis, une artiste afro-américaine, Phulan Devi, une indienne a bousculé les préjugés de caste et est devenue bandit, The Shaggs, des chanteuses américaines peu communes, Katia Krafft, une volcanologue qui a fait de l'ombre à Haroun Tazieff, Jesselyn Radack, une avocate américaine, Hedy Lamarr, actrice connue et inventrice de ce qui deviendra le wifi, Nazif al-Abid, activiste syrienne, Frances Glessner, qui a grandement contribué à faire avancer les enquêtes sur les scènes de crime grâce à des reconstitutions miniatures, Mae Jemison, astronaute afro-américaine et Peggy Guggenheim qui a contribué à préserver l'art moderne.

Le point commun de toutes ces femmes, c'est leur extraordinaire volonté, et leur façon de bousculer les préjugés. Toutes devaient mener des vies rangées et soumises, se marier et avoir des enfants et, dès leur enfance, elles ont fait preuves d'une indépendance d'esprit hors normes. Bien sûr certaines se sont mariées et ont eu des enfants mais cela ne les a pas empêchées d'avoir une vie exceptionnelle, malgré les barrières.

J'ai adoré les 15 histoires mais j'ai eu une petite préférence pour Temple Grandin, Sonita Alizadeh, Phulan Devi, Heidi Lamarr et Nazif al-Abid. Temple Grandin car je connaissais déjà son histoire pour avoir lu son autobiographie (chroniquée sur le blog), Heidi Lamarr car je connaissais l'actrice mais l'inventrice a été réhabilitée grâce à des séries comme Legends of Tomorrow et Timeless qui l'ont incorporée chacune dans un épisode et les 3 autres car elles sont issues de pays où l'on exploite et soumet les femmes et ont su avec beaucoup d'intelligence passer outre.

Le coup de crayon de Pénélope Bagieu est vraiment super. Elle donne vie à ses personnages et on se croirait presque devant un film d'animation en parcourant les pages. Il y a beaucoup d'humour, bien que les vies de toutes ces femmes n'aient pas été un chemin pavé de roses. Je pense notamment à Nazif al-Abid qui se fait expulser régulièrement de son pays pour trouble à l'ordre public et Pénélope en fait une blague récurrente.

En conclusion, j'ai encore adoré ces femmes culottées qui ne font que ce qu'elles veulent, leurs parcours si différents de par leurs origines, leur situation raciale, familiale, sociale et pourtant si similaires dans leur façon de se battre pour ce qu'elles veulent être. C'est vraiment frappant dans ce tome de voir que dès l'enfance, elles savaient ce qu'elles voulaient être. Mon seul regret est que chaque histoire est trop courte. Alors si vous aussi voulez découvrir Temple Grandin et ses 14 copines, lisez-le vite !

Note :



Le roman fait parti du Big Challenge 2018 de Livraddict
6/11

03 mai 2018

Jacques Cartier de Claire Ubac

Résumé :
La vie de Jacques Cartier qui en 1534 fut commissionné par François Ier pour trouver un passage vers l'Asie via le Nord. Il va en fait découvrir l'embouchure du Saint-Laurent et jeter les bases des premières colonies canadiennes.






Mon avis :
Quand chaque année, je fais ma liste du Challenge ABC de Nanet, c'est toujours difficile de trouver un auteur en U. J'ai déjà lu deux romans de Claire Ubac puis deux de Lisa Unger et cette année, j'avais envie de relire la première auteure. J'ai donc cherché dans sa bibliographie ce qui pourrait m'intéresser et je me suis dit que cette biographie sur le découvreur du Canada serait intéressante. Et ce fut le cas car si le roman est historique, c'est aussi la formidable aventure d'un homme dans un monde inconnu.

Nous Français, même si on connaît le nom de Jacques Cartier et le fait qu'il a découvert le Canada, on connaît peu sa vie dans les détails. Par exemple, si vous me demandez, je ne savais pas qu'il était contemporain de François Ier (en réfléchissant un peu j'aurais pu le deviner :D), disons que je ne savais vraiment pas grand chose du bonhomme.

Avec cette courte biographie, j'en ai appris davantage et j'ai trouvé cela très intéressant. Car l'Histoire et l'Aventure me passionne et on y trouve les deux dans ce livre. On y apprend notamment que le Portugal et l'Espagne avait décidé arbitrairement, par traité, de se partager le monde, mais que la France en découvrant le Canada a trouvé une faille pour que l'exploration des territoires nord lui revienne et que les terres découvertes leur appartiennent. Et toc ! :D On apprend aussi, enfin on le savait déjà, que les pêcheurs français s'aventuraient à Terre-Neuve, à quelques encablures du continent, depuis des décennies, pour pêcher la morue. Mais comme rien n'était cartographié, on croyait qu'il existait une route vers la Chine (toujours ce vieux rêve universel) par le Nord, puisque l'exploration par le Sud n'avait pas permis de la trouver. Arrive donc notre bon Jacques :)

Le roman commence alors qu'il y a une douzaine d'années et qu'il rêve de naviguer et de découvrir des terres lointaines. On le suit donc au fil des ans, dans ses tentatives, ses rêves puis l’accomplissement avec ses voyages et ses découvertes. Le tout est assez rapide car le livre est destiné aux jeunes et fait 135 pages donc pas de quoi aller bien loin mais c'est suffisant pour avoir une idée générale du personnage. Si le roman porte bien sûr sur Jacques Cartier et la découverte de l'embouchure du Canada, il ne faut pas oublie les indiens, les autochtones qui ont reçu les Français avec bienveillance et que l'on a traité comme des sauvages. On ne va pas remettre en question l'Histoire bien sûr et ce livre n'est pas là pour ça... mais bon c'est toujours un peu triste de voir que la conquête territoriale s'est faite au détriment d'un peuple...

