Affichage des articles dont le libellé est Challenge Livraddict 2010. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Challenge Livraddict 2010. Afficher tous les articles

08 mars 2011

Blanche-Neige et les lance-missiles, Quand les dieux buvaient, tome 1 de Catherine Dufour

Résumé :
Vous croyiez tout savoir sur notre monde ? Le Big Bang, le Paradis, l'Enfer, les contes de fées ? Mettez vos idées préconçues à la poubelle car la terre est plate, Dieu et Diable passent leur temps à picoler, les princesses de conte de fée sont stoned la moitié du temps et Blanche-Neige n'est qu'une affreuse dictatrice ! Quant aux fées, je ne vous en parle même pas ! Pendant ce temps-là, le jeune Bill Guette fomente un plan maléfique pour s'emparer du monde...


Mon avis :
Attention ce livre est un véritable OVNI ! Une espèce de fatras sans queue ni tête de prime abord, qui laisse au mieux perplexe ou déconcerté, au pire abasourdi devant tant de nullité. Je dois dire que je fais partie des rares premiers que ce livre a laissé déconcertée mais qui a eu envie de continuer sa lecture après la fin de la première partie.

Car ce livre réunit en fait deux parties qui furent publiées séparément à l'origine. La première partie parlant des dieux et des personnages des contes il y a bien bien longtemps et la deuxième se passant maintenant (enfin, en l'an 2000) avec internet et l'informatique en toile de fond et n'ayant à priori rien à voir avec la première. Je dis bien à priori...

Il y a très très très longtemps, la terre était plate, Dieu s'occupait du Paradis et Le Diable de l'Enfer, le Purgatoire recueillait ceux dont personne ne voulait et sur terre, humains, fées, trolls, nains etc... cohabitaient joyeusement... ou pas ! Or voilà que Blanche-Neige, devenue une horrible dictatrice despote et mesquine veut envahir les régions du Sude, tandis qu'au Purgatoire, Bill Guette, un gamin de 15 ans mort provoque un cataclysme et veut s'emparer de la terre entière. Au milieu, Aurore du Bois-Dormant, Peau d'âne, Le petit chaperon rouge et Cendrillon qui ne demandaient rien à personne et qui se retrouvent à devoir survivre tant bien que mal...

C'est vraiment très très difficile de faire un résumé de ce livre. Ce roman, c'est comme si l'auteur avait mis toutes ses idées dans un grand sac, avait remué et les avait sorties telles quelles. Du coup, on passe notre temps à se demander où ça va, à revenir en arrière car ça fourmille dans tous les sens, les jeux de mots fusent et on se demande si on ne va tout bonnement pas abandonner parce que bon, ça a vraiment l'air d'être n'importe quoi ! On croise aussi bien les personnages de conte de fées que ceux de la religion avec un Jésus plus baba cool que jamais et tout ce petit monde se côtoie en picolant, forniquant, fumant et c'est un joyeux bordel !

Beaucoup de mes collègues du Book Club n'ont pas du tout accroché à ce livre. En ce qui me concerne, j'ai persisté et je dois dire que c'est vrai que j'ai parfois eu du mal, qu'il y a des passages auxquels je n'ai rien pipé, que j'ai dû parfois dû revenir en arrière car j'avais été inattentive à un moment et, tout à coup, je me retrouvais avec un personnage ou des situations inconnus, mais j'ai eu envie malgré tout de continuer.

L'auteur dit s'être inspirée de Terry Pratchett (que je n'ai jamais lu) et des Monthy Python (dont je connais l'humour) et c'est vrai qu'elle pratique le nonsense à l'anglaise auquel on adhère ou pas.

Il faut dire que derrière le fatras sans queue ni tête, on sent la réflexion, le travail, la recherche, c'est finalement un fouillis très étudié et je trouve formidable d'avoir autant d'imagination ! :D

Concernant les personnages, il y en a beaucoup mais j'ai bien aimé les princesses et assimilées, Aurore, Peau d'âne et Le petit chaperon rouge dite Vareuse-Tagueule (oui c'est son nom ^^). Elles sont déjantées, rock'roll et Aurore parle un patois charmant ! :D Ce ne sont pas les dernières à faire les 400 coups. En revanche, leur rôle dans l'histoire  (à part celui de Vareuse-Tagueule) est assez obscur... Sont-elles partie prenante dans la guerre de Bill Guette, ont-elles une histoire à côté qui n'a rien à voir, j'avoue qu'encore aujourd'hui, je n'en sais rien, j'ai dû louper un truc ! ^^

Vous aurez remarqué que Bill Guette est un dérivé de Bill Gates, le patron de Microsoft... Ici c'est une espèce d'ado mégalo qui rêve de régner sur le monde des vivants et des morts ! Une vraie tête à claques en fait.

