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29 septembre 2020

Anne d'Avonlea, Anne tome 2 de Lucy Maud Montgomery

Titre original : Anne of Avonlea

Spoilers sur le tome précédent

Résumé :
Anne a maintenant 16 ans et est sortie diplômée de l'école. Elle décide de rentrer à Avonlea pour tenir compagnie à sa mère adoptive, Marilla, seule depuis la mort de son frère Matthew et dont la vue décline et elle devient l'institutrice de l'école du village. L'arrivée des jumeaux, Dora et Davy, que Marilla recueille à la mort de leur mère et les causes que défend la jeune femme vont lui faire vivre deux années bien mouvementées...

Mon avis :
À la fin de l'année dernière, j'avais enfin découvert cette petite Anne qui vivait dans la maison aux pignons verts et son babillage épuisant :) Elle m'avait charmée et c'est tout naturellement le tome 2 que j'ai lu en juillet pour Un genre par mois. Et je dois dire que j'ai vraiment été encore plus charmée par ce tome 2 que le premier et qu'il est pratiquement un coup de coeur.

Voilà une lecture qui est, une fois de plus, pleine de charme. Et c'est en grande partie grâce à son personnage principal et je vais donc, pour une fois, commencer ma chronique par elle. Certes, Anne a grandi et elle est une jeune fille, voire jeune femme, mais elle a toujours cet optimisme, cette positivité qui la rendent tellement attachante. C'est vraiment, un petit pinson, le rayon de soleil qui illumine la vie de chacun et son babillage, qui pouvait être parfois usant dans le tome 1, est ici une vraie bouffée de fraîcheur. Ce qui caractérise aussi la jeune fille c'est sa gentillesse. Il n'y a pas une once de méchanceté en elle, elle est empathique, altruiste, bref, presque parfaite. Ce qui pourrait être irritant chez n'importe qui d'autre mais ne l'est pas avec elle. J'ai vraiment beaucoup aimé ses combats associatifs, la façon dont elle met tout le monde dans sa poche ou dont elle s'occupe des gens.

On suit donc la jeune femme et son entourage durant deux années, qui passent bien trop vite. En effet, j'ai parfois trouvé que les ellipses (si je peux employer ce terme) étaient un peu rapides. Certains pourraient reprocher qu'il ne se passe pas grand chose dans ce roman mais c'est parce qu'il parle plutôt des petites choses de la vie quotidienne et de tout un chacun. Et franchement, je ne me suis pas ennuyée une seconde. J'ai trouvé que cette lecture était comme si on était dans une barque un jour d'été et qu'on se laissait porter par le courant tranquille. Le fait que je l'ai lu en été explique peut-être cela :D

C'est aussi un roman plein de bons sentiments et je ne dis pas ça dans un sens péjoratif. Mais c'est vrai que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, même les plus ronchons ou réfractaires.

On retrouve les personnages du tome 1, comme Marissa bien sûr, ou encore Diana la meilleure amie d'Anne, Rachel Lynde, l'amie de Marissa, Gilbert, l'ancien Némésis d'Anne et devenu amoureux transi et des nouveaux arrivants comme Mr Harrison, un vieux bougon qui va se dégeler face à l'irrésistible énergie d'Anne ou Miss Lavendar, dont j'ai beaucoup aimé l'histoire et le personnage et donc j'avais vite deviné comment ça tournerait :) Et puis il y a les jumeaux Dora et Davy qui m'ont fait penser à Binnie et Alf, les jumeaux terribles de Black Out/All Clear de Connie Willis, enfin surtout Davy car Dora est l'exact opposé de la turbulente Binnie. Mais Davy est un chenapan attendrissant qui amène beaucoup de vie dans la maison aux pignons verts.

J'aime énormément le style de L.M Montgomery qui est extrêmement plaisant à lire en anglais. Les descriptions sont poétiques sans être lourdes, à peine désuet, plutôt moderne même, aussi bien dans le ton que dans sa façon de dépeindre son époque. Les femmes ne rêvent pas que de se marier et avoir des enfants. Bien sûr, il y a en, notamment Diana, mais Anne, par exemple est une jeune femme résolument moderne, qui ne veut pas dépendre d'un homme et cela l'autrice le retranscrit très bien.

En conclusion, Anne of Avonlea a été une excellente lecture et presque un coup de coeur. J'ai beaucoup aimé suivre la jeune femme sur ces deux années, qui grandit et murit et s'affirme de plus en plus, prenant une place centrale dans le coeur de chacun à Avonlea. La fin du roman voit les personnages prendre une nouvelle direction, notamment pour Anne qui reprend le cours de sa vie. Mais chut, je n'en dis pas plus. Alors si vous aussi voulez suivre Anne avec un E sur ces deux ans, la voir se battre contre vents et marées pour l'embellissement de son village, jouer les entremetteuses, jouer son rôle d'institutrice et essayer d'éduquer le turbulent Davy, lisez ce joli roman. Quant à moi, je lirai le tome 3 dans quelques mois et je me réjouis déjà !

Note :




Le roman fait partie du Challenge Jeunesse/Youg Adult 2019-2020 de Mutinelle
5/10

du Big Challenge 2020 de Livraddict
1/4

du Challenge Read in English 2019-2020 que j'organise
12

et du Challenge Un genre par mois d'Iluze
au mois de juillet : Classique/Theâtre
7/12

21 décembre 2019

Anne... La maison aux pignons verts, tome 1 de Lucy Maud Montgomery

Titre original : Anne of Green Gables

Résumé :
Les Cuthbert frère et soeur, Marilla et Matthew, souhaitent adopter un jeune garçon afin qu'il les aide à la ferme. Mais c'est une petite fille de 10-11 ans, Anne, qui attend Matthew sur le quai de la gare ce soir-là. Séduit par la gamine et son babillage, Matthew persuade sa soeur de garder la petite qui peu à peu va dégeler le coeur de la vieille fille et devenir le rayon de soleil de la maison aux pignons verts...


Mon avis :
Jusqu'à la diffusion de la série télé (que je n'ai pas encore vue), je n'avais pas entendu parler de cette saga canadienne, qui compte 10 tomes et fait partie des classiques jeunesse à lire. Ou alors je n'avais pas fait attention. En tout cas, je n'avais pas éprouvé le besoin de la découvrir jusqu’alors, bien que que je compte voir la série télé un jour. Lorsque j'ai vu ce tome 1 dans le Big Challenge de cette année, je me suis dit que ce serait l'occasion de faire connaissance avec cette Anne with an E (comme elle se décrit :)) et je dois dire que ça a été une lecture très plaisante et même un peu surprenante si l'on prend en considération l'époque à laquelle elle a été écrite.

Ce roman, c'est un peu la version canadienne de La petite maison (aux pignons verts) dans la prairie :) avec Anne Shirley en guise de Laura Ingalls (même si cette dernière n'est pas adoptée) et qui vont suivre un peu le même parcours professionnel. On est dans une sorte de gentil conte où tout se passe bien et où les problèmes se résolvent plutôt facilement, grâce à une bonne action ou un geste d'affection. Dans Anne... personne n'est jamais vraiment méchant et la vie y est (presque) idyllique. Si l'on excepte la fin, qui j'ai trouvée vraiment dure pour le coup, alors que le reste du roman était plutôt léger. Cela m'a vraiment attristée.