Jacques Cartier n'est pas un personnage forcément remarquable. Je veux dire par là que ce qu'il a fait l'est mais lui n'était pas un homme flamboyant mais plutôt calme.

Claire Ubac a écrit ce livre pour les jeunes mais cela ne se sent pas vraiment dans son style. C'est bien écrit, pas simpliste pour un sou et elle raconte la vie de Cartier comme s'il s'agissait d'un roman d'aventures ce qui fait qu'il n'est pas didactique.

En conclusion, je n'ai pas grand chose de plus à dire sur cette biographie destinée aux jeunes mais qui m'a beaucoup plu et m'a permis d'apprendre aussi des choses, ce qui était le but du livre, de façon ludique et l'auteur réussit très bien dans sa tâche. Alors si vous aussi voulez partir en compagnie de Jacques Cartier à la découverte du Canada, lisez-le !

Note :



Le livre fait partie du Challenge ABC 2018 de Nanet
  7/26

du Challenge Jeunesse/Young Adult de Muti
5/10

26 décembre 2017

Culottées, tome 1 de Pénélope Bagieu

Résumé :
En quelques coups de crayon, et avec beaucoup d'humour, Pénélope Bagieu nous croque le portrait de 15 femmes d'exception, inconnues pour la plupart, mais qui ont su se débarrasser du carcan dans lequel on voulait les enfermer, qu'il soit matrimonial, social ou racial.





Mon avis :
J'aime beaucoup Pénélope Bagieu que je suis sur Twitter et qui porte toujours un regard plein d'humour sur ce qui l'entoure ou ce qu'elle vit. Pourtant, je n'avais pas particulièrement envie de lire ce Culottées, je ne sais pas pourquoi. Mais quand j'ai vu qu'il faisait partie du Big Challenge Livraddict, je me le suis acheté et je l'ai lu début décembre. Et je regrette de ne pas l'avoir fait avant car j'ai trouvé ce recueil vraiment passionnant à découvrir.

Dans ce premier album, Pénélope nous propose donc 15 portraits de femmes ayant vécu à diverses époques, toutes ayant bravé les conventions pour vivre comme elles l'entendaient et le payant parfois de leurs vies (commes les Mariposas). 15 vies qu'il lui faut croquer en quelques planches et peu de pages (six il me semble). Ce qui rend l'exercice difficile car il faut raconter toute une vie en peu de dessins et on regrette parfois que ce ne soit pas plus long. Mais d'un autre côté, j'ai beaucoup aimé ce condensé de vie, l'humour que l'auteure instille dans ses commentaires et ses dessins.

On croise donc Clémentine Delait, femme à barbe -  Nzinga, reine du Ndongo et du Matamba - Margaret Hamilton, actrice terrifiante et formidable méchante sorcière de l'Ouest dans le Magicien d'Oz de Victor Fleming - les soeurs rebelles Las Mariposas qui ont failli mettre un dictateur de la république dominicaine à terre -  Josephina van Gorkum, amoureuse têtue et celle qui m'a le plus émue -  Lozen, indienne chamane -  Annette Kellerman, créatrice du bikini et précurseuse des actrices aquatiques -  Delia Akerley, exploratrice -  Joséphine Baker, danseuse bien sûr mais aussi résistante et très versée dans les oeuvres de charité -  Tove Jansson, peintre, créatrice des Trolls -  Agnodice, gynécologue grecque -  Leymah Gbowee, travailleuse sociale -  Giorgina Reid, Gardienne de phare, Christine Jorgensen, première femme reconnue transgenre - Wu Zetian, impératrice chinoise.

Tous ces portraits sont passionnants et racontent des destins tout aussi passionnants et différents. Vous ne reconnaîtrez sans doute pas beaucoup de nom, la plus connue étant Joséphine Baker dont on voit que la vie a été autre chose qu'une chanteuse de cabaret affublée d'une ceinture de banane. Si j'ai tout aimé, j'ai surtout été touchée par l'histoire de Josephina va Gorkum, née au Pays-bas en 1820, à l'époque où catholiques et protestants sont séparés. Elle va donc braver les conventions et épouser un protestant (elle est donc catholique). Mais quand ils meurent, ils doivent être enterrés dans des parties différentes du cimetière. Josephina, qui va mourir 8 ans après Jacob, va faire en sorte d'être réunie avec son mari, comme cela :
J'ai trouvé que c'était vraiment émouvant et j'ai eu les larmes aux yeux.

C'est dommage, je ne peux pas vous parler de toutes car cela prendrait des pages et des pages mais j'ai aussi adoré l'histoire de l'actrice qui a joué The Wicked Witch of the West, tout simplement parce que j'adore le Magicien d'Oz et le personnage et c'est touchant de voir que derrière ce personnage détesté par beaucoup, il y avait une femme pas jolie qui a su en tirer partie plutôt que de se morfondre. La vie de Christine Jorgenssen m'a aussi beaucoup touchée, c'est la première transgenre reconnue officiellement (il y a eu "the danish girl" mais non reconnue à l'époque) et c'est révoltant de voir, bien évidemment, tout ce qu'elle a dû endurer une fois devenue femme. Le destin des Mariposas est émouvant également comme le sont finalement ceux de toutes ces femmes qui se sont battues pour leurs droits, qu'elles soient africaines, chinoise, grecque et j'en passe. La vie de Joséphine Baker est très intéressante aussi.

