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17 avril 2022

Flambant neuf, Stephanie Plum, tome 9 de Janet Evanovich

Titre original : To the Nines

Résumé :
La chasseuse de primes, Stephanie Plum, accepte d'aider son cousin Vinnie, pour lequel elle travaille, à retrouver un immigrant indien, Samuel Singh. Mais ce qui devait être une affaire assez simple devient un jeu mortel lorsque des tueurs se mettent aux trousses de la jeune femme.
 
 
 
 
 
Mon avis express :
En avril 2021, j'ai lu mon petit Stephanie Plum annuel, en espérant, comme tous les ans, lire plus d'un tome dans l'année... Une lecture qui aura été sympa mais sans grande surprise.

J'adore lire Stephanie Plum mais je dois avouer que je ne me rappelle plus grand chose de cette histoire lue il y a déjà un an, si ce n'est que j'ai beaucoup aimé ce tome 9. Oui, je sais, ça peut paraître contradictoire mais c'est l'impression qui me reste 12 mois après. L'intrigue du tome (la recherche de Singh) me reste floue mais pour le reste on est dans du Stephanie pur jus, il y a des scènes toujours très cocasses mais la jeune femme se met quand même dans les ennuis jusqu'au cou, ce qui donne des scènes moins amusantes, voire franchement anxiogènes. Et notamment cette fois-ci car si, parfois, on a voulu attenter à sa vie, il y avait toujours un côté humoristique, alors que là, j'ai vraiment senti le poids de cette menace.
 
On retrouve les personnages hauts en couleurs des tomes précédents, notamment Morelli et sa relation tumultueuse avec Stephanie, la famille intrusive de cette dernière et une mamie Mazur très en forme, le beau Ranger et Lula qui me fait toujours bien rire.
 
En conclusion, même si la trame des romans est toujours un peu similaire, je prends toujours plaisir à lire les aventures de Stephanie et des siens et franchement il me tarde de lire le tome 10. Edit : je l'ai lu en janvier, j'espère vous en reparler très vite et non pas dans 12 mois !

Note :



Le roman faisait partie du Challenge Read in English 2020-2021 que j'organise

13
 
et du Demi-Challenge ABC 2021 de Nanet

 5/13

30 décembre 2020

Stasi 77, Karin Müller tome 4 de David Young

Risque de spoilers sur les tomes précédents
 
Résumé :
Karin Müller est rappelée de ses vacances avec sa grand-mère et ses jumeaux pour enquêter sur le meurtre d'un homme survenu dans d'étranges conditions dans une usine à l'Est du pays. Quand d'autres meurtres similaires surviennent, l'enquête se complique, d'autant plus que la Stasi se montre plus que réticente à lui venir en aide et que son adjoint, Werner Tilsner se comporte bizarrement. L'enquête de Karin va venir prendre un tournant dangereux et la mener sur un événement dramatique survenu durant les derniers jours de la deuxième guerre mondiale...

 
Mon avis :
La série Karen Müller fait partie de ces romans policiers pour lesquels j'ai beaucoup d'affection. Et c'est donc avec plaisir que, chaque année, je retrouve la jeune femme dans une nouvelle enquête au sein de l'Allemagne de l'Est dans les années 70. Si j'avais trouvé le tome 3 un tout petit ton en-dessous du deuxième qui était vraiment bien, cela n'a pas été le cas avec ce 4e tome qui est vraiment palpitant à suivre.

Quand je dis "palpitant", ce n'est pas que ça va à 100 à l'heure :) mais franchement l'histoire m'a vraiment passionnée et j'ai pris beaucoup de plaisir à le lire. Il faut dire que ce 4e roman jette le trouble sur la Stasi et les membres qui en ont fait partie. Je ne veux pas en dire plus mais, comme à son habitude, l'auteur intercale l'enquête de Karin, pardon, du Major Müller, avec des flashbacks. Et c'est,  cette fois-ci de la fin de la deuxième guerre mondiale, en avril 1945, qu'il parle. À travers le point de vue d'un jeune français emprisonné dans un camp avec ses deux frères, on assiste à la fin des exactions des Nazis et surtout à des massacres perpétrés sans pitié alors que les Américains étaient sur le point d'arriver. L'auteur précise bien que si les personnages de Philippe et de ses frères sont fictifs, les faits eux, avant et pendant les horreurs décrites dans le roman sont, malheureusement, bien réels. Et cela n'en rend les faits que plus poignants et glaçants...

Pour ce qui est donc de l'enquête elle-même, dans le présent de Karin (en 1977), elle va plonger la jeune femme dans des situations la mettant en péril car touchant des gens hauts placés et hauts gradés. Mais j'ai beaucoup aimé qu'elle fasse preuve d’opiniâtreté et cela m'a beaucoup plu de la voir ruer dans les brancards. Ce que j'aime dans ce personnage, c'est qu'elle se montre bien plus maligne que beaucoup de gens ne le pensent et cela lui permet de se jouer de bien des obstacles voire des pièges qu'on lui tend.

Côté vie personnelle, la pauvre n'en a pas beaucoup et heureusement qu'elle a sa grand-mère pour s'occuper de ses jumeaux car son travail lui prend une partie de son temps et, quand elle a des vacances, on la rappelle pour bosser. Et l'épilogue du roman apporte une rencontre surprenante mais chut...

Je n'ai jamais franchement bien senti son adjoint Tilsner et, là, le roman nous montre une facette de lui qui n'est pas glorieuse. Déjà qu'il fricotait avec la Stasi, maintenant on sait pourquoi...

On retrouve aussi l'agent de la Stasi, Jäger, dont on ne sait jamais s'il protège ou surveille la jeune femme (sûrement les deux) et j'aime beaucoup Reiniger le supérieur de Karin car quoi qu'il arrive, quelles que soient les pressions, il la soutient toujours.

Le français, Philippe Verbier, a une histoire dramatique, bien sûr mais ce qui est marrant c'est que l'auteur place ses origines à Loix dans l'île de Ré. Je connais bien l'île pour y avoir été souvent et, si vous voulez tout savoir, mes beaux-parents avaient une petite maison à Loix. J'ai donc trouvé savoureux qu'un auteur américain fasse venir son personnage de ce lieu si peu connu.
 
Le style de l'auteur est très agréable à lire, sans grande difficulté et j'avoue que ça passe tout seul.
 