J'ai dit en préambule que ma lecture a été un peu surprenante mais c'est surtout parce qu'écrit en 1908, il décrit des jeunes filles qui étudient, qu'on pousse à étudier davantage et dont le but dans la vie n'est pas que de se marier et avoir des enfants. Bon ce n'est pas le cas de toutes les jeunes filles mais j'ai trouvé cela assez progressiste.

Anne est une gamine vraiment attachante et adorable. Très très bavarde aussi ! Au début, j'étais un peu comme les habitants d'Avonlea, son babillage me donnait le tournis :)  Mais ça fait partie de son charme et de sa personnalité. Tout comme son enthousiasme pour la moindre petite chose de la nature ou de la vie. Cela fait du bien de voir une enfant enjouée par tout, positive et ce malgré une enfance difficile et très peu choyée.J'ai beaucoup aimé sa gentillesse et son attachement envers Marillia et Matthew, son amitié avec Diana, sa meilleure amie, et l'ai trouvée dure envers le jeune Gilbert qui l'avait traitée de poil de carotte.

J'ai beaucoup aimé les Cuthberg, des gens simples et terriens, mais aimants. Certes Marillia est assez bourrue mais on sent son attachement profond pour Anne. Matthew, pourtant très taiseux, est celui qui montre le plus son amour pour la petite fille.

Il y a toute une galerie de personnages présents tout au long du livre, la formidable Mrs Spencer, haute en couleurs, le pasteur et sa femme, les instits, les élèves, tous ces gens qui vont graviter autour d'Anne, l'accompagner pendant plusieurs années et forger la jeune fille qu'elle va devenir.

Car oui, j'ai été assez surprise de voir que ce tome 1 se déroulait sur plusieurs années car je pensais qu'on allait juste voir Anne enfant. Or ce n'est pas le cas et, du coup, je suis assez curieuse de voir de quoi parle la suite, d'autant plus qu'il y a 10 tomes en tout.

J'ai beaucoup aimé le style de l'auteur, assez simple à lire en anglais, pas trop vieillot et avec de belles descriptions.

En conclusion, je suis très contente d'avoir découvert cette maison aux pignons verts, ses habitants et surtout cette petite Anne qui a un babillage épuisant mais qui est follement attachante et je suis ravie de l'avoir suivie au gré des saisons, dans la nature ou à l'école et de l'avoir vu s'extasier sur la moindre petite chose et le moindre petit bonheur de la vie. Bien sûr cela n'a pas empêché les drames, petits ou grands mais la fin nous livre une jeune fille forte et aimée et tournée vers l'avenir. Je lirai donc la suite avec intérêt et grand plaisir et j'espère prendre le temps de regarder la série un de ces 4. Et si vous aussi voulez faire connaissance avec Anne avec un E, n'hésitez pas !

Note :



Ce livre a été lu pour Le Challenge Un genre par mois d'Iluze
Novembre : Classique/Théâtre
11/12

du Big Challenge 2019 de Livraddict
2/3

Et du Challenge Jeunesse/Youg Adult 2019-2020 de Mutinelle
1/10

et du Challenge Read in English 2019-2020
que j'organise
2

12 octobre 2019

Les mémoires de Sherlock Holmes d'Arthur Conan Doyle

Titre original : The Memoirs of Sherlock Holmes

Résumé :
12 nouvelles racontant des affaires sur lesquelles Sherlock a enquêté, jusqu'au fameuse chutes de Reichenbach...






Mon avis :
Voilà trois ans et demi que j'avais lu les précédentes nouvelles mettant en scène Sherlock Holmes et John Watson que j'avais bien aimées, même si le genre n'est pas mon favori. J'avais l'intention de lire ces Mémoires bien plus tôt mais, pour tout vous dire, ça m'était sorti de la tête ensuite. C'est pour le Challenge Un genre par mois de septembre, où il fallait lire des nouvelles, que je me suis dit que je replongerais bien dans les histoires de Sherlock, ce que j'ai donc fait. Et même si certaines de ces 12 nouvelles sont loin d'être passionnantes, j'ai passé un bon moment.

1 ~ Flamme d'argent (Silver Blaze) - décembre 1892
L'entraîneur du cheval de course Flamme d'argent est retrouvé mort et le cheval a disparu. A la demande du propriétaire du cheval, Holmes et Watson se rendent sur place pour enquêter.

2 ~ La boite en carton (The Adventure of the Cardboard Box) - janvier 1893
Une femme, Susan Cushing, a reçu par la poste, une boite en carton qui contenait deux oreilles, l'une féminine, l'autre masculine. L'inspecteur Lestrade demande à Sherlock d'enquêter.

3 ~ La figure jaune (The Adventure of the Yellow Face) - février 1893
Très intrigué par le comportement de sa femme qu'il a surprise en train d'aller chez les voisins en pleine nuit, après qu'elle lui eut demandé 100£, Mr Grant Munro demande à Sherlock Holmes d'enquêter.

4 ~ L'employé de l'agent de change (The Stock Broker Clerk) - mars 1893
Hall Pycroft, agent de change, demande à Sherlock de venir enquêter à Birmingham sur une mésaventure qui vient de lui arriver.

5 ~ Le gloria Scott (The Adventure of the Gloria Scott) - avril 1893
Un soir d'hiver, Sherlock raconte à Watson, sa toute première enquête quand il était encore étudiant.

6 ~ Le rituel des Musgrave (The adventure of the Ritual Musgrave) - mai 1893
Holmes raconte à Watson l'une des ses enquêtes, qui se passait dans un manoir et où il fallait déchiffrer des énigmes...

7 ~ Les propriétaires de Reigate (The Adventure of the Reigate Square) - juin 1893
Trouvant Holmes fatigué après deux enquêtes difficiles en 1887, Watson l'invite à venir se reposer chez un ami, près de Reigate dans le Surrey. Pendant leur séjour, des vols sont commis dans une maison non loin et le cocher d'un des voisins est tué. Bien sûr Sherlock Holmes ne peut s'empêcher d'aller enquêter.

8 ~ L'estropié (The Adventure of the Crooked Man) - juillet 1893
Sherlock vient rendre visite à Watson pour lui dire qu'il a été engagé pour enquêter sur la mort étrange du colonel James Barclay, après une dispute avec son épouse, retrouvée inconsciente près de lui...

9 ~ Le pensionnaire en traitement (The Adventure of the Resident Patient) - août 1893
Le docteur Percy Trevelyan vient rendre visite à Sherlock car il y a un patient à demeure qui est très angoissé et il désire que Holmes enquête sur la cause de ces angoisses.

10 ~ L'interprète grec (The Adventure of the Greek Interpreter) - septembre 1893
Mycroft, le frère aîné de Sherlock, vient lui demander son aide sur une affaire auquel son voisin, un interprète grec, a été mêlé.

11 ~ Le traité naval (The Adventure of the Naval Treaty) - octobre novembre 1893
Holmes et Watson enquêtent sur une affaire où il est question d'un traité naval, top secret, qui a disparu...