J'ai beaucoup aimé les dessins de Pénélope Bagieu, il y a quelque chose qui me plaît beaucoup dans sa façon de dessiner, c'est léger, mutin et surtout très expressif. En quelques coups de crayon, elle réussit parfaitement à faire passer une expression ou un message. 

En conclusion, voici un album que j'ai trouvé passionnant à lire et 15 destins de femmes pour lesquelles j'ai eu un vrai coup de coeur. Il y en a que j'ai bien sûr préféré à d'autres mais je les ai toutes aimées et je vous invite vraiment à les découvrir. Quant à moi, il me tarde de rentrer en France en mars pour m'acheter le tome 2 et je regrette de ne pas l'avoir fait en même temps que le premier !

Note :



L'album fait partie du Big Challenge 2017 de Livraddict
7/8
12/100

20 novembre 2016

The Lost Child of Philomena Lee de Martin Sixsmith

Résumé :
En 1952, en Irlande, la jeune Philomena Lee accouche d'un petit garçon illégitime et elle est forcée d'abandonner tout droit sur lui par les soeurs qui s'occupent des filles-mères au couvent de Roscrea mais doit rester trois ans au service des soeurs avec la possibilité d'élever son fils pendant ce temps. En 1955, le jeune Anthony est adopté par une famille américaine et toute sa vie sera marquée par l'idée que sa mère l'a abandonné à sa naissance et qu'il lui manque quelque chose. En 2004, la fille de Philomena aborde le journaliste Martin Sixsmith pour qu'il l'aide à retrouver le fils perdu de sa mère...

Mon avis :
Il y a bientôt 3 ans, j'avais vu le film de Stephen Frears tiré de ce livre, Philomena, et ça avait été un vrai coup de coeur. Je m'étais donc empressée d'acheter la biographie de Martin Sixsmith mais j'ai laissé passer du temps pour que les deux ne se télescopent pas. C'est donc en cette fin d'année que je me suis décidée à le sortir de ma pal. Et j'ai été très surprise de voir une histoire assez différente du film. Disons que l'histoire est abordée d'une façon différente, moins coup de coeur mais très intéressante.

Ce que j'avais adoré dans le film, c'était toute la quête de Philomena et Martin pour retrouver Anthony, l'histoire de cette femme forcée d'abandonner son fils et le traumatisme que cela avait engendré, même si elle avait refait sa vie. Et surtout il y avait ce duo entre Judy Dench et Steve Coogan, excellents dans leur rôles respectifs, apportant pas mal d'humour, malgré les drames. On ne connaissait le sort de ce fils perdu que dans les dernières minutes du film.

Dans ce livre, c'est en fait tout le contraire. la quête de Philomena et Sixsmith est réduite à la portion congrue (une vingtaine de pages en épilogue) et c'est sur la vie d'Anthony, rebaptisé Michael, que l'histoire se concentre. Et finalement je suis ravie d'avoir lu cette biographie et vu le film car les deux forment finalement un tout très complet.

La première partie est assez similaire aux deux supports dans le sens où l'on passe trois ans à l’abbaye de Roscrea en compagnie de Philomena et son fils. Une partie dure, terrifiante, dans laquelle l'Église catholique n'a pas le beau rôle, surtout ces soeurs qui ne font preuve d'aucune charité chrétienne et considèrent qu'un enfant hors mariage est péché et qu'une femme qui a fauté n'est pas digne de s'occuper d'un enfant, qui sera mieux élevé par des parents américains qui auront, évidemment, grassement rémunéré l'abbaye... On est souvent révolté à la lecture des exactions des soeurs qui, même des dizaines d'années après, refuseront que le fils et la mère se retrouvent, tellement elles sont confites dans leur rigorisme.

Le reste du livre raconte la vie d'Anthony Lee, devenu Michael Hess et se lit comme un roman. Martin Sixsmith s'est inspiré des documents qu'il a trouvés, des gens qu'il a rencontrés pour livrer l'histoire très détaillée de ce petit garçon déraciné, en conflit avec son père adoptif assez rigide, jeune homme intelligent, homosexuel qui devra le cacher car travaillant pour les Républicains, hésitant constamment entre la stabilité d'un seul amour et une tendance auto-destructrice et finissant par mourir du Sida dans les années 90.

Avec lui, c'est aussi 40 ans d'Histoire que l'on parcourt et surtout les administrations Reagan et Bush puisque Michael va être très proche du pouvoir. Et quand on lit les pages sur l'arrivée du Sida, peu prise en compte au début par Reagan puis ensuite longtemps stigmatisée aux seuls homosexuels sous les Républicains, empêchant de développer rapidement des traitement efficaces, on ne peut s'empêcher de penser à ce que vivent les États-Unis aujourd'hui avec l'arrivée de Trump et des Républicains dans tous les organes du pouvoir et qui veulent réduire les fonds destinés à la lutte contre le Sida... Bon j'avoue que j'ai trouvé certains passages un peu longuets car c'est très détaillé mais c'est quand même intéressant.

Michael/Anthony est un homme qui nous procure des sentiments assez ambigus. Il est touchant et attachant par de nombreux côtés et mais aussi agaçant avec son "oh mon dieu, je suis adopté, il me manque quelque chose, je ne pourrai jamais être heureux". Bien sûr je schématise mais j'avoue que ça m'a un peu énervée. J'avais envie de le secouer parfois et de lui dire de regarder ce qu'il avait autour de lui et d'en profiter.