En conclusion, cette quatrième enquête de Karin Müller est très intéressante à lire et met en lumière un épisode peu glorieux de cette Allemagne, devenue RDA ensuite. Ce qui rend l'histoire encore plus glaçante est qu'elle se base sur des faits réels. Quant à Karin Müller, elle fourre son nez là où elle ne devrait pas et déploie des trésors d'ingéniosité pour avancer dans son enquête, souvent au détriment de sa vie personnelle. J'ai d'ailleurs hâte de voir sur quoi va porter le tome 5 (sorti en janvier dernier et le tome 6 vient de sortir) au vu de sa situation professionnelle et privée à la fin du livre. Quant à vous, si vous voulez savoir quel est le lien entre des meurtres commis en 1977 et la fin de l'Allemagne Nazie, lisez-le. Mais en anglais étant donné, je crois, que les romans ne sont plus traduits.

Note :



Le roman fait partie du Demi-Challenge ABC 2020 de Nanet
  13/13
Challenge réussi !
 
et du Challenge Read in English que j'organise
4
 
et du Challenge Thrillers et Polars de Sharon
3/5 - 15

05 août 2020

Cyber China, Une enquête de l'inspecteur Chen, tome 8 de Qiu Xiaolong

Titre original : Enigma of China

Spoilers sur les tomes précédents

Résumé :
Après le suicide de Zhou, un cadre shanghaien, accusé de corruption après la parution d'une photo sur internet le montrant en possession d'un paquet de cigarettes de luxe et alors qu'il était assigné à résidence et sous surveillance policière dans un hôtel, l'inspecteur Chen est appelé en renfort auprès du policier en charge de l'enquête. Aidé par une jeune journaliste, Lianping, séduite par son côté poète, il va essayer de démêler le vrai du faux, devoir déterminer s'il s'agit d'un vrai suicide, sous l'oeil vigilant du Parti, inquiet de l'émergence des réseaux sociaux...



Mon avis :
En avril dernier, pour le challenge Un genre par mois où l'on devait lire un roman policier, j'ai retrouvé avec grand plaisir mon inspecteur chinois chouchou, Chen. Alors que le tome précédent, Les courants fourbes du lac Tai, avait été pratiquement un coup de coeur, j'ai trouvé ce tome-ci un ton en-dessous et ce pour diverses raisons.

Tout d'abord, la chronologie m'a beaucoup perturbée. Certes il s'est passé des années depuis les premiers tomes se déroulant dans les années 90, j'en parlais d'ailleurs dans le tome précédent, mais comme les dirigeants du Parti le considère toujours comme un jeune camarade prometteur, je le voyais toujours comme un homme d'une petite trentaine d'années. D'autant plus qu'il se comporte toujours un peu comme cela, que ce soit dans sa vie professionnelle comme sa vie personnelle. Et là, bam, je me suis prise de plein fouet qu'il avait la cinquantaine bien sonnée. C'est même marqué noir sur blanc ! Et en plus, on voit bien que l'inspecteur sent le poids des années, il n'est plus idéaliste comme avant et est un brin désabusé. C'est qu'il virerait presque comme le commissaire Erlendur d'Indridason !

Bref, là on est donc à la fin des années 2000 voir même début 2010 alors que les réseaux sociaux sont en plein essor partout dans le monde et donc en Chine, ce qui ne plaît pas aux dirigeants, bien évidemment, qui veulent pouvoir surveiller ce qu'il s'y passe.

Parallèlement, tout ce qui est faveur et privilèges et même corruption des technocrates est abordé. Chen a profité parfois (souvent) de largesses d'autrui, notamment dans le tome précédent, quand un membre du Parti lui avait payé un séjour de luxe mais il n'a jamais été corrompu. C'est d'ailleurs ce qui fait grincer des dents en haut lieu, parfois. Malheureusement pour le cadre de l'administration shangaienne qui va se faire prendre en photo avec un paquet de cigarettes étrangères de luxe, ce n'est pas tant que la corruption soit révélée que le fait que ce soit étalé au grand jour. Ça ne passe pas du tout et quand les réseaux sociaux s'en empare, ça provoque un scandale.

J'avoue que j'ai trouvé le thème et l'enquête intéressants mais un peu barbant, c'est clairement un tome qui manque d'un petit quelque chose. À croire que l'auteur se lasse un peu et ne met plus la même passion dans ce qu'il écrit. Quand je disais que son personnage principal semblait un peu désabusé, ça vaut peut-être aussi pour l'auteur.

Cependant, toute la description de la vie shanghaienne reste passionnante à suivre, les endroits où va Chen, où il mange. Et il dépeint bien, également, l'évolution de cette société, qui, depuis des années, fait un bon en avant, tout en restant attachée à ses traditions. Dans ce cas-là, c'est un peu la jeune génération contre les vieux barbons :)

Le côté poète de Chen est très présent dans ce tome, comme bien souvent et c'est vraiment un aspect du personnage que j'aime beaucoup. J'adore quand il déclame des poèmes appropriés aux situations et cette mélancolie qui émane alors des pages lues...

Malgré les années qui passent, Chen reste un joli coeur :) C'est un vrai séducteur malgré lui (il faut le reconnaître, ce n'est pas non plus un tombeur). Oubliée Shanshan du tome précédent, bonjour Lianping, la jeune et jolie journaliste. À sa décharge, c'est elle qui lui fait du gringue et s'il tombe sous le charme, il ne se passe rien. Il faut dire que la jeune femme est ambiguë dans son intérêt et notre inspecteur va la percer à jour...

L'inspecteur Yu, l'adjoint de Chen et sa femme Peiqin sont toujours présents mais moins que dans les premiers tomes. C'est dommage parce que je les aime beaucoup.

Au bout de 8 tomes, je n'ai rien de nouveau à dire sur le style de l'auteur. J'avais longuement parlé de la traduction de Fanchita Gonzales Battle, la traductrice attitrée, dans le tome précédent mais là, c'est une nouvelle traductrice qui est à l'oeuvre, Adelaïde Pralon. Je dois dire que je n'ai rien à redire sur son travail, elle rend bien l'atmosphère et l'esprit des tomes précédents.

En conclusion, si j'ai trouvé ce tome 8 des enquêtes de Chen un peu en-dessous des tomes précédents et surtout de celui d'avant, j'ai tout de même apprécié retrouver le personnage et son environnement. Malgré les années qui passent et qui semblent peser sur le policier poète, il reste un homme droit dans un pays où les "gros sous" essaient de s'en mettre plein les poches et sont ouverts à la corruption. Le roman porte aussi sur les nouvelles tendances technologiques, notamment les réseaux sociaux, prompts à pointer du doigt tous les travers de leur société, ce qui ne plaît pas aux dirigeants (forcément !). Malgré le petit coup de mou de l'auteur et une fin un peu abrupte, je ne peux que vous conseiller de lire le tome si vous aimez l'auteur et son héros.