12 ~ Le dernier problème (The Final Problem) - décembre 1893
Moriarty, Les chutes de Reichenbach...

Tout d'abord, j'ai été surprise de constater que j'étais très contente de retrouver les histoires de Sherlock Holmes :) J'ai toujours bien aimé ce que j'ai lu mais je n'ai jamais adoré non plus. C'est donc avec beaucoup d'entrain que j'ai entamé ces mémoires.

Après, ça c'est plus ou moins gâté. Plutôt moins que plus, car il ne faut pas exagérer, mais disons que je n'ai pas lu toutes les nouvelles avec le même intérêt. Certaines ont été même très ennuyeuses. J'ai plutôt apprécié les premières, un peu moins les suivantes (l'agent de change, le Gloria Scott, Le rituel de Reigate) et, ensuite, j'ai parfois décroché, jusqu'à la dernière que j'ai évidemment trouvée excellente. Elle est plus vivante que les autres, avec un enjeu plus dramatique (même si nous, on sait de quoi il retourne) et avec un vrai méchant à la hauteur de Sherlock.

En fait, là où le bats blesse dans ces nouvelles, c'est le principe de narration. En écrivant des mémoires, Watson raconte des faits qui se sont déjà déroulés des années avant et, même dans chaque histoire, il y a beaucoup de narration et peu d'action. Quelqu'un va raconter un incident ou un crime à Sherlock, qui va écouter bien gentiment, peut-être même se déplacer pour enquêter mais va vite résoudre l'affaire en un tour de main. C'est un peu ce que je reprochais déjà avec l'ouvrage précédent, avec les nouvelles, cela va très vite et sans véritable enjeu. Du coup, certaines histoires sont très très plates et perso cela m'a fait décrocher rapidement sur certaines.

En revanche, j'ai été ravie de retrouver le personnage de Sherlock Holmes. J'adore son esprit d'analyse, ses réparties et je l'ai trouvé moins méprisant envers les policiers, presque respectueux, même, ce qui est une grande première :) On aurait dit qu'on nous avait changé notre Sherlock.

Même si c'est le narrateur, j'ai trouvé Watson un peu en retrait. C'est vraiment le passeur de plat pour Sherlock. Après, oui j'aime le personnage qui est doux et gentil et j'aime son amitié avec Sherlock qui le respecte et l'estime vraiment.

On fait la connaissance de Mycroft, le frère de Sherlock et j'ai été étonnée de découvrir pratiquement un Sherlock bis. Ma vision du personnage est biaisée par la série anglaise où il est interprété par Mark Gatiss (et je ne parle même pas de la version rock'n roll jouée par Rhys Ifans dans Elementary) mais dans les livres, c'est un personnage encore plus sûr de lui que son frère.

Comme dans les livres précédents, j'ai beaucoup apprécié le style d'Arthur Conan Doyle. Cela a beau avoir été écrit il y a plus d'un siècle, cela se lit très facilement et agréablement en anglais. Et j'ai découvert que le titre de Mark Haddon, The Curious Case of the Dog During the Night Time (Le bizarre incident du chien pendant la nuit), provenait de la première nouvelle de ces mémoires. C'est une phrase prononcée par Sherlock et quand je l'ai lue, je me suis dit que ça me disait quelque chose :D). Il faut aussi savoir que la deuxième nouvelle, La boîte en carton, n'est pas toujours incluse dans Les mémoires. Elle ne faisait pas partie de l'édition anglaise d'origine, était incluse dans la première édition américaine mais plus dans les suivantes. Certaines éditions américaines l'ont mise dans le recueil "Son dernier coup d'archet". Les raisons pour ces censures c'est le sujet un peu scabreux de la nouvelle pour l'époque.

En conclusion, si j'ai apprécié retrouver Sherlock Holmes et son acolyte, John Watson, ces nouvelles sous forme de mémoires ne m'ont pas toujours bien intéressées. J'ai bien sûr adoré la dernière et d'autres m'ont plu mais j'en ai trouvé pas mal ennuyeuses ou sans grand intérêt. La faute à un manque d'interaction du génial détective et le fait que les histoires étaient plus racontées que vraiment vécues. Mais cela ne m'empêchera pas de continuer à retrouver Sherlock et Watson régulièrement et sans attendre 3 ans comme ce fut le cas entre ce recueil et le précédent.

Note :



Le roman fait partie du Challenge Read in English 2018-2019 
que j'organise
22

du Challenge Polars et Thrillers 2019-2020 de Sharon
2

et du Challenge Un genre par mois d'Iluze
septembre : Nouvelles, Novella
9/12

04 janvier 2019

La Belle et la Bête de Jean Cocteau

avec Josette Day, Jean Marais, Marcel André, Michel Auclair

Résumé :
Pour faire plaisir à sa fille, Belle, son père cueille une rose dans un jardin pour la lui ramener. Mais la créature qui vit dans les lieux s'en offusque et exige que le père revienne pour se sacrifier. Mais Belle prend la place de son père et une étrange relation se noue entre la jeune femme et la Bête...




Mon avis :
Je n'avais encore jamais vu ce classique du cinéma français, qualifié de chef-d'oeuvre par bien des gens. J'ai vu du cinéma classique dans ma jeunesse, du Cocteau même, mais depuis ce n'est pas le cinéma qui m'attire vraiment. Mais, arrivée à trois films de la fin du mini challenge Fantastique de Seriebox, je ne me suis dit que c'était enfin l'occasion de le découvrir. Et si je n'ai pas passé un mauvais moment, car le film a beaucoup de qualités, il y a quand même certains aspects du film qui m'ont fait soupirer, notamment les scènes entre Belle et la Bête, ce qui est un comble puisque le film porte sur eux :D

Au début, je me suis dit que j'allais vraiment aimer ce film. Le générique est très sympa, on y voit Cocteau écrire les noms du générique sur un tableau noir, ce que j'ai trouvé ingénieux et j'ai beaucoup aimé les scènes du début, lorsqu'on fait connaissance de Belle, de son père, de ses soeurs odieuses, de son frère flambeur, du copain du frère, un bellâtre qui en pince pour Belle. C'était léger, primesautier, amusant et franchement pas mal. Bon pour tout vous dire, à un moment je me suis cru dans une adaptation de Cendrillon et non pas de la Belle et la Bête. Belle est le souffre-douleur de ses soeurs qui n'ont rien à envier celles de Cendrillon en matière de sarcasmes et vanité.

Bon bref, là où ça s'est gâté c'est lorsqu'on a eu droit au huis clos entre Belle et la Bête, la naissance de leur relation, qui s'apparente plus à du harcèlement qu'autre chose, même si les manières sont de mise, et surtout que c'était emphatique et théâtral ! La bête n'arrête pas de déclamer d'un ton pesant "je suis "LA Bêêête", Belle prend des poses appuyées pour montrer qu'elle est effrayée, inquiète, troublée, bref on ne sait pas trop et c'est tellement exagéré que cela en est gênant et même risible. Quant à la fin, elle ne m'a fait ni chaud ni froid, ni touchée.