J'ai beaucoup aimé Mary, sa soeur adoptive, celle qui est née pratiquement en même temps que lui au couvent et qui a été adoptée avec lui. En fait, c'est plutôt lui qui a été adopté avec elle :) C'est dommage que quand Michael devient adulte et part travailler et vivre à Washington elle soit moins présente.

Et j'ai également beaucoup aimé Peter, le compagnon de Michael pendant 15 ans, un garçon attachant, équilibré et qui fera tout pour rendre Michael heureux, jusque dans ses dernières volontés.

Même si c'est une biographie, on a vraiment l'impression de lire un roman car Martin Sixsmith ne fait pas que rédiger des faits, il crée une véritable histoire et son écriture est agréable à lire en anglais.

En conclusion, je ne m'attendais pas du tout à suivre la vie d'Anthony/Michael, le fils perdu de Philomena Lee, en commençant ce livre, étant donné que le film de Stephen Frears portait surtout sur Philomena et Martin Sixsmith et leur quête pour retrouver ce fils mais je suis ravie d'avoir eu ce côté de l'histoire et je trouve que livre et film forme un tout très cohérent. Le livre ne m'a pas autant emportée que le film mais je l'ai trouvé très intéressant et touchant. Alors si vous aussi vous voulez découvrir la vie du fils perdu de Philomena Lee et traverser 40 ans d'histoire, lisez-le. Et regardez le film aussi pour avoir la version "Philomena" :)

Note :



Le roman fait partie du Challenge ABC 2016 de Nanet
26/26
Challenge réussi !

du Challenge Read in English 2016 - 2017 que j'organise
7

et du Challenge Un genre par mois d'Iluze
ce mois-ci : non fiction
11/12

29 avril 2015

Avicenne ou la route d'Ispahan

Résumé :
Racontée par son disciple, la vie passionnante et chaotique d'un des plus grands médecins et philosophes arabes et perses, Ali Ibn Sibna, dit Avicenne, né à Boukhara en 980 et décédé 57 ans plus tard à Ispahan.






Mon avis :
J'avais acheté ce livre il y a déjà quelques années et n'avais jamais pris le temps de le lire. Cette année, j'ai décidé de le sortir de ma pal pour le Challenge ABC de Nanet et grâce au Challenge un genre par mois, c'est ce mois-ci que j'ai pu enfin découvrir la vie de ce médecin philosophe dont le nom résonne encore de nos jours puisqu'un hôpital de Bobigny porte son nom depuis 1978 (et sûrement d'autres bâtiments). Cette biographie romancée m'a bien plu et j'ai aimé découvrir la vie de ce touche-à-tout génial et voyager en Perse en sa compagnie.

Abu 'Ali al-Husayn Ibn Abd Allah Ibn Sina, Ibn Sibna pour faire court, et que les occidentaux appelleront Avicenne, voit le jour en 980 près de Boukhara, une ville située dans l’Ouzbékistan d'aujourd'hui. À 18 ans, il est déjà un médecin réputé et surnommé par ses pairs Cheikh  Al Reis (Le maître des savants). Adulé par les uns, haï par beaucoup d'autres, porté sur les plaisirs de la chair et les vapeurs d'alcool, sa vie va être une succession de succès et de coups du sort. Médecin, scientifique, philosophe,  écrivain, nomade et même vizir, c'est à Ispahan que s'achève sa route en 1037. C'est son disciple pendant 25 ans, Abou Obeïd El-Jozjani qui raconte son histoire...

Bon, je vous ai raconté la vie d'Ibn Sina de A à Z dans mon résumé, mais vous vous doutez bien qu'il y a bien plus que ces quelques lignes dans les 400 pages du roman.

L'auteur s'est donc appuyé sur les écrits d'el-Jozjani pour raconter de façon romancée la vie foisonnante de ce médecin philosophe de génie. Sa vie est d'ailleurs parfois tellement incroyable qu'on se demande si tout est vrai et s'il n'y a pas eu une part d'invention dans ce que raconte Gilbert Sinoué. Sans doute, mais quand on lit la biographie du médecin sur internet, on se rend compte qu'il est resté au plus près de la vérité.

Je ne sais pas comment je suis venue à m'intéresser à Avicenne. Je crois que c'est quand j'ai vu Le destin de Youssef Chahine (sorti il y a déjà 18 ans !) qui racontait la vie d'un autre grand philosophe/médecin, Averroès du XIIe siècle et qui était en butte à l'ostracisme des intégristes (déjà !) d'alors. Il me semble qu'Avicenne y était évoqué. Ou alors j'étais tombé sur son nom en en cherchant plus sur Averroès. Quoi qu'il en soit, j'ai toujours eu envie de mieux connaître ce personnage et ce roman m'en a donné l'occasion.

Le nom d'Avicenne n'aurait peut-être pas autant traversé les siècles s'il était resté médecin dans sa ville natale. Certes le bonhomme est un monument à lui tout seul, d'une intelligence et d'un savoir hors du commun et surtout très prolifique dans ses écrits, nombreux à avoir perduré (notamment son Canon sur la médecine), même si beaucoup se sont perdus au fil des années. Mais aurait-il écrit autant s'il était resté sédentaire ?

Car on se rend compte que la vie d'Ibn Sina n'aura pas été de tout repos. Pauvre garçon, à peine installé quelque part et ayant réussi à remonter la pente et voilà qu'un événement, un personnage, une jalousie, une mort, une guerre, le jetait sur les routes, plus démuni à chaque fois. Sa vie n'aura été qu'une succession de succès et de faveurs éclatantes et de chutes brutales.