J'ai bien aimé la maléfique Blanche-Neige ! On n'imagine pas qu'un jour on collerait cette adjectif à la douce princesse, et pourtant ! ^^ J'ai trouvé simplement que comme pour les princesses, elle agissait trop dans son coin et n'avait pas de véritable lien avec le reste de l'histoire.

Pour les autres personnages, je passe, ils sont trop nombreux !

Le style de Catherine Dufour est très particulier ! Parfois extrêmement vulgaire mais plein de folie. Ce n'est pas toujours facile de se repérer dans ce qu'elle écrit et on s'y perd. J'ai trouvé dommage que les histoires n'aient pas de véritable liant, une partie sur Bill Guette, les anges etc... un passage sur les princesses, un truc sur Blanche-neige mais ça reste décousu.

Si j'avais dû noter le roman à la fin de la première partie, j'aurais été très ennuyée car il est aussi nul qu'il est brillant et ma note serait :



Deuxième partie :

À l'issue de la première partie, j'avais quand même envie de savoir la suite. Je n'aime pas abandonner un livre en route et j'avoue que j'étais intriguée et curieuse de savoir ce que l'auteur nous avait concocté. Et là, surprise, cette partie est assez différente de la première ! Le ton est le même, décalé, parfois vulgaire, mais l'histoire est plus linéaire et les personnages interagissent entre eux.

Nous sommes en 2000 et Mismas, une jeune parisienne voit débarquer chez elle une fée se faisant appeler Cid. Elle va bientôt apprendre que les fées, les fantômes et autres esprits existent, que l'affreux Bill Guette a prix possession du corps de Will Door, le génie de l'informatique et qu'il veut détruire le monde des morts et s'emparer de celui des vivants. Or les esprits sont bien décidés à déjouer son plan maléfique et les fées et Mismas vont les y aider.

Je dois avouer que si la deuxième partie est construite de façon plus classique et donc plus abordable à nous lecteurs, elle est aussi, finalement, moins passionnante. Mais elle reste sympathique et pleine d'idées. J'ai particulièrement aimé les spectres qui hantent les fils électriques puis qui trouvent refuge dans l'internet. J'ai trouvé que c'était une très bonne idée. Ce qui est marrant, c'est que le livre a été écrit il y a 10 ans quand il n'y avait pas encore l'ADSL et que le vieux modem qui crachouille pour se connecter existait encore ! :) Et que les gens discutaient encore sur ICQ ou IRC... autant dire à la préhistoire de l'internet ! :D

Ici encore, nous avons plusieurs histoires en parallèle mais elles finissent par se rejoindre pour n'en former qu'une. On va suivre les fées (devenues tapineuses au Bois de Boulogne), le père Noël qui eu une fille avec la fée des glaces, les spectres qui essaient par tous les moyens de survivre, Will Door, et Mismas et Cid.

Concernant ces personnages, je dois dire que celle que j'ai le plus aimé c'est K@tic, la petite spectre bretonne. Je l'ai trouvée vraiment adorable et touchante avec ses deux amis spectre Onésiphore et Évariste qui essaient de sauver leur espèce par tous les moyens. Rien que pour elle, je voudrais lire la suite pour savoir si on la retrouve !

Dans la première partie, nous avions Bill Guette, un avatar ado de Bill Gates et dans la partie 2, nous avons Will Door, le génie de l'informatique mégalo. Door (porte), Gate (barrière, portail), vous voyez le topo ! ^^

Je n'ai pas grand chose à dire sur les autres personnages très sympathiques en ce qui concerne les Fées ou Mismas.

Le style de l'auteur est toujours bien déjanté, toujours un peu vulgaire mais c'est bourré de trouvailles aussi bien  dans l'expression, les jeux de mots que les différentes polices de caractères. Sa plume est plus facile à lire dans cette partie-là.