Note :




Le roman fait partie de mon Demi-Challenge ABC 2020 de Nanet
4/13

du Challenge Un genre par mois d'Iluze
au mois d'avril : Policier/Polar/Thriller
4/12

Et de la nouvelle édition du Challenge Thrillers et Polars de Sharon
 1/5-15

15 février 2020

Une plum sous le sapin, Stephanie Plum tome 8.5 de Janet Evanovich

Titre original : Visions of Sugar Plums

Résumé :
Alors que Noël approche et qu'elle n'a rien préparé (au grand dam de sa mère), Stephanie a la surprise de trouver un homme dans son salon, Diesel, chose pas si surprenante que ça, si ce n'est qu'il est apparu magiquement. Il dit être là pour l'aider à retrouver Sandy Claws, un fabricant de jouet, qu'elle doit présenter à la police et qui est pourchassé par un vilain individu...



Mon avis :
Depuis deux ans, j'aime bien commencer mon année par un petit Stephanie Plum. Je trouve que ça met de la bonne humeur à l'hiver et que, même si ça n'indique pas la tonalité que prendra l'année à venir, c'est toujours mieux de la commencer par un truc un peu léger que par une histoire un peu trop dure. Bref, en 2019, j'avais réussi à lire DEUX Stephanie Plum (même si j'aurais bien aimé en lire 2 de plus) et c'est donc avec cette novella se déroulant entre les tomes 8 et 9 que j'ai entamé 2020. Une novella très sympa et fun que j'ai beaucoup aimée.

Bon, si en lisant le titre français de ma chronique, vous vous êtes dit "oh la la mais il y a une faute, il manque un E à Plum,  vous avez vite compris qu'il s'agissait d'un jeu de mots entre plume et Plum (Stephanie) :)

Visions of Sugar Plums est une petite sucrerie qui met bien dans l'ambiance de Noël. Les Stephanie Plum ne sont pas réputés pour être très sérieux mais il y a toujours des moments critiques et dangereux. Ici on est dans le fun complet et même avec une touche de surnaturel. On est dans l'esprit de Noël ou on ne l'est pas, hein.

L'intrigue va être classique de prime abord, puisque que Stephanie doit ramener dare dare au poste un homme qui a loupé son audience au tribunal. Mais là il s'agit d'un fabricant de jouet, un homme à priori inoffensif et appelé Sandy Claws (vous avez fait le parallèle avec Santa Claus ? ;)) Et on sait que Stephanie à l'habitude de trouver des hommes dans son salon, que ce soit Morelli, Ranger ou des méchants. Ici, la nouveauté, c'est que l'homme en question est apparu magiquement et est beau comme un dieu (ou un ange gardien).

Cela suppose qu'on accepte cette part de surnaturel dans cette série, et je dois dire que ça a bien marché sur moi. Parce qu'après tout c'est Noël et s'il n'y a pas de magie à Noël, il n'y en aura jamais :)

Stephanie est toujours cette nana sympa que j'adore. Elle prend certaines choses avec philosophie, là où d'autres s'enfuirait en courant.

Diesel, lui, est un cliché sur pattes, beau, sexy, gentil. Même s'il n'arrête pas de faire des allusions sexuelles à Stephanie, on sait bien que c'est plus pour plaisanter qu'autre chose et puis Stephanie n'a pas besoin d'un 3e homme dans sa vie.

On retrouve tous les personnages habituels, la famille déjanté de Stephanie, sa mère, sa soeur, le mec de cette dernière qu'elle a rencontrée dans le tome précédent et puis l'hilarante Mamie Mazur qui me fait vraiment hurler de rire. Il y a aussi Morelli mais pas Ranger et puis Lula que j'aime beaucoup aussi.

Le style de l'autrice est toujours super sympa à lire, là j'ai trouvé qu'il y avait encore plus d'humour que d'habitude et que ça allait bien avec l'histoire.

En conclusion, Une plum sous le sapin n'est peut-être pas le tome le plus approfondi de la saga mais il remplit tout à fait son office de détendre et de passer un super moment et franchement j'ai beaucoup aimé retrouver tous les protagonistes dans cette histoire de Noël. Et de découvrir Diesel. Du coup, j'ai envie de lire sa saga... Avant ça, si vous aussi voulez faire sa connaissance, voulez savoir si Stephanie arrivera à trouver Sandy Claws, préparer son Noël et son sapin à temps, lisez-le ! En VF, il est couplé avec une autre nouvelle qui se déroule pendant la St Valentin entre les tomes 12 et 13 il me semble.

Note :



La novella fait partie du Challenge Polars et Thrillers 2019-2020 de Sharon
4

Du Demi-Challenge ABC 2020 de Nanet
1/13

et du Challenge Read in English 2019-2020
que j'organise
4.5

08 décembre 2019

La muraille de lave d'Arnaldur Indridason

Titre original : Svörtuloft

Résumé :
Alors qu'Erlendur est parti en vacances et qu'Elinborg est sur une autre enquête, Sigurdur Oli se retrouve plongé dans une affaire douteuse quand l'un de ses amis lui demande d'intervenir, pour autrui, dans une histoire de chantage aux photos scabreuses et qu'il découvre la maître-chanteuse morte chez elle. Parallèlement, un ancien témoin, un homme perturbé, dans l'histoire de la mort d'un petit garçon (Hiver Arctique) le contacte et semble vouloir lui raconter les crimes pédophiles dont il aurait été victime étant enfant...

Mon avis :
Chaque année, je me lis mon Indridason, généralement à l'automne car cela doit sans doute bien se combiner avec l'ambiance des romans :) Ce roman, La Muraille de lave, ne porte pas sur Erlendur mais sur son collègue et je dois dire que ce n'est pas le meilleur de la série que j'ai lu.

Avec Erlendur évaporé on ne sait où, on avait eu droit à une intrigue avec Elinborg en personnage principal et qui m'avait beaucoup plu. Cette fois-ci, l'histoire se passe en parallèle à celle d'Elinborg et porte sur une enquête assez différente des précédentes. Cela démarre comme une affaire comme on a pu en lire dans cette série avec histoire de chantage et de meurtres, mais petit à petit on dévie sur les dérives financières de certains traders et cela donne une toute autre tonalité à l'ensemble. Et franchement, ça m'a moins intéressée et même un peu gonflée  à partir de ce moment. Bon, je ne me suis pas ennuyée mais j'ai été indifférente.

En plus, en parallèle, on suit l'histoire de ce type, Andrés, qui, enfant, a été abusé sexuellement par son beau-père, c'est terrible, c'est sordide et ça aurait pu faire l'objet d'un tome à part, sauf que, là, c'est trop en marge du reste et au final ça ne mène nulle part, sauf peut-être apaiser le-dit Andrés. En fait, la conclusion de cette partie-là de l'histoire m'a fait dire "ah bon"...