Mais grâce à cette vie d'errance, le livre nous donne l'occasion de mieux appréhender l'Histoire et la Géopolitique de cette région qu'était la Perse au XIe siècle. Une région instable, dirigée par des émirs, des reines (enfin une reine), des princes, marquée par des luttes et des guerres pour des territoires ou des villes, avec les Turcs et les Kurdes en embuscade. J'ai trouvé ce contexte historique tout à fait intéressant mais j'avoue que j'ai été parfois un peu perdue par les noms de tous les nombreux protagonistes. Difficile parfois de se rappeler qui était qui, leurs noms, leurs titres. Pour un peu on se serait cru dans Game of Thrones avec tous ces personnages dont on n'arrive jamais à se rappeler :) J'avoue aussi que certains passages de batailles me sont passés un peu au-dessus. Mais comme je l'ai dit, c'était quand même intéressant de découvrir une Perse et une époque qu'on connaît finalement bien peu (à part les histoires sur le Calife de Bagdad et les 1001 nuits :)) et pendant ma lecture, je me suis crue transportée là-bas. C'était aussi très agréable d'avoir confirmation que les musulmans étaient des gens éclairés (même s'il existait de nombreux obscurantismes religieux) aussi bien au niveau médical qu'au niveau philosophique alors que l'Occident, plongé dans le Moyen-Âge, semblait bien en retard par rapport à la Perse et ses savants qui avaient su s'approprier et faire perdurer les préceptes d'Aristote et de Pythagore, entre autres. Mais je ne veux pas trop m'avancer sur le sujet, n'était qu'une profane en la matière.

J'ai parlé d'Ibn Sibna le savant mais pas vraiment encore de l'homme. Un homme épicurien, jouissant de tous les plaisirs. Pas vraiment attachant (mais pas désagréable non plus), peut-être parce que hors de notre portée :) Mais c'est un formidable personnage que je suis ravie d'avoir découvert de plus près.

Pas grand chose à dire sur les autres personnages. Son disciple, le narrateur, semble un gentil garçon, mais sa personnalité est un peu étouffée par celle du maître. J'ai beaucoup aimé Yasmina, une femme qui va partager sa vie pendant de longues années et son seul vrai amour, malgré les nombreuses aventures.

J'ai beaucoup aimé la façon d'écrire de Gilbert Sinoué dans ce livre. Comme il s'appuie sur les écrits d'el-Jojzani, il donne un style un peu arabisant à l'ensemble, poétique parfois et on a vraiment l'impression d'être plongés au coeur du XIe siècle. Ma seule réserve est que parfois il y a beaucoup de références philosophiques ou mathématiques. Mais bon, en même temps, ce n'est pas la vie d'un gardien de chèvres qu'il raconte :)

En conclusion, une très intéressante biographie romancée sur un homme exceptionnel qui a connu une vie riche en aventures et mésaventures et dont le nom a su traverser les siècles. Et si vous voulez découvrir la vie trépidante et parfois bien sombre de Ibn Sina dit Avicenne et vous immerger dans la Perse du XIe siècle, de Boukhara à Ispahan, lisez-le.

Note :



Ce livre fait partie du Challenge ABC 2015 de Nanet
  12/26

et du Challenge Un genre par mois 2015 organisé par Nathalie
Ce mois-ci, Historique
4/12

12 juin 2014

Into the Wild de Jon Krakaeur

Résumé :
Août 1992, le corps décomposé de Chris McCandless est retrouvé dans un bus abandonné dans la toundra d'Alaska. Comment ce jeune épris de liberté et d'aventures s'est retrouvé là, c'est que raconte le journaliste Jon Krakaeur.






Mon avis :
En 2009, j'avais vu le très beau film de Sean Penn (sorti en France en janvier 2008) et il m'avait donné envie de lire le livre. C'est maintenant chose faite (deux ans après l'avoir acheté) et j'ai trouvé que c'était un beau témoignage, poignant mais j'avais quand même nettement préféré le film.

Été 1990, Chris McCandless, 22 ans, est tout juste diplômé de l'université d'Atlanta. Il décide alors de tout quitter pour voyager dans l'Ouest de l'Amérique avec des moyens de fortune avec pour but de finir par l'Alaska. Août 1992, son corps est retrouvé par des chasseurs. Il est mort de dénutrition dans un bus échoué dans le bassin de la Sushana, un endroit coupé du monde et pourtant relativement proche de la civilisation...

Voilà un témoignage qui m'a énormément fait penser à l'histoire d'Aron Ralston, vous savez le jeune homme parti dans les gorges de l'Utah et qui s'est retrouvé coincé 127 heures et n'a dû son salut qu'au fait qu'il ait réussi à couper sa main. Même si leurs objectifs et leurs motivations étaient totalement différents (McCandless cherchait à fuir une certaine forme de conformisme et était en rébellion larvée avec ses parents alors que ce n'était pas le cas de Ralston qui avait simplement le goût des aventures de l'extrême), leurs aventures auraient pu avoir le même résultat et je me suis dit que Ralston avait eu beaucoup de chance de s'en sortir vivant et McCandless le malheur d'y succomber alors qu'avec un petit coup de pouce du destin et plus d'expérience, il aurait pu s'en sortir...