En conclusion, un tome 1 auquel on adhère ou pas mais qui ne peut pas laisser indifférent. En ce qui me concerne, j'ai eu envie de lire la suite en refermant ce livre et de savoir ce qu'étaient devenus tous les protagonistes. Donc je pense que je lirai le tome 2 un jour ! Et si vous voulez savoir ce que donnent des princesses décalées ou des spectres surfant sur les autoroutes du net, accrochez vos ceintures, respirez un grand coup et ouvrez ce livre !

Note globale (parties 1 & 2) :

07 novembre 2010

L'Étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde de Robert L. Stevenson

Titre original : The Strange Case of Dr. Jekyll and Mister Hyde

Résumé :
Dans les rues de Londres, un homme petit et difforme rôde et inspire la répulsion à qui le croise. Animés des plus bas instincts, il se transforme bientôt en meurtrier sans scrupules. Mr Utterson, notaire, apprend bientôt que cet homme, Mr Hyde, est le protégé d'un de ses clients et amis, le Dr Jekyll. Il finit par connaître l'horrible vérité...


Mon avis :
Voilà une histoire que tout le monde connaît et qui se lit très vite, le livre étant peu épais, 97 pages avec une présentation et une postface biographique. J'avoue que j'allais un peu à reculons en lisant ce livre vu mes précédentes expériences (plutôt malheureuses) avec la littérature de l'époque victorienne (Dickens avec son Chant de Noël et surtout Wilde et Dorian Gray) et je dois dire que j'ai plutôt apprécié cette lecture.

L'histoire se passe donc à Londres à l'époque victorienne. La bonne société londonienne est en émoi car un homme fortement antipathique, Mr Hyde, sème le trouble dans les rues de la capitale. Petit et laid, il inspire la répulsion à qui le croise. Mr Utterson, notaire de son état, est lui, encore plus troublé. Son client et ami, le Docteur Jekyll a désigné l'individu peu recommandable comme son légataire universel. Quand Mr Hyde commet un meurtre, Utterson cherche à savoir quelles sont les relations qui unissent les deux hommes. La réalité va dépasser son imagination...

Ce qui frappe en lisant ce court roman (un conte fantastique, plutôt) c'est comment un si petit livre a pu donner naissance à un mythe qui perdure déjà depuis plus de 120 ans ! À croire que comme pour Mr Hyde échappant au Dr Jekyll, sa création a échappé à l'auteur !

En effet, dans l'imaginaire collectif, Mister Hyde est devenu une espèce de mal  (et mâle) séduisant, un peu à l'image de ce qu'est devenu Dracula par rapport au personnage de Bram Stoker. Dans les deux cas, ce sont, de prime abord, des personnages assez repoussants, Dracula est blafard et à l'air d'un petit vieux, Hyde est une sorte de gnome laid et vicieux. Or, de nos jours, nous nous pâmons au nom de Dracula (merci monsieur Coppola et le cinéma en général !) et nous aimerions bien rencontrer Mr Hyde... D'ailleurs, je vous recommande fortement la série anglaise "Jekyll", superbe, où le gentil Jekyll est nettement moins intéressant que son double maléfique si séduisant... 

En tout cas, dans le livre, Hyde n'a rien de séduisant. Difficile de se faire une véritable opinion d'ailleurs car  le livre est trop court pour que les personnages soient très développés et l'histoire est racontée avec beaucoup de détachement... Tout une grande partie est vue à travers les yeux de maître Utterson, le notaire et la dernière partie, la révélation du lien unissant Jekyll et Hyde, via des lettres. Les principaux protagonistes ne sont donc pas au centre de l'histoire et je trouve cela un peu dommage, car nous restons finalement également en périphérie de ce qu'il leur arrive.

Du coup, les motivations du Docteur Jekyll sur les raisons de son dédoublement ne nous touchent pas vraiment. Je ne vais pas m'étendre sur cette dualité qui existe en chacun de nous car je ne m'y connais pas du tout en psychologie et je ne raconterais que des bêtises et des platitudes. D'accord il veut faire une expérience en dissociant sa personnalité, rester le bon Docteur et créer un versant noir de lui-même mais ce qu'il ressent dans la peau de chacun de ses personnages n'est qu'effleuré, trop rapidement décrit.  Et, pour m'en tenir aux faits, j'aurais préféré lire la transformation en "live" et non pas une fois que tout est terminé, par une lettre qui explique tout. Du coup, je suis restée assez indifférente envers ce monstre censé nous faire peur.