Là où le bats blesse, en fait, c'est que je n'ai éprouvé aucune sympathie pour Sigurdur Oli. Je l'avais trouvé sympa lors des tomes avec Erlendur, c'était déjà moins le cas dans le tome avec Elinborg où je l'avais trouvé condescendant et macho et là dans La muraille de Lave, on aurait pu s'attendre à ce qu'il soit plus intéressant et plus attachant, puisqu'il est mis en avant et ce n'est pas le cas. C'est en fait quelqu'un d'un peu insipide, égoïste dans ses relations, surtout avec son ex-femme. Bon, on ne peut pas dire qu'il ait une mère très sympathique et c'est peut-être pour cela qu'il est comme cela mais voilà, en refermant le roman, je n'aimais pas plus Sigurdur Oli qu'avant.

Ne me demandez pas de vous parler des autres personnages, je n'ai pas retenu leurs noms ou ils ne sont pas importants. Il y a un collègue de Sigurdur Oli qui a pas mal d'importance, je me suis demandé où il se trouvait dans la hiérarchie par rapport à Erlandur car il a l'air de se la péter un peu.

Le style de l'auteur et sa traduction sont toujours agréables à lire. L'auteur croque avec brio les travers de sa société islandaise qui subit les même problèmes que les autres sociétés occidentales et ici les travers et les excès de traders financiers. Le fait que le roman ait été écrit peu après la crise financière de 2008 explique sans doute ce choix d'intrigue.

En conclusion, si je n'ai pas passé un moment désagréable avec ce roman, le fait que je n'ai pas eu d'empathie et de sympathie pour Sigurdur Oli, ni été intéressée par les aspects financiers de l'enquête, ne m'ont pas aidée à vraiment accrocher. J'ai bien aimé certes mais j'ai nettement préféré les enquêtes précédentes notamment celui avec Elinborg. Bon ce n'est pas grave, ça reste un témoignage intéressant de la société islandaise et cela ne m'empêchera pas de lire les romans suivants.

Note :



Le roman fait partie du Demi-Challenge ABC 2019 de Nanet
13/13
Challenge réussi !!!

et du Challenge Polars et Thrillers 2019-2020 de Sharon
3

12 octobre 2019

Les mémoires de Sherlock Holmes d'Arthur Conan Doyle

Titre original : The Memoirs of Sherlock Holmes

Résumé :
12 nouvelles racontant des affaires sur lesquelles Sherlock a enquêté, jusqu'au fameuse chutes de Reichenbach...






Mon avis :
Voilà trois ans et demi que j'avais lu les précédentes nouvelles mettant en scène Sherlock Holmes et John Watson que j'avais bien aimées, même si le genre n'est pas mon favori. J'avais l'intention de lire ces Mémoires bien plus tôt mais, pour tout vous dire, ça m'était sorti de la tête ensuite. C'est pour le Challenge Un genre par mois de septembre, où il fallait lire des nouvelles, que je me suis dit que je replongerais bien dans les histoires de Sherlock, ce que j'ai donc fait. Et même si certaines de ces 12 nouvelles sont loin d'être passionnantes, j'ai passé un bon moment.

1 ~ Flamme d'argent (Silver Blaze) - décembre 1892
L'entraîneur du cheval de course Flamme d'argent est retrouvé mort et le cheval a disparu. A la demande du propriétaire du cheval, Holmes et Watson se rendent sur place pour enquêter.

2 ~ La boite en carton (The Adventure of the Cardboard Box) - janvier 1893
Une femme, Susan Cushing, a reçu par la poste, une boite en carton qui contenait deux oreilles, l'une féminine, l'autre masculine. L'inspecteur Lestrade demande à Sherlock d'enquêter.

3 ~ La figure jaune (The Adventure of the Yellow Face) - février 1893
Très intrigué par le comportement de sa femme qu'il a surprise en train d'aller chez les voisins en pleine nuit, après qu'elle lui eut demandé 100£, Mr Grant Munro demande à Sherlock Holmes d'enquêter.

4 ~ L'employé de l'agent de change (The Stock Broker Clerk) - mars 1893
Hall Pycroft, agent de change, demande à Sherlock de venir enquêter à Birmingham sur une mésaventure qui vient de lui arriver.

5 ~ Le gloria Scott (The Adventure of the Gloria Scott) - avril 1893
Un soir d'hiver, Sherlock raconte à Watson, sa toute première enquête quand il était encore étudiant.

6 ~ Le rituel des Musgrave (The adventure of the Ritual Musgrave) - mai 1893
Holmes raconte à Watson l'une des ses enquêtes, qui se passait dans un manoir et où il fallait déchiffrer des énigmes...

7 ~ Les propriétaires de Reigate (The Adventure of the Reigate Square) - juin 1893
Trouvant Holmes fatigué après deux enquêtes difficiles en 1887, Watson l'invite à venir se reposer chez un ami, près de Reigate dans le Surrey. Pendant leur séjour, des vols sont commis dans une maison non loin et le cocher d'un des voisins est tué. Bien sûr Sherlock Holmes ne peut s'empêcher d'aller enquêter.

8 ~ L'estropié (The Adventure of the Crooked Man) - juillet 1893
Sherlock vient rendre visite à Watson pour lui dire qu'il a été engagé pour enquêter sur la mort étrange du colonel James Barclay, après une dispute avec son épouse, retrouvée inconsciente près de lui...

9 ~ Le pensionnaire en traitement (The Adventure of the Resident Patient) - août 1893
Le docteur Percy Trevelyan vient rendre visite à Sherlock car il y a un patient à demeure qui est très angoissé et il désire que Holmes enquête sur la cause de ces angoisses.

10 ~ L'interprète grec (The Adventure of the Greek Interpreter) - septembre 1893
Mycroft, le frère aîné de Sherlock, vient lui demander son aide sur une affaire auquel son voisin, un interprète grec, a été mêlé.

11 ~ Le traité naval (The Adventure of the Naval Treaty) - octobre novembre 1893
Holmes et Watson enquêtent sur une affaire où il est question d'un traité naval, top secret, qui a disparu...

12 ~ Le dernier problème (The Final Problem) - décembre 1893
Moriarty, Les chutes de Reichenbach...

Tout d'abord, j'ai été surprise de constater que j'étais très contente de retrouver les histoires de Sherlock Holmes :) J'ai toujours bien aimé ce que j'ai lu mais je n'ai jamais adoré non plus. C'est donc avec beaucoup d'entrain que j'ai entamé ces mémoires.

Après, ça c'est plus ou moins gâté. Plutôt moins que plus, car il ne faut pas exagérer, mais disons que je n'ai pas lu toutes les nouvelles avec le même intérêt. Certaines ont été même très ennuyeuses. J'ai plutôt apprécié les premières, un peu moins les suivantes (l'agent de change, le Gloria Scott, Le rituel de Reigate) et, ensuite, j'ai parfois décroché, jusqu'à la dernière que j'ai évidemment trouvée excellente. Elle est plus vivante que les autres, avec un enjeu plus dramatique (même si nous, on sait de quoi il retourne) et avec un vrai méchant à la hauteur de Sherlock.