Parallèlement, il y a toute l'histoire de la famille de Belle, leurs déboires financiers, ce pauvre père qui fait de son mieux et ne reçoit que des quolibets ou de la désinvolture de la part de ses enfants et proches (sauf la parfaite Belle bien sûr). Et franchement, ce sont les scènes que j'ai préférées car elles étaient plus naturelles.

Autrefois j'adorais Jean Marais, surtout dans ses films de cape et d'épée et Fantomas bien sûr mais j'ai vu également vu des classiques avec lui (L'éternel retour). Dans ce film, il joue un triple rôle, Avenant le soupirant de Belle, La Bêêête et le Prince. Et il les joue tous de différentes façons. Je l'ai dit je n'ai pas aimé son ton théâtral en bête, un ton cocteauien pourrait-on dire, alors qu'il ne l'a pas en Avenant.

Je suis beaucoup plus réservée sur Josette Day, que je ne connaissais pas. Déjà, je l'ai trouvée trop vieille pour le rôle. Elle a une trentaine d'année mais en 1946, c'était difficile de passer pour une jeune ingénue. Et puis son rôle de Belle est gnangnan, presque futile même alors qu'on veut nous faire croire le contraire, car elle aime se pavaner dans des belles robes et porte une couronne pour aller voir sa famille, on ne sait pas pourquoi. Disons que mon côté féministe du 21e siècle a vraiment eu du mal avec ce personnage et son actrice.

Je ne connaissais pas les autres acteurs à part Michel Auclair qui joue le rôle du frère.

Visuellement, le film de Cocteau est splendide, merveilleux et inventif. Les Disney sont passés par là donc les objets animés dans Belle et la Bête ne sont pas une nouveauté mais c'est très bien fait, angoissant à souhait. Le déguisement de la Bête fait un peu gros chat ou lion mais il est très beau. Et le film n'est pas ennuyeux, ça c'est une surprise car dès qu'on commence à soupirer lors des scènes entre Belle et la Bête, pouf on passe aux scènes chez le père de Belle et ça rythme le tout.

En conclusion, vous allez crier au scandale mais j'ai préféré de loin les deux versions Disney de La Belle et la Bête qui m'ont bien plus enchantée que cette version très théâtralisée par moments. J'ai aimé le film, j'ai surtout aimé le découvrir enfin et je l'ai trouvé très beau mais il ne faut pas se voiler la face, c'est surjoué et pas toujours très bien et c'est évidemment très vieillot. Mais il faut le voir au moins une fois et je suis ravie de l'avoir fait. Alors si vous aimez les vieux classiques français, et voulez découvrir cette version de La Belle et la Bête, regardez-le.

Note :



Vu en version originale française

Le film fait partie du Mini Challenge Fantastique
8/8
48/50

et du Film de la semaine 2018 de Benji
50/52

18 mars 2016

Les aventures de Sherlock Holmes d'Arthur Conan Doyle

Titre original : The Adventures of Sherlock Holmes

Résumé :
12 nouvelles mettant en scène le célèbre détective.







Mon avis :
En juillet 2012, j'avais enfin découvert Sherlock Holmes autrement que par la série télévisée anglaise (à l'époque, Elementary n'avait pas commencé) et les films de Guy Ritchie, avec les deux premiers romans écrits par Arthur Conan Doyle, Une étude en rouge et Le signe des quatre, lectures que j'avais beaucoup appréciées, davantage la première que la seconde. Et puis le temps est passé et je n'ai pas continué. Pour le Challenge Un genre par mois de ce mois-ci, il fallait lire un classique et je n'avais pas envie d'aller me plonger dans une lecture dont je n'avais pas forcément envie. C'est donc tout naturellement que je me suis tournée vers la suite de Sherlock, alliant le plaisir de le retrouver avec la consigne du mois. La lecture de ces 12 nouvelles s'est avérée plaisante même si je les ai trouvées un peu inégales.

Un scandale en Bohême (The Adeventure of A Scandal in Bohemia)
En 1888, Le roi de Bohême vient demander l'aide de Sherlock pour qu'il récupère une photographie compromettante auprès d'une jeune femme, Irène Adler, avec qui il a eu une relation et qui pourrait lui nuire alors qu'il est sur le point de se marier.

La ligue des rouquins (The Adventure of The Red-Headed League)
Mr Jabez Wilson, un homme roux, vient raconter à Sherlock et Watson, comment il a été engagé pour faire partie de La ligue des rouquins et pour recopier l'Encyclopédie. Mais l'on a mis fin à son engagement sans ménagement. Sherlock découvre que derrière cette affaire se cache un projet plus ambitieux de la part de celui qui l'a manigancé.

Une affaire d'identité (The Adeventure of A Case of Identity)
Une jeune femme myope vient voir Sherlock car elle devait se marier avec un homme qui l'a laissée tomber le jour du mariage

Le mystère du Val Boscombe (The Adventure of The Boscombe Valley Mystery)
Sherlock et Watson partent dans la campagne anglaise enquêter sur le meurtre d'un homme près d'un étang. Tout semble accuser son fils qui clame son innocence...

Les cinq pépins d'orange (The Adeventure of The Five Orange Pips)
Un jeune homme vient voir Sherlock car son père et son oncle sont morts après avoir reçu une enveloppe contenant 5 pépins de d'orange et signée K.K.K et qu'il vient d'en recevoir une à son tour et il craint pour sa vie.

L'homme à la lèvre tordue (The Adventure of the Man with the Twisted Lip)
Une jeune femme recherche son mari qu'elle a vu pour la dernière fois à la fenêtre d'une fumerie d'opium. Depuis, il a disparu et ses vêtements ont été retrouvés dans la Tamise. Le suspect est un clochard à la lèvre suturée.

L'escarboucle bleue (The Adventure of the Blue Carbucle)
Un policier est venue en aide à un homme attaqué par des malandrins. L'homme a laissé derrière lui un chapeau et une oie. Le policier vient demander de l'aide à Sherlock et quelle n'est pas leur surprise de trouver une pierre précieuse bleue en tuant l'oie.

Le ruban moucheté (The Adventure of the Speckled Band)
Une jeune fille vient voir Sherlock car elle craint pour sa vie. Il y a quelques années sa soeur est morte après avoir entendu un sifflement dans sa chambre et voilà qu'à son tour elle vient de l'entendre une nuit.

Le pouce de l'ingénieur (The Adventure of the Engineer's Thumb)
Un homme, ingénieur hydraulicien, vient trouver Watson, car il a été blessé et a perdu son pouce. Watson l'emmène chez Sherlock Holmes et l'homme raconte qu'il a été employé pour vérifier une presse mais que sa curiosité lui a valu les foudres de son employeur et il a échappé de peu à la mort, perdant son pouce dans l'affrontement.

Le gentleman célibataire (The Adventure of the Noble Bachelor)
Un riche gentleman vient voir Sherlock car sa femme a disparu juste après leurs noces. Il pense qu'elle a été assassinée par une ancienne conquête car sa robe de mariée a été retrouvée dans le lac de Hyde Park.

Le diadème de Beryls (The Adventure of the Beryl Coronet)
Un banquier vient trouver Holmes car un diadème inestimable lui a été confié mais trois pierres ont disparu et tout porte à croire que son fils est le coupable. Si Sherlock ne retrouve pas les pierres, sa réputation est perdue.

