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Si c'est un homme de Primo Levi

Posté par Frankie le 1 octobre 2011 à 12:19 - Catégorie : , , , ,
Titre original : Se Questo È un Uomo

Résumé :
Primo Levi, chimiste italien et juif, a 24 ans quand en décembre 1943, il est arrêté et déporté dans un des camps à Auschwitz. Il nous raconte ses 18 mois de détention entre faim, humiliation, maladie et sans savoir s'il sera encore vivant le lendemain.




Mon avis :
Je devais déjà lire ce livre l'an dernier pour le Big Challenge Livraddict 2010 et je n'avais pas eu le temps. je l'ai donc acheté cette année et j'ai profité d'une lecture commune sur ce titre pour le lire enfin. Je dois dire que je ne sais pas très bien comment je vais tourner ma chronique. Je risque de passer pour une vieille insensible...

Primo Levi est italien, chimiste et juif et il a 24 ans quand il est arrêté et déporté dans un camp à Auschwitz.Il va vivre l'horreur pendant des mois, les privations, la faim, les combines, la maladie, la cruauté et enfin la libération alors que tous sont à deux doigts de la mort...

C'est toujours délicat de parler de ce genre de livres, surtout quand on n'a pas aimé... La Shoah est tellement un sujet délicat qu'on risque de passer pour une sans-coeur si on dit qu'on s'est ennuyée à lire le témoignage d'un homme qui a été plongé dans l'horreur pendant des mois. Et pourtant, c'est bien ce qui s'est passé pour moi, pour ce livre. Je me suis ennuyée, j'ai trouvé ça long, sans émotions, je suis restée sur le bord de la route, un peu comme ce que j'avais ressenti quand j'avais lu le Liseur. J'ai même failli abandonner tellement je baillais et que toutes les 3 pages, mon esprit pensait à autre chose et je devais relire les deux dernières pages !

Je tiens cependant à mettre les choses au clair, il faut lire des livres comme celui-ci. C'est un devoir de mémoire et l'homme ayant tendance à oublier tout ce qui a plus de 10 ans, il faut encore et encore parler de l'Holocauste, dénoncer la folie des hommes, leur cruauté et espérer qu'un jour, ils ne refassent pas les mêmes erreurs.

Je n'ai pas aimé mais ça ne veut pas dire que je déconseille sa lecture. C'est le premier témoignage direct que je lis sur la vie dans les camps, qui ne soit pas un roman et qui vient directement du vécu d'un homme. C'est donc une lecture essentielle qu'il serait dommage de louper parce que mamie Frankie a baillé !

Mes copinautes m'avaient dit que c'était un livre poignant, émouvant, déchirant, je n'ai rien ressenti de tout cela ! Je me suis posé la question du pourquoi. Pourquoi est-ce que je passais à côté de ce livre, pourquoi pour moi, c'était plat et sans émotions et que j'avais l'impression que Primo Levi nous racontait ce pan de sa vie de façon très détachée ? J'ai pensé alors que ce détachement de façade de sa part était une façon pour l'auteur de pouvoir justement raconter l'horreur de ce qu'il avait vécu, comme si ça arrivait à quelqu'un d'autre finalement et donc je n'ai pas su voir au-delà et j'ai eu plus d'empathie pour l'écrit que pour l'histoire qui est effectivement poignante et déchirante. Et la fin est très abrupte, tellement qu'on dit "ah bon ?"

Faut dire aussi que c'est noyé sous les noms de personnes qui font partie du camp, des termes allemands, sur la vie quotidienne dans un camp. C'est intéressant bien sûr mais pas franchement "page-turner" !
J'ai de loin préféré la postface (enfin pas tout !) et j'ai trouvé bien plus émouvant quand il donne des nouvelles de ses compagnons d'infortune, par exemple.

Concernant le style, je l'ai dit, c'est raconté de façon assez clinique et détachée avec parfois des phrases plus poétiques. Je n'ai pas grand chose à dire de plus. C'est un témoignage, l'auteur raconte des faits.

En conclusion, un livre essentiel mais qui ne m'a pas convaincue et qui m'a fait bailler tout au long de sa lecture. Et si vous voulez savoir comment on peut survivre dans un camp quand on ne garde qu'un infime espoir de s'en sortir, lisez-le.

Note :



Je tiens à préciser que la note que je mets sur ce livre n'est pas contre le livre, loin de là, c'est juste moi qui n'ai pas apprécié.

C'est une lecture commune organisée par Aspare avec Kactusss, Rose, Sisol, Anasthassia, Flof13, Cléclé, Gentiane, Dingue-de-livres, Kincaid40, Hidile, Hanaelle, (Melisende).