En fait, là où le bats blesse dans ces nouvelles, c'est le principe de narration. En écrivant des mémoires, Watson raconte des faits qui se sont déjà déroulés des années avant et, même dans chaque histoire, il y a beaucoup de narration et peu d'action. Quelqu'un va raconter un incident ou un crime à Sherlock, qui va écouter bien gentiment, peut-être même se déplacer pour enquêter mais va vite résoudre l'affaire en un tour de main. C'est un peu ce que je reprochais déjà avec l'ouvrage précédent, avec les nouvelles, cela va très vite et sans véritable enjeu. Du coup, certaines histoires sont très très plates et perso cela m'a fait décrocher rapidement sur certaines.

En revanche, j'ai été ravie de retrouver le personnage de Sherlock Holmes. J'adore son esprit d'analyse, ses réparties et je l'ai trouvé moins méprisant envers les policiers, presque respectueux, même, ce qui est une grande première :) On aurait dit qu'on nous avait changé notre Sherlock.

Même si c'est le narrateur, j'ai trouvé Watson un peu en retrait. C'est vraiment le passeur de plat pour Sherlock. Après, oui j'aime le personnage qui est doux et gentil et j'aime son amitié avec Sherlock qui le respecte et l'estime vraiment.

On fait la connaissance de Mycroft, le frère de Sherlock et j'ai été étonnée de découvrir pratiquement un Sherlock bis. Ma vision du personnage est biaisée par la série anglaise où il est interprété par Mark Gatiss (et je ne parle même pas de la version rock'n roll jouée par Rhys Ifans dans Elementary) mais dans les livres, c'est un personnage encore plus sûr de lui que son frère.

Comme dans les livres précédents, j'ai beaucoup apprécié le style d'Arthur Conan Doyle. Cela a beau avoir été écrit il y a plus d'un siècle, cela se lit très facilement et agréablement en anglais. Et j'ai découvert que le titre de Mark Haddon, The Curious Case of the Dog During the Night Time (Le bizarre incident du chien pendant la nuit), provenait de la première nouvelle de ces mémoires. C'est une phrase prononcée par Sherlock et quand je l'ai lue, je me suis dit que ça me disait quelque chose :D). Il faut aussi savoir que la deuxième nouvelle, La boîte en carton, n'est pas toujours incluse dans Les mémoires. Elle ne faisait pas partie de l'édition anglaise d'origine, était incluse dans la première édition américaine mais plus dans les suivantes. Certaines éditions américaines l'ont mise dans le recueil "Son dernier coup d'archet". Les raisons pour ces censures c'est le sujet un peu scabreux de la nouvelle pour l'époque.

En conclusion, si j'ai apprécié retrouver Sherlock Holmes et son acolyte, John Watson, ces nouvelles sous forme de mémoires ne m'ont pas toujours bien intéressées. J'ai bien sûr adoré la dernière et d'autres m'ont plu mais j'en ai trouvé pas mal ennuyeuses ou sans grand intérêt. La faute à un manque d'interaction du génial détective et le fait que les histoires étaient plus racontées que vraiment vécues. Mais cela ne m'empêchera pas de continuer à retrouver Sherlock et Watson régulièrement et sans attendre 3 ans comme ce fut le cas entre ce recueil et le précédent.

Note :



Le roman fait partie du Challenge Read in English 2018-2019 
que j'organise
22

du Challenge Polars et Thrillers 2019-2020 de Sharon
2

et du Challenge Un genre par mois d'Iluze
septembre : Nouvelles, Novella
9/12

23 août 2019

Le grand huit, Stephanie Plum tome 8 de Janet Evanovich

Titre original : Hard Eight
Spoilers sur les tomes précédents

Résumé :
La mission de Stephanie Plum est cette fois-ci plus que délicate. Elle doit retrouver Evelyn, une mère de famille soupçonnée d'avoir kidnappé sa fille, Annie. Si elle ne la retrouve pas, le maison de la mère d'Evelyn sera saisie. Mais voilà qu'Eddie Abruzzi, le mafioso local, s'en mêle et menace Stephanie, qu'un mec déguisé en lapin tueur s'en prend à notre chasseuse de primes préférée qui doit aussi composer avec un vieux qui ne veut pas se rendre, un avocat pas très futé, des amours plus que compliquée entre Morelli et Ranger et une famille toujours aussi loufoque...


Mon avis :
Non, vous n'avez pas la berlue, il s'agit bien de ma 2e chronique de l'année d'un Stephanie Plum ! J'ai toujours émis le voeu pieux de pouvoir lire plus d'un tome par an mais jusqu'à présent je n'y étais pas arrivée. Fin juin, après deux lectures un peu longues, j'ai eu envie de légèreté et d'une lecture plus facile et je me suis donc tournée vers ce 8e tome de la saga Plum et je dois dire que j'ai passé un très bon moment, avec cette aventure plus intéressante que la précédente.

Bon, ne vous attendez pas à quelque chose de très original, ce n'est pas forcément ce qu'on recherche avec cette série et surtout au tome 8 (mais je me demande comment ça peut tenir sur 25 tomes plus les romans de Noël...). C'est donc toujours le même schéma, Stephanie doit retrouver quelqu'un qui a omis de se présenter pour sa caution, l'affaire qui devait être simple devient très compliqué, des méchants en ont après elle et elle peut toujours compter sur ses amis et sa famille pour l'aider ou, au contraire, lui compliquer la vie.

Ici il s'agit donc de retrouver une maman qui s'est enfuie avec sa fille alors qu'elle avait signé un accord de partage de la garde avec son ex-mari. Si l'un deux se soustrait à la garde, il doit payer une amende et s'il ne paie pas on saisit la garantie, en l'occurrence la maison de la grand-mère. Cela donne donc une motivation supplémentaire à Stephanie, partagée malgré tout car elle sait qu'Evelyn a bien fait de s'en aller.

Car il ne s'agit pas seulement que d'une affaire familiale, la situation s'élargit vers quelque chose de plus criminel et évidemment notre Stephanie se retrouve vite dans les ennuis jusqu'au cou. Et ennuis n'est pas un mot assez fort car elle se retrouve encore plus d'une fois en grand danger. C'est d'ailleurs ce qui me "choque" parfois avec cette série, c'est qu'il y a des situations dramatiques avec notre héroïne en danger de mort mais le ton reste léger et à la rigolade. Ça fait bizarre parfois et d'ailleurs j'en parlais déjà dans ma chronique du tome 6.