Les hêtres rouges (The Adventure of the Copper Beeches)
Une jeune gouvernante vient trouver Sherlock car elle a été employée par un couple à la campagne avec des conditions assez bizarres. La jeune femme a découvert une pièce fermée dans laquelle elle suppose qu'une personne est séquestrée. Elle vient demander l'aide de Sherlock et Watson pour démêler l'affaire.

Je ne suis pas hyper fan du genre nouvelles, je l'ai déjà dit à plusieurs reprises (même si c'est toujours un plaisir d'en lire certaines, comme celles d'Angéla Morelli), surtout quand il s'agit d'un recueil de nouvelles. En fait, la raison en est simple, je mets toujours un peu de temps pour entrer dans une lecture et, avec une nouvelle, il faut entrer tout de suite dedans, être au taquet pendant 20 à 30 pages et à peine est-on pris par l'histoire que pouf elle se termine et il faut recommencer le cycle. Pour Les aventures de Sherlock Holmes, j'ai dû entrer 12 fois dans une nouvelle histoire courte et ça a été un tout petit peu difficile à chaque fois :) Ceci dit, j'ai apprécié, dans l'ensemble, les histoires que l'auteur nous proposaient.

Je ne vais pas détailler ce que j'ai pensé de chaque nouvelle, Comme j'ai dit, globalement, je les ai trouvées plaisantes. Souvent peu surprenantes, il faut le reconnaître. Pas besoin d'être Sherlock pour deviner les tenants et aboutissants de certaines intrigues. Ce fut le cas pour La ligue des rouquins (j'avais deviné le coupable, pas son forfait), Le mystère du Val Boscombe (pas évidente pourtant à deviner) ou encore Les hêtres rouges.

Parmi ces 12 nouvelles, très peu comportent des meurtres. Il s'agit souvent d'affaires d'escroquerie, de vol, de coups bas, de mystification. Certaines sont assez légères et amusantes, la seul qui m'a assez ennuyée est celle de l'hydraulicien qui ne m'a pas intéressée.

Quand on lit toutes les nouvelles à la suite, difficile de ne pas avoir une impression de rengaine. Un personnage vient raconter son histoire à Sherlock, qui écoute poliment et qui semble trouver la solution avant même que le personnage en ait terminé. Même si le détective doit faire quelques recherches pour confirmer ses soupçons. Je schématise un peu, mais c'est globalement ce qu'il s'y passe. Du coup, on a l'impression que Sherlock n'a pas à forcer son talent (surtout que, comme je l'ai dit, on devine aussi, assez facilement) et ça manque un peu de panache.

Si je ne détaille pas mes impressions sur toutes les nouvelles, je vais quand même revenir sur la première, Un Scandale en Bohême, qui est intéressante à lire dans le sens où l'on fait enfin connaissance d'Irène Adler, l'un des rares (et la seule femme) personnages à avoir mis Sherlock en échec. Mais j'avoue avoir été un peu déçue. L'adaptation dans la série avec Cumberbatch est mon épisode préféré et Irène Adler est tellement devenue une icône de l'univers sherlockien que je m'attendais à être plus marquée par cette nouvelle. En fait, on voit à peine Irène et apparemment, on ne la reverra plus jamais. S'il n'y avait pas toute cette aura de mystère entourant le personnage depuis, pour moi, ça aurait été un personnage parmi tant d'autres. Ceci dit, la façon dont elle se joue de Sherlock est assez savoureuse.

Avec ces nouvelles, on retrouve Sherlock tel qu'en lui-même, intelligent, fin limier, sûr de lui et ayant un peu de mépris pour ses congénères qui semblent toujours à la traîne dès qu'il fait usage de ses talents. Même s'il est parfois agaçant, c'est un personnage que j'apprécie beaucoup. Ce que j'aime aussi c'est son amitié avec Watson. On sent que tout imbu de lui-même qu'il soit, il a besoin de son ami, qu'il le respecte (même s'il parfois, mais rarement, il le rabaisse un peu). Après, on peut se demander si ce n'est pas parce que l'admiration que Watson lui porte lui renvoie une image flatteuse mais j'ai quand même eu l'impression que Sherlock, à sa façon, aimait Watson et était attentif à ce qu'il pensait ou disait.

Watson, quant à lui, est un un gentil, un pondéré, qui équilibre bien le tourbillon qu'est Sherlock.

J'avais déjà dit que j'aimais beaucoup l'écriture d'Arthur Conan Doyle et ce fut encore le cas. Vraiment, c'est très agréable de suivre ses histoires, c'est assez facile à lire en anglais et ça coule tout seul.

En conclusion, 12 nouvelles intéressantes à lire, pas forcément passionnantes mais plaisantes à suivre, peu surprenantes et un peu superficielles cependant. Mais c'est toujours agréable de retrouver Sherlock dans ce qu'il sait faire de mieux, démêler des fils d'une histoire à partir de quelques indices. Et puis ce recueil est l'occasion de faire connaissance avec Irène Adler, même si j'ai été un peu déçue par cette rencontre, trop courte. Et si vous voulez savoir comment Sherlock et Watson résoudront les 12 affaires, lisez-le. Quant à moi, j'espère ne pas attendre encore 4 ans pour lire le prochain recueil (hé oui, encore un recueil de 12 nouvelles), Les mémoires de Sherlock Holmes. Mais j'ai ma petite idée de quand je le lirai, le thème de Un genre par mois de décembre étant "Nouvelle"... ;))

Note :



Ce recueil fait partie du Challenge Un genre par mois d'Iluze
ce mois-ci : Classique/Théâtre
3/12

du Challenge Read in English que j'ai repris
http://www.lesescapadesculturellesdefrankie.com/2015/09/challenge-read-in-english-2015-2016.html
17


ainsi que du Challenge Thriller et Polar repris cette année par Sharon
12

27 novembre 2015

Salammbô de Gustave Flaubert

Résumé :
Après la première guerre punique qui a vu la défaite de Carthage face à Rome, les mercenaires qui avaient aidé les Carthaginois se révoltent, furieux de ne pas avoir reçu leur solde. Au milieu, Salammbô, fille d'Hamilcar, Magistrat et général en chef de Carthage, et dont Mâtho, un des mercenaires, est tombé amoureux.





Mon avis :
Entre Flaubert et moi ça n'a jamais été le grand amour, simplement parce que j'avais dû lire Bouvard et Pecuchet pour le bac de français il y a 35 ans et que ça m'avait barbée (je l'avais d'ailleurs lu en diagonale, heureusement que je ne suis pas tombée dessus :D). Du coup, je n'avais jamais eu envie de relire ce monsieur (je n'ai jamais lu Madame Bovary). Mais lorsqu'il s'est agi de trouver un classique pour le Challenge Un genre par mois, je me suis dit que j'allais lire Salammbô qu'on avait à la maison et qui me parlait pour des raisons que je vous expliquerai plus loin. Ce roman m'a laissée une impression très mitigée. J'ai beaucoup aimé le style, très flamboyant et rythmé, en revanche, l'histoire ne m'a pas convaincue, lassée par le trop grand nombre de batailles qu'on y trouve...

À Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar, les mercenaires employés par les carthaginois lors de la première guerre punique contre Rome, fêtent la fin de la guerre. Mais lassés des promesses non tenues de la ville, ils ravagent la propriété et Salammbô la fille d'Hamilcar vient s'interposer. Les mercenaires quittent la ville et lui déclarent la guerre pour récupérer ce qui leur est dû. Parmi eux, Mâtho, un des mercenaires, qui est tombé amoureux de Salammbô et qui veut gagner le coeur de la jeune fille, Spendius, un ancien esclave qui veut se venger de Carthage et Narr'Havas, un des chefs Numides.

L'incipit de ce roman est bien évidemment très célèbre, ce "C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar" qui fait rêver avant même d'ouvrir le livre et qui m'a fait rêver pendant longtemps et encore plus depuis 5 ans puisque je vis exactement là où se déroule cet incipit, l'ancienne Mégara étant l'actuelle La Marsa (et aussi Si bou Saïd) où je vis, à 5 minutes de la colline de Byrsa et des citernes dont il est question dans le roman. C'est pour cela que j'avais très envie de lire ce roman depuis longtemps :) Et c'est dire si les lieux me parlent :)

L'incipit promettait donc beaucoup et effectivement, le début est très alléchant et donne à penser que l'on va avoir une histoire sensuelle et mystérieuse (et certains, d'après quelques avis que j'ai lus l'ont vue comme cela), autour de Salammbô, avec complots et vengeance. Alors certes, il y a de ça mais l'histoire porte surtout et essentiellement sur les batailles entre Carthage et les Mercenaires. Des combats incessants, lassants, qui ont vraiment fini par émousser mon intérêt. Sur 15 chapitres, il y en a peut-être 10, voire plus, sur l'affrontement de ces deux parties, et quand ce n'est pas Carthage qui gagne, ce sont les mercenaires et vice-versa et ça n'en finit pas ! Je dois dire que j'ai fini par survoler certains passages décrivant ces combats car je n'en pouvais plus !

Cela m'a d'ailleurs rappelé un peu Othello auquel j'avais fait les mêmes reproches (et que je n'avais nettement pas aimé, pour le coup).

Et Salammbô, me direz-vous ? Hé bien elle n'est pas très présente. Flaubert la fait apparaître de temps en temps, histoire de justifier le fait que le roman porte son nom et non pas "Guerres sans fin entre Carthaginois et mercenaires" ;) et en fait une sorte d'archétype du fantasme de tous ces auteurs rêvant d'orientalisme, à la fois femme fatale et vierge inaccessible, objet de convoitise pour ceux qui la croisent mais ne peuvent l'adorer que de loin et évidemment celle par qui la guerre arrive ou presque ou qu'on aime accuser de l'avoir provoqué. Pour ma part, je l'ai trouvée très clichée et peu consistante mais encore une fois, c'est la faute de la vision que l'auteur avait certainement pour ce genre de femmes. J'ai lu quelque part que Flaubert s'était inspiré de Didon, la fondatrice de Carthage (et divinisée sous les traits de Tanit dont il est question dans le roman). Mouais, je ne suis pas convaincue, Salammbô me paraît bien fade en comparaison.

Parmi les autres personnages "remarquables" du roman, il y a Hamilcar, personnage fictif également et inspiré du fameux Hannibal (pas le cannibale ;)), Mathô, le leader des mercenaires, Spendius, l'esclave, qui m'a fait penser au retors Iago d'Othello pour sa propension à fomenter des complots dans l'ombre et Narr'Havas, un des chefs Numides qui retourne sa veste plusieurs fois au cours du roman, si bien que je n'ai plus su à qui allait son allégeance. Aucun de ces personnages ne m'ont vraiment convaincue, les trouvant trop caricaturaux.

En revanche, ce qui m'a énormément plu dans le roman, c'est le style de Flaubert. Pas au point d'être enthousiasmée par l'histoire mais vraiment, j'ai beaucoup aimé sa façon d'écrire. C'est un style dynamique, virevoltant même, très détaillé (il adore faire des énumérations d'objets ou de peuples), très vivant et visuel. Quand on lit ses descriptions, on plonge en plein dans ce Carthage aux milles odeurs et couleurs et franchement, si l'histoire m'avait davantage accrochée, j'aurais adoré.

En conclusion, je suis très contente d'avoir lu ce roman que je voulais découvrir depuis longtemps même s'il ne m'a pas entièrement convaincue du fait qu'il parle trop de batailles et les détaille à l'envi et que la Salammbô du titre n'est qu'un personnage accessoire. Mais le style de Flaubert m'a emportée et rien que pour cela, il vaut le coup d'être lu.

Note :



Ce livre fait partie du Challenge Un genre par mois de Nathalie
Ce mois-ci : Classique ou Théâtre
11/12

30 décembre 2014

Bérénice de Jean Racine

Résumé :
Titus, devenu empereur de Rome, doit, pour des raisons d'état, se résoudre à se séparer de sa maîtresse depuis cinq ans, Bérénice, reine de Palestine.







Mon avis :
Il n'était pas prévu que je lise cette pièce de théâtre mais en regardant où j'en étais dans mon Baby Challenge Théâtre, je me suis aperçue qu'il ne me restait qu'un livre à lire pour avoir la médaille d'argent. Du coup, j'ai cherché ce que je pourrais lire dans la liste. Mon choix s'était d'abord porté sur Hernani de Victor Hugo mais ayant déjà lu Ruy Blas il y a deux mois, j'ai préféré me tourner vers ce Bérénice, étant donné que je n'avais jamais lu de pièces de Racine. Et j'ai plutôt apprécié cette courte pièce dramatique.

Titus vient de devenir empereur à la mort de son père, Vespasien. Amoureux depuis cinq ans de Bérénice, reine de Palestine, il doit pourtant se résoudre à choisir la raison d'état qui lui interdit de se marier avec une étrangère et à s'en séparer...

Comme je l'ai dit plus haut, c'est une pièce assez courte et surtout rapide à lire. Les préfaces et postfaces (intéressantes) sont presque plus longues à parcourir ! :) Contrairement aux oeuvres de théâtre que j'ai pu lire récemment, si on est toujours dans la tragédie, cela ne se termine pas en bain de sang, ce qui est une heureuse surprise :) On est dans la "banale" histoire d'un couple qui s'aime mais qui doit se séparer parce que monsieur préfère le pouvoir à la femme de sa vie. C'est dire si Racine a bâti son histoire sur pas grand chose et pourtant, à partir de ce pas grand chose, il nous donne 5 actes intéressants.

Si cette pièce s'inspire de la vie de Titus et Bérénice, personnages réels, elle est aussi ancrée dans son époque. Jouée en 1670, à l'époque de Louis XIV, elle pourrait raconter l'histoire de ce jeune roi qui dut renoncer au premier grand amour de sa vie, Marie Mancini, nièce de Mazarin, exilée comme une malpropre, car il était inconcevable que le jeune roi fasse une mésalliance.