Quant à maître Utterson, difficile également de le cerner vraiment, il semble être un être débonnaire et consciencieux, soucieux de son ami, le docteur Jekyll. 

Ceci dit, j'ai bien apprécié la lecture de certaines descriptions, Soho notamment. Et le style de l'auteur est plutôt agréable à lire. J'ai eu l'occasion de lire un passage du roman en version originale, (que ma fille étudiait en anglais) quand Utterson arrive à Soho et je dois dire qu'en anglais c'est assez ardu à lire, même si assez beau ! Heureusement que j'en suis restée à la version française !
En revanche, je l'ai lu dans une version écrite en petit et très serré et je dois dire que j'ai dû faire des efforts pour le lire car ce n'était pas évident du tout, surtout quand vous commencez à avoir des difficultés à lire de près...

Je dois parler aussi de cette habitude qu'ont les éditions de faire des préfaces qui reprennent et décortiquent toute l'intrigue du livre. C'était le cas pour Dorian Gray, et ce fut encore le cas ici ! Elles sont plutôt intéressantes mais par pitié, mettez ces explications en postface, nous n'avons pas besoin de savoir à l'avance de quoi parle le livre !

En conclusion, je n'ai pas grand chose d'autre à dire sur ce roman dont les personnages ont su traverser le temps et qui, même très court, reste intéressant à lire. Et si vous voulez savoir qui du Docteur Jekyll ou de Mister Hyde l'emportera, lisez-le ! Et vous pouvez aussi regarder la série de Steven Moffat avec James Nesbitt !  :)

Note :



Ce livre fait partie du Challenge Livraddict 2010
12/12

J'ai donc atteint mon objectif de 12 livres !

15 octobre 2010

Le Magasin des suicides de Jean Teulé

Résumé :
Dans le futur, la famille Tuvache tient une boutique pour aider les gens à se suicider. Tristesse et idées noires sont de mise jusqu'au jour où leur vie est chamboulée par la naissance du petit dernier, Alan, qui respire la joie de vivre et l'optimisme...






Mon avis :
Voilà un petit livre bien rigolo, une farce macabre bourrée d'humour noir sur des sujets qui, pourtant, ne s'y prêtent pas : la mort et le suicide. J'avoue que j'ai bien aimé même s'il n'aurait pas fallu que ce soit plus long. 155 pages conviennent tout à fait !

Le magasin des suicides se situe donc dans un avenir plus ou moins proche (assez lointain en fait ! ^^) où la vie est triste, les pluies acides font des ravages et où proposer de quoi se suicider n'est apparemment pas condamné par la loi !

C'est dans ce contexte que la famille Tuvache tient ce magasin depuis des générations. Chez les Tuvache, la tristesse, la déprime, la morosité sont de mise et on se souhaite les pires choses ou les plus tristes en guise de bonjour ou d'adieu. Lucrèce et Mishima Tuvache sont les "heureux" propriétaires d'une affaire florissante et élèvent Vincent et Marilyn qui suivent les traces moroses de leurs parents. Tout vole en éclats quand né Alan, le petit dernier qui, contrairement au reste de la famille, est toujours heureux et positif, voit le bon côté des choses et essaie de convertir son entourage à sa joie de vivre...

Je ne vais pas en dire davantage sinon je vais raconter tout le livre et tout le sel est de découvrir par soi-même cette farce burlesque et macabre dans laquelle l'auteur ne recule devant rien ! Imaginez tout ce qui parsème notre vie en bien, en joyeux et en positif, même les plus infimes détails, prenez leur exact contraire et vous aurez la vie des Tuvache et de leur environnement ! C'est très amusant, parfois limite mais c'est un roman, alors tout est permis ! :)
Il n'aurait pas fallu que le livre soit plus long, cependant, car cette "danse macabre" est sympathique mais je sentais poindre une toute petite lassitude sur la fin. Fin qui m'a rendue triste d'ailleurs...

Les personnages sont tous très drôles, à commencer par les parents Tuvache qui tirent profit à 100 % du malheur des gens ! J'adore leur manière d'imaginer 1000 et une façon de se tuer et d'élever leurs enfants ! Ce serait la réalité, on serait horrifiés mais là, c'est juste drôle !