Donc outre ses graves ennuis, Stephanie a d'autres problèmes à gérer et je dois dire qu'elle n'a pas le temps de s'ennuyer et nous non plus ! À commencer par ses amours, toujours bien compliquées, même si avec Morelli ça semble terminé au début du roman. Mais, s'ils ne sont plus ensemble, Joe est toujours très présent dans la vie de Stephanie, pour mon plus grand plaisir. Et puis il y a aussi le troublant Ranger...

Et comme dans certains autres tomes, il y a deux gars qui collent aux basques de Stephanie mais autant c'était assez amusant quand c'était Bunchy et Randy ou Mitchell et Habib, autant là c'est assez flippant. Et comme aussi dans d'autres tomes, il y a toujours un petit mec rigolo qui squatte plus ou moins chez Stephanie, ici c'est un avocat du nom d'Albert Kloughn (à prononcer comme clown).

Pour ce qui est de Stephanie, c'est toujours un personnage amusant et attachant, qui n'en fait qu'à sa tête et se retrouve évidemment en danger avec généralement sa voiture qui explose ou qui brûle.

Et puis il y a sa famille et ses amis, Mamie Mazur toujours très tordante ou Lula sa collègue dont j'adore le franc-parler, elle me fait beaucoup rire.

Côté style, rien de bien nouveau à dire, ça se lit très bien et vite.

En conclusion, Hard Eight est un tome que j'ai beaucoup apprécié de lire, un peu meilleur que le précédent. Mais ne vous attendez pas, non plus, à quelque chose de bien original. Mais quand on lit un Stephanie Plum, on sait à quoi s'attendre et c'est aussi pour cela qu'on les lit. Alors si vous voulez voir Stephanie une fois de plus dans les emmerdes jusqu'au cou, savoir si elle arrivera à mener ses missions à bien, si sa voiture va encore brûler/exploser et si ça va évoluer avec Ranger ou, qui sait, Morelli, lisez-le. Quant à moi j'espère lire un autre tome d'ici la fin de l'année.

Note :



Le roman fait partie du Challenge Read in English 2018-2019 
que j'organise
18,5
du Challenge Polars et Thrillers 2019-2020 de Sharon
1

et du Challenge de Licorne
T/P : 9/9
Total 18/18
Point bonus pour le livre : 1

01 juillet 2019

A Darker State, Karin Müller tome 3 de David Young

Spoilers sur le tome précédent

Résumé :
Quelques mois après son accouchement et son retour à Berlin, Karin Müller est toujours en congé maternité où elle s'occupe de ses jumeaux avec l'aide de sa grand-mère retrouvée et d'Emil son compagnon. Mais son supérieur vient la tirer de son repos pour la promouvoir Major au sein d'une nouvelle unité qui va enquêter sur le meurtre d'un jeune homme dans une ville près de la frontière polonaise. Une affaire délicate, d'autant plus qu'elle semble concerner la communauté homosexuelle et que la Stasi met des bâtons dans les roues à Müller et qui pèse sur sa vie personnelle Et voilà que le fils de son médecin légiste semble avoir disparu à son tour...

Mon avis :
J'aime beaucoup les enquêtes de Karin Müller dont c'est le 3e tome que je lis car, outre les enquêtes policières assez dures (la précédentes concernaient des bébés...), le fait que cela se passe dans l'Allemagne de l'Est des années 70 ajoute une touche passionnante, tout comme la vie de Karin qui n'est pas de tout repos. J'ai encore une fois beaucoup aimé l'histoire, l'enquête, ce qu'il se passe tout au long du livre et qui m'a parfois fait froid dans le dos...

Comme dans les 2 tomes précédents, l'histoire allie enquête et vie privée de Karin. Et l'enquête est une fois de plus difficile, car il s'agit encore d'adolescents, souvent mal dans leur peau car homosexuels, prostitués, drogués et c'est à nouveau une vision bien glauque de l'Allemagne de l'Est que nous propose l'auteur. Car oui, derrière les immeubles austères et les avenues larges, certains profitent de la détresse, voire de la honte, de certains jeunes.

Car il ne s'agit pas seulement d'une enquête policière mais aussi des dérives de la Stasi, dont certains membres sont prêts à employer des moyens peu recommandables pour obtenir des infos sur la RFA (Allemagne de l'Ouest) ou tout simplement pour assouvir leurs penchants pervers. Certains procédés sont vraiment révoltants de la part de ces fouineurs...

Et puis il y a la vie de Karin, qui essaie de tout mener à bien, sa nouvelle vie de maman, la vie avec son compagnon, l'entrée dans sa vie de sa grand-mère, son métier de flic et doit naviguer entre ses convictions et ce qu'on attend d'elle, les fourberies de certains et même les trahisons. Je trouve intéressant de voir combien elle est toujours fidèle à la république et au Parti malgré les vexations et les coups bas. En tout cas, une fois de plus, elle vit des moments difficiles.

J'aime beaucoup Tilsner son adjoint. Je trouve leur relation intéressante depuis qu'ils ne sont plus amants (ce qu'ils étaient au début du tome 1). Il y a une franche camaraderie et elle sait qu'elle peut compter sur son soutien et sa fidélité.

En revanche, je n'aime pas du tout Emil, son compagnon. Il m'était assez indifférent dans le précédent tome mais là je l'ai trouvé odieux. Et franchement on en apprend de belles sur lui !

Je ne sais toujours pas quoi penser de Jäger, le mec de la stasi qui aide Karin de temps en temps. Bon je le dis à chaque tome mais au moins je suis constante et lui aussi ! :D Il sert ses propres intérêts, bien sûr, mais en même temps, il apporte une vraie aide ou de vrais renseignements à la jeune femme.

Le style de l'auteur se lit très bien en anglais, comme pour les précédents tomes. Si on suit Karin la plupart du temps, on suit également, un jeune homme, le fils du médecin légiste qui fait partie de l'équipe de Karin, pendant les six mois précédents l'enquête.