Pour en revenir à la pièce, c'est "marrant" parce que bien avant l'heure (l'idée date du XXe siècle), il décrit les 5 étapes du deuil (ici celui de l'amour que se porte le couple). Déni de la part de Bérénice, qui pense même au début que Titus va la demander en mariage, sa colère, son marchandage éventuel, sa dépression (elle envisage de mourir) et son acceptation finale.

Bérénice ne m'a pas plu d'emblée. Elle est trop amoureuse pour être lucide et du coup, elle paraît faible. Mais sur la fin, elle a gagné mon estime en renvoyant Titus dans les cordes et en prenant sa destinée en main.

Je n'ai pas aimé Titus. Pour moi c'est un être faible et lâche. Pendant une grande partie de la pièce, il tergiverse, ayant pris sa décision sans la prendre, cherchant à ménager la chèvre et le chou et au lieu d'annoncer la nouvelle lui-même à sa dulcinée, que fait-il ? Il envoie un ami commun, Antiochius lui aussi amoureux de Bérénice, annoncer la nouvelle. Sympa le type ! De nos jours, ce serait le genre envoyer un sms pour casser ! :) Je plaisante mais il agit vraiment comme un malpropre !

Il y a peu d'autres personnages dans la pièce, et c'est très bien car on ne s'y perd pas trop. Il y a donc Antiochius dont j'ai vaguement parlé et sur lequel je n'ai pas grand chose d'autre à dire et des confidents aux uns et aux autres.

La pièce est écrite en alexandrins et j'ai déjà eu l'occasion de le dire quand j'ai chroniqué Ruy Blas, c'est vraiment ce que j'aime quand je lis du théâtre, la musique que donne cette écriture à l'ensemble. Il faut parfois faire preuve d'attention quand on lit ce genre car ce n'est pas toujours évident mais ça me plaît. L'auteur respecte les règle d'unité de lieu, de temps et d'intrigue et on reste dans celle de la bienséance puisqu'il n'y a pas de coup d'éclat sanglant.

En conclusion, je n'ai pas grand chose à dire sur cette pièce agréable à lire qui m'a bien plu. Si vous voulez une analyse plus profonde, lisez les préfaces, les notes après chaque acte et la postface qui permettent de bien appréhender l'histoire et son contexte. Et si vous voulez savoir si Titus finira par prendre son courage à deux mains et à annoncer à Bérénice qu'il préfère le pouvoir à son amour, lisez cette pièce.

Note :

La pièce fait partie du Baby Challenge Théâtre de Livraddict
16/20
(12+4 jokers)

du Baby Challenge Classique 
21/20
(17 + 4 jokers)

09 décembre 2014

Othello de William Shakespeare

Résumé :
L'histoire tragique d'Othello et de Desdémone, le premier rendu fou de jalousie envers la seconde à cause des manigances du fourbe Iago...







Mon avis :
Après Hamlet il y a trois ans et Macbeth il y en deux, j'ai décidé cette année de m'atteler à cette autre pièce de Shakespeare car elle faisait partie des Challenges Livraddict. Et décidément je n'ai pas de chance avec cet auteur car si j'avais plutôt aimé Hamlet il n'en avait pas été de même pour Macbeth et ce fut encore le cas pour Othello que je n'ai vraiment pas apprécié du tout !

Othello est un général Maure dans l'armée de Venise. Ayant bafoué l'honneur de Brabantio en ayant enlevé puis épousé sa fille Desdémone, il s'attire également l'inimitié de Roderigo, un jeune homme riche, furieux car lui-même était amoureux de la jeune femme. Roderigo s'allie alors avec Iago, l'enseigne d'Othello, jaloux de s'être fait préférer un jeune blanc bec, Cassio, pour une promotion. Iago sape la confiance d'Othello envers sa femme en lui faisant croire qu'elle lui est infidèle avec Cassio, ce qui rend le général Maure fou de jalousie...

Je pense que je pourrais reprendre ma chronique de Macbeth pratiquement mot pour mot pour vous expliquer pourquoi  je n'ai pas accroché à ce livre. Cependant, ici il est moins question de pouvoir et de complots visant à l'acquérir que d'amour, d'envie et de jalousie qui forme la trame de cette pièce tragique. Mais au final, le résultat est le même, ces deux pièces m'ont laissée de marbre.

Pour Othello, il faut dire aussi qu'une grosse première moitié parle quand même politique et stratégies militaires et j'ai trouvé cela assez inintéressant. Aussi quand on est entré véritablement dans le vif du sujet, c'est à dire les manigances de Iago pour perdre Desdémone aux yeux de son mari, je n'étais plus vraiment dedans. La tragédie d'Othello et Desdémone ne m'a pas plus touchée que ça, j'ai trouvé que c'était très excessif et j'ai eu du mal à comprendre comment ça pouvait tourner aussi mal pour un simple mouchoir (Iago fait croire à Othello que sa femme a donné un mouchoir à Cassio et que c'était la preuve de son infidélité. En fait le mouchoir était tombé et Iago, par l'intermédiaire de sa femme, s'est arrangé pour que Cassio soit en possession dudit mouchoir). D'accord on est dans le drame, et la jalousie peut rendre fou mais du haut de mon XXIe siècle l'attitude d'Othello puis celle de sa femme (très passive) m'ont laissée assez froide. Othello prend pour argent comptant ce que Iago lui dit, sans discernement, et plutôt que de communiquer (essentiel dans un couple, non ? ;)) il préfère régler la situation par les armes.

Vous allez me dire "mais ma pauvre Frankie, tu n'as vraiment rien compris !" Si, j'ai compris, c'est juste qu'après 3 pièces de Shakespeare en 2 ans, je me rends compte que ce n'est pas ma tasse de thé (anglais of course). Je trouve ses drames trop excessifs, exaltés et ça ne me touche pas (il faudrait que je relise Roméo et Juliette qui m'avait tant plu quand j'étais plus jeune pour voir si ça vient des pièces elles-mêmes ou de moi qui ai changé). J'en parlais dans ma chronique de Ruy Blas, je préfère cette dernière et Cyrano de Bergerac, qui sont aussi dramatiques mais dont le style chante à mon oreille, à ces tragédies pesantes. Et je ne sais pas si cela vient de la traduction ou de l'écriture de Shakespeare elle-même mais là aussi j'ai trouvé que c'était souvent lourd, parfois un peu confus, avec des dialogues et des monologues longs.

Il va sans dire que je n'ai pas été touchée par les personnages. Othello est assez intéressant de prime abord, du fait qu'il ne soit pas vénitien et ait réussi à grimper dans la hiérarchie militaire vénitienne en dépit de sa peau foncée, ce que ses détracteurs ne manquent pas de souligner : je n'ai pas compté le nombre de fois où ses ceux-ci (voire ses alliés) l'appellent le Maure au lieu d'Othello en parlant de lui mais on sent le racisme sous le vernis. Là où il m'a moins plu bien sûr c'est dans son histoire d'amour où je l'ai trouvé extrêmement macho (l'époque veut ça bien sûr).

Quant à Desdémone, elle est passive comme je l'ai dit et finalement on la voit peu donc difficile de me faire une idée plus précise de ce personnage.