Pour en revenir à Into the Wild, c'est donc le travail d'un journaliste, Jon Krakaeur, qui a d'abord sorti un article sur l'affaire, puis s'est intéressé à la vie du jeune homme et aux raisons qui l'avaient emmené au bus 142 de la Sushana. Il a donc retracé son parcours à partir des notes laissées par le jeune homme et les divers témoignages de ceux qui l'ont croisé au cours des deux ans qu'on durait son périple ouest-américain. C'est intéressant, poignant même de voir ce jeune homme idéaliste se chercher, se trouver peut-être, et qui meurt alors qu'il était prêt à "rentrer dans le rang".

J'ai beaucoup aimé tous ces passages-là, les rencontres qu'il avait faites au cours de son voyage, les lettres qu'il leur avaient envoyées, toujours pleine d'optimisme et de positivisme. J'ai été un peu perturbée par la façon qu'avait Krakaeur de raconter, ne suivant pas un ordre chronologique donc du coup, j'ai parfois été un peu perdue sur le déroulement des événements. Mais cela reste un témoignage fort et très intéressant. J'ai juste moins aimé quand l'auteur digressait sur d'autres aventuriers de l'extrême pour prouver que McCandless n'était pas la tête brûlée et l’inconscient que beaucoup de gens imaginaient qu'il était.

C'est vrai qu'après la découverte du corps du jeune homme, beaucoup se sont insurgés contre son inexpérience et son insouciance, en disant presque que c'était normal qu'il soit mort vu les conditions dans lesquelles il était parti dans cette région de l'Alaska. Personnellement, je ne lui jetterai pas la pierre. Par exemple, j'ai fait du désert, je sais très bien qu'il suffit d'un rien pour que tout bascule et qu'on peut très bien se trouver à 5 km de la civilisation et manquer y rester... Je vais faire comme Krakaeur, digresser un peu. En 2002, on est partis dans le désert près d'une oasis égyptienne (je vivais alors en Égypte) pour une balade qui devait durer deux heures et où on a failli passer la nuit sur un coup de malchance (un pneu dégonflé et déjanté) avec en tout et pour tout une demi-bouteille d'eau, deux bières et deux enfants de 11 et 8 ans. Idem il y a deux ans quand on a failli passer le nouvel an ensablé en Tunisie à 2km de la route... À chaque fois, on s'en est sortis, heureusement. Donc oui l'inconscience sûrement mais aussi de la malchance ont mené le McCandless à sa perte.

J'ai surtout vu un jeune homme idéaliste, épris de liberté, après tout, il avait 24 ans, le bel âge pour vivre ses rêves non ? J'ai été surtout très triste de la façon dont il est mort, de dénutrition, pour avoir mangé des baies qui l'ont rendu malade. Ça m'avait déjà marqué dans le film et là aussi.

Pas grand chose à dire sur le style de l'auteur qui est assez "clinique". Il raconte les faits et c'est tout. Même si chaque chapitre s'ouvre sur des citations de livres que lisait Chris, ça reste un témoignage, il ne s'agit pas de faire pleurer dans les chaumières en rajoutant du pathos. Et finalement, c'est pas mal comme cela.

En conclusion, même si j'avais nettement préféré le film de Sean Penn, j'ai beaucoup aimé ce témoignage sur ce jeune homme qui partit un jour en quête de lui-même et n'en revint pas. Alors si vous voulez découvrir les raisons qui ont poussé Chris (qui se fait appeler Alex au cours de son périple) McCandless à tout quitter et vivre son rêve, lisez-le.

Note :



Ce livre fait partie du Challenge ABC 2014 de Nanet
14/26

Et du Challenge 50 États - 50 billets de Sofynet
pour l'Alaska
 38/50
L'Alaska est l'état le plus étendu des États-Unis et celui qui a la densité la plus faible en terme de population (0.49 habitants au km2).  Il a été l'avant-dernier état à rejoindre l'Union le 3 janvier 1959. Le point le plus haut est le mont McKinley (ou Denali) dont l'auteur parle dans le livre et qui fait 6194 m). Sa capitale est Juneau et la plus la plus importante, Achorage.

29 avril 2011

127 heures de Danny Boyle

Titre original : 127 hours
avec James Franco

Résumé :
L'histoire vraie d'Aron Ralston qui, parti randonner dans les gorges de l'Utah, se retrouva le bras coincé par un rocher dans une faille au milieu de nulle part. Il y passa 127 heures sans manger et pratiquement sans boire à halluciner avec une seule solution, extrême, pour pouvoir s'en sortir...


 Mon avis :
J'avoue que j'étais un peu passée à côté de ce film ces dernières semaines et que, sans les Oscars, je l'aurais zappé malgré la présence de James Franco au générique et de Danny Boyle derrière la caméra. Oui car l'autre jour, j'ai regardé la cérémonie des Oscars (avec un mois de retard) et j'ai donc vu des images de ce film nominé comme meilleur film et Franco comme meilleur acteur. Et ce que j'en ai vu m'a intriguée et donné envie de le voir. Et j'ai bien fait car j'ai beaucoup aimé.

Aron Ralston, jeune homme de 27 ans, est un adepte des sports extrêmes et d'escalade en particulier. En ce mois d'avril 2003, il part randonner dans les montagnes de l'Utah sans avoir prévenu personne. Après avoir rencontré deux jeunes femmes et fait un bout de chemin avec elles, il repart seul et c'est là que l'accident arrive : en voulant franchir une faille, un rocher se détache faisant tomber Aron et emprisonnant son bras. Pendant 5 jours, il va rester là, pratiquement en équilibre, sans nourriture et très peu d'eau, à halluciner et parler à ceux qu'il aime ou a aimé. Au bout de 127 heures, il est évident qu'il n'a qu'une seule solution pour espérer s'en sortir...