En conclusion, voici encore une enquête de Karin Müller, passionnante à suivre, pas forcément avec un rythme haletant mais solide et efficace qui traite de sujets difficiles comme l'homosexualité des jeunes (homosexualité non condamnée à l'époque en RDA, faut le souligner, mais mal vue), la prostitution de certains et leur manipulation par certains mal intentionnés. Parallèlement on suit les efforts de Karin pour concilier vie privée et vie professionnelle. Je dois dire que j'aime beaucoup cette série et ce tome 3 me l'a confirmé. Alors si vous aussi voulez savoir ce qu'il y a derrière la découverte du corps de l'adolescent et comment Karin va réussi à se dépatouiller de tous les obstacles qui se dressent sur sa route, lisez-le. Petite précision, je crois qu'il n'est pas encore traduit en français. En revanche, pour ceux qui lisent en anglais, sachez que le 4e tome, Stasi 77, est sorti. Il a rejoint ma pal et je me réjouit de le lire d'ici quelques mois :)

Note :



Ce roman fait partie du Demi-Challenge ABC 2019 de Nanet
8/13

du Challenge Read in English 2018-2019 
que j'organise
15,5

et du Challenge Polars et Thrillers de Sharon
10

C'est le roman que j'avais choisi de lire en mai
pour Le Challenge Un genre par mois d'Iluze
mai : Policier/Thriller/Polar
5/12


et du Challenge de Licorne
T/P : 8/9
Total 15/18
Point bonus pour le livre : 1

17 juin 2019

Sans l'ombre d'un témoin, Les enquêtes de Linley/Havers tome 12 d'Elizabeth George

Titre original :With No One as Witness

Résumé :
Lorsqu'un jeune ado est retrouvé mort, les services de Scotland Yard n'hésitent pas à faire le rapprochement avec d'autres meurtres de jeunes laissés-pour-compte, survenus les mois précédents. Mais eux étaient métis alors que la nouvelle victime est blanche. C'est Linley, promu commissaire intérimaire en l'absence de son supérieur, qui enquête en compagnie d'Havers qui a été rétrogradée au rang de constable et de Nkata promu sergent, et qui doit satisfaire l'impatience grandissante d'Hillier, l'adjoint au préfet de police...


Mon avis :
Si vous n'avez jamais entendu parler de Linley et Havers sur mon blog, c'est tout à fait normal. Voilà une série que j'ai découverte en 1992, grâce à un copain qui m'avait passé l'un des premiers tomes et j'avais beaucoup apprécié si bien qu'ensuite, j'ai décidé de tous les lire dans l'ordre, puis d'acheter et lire mon Elizabeth George annuel, un fois rattrapé les parutions. Jusqu'à il y a 14 ans, quand j'ai pris un tome de retard sur mes lectures et que je me suis fait spoiler Sans l'ombre d'un témoin en lisant la 4e de couverture d'Anatomie d'un crime, le tome suivant. Et j'ai été tellement dégoûtée par ce que j'ai appris que j'ai arrêté de lire cette série jusqu'à il y a quelques semaines. J'ai vu chez Zina, il me semble, une chronique sur le dernier tome sorti et ça m'a donné envie de m'y remettre. Et j'en suis ravie car si ce que j'avais appris m'a encore choquée, l'enquête est très intéressante à lire et c'était super de retrouver les personnages, notamment Linley et Havers.

Sans l'ombre d'un témoin fait pratiquement 600 pages et c'est donc un joli pavé mais à aucun moment je n'ai ressenti d'ennui. Pourtant, ce n'est jamais une saga riche en action et il y a eu des tomes où, autrefois, je m'étais vraiment barbée. Mais, là, j'ai plongé à fond dans l'histoire et l'enquête sans aucun problème.

L'autrice nous raconte son histoire de façon très méthodique, on se croirait presque dans un documentaire, c'est détaillé, on n'est, à aucun moment, dans le sensationnalisme. Mais tout en gardant une certaine intensité et n'excluant pas les drames et les rebondissements, aussi bien dans l'enquête que dans la vie des personnages principaux. Enquête dont les policiers, à commencer par Linley, Havers et Nkata font dérouler chaque fil pour arriver à trouver le coupable.

Et en toile de fond de l'enquête, il y a les tensions sociales, communautaires et ce déjà en 2005.

Ce qui est intéressant dans ce roman et dans la saga en général, c'est bien sûr tout ce qui touche aux personnages principaux. On continue à vivre avec eux, à les suivre pas à pas.

En commençant par Thomas Linley, promu commissaire et pris entre plusieurs feux. J'aime beaucoup ce personnage qui jamais ne fait sentir qu'il est un lord, qui est un homme toujours bienveillant envers les gens (à condition de ne pas trop l'énerver) et en particulier envers Havers qui pourtant lui donne du fil à retordre avec son caractère de cochon et son je-m'en-foutisme ! :)

Je dois dire que Barbara Havers est compliquée à apprécier :) Je l'aime autant qu'elle m'agace ! Je me rappelais son côté chiant mais j'avais un peu oublié combien c'est une enquêtrice hors pair qui sait toujours déceler le petit truc qui met sur la piste du tueur. Et ici, son instinct est payant. Après, évidemment, son attitude lui joue des tours avec ses supérieurs et les gens qui la côtoient et heureusement que Linley fait un peu le tampon. J'avais complètement oublié qu'elle avait été rétrogradée et n'était plus sergent au début du tome mais ça ne m'étonne pas :)

Nkata est le 3e personnage principal de ce tome. J'avoue que je l'avais un peu oublié celui-là et pourtant il est important dans ce département de New Scotland Yard car lui aussi est un bon enquêteur. Je ne me rappelais plus cette histoire avec Jasmine et son fils, des gens qu'il connaît mais ce m'est revenu au fil de ma lecture.

D'autres personnages sont importants ou présents dans ce tome, à commencer par Helen, l'épouse enceinte de Linley. Je l'ai toujours beaucoup aimée car c'était une béquille sur laquelle pouvait s'appuyer Linley. On retrouve aussi St James et Deborah, ces amis dont l'histoire est entremêlée à celle des Linley... Et puis il y a Hillier, le préfet adjoint et homme politique jusqu'à la moelle, n'hésitant pas à mettre en danger certaines personnes si ça peut servir ses intérêts et celle de l'enquête. J'ai vraiment détesté ce bonhomme et eut envie de l'étriper plus d'une fois.

Le style de l'autrice ou plutôt la traduction est très agréable à lire. C'est bien écrit, c'est détaillé, méthodique, je l'ai dit mais jamais ennuyeux. On suit les points de vue des personnages principaux, Linley, Havers et Nkata mais aussi du tueur et d'autres personnes secondaires. Ce qui fait qu'on a une vue d'ensemble sur l'enquête et ce qui l'entoure. Mais Elizabeth George en garde quand même sous le coude pour qu'on soit surpris également.

En conclusion, je suis vraiment ravie de m'être remise à cette série de romans policiers que j'avais délaissée pendant 14 ou 15 ans. L'enquête est intéressante à suivre, notamment pour ses motifs et ses conséquences et parallèlement c'est aussi intéressant de se replonger dans la vie des protagonistes principaux. Et puis il y a cet événement dramatique, qui aurait été surprenant si je n'avais pas été spoilée et qui m'a longtemps fâchée avec la série et m'a remise en colère quand je l'ai vécu durant ma lecture. Mais pourquoiiii ??? Bon, pour savoir de quoi je parle, il faudra bien sûr lire le roman et vous en profiterez aussi pour découvrir qui est le coupable des meurtres de ces jeunes ados en difficulté. Quant à moi, je ne vais pas attendre 15 ans pour lire le tome 14 car j'ai très envie de savoir la suite !