Les deux aînés Tuvache, Vincent et Marilyn (d'après Van Gogh et Monroe, deux célèbres suicidés) sont aussi bien ! Quant au petit dernier, Alan, Lucrèce me ferait les gros yeux, mais c'est un rayon de soleil ! :) C'est vraiment lui qui fait tout le charme du livre à apporter ton grain de sel positif partout, à être gai comme un pinson et à faire le désespoir de ses parents ! ;)

Le style de Jean Teulé est très simple et facile à lire, un peu abrupt et plat à mes yeux mais ça va bien avec le sujet du livre.

En conclusion, je n'ai pas grand chose à ajouter sur ce livre à l'humour très noir et si vous voulez savoir si Alan parviendra à ses fins et à faire entrer le soleil dans le coeur de son entourage où si toute le monde se suicidera joyeusement, lisez ce court roman !

Note :



Ce livre est une lecture commune avec Liyah, Lelanie, Azariel87, Bambi_slaughter, Flof13, Lagrandestef, Dup, Sayelis et Leyla.

 Ce livre fait aussi partie du Big Challenge Livraddict 2010
11/12

06 septembre 2010

Geisha d'Arthur Golden

Titre original : Memoirs of a Geisha

Résumé :
La vie de Chiyo, fille de pêcheur, vendue à une okiya (maison de geishas) à Gion, près de Kyoto et qui deviendra Sayuri, une Geisha renommée dans le Japon d'avant la deuxième Guerre Mondiale. Une vie raffinée, parsemée d'embûches et de coups bas...




Mon avis :
Voilà un très beau roman prenant de bout en bout. J'ai vraiment aimé cette histoire pleine de raffinement et très triste sur cette jeune femme devenue geisha.

Racontée sous forme de mémoires narrées à un professeur d'Histoire du Japon, l'histoire est donc celle d'une petite japonaise de 9 ans aux étonnants yeux gris-bleus, fille d'un pêcheur pauvre et vendue par celui-ci à un homme qui fournit les okiya de Gion, un district de kyoto, en futures geishas. Là, elle va y connaître une vie dure et semée d'embûches, surtout que la geisha en place dans l'okiya, Hatsumomo, ne voit pas d'un bon oeil son arrivée et fait tout pour lui mettre des bâtons dans les roues. Un homme providentiel et une autre Geisha, Mameha, vont contribuer à faire d'elle une parfaite geisha que les salons de thé vont s'arracher. L'arrivée de la seconde guerre mondiale contribuera au déclin du monde des geishas mais Sayuri saura mener sa barque avec intelligence et ténacité...

L'histoire est tellement bien racontée qu'on la croirait vraie de bout en bout ! Et pourtant, Sayuri et son entourage n'ont jamais existé, c'est une pure fiction ! En revanche, l'auteur a été aidé par des geishas qui lui ont raconté ce qui faisait leur quotidien, ce qui donne une impression de réalisme saisissant. On se croirait vraiment à Gion au temps des geishas.

Ce roman est l'occasion également de mettre à mal les idées reçues. On pense souvent à tort que les geishas sont des espèces de prostituées de luxe qui ne vivent que pour le bon plaisir des japonais. Or il n'en est rien... ou pas tout à fait ! ^^

Les geishas sont avant tout des artistes (c'est la signification du mot geisha, d'ailleurs). Elles sont versées dans tous les arts tels la danse, le chant et la musique, ainsi que la très importante cérémonie du thé et divertissent les hommes dans des maisons de thé. Elle sont comme des poupées de porcelaine, considérées surtout comme des objets de luxe. Il n'y a, à priori, pas de relations sexuelles à la clé... quoique... Les geishas ont un protecteur, un danaa, qui leur paie tous leurs frais et qui est leur amant privilégié.  Mais ce n'est pas inhérent au pays et à l'époque, des hommes entretenant des maîtresses, cela a existé de tout temps !

Le monde des geishas est un univers de raffinement et de beauté mais il n'est pas tout rose non plus ! Pour être au top, il faut avoir de l'ambition et cette ambition suscite souvent la jalousie des autres geishas. De plus, vivant dans des okiya la plupart du temps, elles en dépendent et reversent leurs revenus à la Mère qui dirige la maison d'une main de fer.