Iago (ça me fait toujours penser au perroquet dans Aladin quand j'entends ce nom ! Oui bon on a les références qu'on peut, hein ! :D) lui est le méchant par excellence, c'est presque lui le personnage central, bien plus qu'Othello car c'est lui qui orchestre tout ce qui mènera à la tragédie.

En conclusion, rien de plus à dire sur cette pièce qui ne m'a pas plu du tout, du coup, ma chronique s'en ressent... Je crois que comme beaucoup de pièces, il vaudrait mieux la voir que la lire... En tout cas, si vous voulez connaître les conséquences des manigances de Iago et découvrir comment Othello réagira face à ses insinuations, lisez-la !

Note :



Ce roman fait partie du Big Challenge 2014 de Livraddict

13/14

du Baby Challenge Théâtre de Livraddict
15/20
(11+4 jokers)

du Baby Challenge Classique de Livraddict
20/20
(16 + 4 jokers)
médaille d'or !
Et du Challenge God Save the Livre d'Antoni
12/5

14 novembre 2014

Ruy Blas de Victor Hugo

Résumé :
Don Salluste, exilé par la reine d'Espagne pour avoir mis enceinte une de ses suivantes et refusé de l'épouser, cherche à se venger. C'est Ruy Blas, son valet, qui, à cause de son amour pour la souveraine, va être l'instrument involontaire de cette vengeance.





Mon avis :
Je connaissais les romans de Victor Hugo (du moins Les Misérables et Notre-Dame de Paris), un peu sa poésie mais je n'avais jamais eu l'occasion de lire une de ses pièces de théâtre. Cela faisait longtemps que j'avais envie de lire Ruy Blas, d'autant plus qu'il revient régulièrement dans les challenges Livraddict. Et puis je voulais voir comment Gérard Oury avait réussi à faire un film très amusant, voire un vaudeville (souvenez-vous La folie des grandeurs, Louis de Funès, Yves Montand, Alice Sapritch en duègne, le "Il est l'or, il est huit or" :D) de ce drame. Alors cette année, je l'ai inscrite à mon challenge ABC et j'avoue avoir beaucoup aimé cette pièce, presque trop courte.

L'ignoble Don Salluste ourdit sa vengeance. Il va être exilé de la cour par la Reine, pour avoir mis enceinte une de ses suivantes et avoir refusé de l'épouser. Il propose à son cousin, Don César, de l'aider mais ce dernier refuse. Qu'à cela ne tienne, il vend César aux Barbaresques et fait passer son propre valet, Ruy Blas, jeune homme naïf, pour son cousin. Ruy Blas, amoureux transi de la reine, va sans le savoir être l'instrument de la vengeance de Salluste.

Ruy Blas c'est un peu Game of Thrones à la cour des Grands d'Espagne. Comme dans bons nombres de ce genre d'histoires, il s'agit avant tout d'une histoire de pouvoir, de vengeance et sa cohorte de magouilles et complots. "Au jeu des trônes, tu gagnes ou tu meurs, il n'y a pas de juste milieu" disait Cersei Lannister dans l'intégrale 1 de la saga de Martin (oui on a les références qu'on peut ! ^^) s'avère ici une réalité.  Tous ces grands d'Espagne complotent les uns contre les autres, à commencer par Don Salluste. Les gentils, eux, font peu le poids face à son machiavélisme.

Je ne vais pas vous faire une analyse approfondie de la pièce, d'autres l'ont fait avant moi et tellement mieux et je ne m'en sens pas capable. Je dirai juste que j'ai pris beaucoup de plaisir à la lire, que j'ai trouvé l'histoire intéressante, même si j'ai trouvé parfois le contexte social et politique un peu complexe et brouillon. On comprend qu'à travers la cour d'Espagne, Hugo s'en prend au gouvernement de son époque mais n'étant férue ni de l'une ni de l'autre, ça m'est passé un peu au-dessus.

Ruy Blas c'est le représentant du petit peuple, leur voix. Quand il est en Don César et qu'il acquiert notoriété et pouvoir, c'est à travers ses monologues qu'il le défend. Et des loooongs monologues il y en a ! Pas inintéressants, non, mais très longs. J'ai pensé à tous ses acteurs qui avaient joué ce rôle et dû apprendre toutes ces lignes, et je leur ai tiré mon chapeau ! Car c'est un autre exercice que la tirade du nez de Cyrano ! Ruy Blas est attachant, naïf puisqu'il ne se rend pas compte qu'il est utilisé par Salluste et ne voit dans son changement de situation qu'un moyen d'atteindre la reine et de s'en faire aimer. J'ai beaucoup aimé ce personnage.

Don Salluste, lui, est un vrai méchant, un fourbe sans foi ni loi et sans principe si ce n'est celui de parvenir à ses fins. Tout au long de ma lecture, j'ai imaginé les traits de De Funès dans ce rôle et trouvé qu'il lui allait comme un gant (non pas que De Funès fut un fourbe mais il les jouait à merveille).

Don César, le cousin de Salluste, est un personnage sympathique qui apporte un peu de légèreté à ce drame. Il m'a bien plu.

La reine m'a beaucoup touchée. On ne peut que plaindre cette jeune femme étrangère (elle est allemande) exilée dans une cour rigide, surveillée par des duègnes qui planifie ses moindres mouvements et dotée d'un mari qui préfère la chasse à la couche royale. On comprend qu'elle ait envie de succomber à un jeune homme qui la regarde différemment et lui parle avec amour...

J'ai beaucoup aimé l'écriture de Victor Hugo. Ici il écrit en vers et en alexandrins qui plus est. C'est peut-être rebutant pour certains et il faut effectivement parfois s'accrocher mais j'aime la musique qu'apporte ce genre d'exercice. J'ai été assez étonnée de la légèreté de la pièce. Je veux dire par là que c'est un drame, romantique, triste, et pourtant, ce n'est jamais pesant et on rit même souvent. C'est peut-être cela qui fait "passer" aussi bien l'ensemble.
La version que j'ai lue ne comportait pas que cette pièce mais une préface de Victor Hugo sur ses motivations à l'avoir écrite (mais cette préface existe dans toutes les éditions), ma fois très intéressante.

En conclusion, je n'ai pas grand chose de plus à dire si ce n'est que j'ai beaucoup aimé découvrir cette pièce célèbre et suivre les manigances de Don Salluste et les tentatives de Ruy Blas pour se faire aimer de la reine. Je dois dire qu'après Cyrano de Bergerac et cette pièce, j'apprécie ce genre de théâtre français. Si je le compare aux dernières pièces de Shakespeare que j'ai lues ces dernières années, je préfère de loin la tonalité française (et j'aurai l'occasion bientôt de le vérifier puisque je vais lire Othello du dramaturge anglais). Enfin bref, si vous souhaitez savoir si Don Salluste parviendra à ses fins, si Ruy Blas gagnera l'amour de la reine ou si, puisque c'est un drame, tout se finira mal, lisez cette pièce !

Note :



Cette pièce fait partie du Baby Challenge Théâtre de Livraddict
14/20
(10+4 jokers)

et du Challenge ABC 2014 de Nanet
25/26

Et il fait aussi partie du Challenge Un genre par mois d'Iluze
ce mois-ci : Classique ou Théâtre (j'ai cumulé les deux ! :))
11/12