Note :



Le roman fait partie du Challenge Polars et Thrillers de Sharon
9

du Challenge de Licorne
T/P : 7/9
Total 14/18
Point bonus pour le livre : 1

et du Challenge des pavés de Gribouille
4
livre grand format de + de 500 pages : 6 points

17 mars 2019

Les courants fourbes du lac Tai, Une enquête de l'inspecteur Chen, tome 7 de Qiu Xiaolong

Titre original : Don't Cry, Tai Lake

Résumé :
Grâce au secrétaire général du comité de discipline du Parti, Zhao, l'inspecteur principal Chen, est amené à passer une semaine de vacances dans un centre luxueux sur les bords du magnifique lac Tai, à Wuxi. Quand il rencontre la belle Shanshan, militante écologique qui ne le laisse pas indifférent, elle lui apprend que le lac est pollué par les usines. Et quand le directeur de l'une des usines est assassiné, les soupçons se portent bien évidemment sur la jeune femme et un autre activiste...



Mon avis :
Vous qui lisez mon blog régulièrement savez que j'aime beaucoup les enquêtes de l'inspecteur Chen, non seulement pour le regard porté sur la Chine en pleine évolution dans les années 90-2000 ou la gastronomie qui nous fait saliver (ou pas) mais aussi et surtout pour son inspecteur-poète et sa façon bien à lui de se mouvoir dans les méandres de l'administration ou la politique chinoise, arrivant à se faire bien voir de certains hauts dignitaires tout en cultivant un certain non conformisme. Et je dois dire que j'ai particulièrement aimé ce 7e opus qui change un peu des précédents.

La série est déjà sortie de Shanghai pour aller enquêter dans les campagnes, voire Pékin dans le tome précédent et même les États-Unis il y a quelques tomes. Mais là j'ai trouvé qu'avoir planté le décor de son tome autour de ce lac lui conférait une atmosphère particulière. Peut-être parce que Chen y rencontre la jolie Shanshan et peut-être parce que ça lui donne plus que jamais l'âme d'un poète...

Pourtant, ce lac Tai n'a rien d'idyllique avec ses eaux ultra polluées. Et je trouve bien que l'auteur s'attaque au problème de l'environnement en Chine. Car on connaît surtout le côté industriel du pays, je l'ai moi-même testé pour vous lors d'un séjour il y a 10 ans où à Xian (là où il y a l'armée de soldats en terre cuite), l'air était noir de particules dès le matin, beaucoup plus qu'à Pékin, pourtant déjà bien polluée. Bref, c'est intéressant que la lutte en faveur de l'environnement soit abordé, malgré les embûches et les intérêts de certaines compagnies.

J'ai d'ailleurs eu l'impression que le roman avait fait un bond d'une dizaine d'années par rapport aux précédents. Les premiers livres se passaient dans les années 90, avec la course au capitalisme à tout crin et là avec la démocratisation d'internet et des portables et la question de l'environnement, on se sent davantage dans les années 2000 voire 2010. Il faut dire qu'il s'est écoulé 12 ans entre la publication du premier et du 7e tome avec un trou de 3 ans avec le tome 6. Qiu Xiaolong a sans doute voulu réactualiser le contexte de sa saga, tout en conservant une trame plus linéaire pour ses personnages qui n'ont pas pris 12 ans, eux :)

Le côté policier et enquête est presque anecdotique. Mais il est intéressant à suivre, même si le coupable n'est ni surprenant ni original. Mais il permet de voir la police locale en action et le côté assez effrayant de la Sécurité Intérieure.

Et puis il y a aussi tout ce qui concerne les privilèges accordés aux hauts dignitaires et l’obséquiosité de certains lorsque tu bénéficies de ces privilèges. Chen a beau sembler être un Chinois atypique et qui a du mal à rentrer dans le rang, le fait est qu'il apprécie malgré tout ces marques-là.

D'habitude dans ces romans, je salive beaucoup car Chen ou Yu mangent souvent et beaucoup. Ici, c'est toujours le cas mais moins que les autres fois. C'est vraiment le côté poésie qui est mis en avant, avec de nombreux passages où Chen cite de la poésie ou en écrit. Et j'adore vraiment ce côté-là de cette saga.

Dans le tome précédent, Chen tirait un trait sur son histoire avec Lin son amour de jeunesse. Et même si je serai toujours team Catherine, l'agente du FBI qui avait su toucher son coeur il y a quelques années, cela me fait plaisir de le voir  s'intéresser à une jeune femme, même si l'histoire est éphémère. Mais c'est quand il est romantique que Chen est le plus intéressant :) Bon il n'y a pas que ce côté-là de Chen dans le roman, ses capacités de fin policier sont aussi bien mises en avant.

Shanshan est un personnage intéressant et attachant. Outre son travail et ses prises de position en faveur de l'environnement, pas faciles à mener dans ce pays, vous imaginez bien, c'est une belle personne, vive et lumineuse. J'aurais aimé qu'elle fasse un plus long bout de chemin avec notre policier préféré. Mais qui sait...

Comme l'histoire se passait à 1h de Shanghai, je me suis dit qu'on ne verrait pas Yu et pourtant, l'auteur a trouvé le moyen de l'intégrer à l'histoire, avec sa femme, pour mon plus grand plaisir car je les aime beaucoup tous les deux.

J'aime beaucoup le style de l'auteur ou plutôt la traduction de Fanchita Gonzales Battle, qui, à priori est la traductrice de Qiu Xiaolong depuis le début. J'aime le rythme donné à l'ensemble cette espèce de langueur toute chinoise mais pas ennuyeuse pour un sou. Et je râle souvent sur les traductions des titres de romans mais là, je dois dire que j'adore la façon dont le titre a été traduit, même si le titre d'origine, Don't Cry, Tai Lake était très beau (et surtout super triste). Mais Les courants fourbes du lac Tia, c'est génial comme traduction.

En conclusion, cette 7e enquête de l'inspecteur Chen est un excellent opus que j'ai vraiment énormément aimé. Je ne sais pas ce qu'il avait de plus que certains autres mais j'ai aimé l'ambiance, l'histoire, le côté poétique et romantique, les thèmes abordés, comme la pollution et la défense de l'environnement et le fait qu'il changeait un peu. Et puis voir Chen attiré par Shanshan était joli à voir. Alors si vous voulez voir tout cela et découvrir, accessoirement, qui a tué le directeur d'une usine connue pour polluer ce lac Tai et qui le dénature, lisez-le.

Note :



Ce roman fait partie du Demi-Challenge ABC 2019 de Nanet
3/13

et du Challenge Polars et Thrillers de Sharon
7

et du Challenge de Licorne
T/P : 5/9
Total 10/18
Point bonus pour le livre : 1