Ce livre fait partie du Big Challenge Livraddict 2011
9/12

Il fait partie aussi du Challenge 26 livres - 26 auteurs de Nanet
9/26


19 Comments


J'avoue que j'ai aussi beaucoup aimé la postface, mais aussi parce qu'il analysait ce qu'il s'était passé, et recoupait son expérience avec les informations extérieures... Dommage que tu sois autant restée en dehors!


Un livre que j'aimerai beaucoup lire pour parfaire ma culture des classiques

Gentiane a écrit :

J'ai eu l'impression que ce n'était plus le même homme entre le récit et l'appendice à la fin. Trop difficile à raconter je pense. Il était selon moi contraint de se couper de ses émotions pour réussir à décrire ce qu'il avait vécu. Cette absence d'émotion apparemment nous l'avons tous ressenti, c'est pour cela que j'ai trouvé Primo Lévi un peu "raide". J'ai préféré l'appendice mais comme tu le dis justement, c'est un témoignage essentiel.


@Roz, oui dommage ! Et pour la postface, ça amène un peu d'humanité au reste/

@Freelfe, je pense qu'il faut le lire.

@Gentiane, je suis tout à fait d'accord avec toi.

Merci pour vos commentaires !


Ta chronique m'intéresse puisque je lis ce livre en cours d'italien, en VO donc. Pour l'instant je n'ai lu que le poème au début du livre et j'ai bien aimé... Je comprend parfaitement que tu n'ai pas aimé, j'ai vécu la même chose avec Le Pianiste, qui est aussi une oeuvre dans le genre. Enfin bon on peut pas tout aimer ^^


Ah en VO ça doit être intéressant. Sinon c'est sûr et heureusement qu'on ne ressent pas les mêmes choses sur les livres.
Merci pour ton commentaire.


Un roman que j'ai étudié pour mon bac et qui m'a profondément marquée et émue. J'ai eu froid tout au long de ma lecture, par empathie ou identification sûrement...


L'empathie n'a pas vraiment marché avec moi mais je comprends tout à fait qu'il bouleverse.
Merci pour ton commentaire !


Je n'ai pas non plus aimé ce livre. J'avais d'ailleurs eu beaucoup de mal à avancer dans ma lecture.


J'avoue que j'ai du mal à croire à ton "il faut lire ce livre" quand tu dis que tu as baillé toutes les 2 pages, que tu t'es ennuyée et que ce livre était écrit avec un certain détachement et trop de noms...
Attention, je ne dis pas que tu n'est pas franche quand tu dis qu'il faut lire ce genre de livres, et je suis d'accord avec toi, mais bon pour celui là, il faut quand même l'avouer, tu ne donnes pas très envie...
Moi je n'avais pas trop aimé "la vague" et pour le coup je pense qu'il y a des meilleurs livres sur le sujet, à lire...

Je le lirai bien sûr quand même, car la shoah est un sujet qui me touche énormément et que je l'ai dans ma PAL depuis une éternité, mais bon c'est sûr que ton avis ne me donne pas envie de me jeter dessus...


@Sara, je suis contente de voir quelqu'un de mon avis.

@Cess, c'est très ambivalent en fait. Je reconnais le devoir de mémoire, le fait qu'il faille des livres comme ça mais c'est moi qui n'ai pas suivi. Après comme tu peux le voir, beaucoup ont aimé et ont été touchés.

Merci pour vos commentaires.


Nous avons eu les mêmes ressentis concernant cette lecture...


Ah, ça me rassure ! Je me sentais un peu seule... Merci pour ton commentaire !


Un livre vraiment bouleversant. Par contre je suis assez étonnée que la mort ne soit pas plus présente...


Ça ne m'a pas marquée plus que ça mais maintenant que tu le dis, effectivement...
Merci pour ton commentaire !


Ce n'est pas parce que ce livre ne t'as pas convaincu que tu es insensible. Moi, par contre ce livre m'a bouleversé.


C'est ce que j'essaie de faire comprendre mais apparemment, mon message ne passe pas pour tout le monde. Merci pour ton commentaire, Clem !


C'est pour ma part un des livres les plus bouleversants que j'ai lus. Mais je comprends aussi l'effet qu'il a pu produire sur toi. En particulier à cause de cette distance que met l'auteur quand il nous décrit l'horreur de ses conditions de vie. D'ailleurs, même moi, je suis restée assez "neutre" (enfin si on peut dire) à la lecture de ces passages. En fait, c'est à la fin, lorsqu'il se retrouve à l'infirmerie et retrouve un semblant d'humanité que je me suis retrouvée incapable de contenir mes larmes.


C'est vrai qu'il y a plus d'émotion dans la fin. Merci pour ton passage et ton commentaire, Méloë.

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