Je dois dire que j'ai beaucoup aimé ce film.  Que ce soit l'histoire, la réalisation, James Franco, j'ai accroché de bout en bout, trouvant presque le film trop court (il fait 1h30).

Concernant l'histoire, je ne savais pas que c'était tiré d'une histoire vraie, je ne savais pas comment ça se terminait, je savais juste ce qu'il devait faire pour arriver à sortir de là et pour moi l'issue ne pouvait être que fatale (je ne spoile pas, c'est juste un avis personnel et je ne vous dis pas s'il a réussi à s'en sortir ou pas...).

Tout le talent de Danny Boyle est de nous tenir en haleine avec un huis-clos sur un type coincé pendant 5 jours qui ne peut rien faire à part essayer de ne pas mourir. Grâce aux flashbacks, hallucinations et délires, ce n'est jamais statique. Sa mise en scène est nerveuse, voire psychédélique et pubesque, parfois, mais j'adore ! J'ai beaucoup aimé le générique de début avec des mouvements de foule qui tranchent avec le vide quand Ralston se retrouve coincé dans une faille au milieu de nulle part. En tout cas, les magnifiques paysages de l'Utah donnent envie d'y aller !

À noter des scènes assez gore, une en particulier. C'est assez réaliste.

J'aime beaucoup James Franco en général (surtout dans Harvey Milk) et là, je dois dire qu'il tient le film à bout de bras (excusez le pauvre jeu de mot pourri !). Je ne connais pas le véritable Aron Ralston mais on imagine bien ce jeune homme de 27 ans, un peu tête brûlée, qui part avec la bi... et le couteau se balader dans les montagnes d'Utah pour ce qu'il croit être une promenade de santé et qui se retrouve en danger de mort par inadvertance ou insouciance ! J'ai beaucoup aimé les scènes où Franco se filme (son caméscope a une super batterie, en passant !), c'est très touchant.

Concernant les autres personnages, ils ne sont pas assez présents pour qu'ils soient marquants. J'ai bien aimé aimé les scènes avec les deux filles et il faut noter la présence de Clémence Poésy, la petite frenchy.

En conclusion, un superbe film sur le dépassement de soi, sur un type parti se faire plaisir dans une de ses passions et dont la virée finit mal et qui va devoir trouver au fond de lui-même les ressources pour survivre et peut-être s'en sortir. Et si vous voulez savoir s'il s'en sort ou pas et ce qu'il doit faire pour pouvoir sortir de là, regardez ce film !

Note :



Vu en version originale sous-titrée

04 décembre 2010

L'Irrégulière d'Edmonde Charle-Roux

Résumé :
La vie extraordinaire de Gabrielle Chanel, dite Coco, de sa naissance dans le pays Cévenol en 1883 à sa mort en 1971. Pratiquement un siècle et plusieurs vies qui voient passer les plus grands de ce monde et font d'elle une icône de la Haute-Couture.






Mon avis :
C'est le deuxième ouvrage que je devais lire dans le cadre de Ces lectures qu'on ne s'imaginerait pas lire, le challenge original lancé par Lexounet au début de cette année.  C'est Evy qui m'avait défiée de lire Marie sans terre, chroniqué ici et cette Irrégulière. Je dois dire que, sans ce défi, je n'aurais jamais lu ce livre et je serais passé à côté d'un destin exceptionnel... mais cela m'aurait évité d'avoir eu envie d'abandonner vingt fois ce livre long et assez ennuyeux !

Edmonde Charle-Roux nous raconte donc la vie exceptionnelle de Gabrielle Chanel, dite Coco, née en 1883 et décédée au Ritz en janvier 1971. Entre ces deux dates, elle aura transformé les femmes, leur faisant abandonner le corset pour des tenues plus confortables. C'est elle qui dit que chaque femme devait avoir une petite robe noire dans sa garde-robe. Avant la création de sa fameuse robe noir, cette couleur était réservée au deuil.

Née de parents forains itinérants cévenols, elle va vivre une enfance misérable et ne s'en sortir que grâce à une éducation stricte chez les soeurs. Commençant une carrière de chanteuse de beuglant, c'est grâce aux hommes qu'elle va sortir de sa chrysalide et pouvoir ouvrir ses premières boutiques de mode. Grâce à la première guerre mondiale, elle va devenir une incontournable de la mode. Ses relations plus que douteuses pendant la seconde guerre mondiale seront suivies d'une éclipse qui durera jusqu'en 1953 et dont elle reviendra plus forte que jamais jusqu'au jour de sa mort.

Si sa vie professionnelle fut une réussite, sa vie amoureuse fut une succession d'amours tristes, déçues ou tragiques. Deux de ses grands amours sont décédés prématurément. C'est donc seule que Mademoiselle a passé la fin de sa vie...

Je dois avouer que je suis passée par tout l'arc-en-ciel des sentiments en lisant ce témoignage : "oh, c'est vraiment bien", 'aaah, c'est long", "cette Coco m'envoûte", "ça se termine quaaand", bref, les périodes où j'ai eu envie d'arrêter le livre ont alterné avec les périodes de fascination.

Il faut dire que la vie de Coco est vraiment envoûtante et passionnante ! Outre le fait qu'elle a marqué le monde de la mode de son empreinte, elle a côtoyé tous les grands personnages du siècle et ce dans tous les domaines, politique, artistique et culturel. Et malheureusement, c'est là où le bât blesse dans le livre.