Au rayon des choses "choquantes", c'est avant tout la virginité de ces jeunes filles vendue aux enchères alors qu'elles sont à peine pubères ! Cela fait partie de leurs us et coutumes mais c'est quand même franchement dégoûtant de voir Sayuri déflorée à la va-vite à 14 ans par un type qui a au moins 3 fois son âge !

De même que la coiffure des jeunes apprenties est parfois très suggestive de façon à émoustiller les hommes. Ce ne sont donc pas des catins mais la connotation sexuelle est pourtant bien présente tout au long de la vie d'une geisha. 

C'est donc tout cela qui nous est narré dans le roman et, à travers Chiyo devenue Sayuri, nous voyons tout le processus pour devenir la meilleure geisha possible. C'est vraiment un cheminement fascinant, à 100 lieues de notre monde moderne et pressé ! On a l'impression que tout n'est que luxe, calme et volupté !

Les personnages sont également fascinants, à commencer par la petite Chiyo arrachée à sa famille et qui se retrouve du jour au lendemain, à 9 ans, dans cet Okiya sans trop savoir de quoi il retourne ! Au bout de plusieurs années, elle comprendra qu'elle a tout intérêt à y faire son chemin plutôt que de combattre sans espoir. J'ai trouvé le personnage très fort, très attachant, qui arrive à se sortir (avec de l'aide parfois) du guêpier où elle se met elle-même en voulant ménager la chèvre et le chou, ou en voulant éviter les pièges tendus par sa rivale, Hatsumomo. C'est un très beau personnage de femme, ancrée dans la tradition japonaise certes mais qui sait évoluer avec son époque.

Sa rivale, Hatsumomo est une enfant gâtée qui ne supporte pas qu'on lui ravisse sa place ! Se sentant menacée par Sayuri dès son arrivée, elle imagine les pires coups pour s'en débarrasser et sans l'aide du président Iwamura (président d'une compagnie d'électricté) et de Mameha, une autre geisha, Sayuri aurait sûrement fini prostituée dans un bouge ou servante à vie.

J'ai d'ailleurs beaucoup aimé le président Iwamura qui occupe une place centrale dans le coeur de Sayuri. C'est un homme très discret et bon, je pense. Quand leur relation prend un nouveau tournant vers la fin du livre, Sayuri décrit avec beaucoup de pudeur certains événements, comme si, en l'écrivant noir sur blanc, nous pouvions en divulguer les secrets. :)

J'ai été assez mitigée concernant Nobu, le bras droit du président. Son intérêt pour Sayuri est indéniable mais je l'ai trouvé très égoïste et coléreux et assez girouette, à vrai dire ! On ne sait jamais très bien ce qu'il attend d'elle.

Mameha, elle, est la quintessence de la geisha parfaite. Sous sa protection, Sayuri va sortir de sa chrysalide et devenir une des meilleures geishas de Gion. Je n'ai ressenti aucune jalousie de sa part envers sa petite protégée et je l'ai trouvée très intéressante.

Je ne vais pas décrire tous les personnages mais la propriétaire de l'okiya où vit Sayuri représente le côté sordide de l'univers des geishas avec les transactions ou les marchandages incessants pour tout ce qui touche à la geisha. On sent bien que Gion n'est pas qu'une ville où fleurissent les maisons de thé mais a une face obscure et sale...

Le style de l'auteur est très agréable à lire. Certains pourraient trouver le rythme lent mais ce n'est absolument pas ennuyeux,. Il est plutôt contemplatif. Le style est à l'image de son héroïne, raffiné et délicat. Sous la plume d'Arthur Golden, les kimonos aux couleurs magnifiques prennent vie, on a l'impression d'assister en cachette aux cérémonies du thé, on rit avec les geishas derrière leurs éventails, on souffre en même temps que Sayuri et j'avoue que j'ai été très émue à la fin...

En conclusion, un superbe livre sur un univers méconnu de nous autres, occidentaux. Je peux avoir donné l'impression de beaucoup dévoiler l'intrigue du livre mais je vous rassure, je ne vous ai narré qu'une infime partie de cette histoire magnifique et si vous voulez savoir par quel moyen la petite Chiyo deviendra la renommée Sayuri, lisez ce très beau roman.