En effet, le livre fait 654 pages d'une vie bien remplie mais il aurait pu faire moitié moins ! En effet, dès que l'auteur nous présente un personnage, nous avons droit à sa biographie entière et elle nous noie sous des détails superflus et, avouons-le, parfois très ennuyeux !

C'est ainsi que nous avons eu droit, en long, en large et en travers pendant plusieurs pages, à la vie du grand-duc Dimitri, cousin du tsar Nicolas II, et de son valet et qui fut un des amants de Coco. Idem pour un autre de ses amants, le duc de Westminster, pour lequel elle remonte jusqu'à 1066 et Guillaume le conquérant ! Nous avons même eu droit à l'histoire complète d'un manoir anglais, Eaton Hall ! Je dois dire que cette profusion de biographies et de détails a eu raison de moi ! Que l'auteur fasse une brève biographie de ces personnages traversant la vie de Gabrielle, pourquoi pas, nous ne connaissons pas tout ce beau monde-là, leur vie fut très intéressante mais de là à leur consacrer 3, 4 voire 5 pages écrites petit et serré est vraiment indigeste ! Du coup, j'ai fini par comprendre la façon de fonctionner d'Edmonde Charles-Roux et dès qu'elle commençait à parler d'un personnage, j'enclenchais la lecture rapide ! ^^ J'ai déjà mis 10 jours pour lire le livre, j'y serais encore si je n'avais pas fait ça ! Et sans la vie fascinante de Gabrielle Chanel, j'aurai abandonné le livre.

C'est le personnage de Coco qui m'a donné envie de continuer sans arrêt et de lire la suite même quand je me décourageais ! C'est là où le talent de l'auteur s'est mis le mieux au service de son sujet. Et pourtant, avec la profusion de personnages annexes, j'ai eu l'impression que la vie de Coco passait parfois trop à l'arrière-plan et finalement on a l'impression qu'elle se déroule dans une espèce de brume.

Il faut dire aussi que le personnage fut bien mystérieux. Elle s'est consciencieusement appliquée à effacer toutes traces de son enfance de Cosette et de ses origines pour ne garder que les "bonnes" années.  De plus, même si Edmonde Charle-Roux essaie de faire son travail objectivement, elle donne parfois l'impression que Coco fut une femme autoritaire, cassante, égoïste et manipulatrice, ce qu'elle fut sans aucun doute, car on n'arrive pas au sommet dans un monde d'homme en étant Candy au pays des Bisounours, mais pour avoir été aimée de tant d'hommes, il faut qu'elle ait été également une personne attirante. Je dois avouer que j'ai eu parfois les larmes aux yeux surtout sur la fin qui est toute entière dédiée à "Mademoiselle".

Concernant les autres personnages, ne me demandez pas qui furent les soeurs, les tantes ou les cousines de Gabrielle, j'ai fini par me perdre parmi tous ces noms qui passaient... J'ai retenu quelques-uns de ses grands amours, Etienne Balsan qui lui mit le pied à l'étrier (et c'est le cas de le dire car il était très féru de chevaux ! ^^), Arthur Capel dit Boy, sans doute son plus grand amour, et grâce auquel elle a pu ouvrir ses premières boutiques, Pierre Reverdy, le poète ou le dessinateur Paul Iribe. D'autres grands personnages traversent sa vie, Clémenceau, Diaghilev ou Cocteau.

Sa plus grand amie fut Misia Sert rencontrée à la fin de la première guerre mondiale. Edmonde Charles-Roux a l'air d'insinuer dans son livre qu'elles furent parfois plus que des amies.

Concernant le style de l'auteur, il est indéniablement beau et le livre est très bien écrit. Mais, comme je l'ai souligné, l'abondance de détails et de récits nuit à l'ensemble et ne le rend pas toujours agréable à lire. De plus, certaines phrase font plus de 10 lignes et je dois avouer que ce fut parfois ardu à lire. J'ai aussi trouvé le style parfois souvent sec et sans émotion ce qui renforce l'impression de froideur que dégage Gabrielle.

Je n'ai pas l'habitude de le faire mais je veux ajouter un mot sur le livre lui-même et surtout sur sa couverture. Je trouve le portrait de Gabrielle Chanel particulièrement beau et son visage affiche une légère dureté mêlée à un regard plutôt ironique qui a l'air de dire "et vous croyez me connaître avec ce livre ?" :)

Je m'aperçois que je n'ai pas donné d'explication sur le titre : L'irrégulière. Outre le fait que Gabrielle Chanel ne fut jamais femme à suivre les règles et les normes, une irrégulière était, à la fin du XIXe, début du XXe siècle, la maîtresse d'un homme, une "irrégulière", par rapport à sa régulière, sa femme. Coco le fut aussi auprès de certains hommes...

En conclusion, une vie palpitante et envoûtante mais noyée sous des détails qui n'en finissent pas et qui n'ont rien à voir avec la vie de Gabrielle Chanel ! Mais si vous voulez savoir comment une jeune fille pauvre des Cévennes est devenu la femme la plus connue au monde dans le domaine de la mode et des parfums, lisez ce livre. En ce qui me concerne, j'aurais vraiment voulu aimer ce livre... c'est à moitié réussi...

Je regarderai sans doute un jour le film d'Anne Fontaine, Coco avant Chanel, avec Audrey Tautou car il a l'air de reprendre en grande partie cette biographie.

Note :



 2/2
Avec ce livre-là, je termine mon défi !