Note :



Ce roman est lu dans le cadre d'une lecture commune avec Lexounet, Galleane, Amethyst, 100choses, Caelina, Heclea, Lynnae, Setsuka, Lily, Leyla, mamzellebulle, Lolo, Mazel, achille49, Cathy et Mack. (liens à venir).

Ce livre fait également partie de mon Challenge Livraddict 2010 !
10/12

26 août 2010

La Quête d'Ewilan, L'Intégrale de Pierre Bottero

Résumé :
Camille Duciel, 13 ans, passe un jour dans un autre monde et découvre alors qu'elle est née à Gwendalavir, ce monde mystérieux, qu'elle s'appelle Ewilan, qu'elle a un pouvoir et qu'elle doit délivrer Gwendalavir des terribles Ts'liches et autres Raïs. Aidée de son ami Salim et d'une troupe disparate, elle va s'employer, au bout de maintes aventures, à accomplir son destin...



Mon avis :
Cette Quête d'Ewilan est une trilogie que j'ai eu la chance de lire dans une très belle édition intégrale.
Cette édition est augmenté d'un "Avant", qui retrace quelques moments de la vie de Camille entre son adoption et le début de la Quête. C'est sympa comme tout, et permet de découvrir le personnage de façon moins abrupte que le début d'Un monde à l'autre.

L'auteur, Pierre Bottero est adulé par son lectorat composé de gens de tous âges, même si ses livres s'adressent à plutôt à un public jeunesse. Il est malheureusement décédé à  l'automne dernier d'un accident, à l'âge de 44 ans, laissant un vide dans la littérature jeunesse.

J'avoue que le début de cette Quête m'a laissée un peu circonspecte. Je trouvais que ça ressemblait trop à Tara Duncan et à la série les Bannis et les Proscrits. Tara Duncan pour le côté Jeune fille normale qui découvre qu'elle vient d'un autre monde et qui a des pouvoirs et qui est pratiquement la seule à pouvoir sauver ce monde, la série des Bannis parce que, comme Elena, Camille a 13 ans, découvre son pouvoir et part accomplir une quête en compagnie de personnes toutes plus différentes les unes des autres !

Mais le talent de Bottero est justement de s'être affranchi de cette ressemblance pour nous donner quelque chose de vraiment palpitant, plein de rebondissements et d'aventures. Bien que ce soit une lecture jeunesse, on s'immerge à fond dans l'histoire de Camille/Ewilan.

Tome 1 : D'un monde à l'autre

Camille Duciel vit dans une famille d'adoption qui ne l'a jamais aimée. Vive, intelligente et dotée de magnifiques yeux violets, elle a pour seul ami Salim, un garçon de son âge, à la répartie vive.

Un  jour où un camion manque de l'écraser, elle se retrouve miraculeusement dans un autre monde et tombe sur une créature immonde qu'un guerrier essaie de tuer. Après des paroles mystérieuses proférées par la créature, Camille retourne dans son monde chercher Salim et tous les deux retournent dans l'autre monde. Là, ils vont faire la connaissance d'Edwin et découvrir qu'elle est issue de ce monde, Gwendalavir, et qu'elle a un pouvoir magique permettant de créer des choses et de se déplacer à volonté. Avec l'aide de personnages disparates, ils vont se mettre en quête des Figés, des sentinelles qui seules sont capables de battre les terribles Ts'liches et leurs alliés les Raïs afin de rétablir la paix dans le royaume.

Ce premier tome est une introduction à la trilogie, il se lit très vite et, comme son nom l'indique, on passe d'un monde à l'autre, ce que j'ai beaucoup aimé !

Gwendalavir est un monde fantasy classique, tels qu'on peut le trouver dans de nombreux ouvrages, avec ses sages, ses guerriers et ses monstres fabuleux ou terribles.

Ce que j'ai trouvé vraiment sympa, c'est la mythologie de Gwendalavir avec ces gens, tels Camille, capable de "dessiner" dans l'Imagination et de se déplacer dans les Spires, des chemins dans l'Imagination ! C'est une très jolie trouvaille à mon avis. Très poétique. On sent que la philosophie initiale de ce don était philanthropique et qu'évidemment, pour certains, fut perverti par la quête du pouvoir.

Les personnages ne sont pas très originaux, ressemblant déjà à pas mal de personnages de sagas Fantasy : Camille/Ewilan, la jeune ado hyper douée, Salim, son copain qui fait ses 4 volontés et qui est prêt à la suivre au bout du monde, Edwin, le guerrier ultime, pilier de la troupe,  Ellana, la jolie Marchombre mystérieuse, Duom Nil' Erg, l'Analyste qui teste des générations de dessinateurs, Bjorn, le chevalier un peu brute de décoffrage noble et généreux, Maniel le soldat ou Artis, le moine guérisseur, pour ne citer qu'eux. Mais ils sont très attachants. Et puis, j'ai adoré le Chuchoteur, une petite bestiole adorable, j'en veux un aussi ! ^^

Le style est jeunesse mais bien écrit, vif et agréable à lire ! On ne s'ennuie pas une seconde et le livre se lit à toute allure ! Moi qui pensais ne lire que le tome 1 tout d'abord, j'ai enchaîné direct avec le tome 2 : Les Frontières de glace.

Note :



Tome 2 : Les Frontières de glace

Après avoir échoué à ramener son frère, Camille, toujours suivie de Salim, retourne à Gwendalavir. Accompagnée de sa troupe d'amis, elle va s'employer à aller délivrer les Figés, à éradiquer ce monde des envahisseurs Ts'liches et à rétablir la paix auquel tous aspirent.

Dans ce tome-là, on entre dans le vif du sujet ! La petite troupe se met en route pour sauver Gwendalavir et rencontre maints dangers sur son chemin, manque 1000 fois de mourir et fait des rencontres extraordinaires ! Je pense en particulier à La Dame, dont je ne parle pas davantage mais que j'ai trouvée belle et mystérieuse (dans son genre, bien sûr ! ;))

J'ai particulièrement aimé les descriptions de l'Arche, apparemment de toute beauté et de Al-Jeit. D'ailleurs le monde créé par Bottero est vraiment riche avec ses descriptions somptueuses et son bestiaire de toute sorte.

Concernant les personnage, chacun accomplit sa destinée. Ewilan en apprend davantage sur son origine et son don, Salim trouve sa voie, des histoires amours se nouent discrètement, on fait connaissance avec de nouveaux personnages dont Chiam, le Faël ou Merwin le Dessinateur et tous n'ont qu'un but, qu'Ewilan délivre les Figés.

Un petit bémol, j'ai trouvé que, parfois, ils se sortaient trop facilement des pièges ou des embûches ! Ils sont tous tellement forts dans leur partie qu'ils arrivent à terrasser les ennemis sans trop de mal. Même lorsqu'ils sont blessés et à l'article de la mort, on ne les sent jamais vraiment sur le point de perdre. C'est sans doute là où le côté jeunesse ressort le plus.

Le style de l'auteur ne change pas d'un tome à l'autre, toujours très agréable et très rapide à lire ! On ne s'ennuie pas non plus dans ce tome-là, même si sa trame est, somme toute, plutôt classique pour un livre fantasy : Comme la Communauté de l'Anneau, comme Les Bannis et les Proscrits, les protagonistes des Frontières de glace parcourent le pays, pourchassés par des ennemis puissants, afin d'accomplir une mission capitale.
J'ai beaucoup aimé les petites annotations de personnages Gwendalaviriens qu'on trouve au début de chaque chapitre.

Note :



Tome 3 : L'ïle du destin

Ça y est, les Figés sont délivrés, les Ts'liches vaincus et le pays va pouvoir se remettre petit à petit de ces années terribles ! Le don de Camille/Ewilan est plus puissant que jamais. Ayant appris que ses parents sont prisonniers mais vivants, elle part récupérer son frère dans notre monde et revient avec lui à Gwendalavir afin d'accomplir cette dernière mission. Mais c'est sans compter la perfide Éléa Ri'l Morienval, la Sentinelle avide de pouvoir, qui entend bien lui mettre des bâtons dans les roues.

Voilà encore un tome bien palpitant et avec de nombreuses péripéties. J'ai été ravie que Camille et Salim reviennent dans notre monde chercher Mathieu/Akiro. J'aime bien ces incursions d'un monde à l'autre, ça s'éloigne un peu du schéma d'un livre fantasy classique même si ça ressemble alors davantage à Tara Duncan !

Certains personnages nous quittent (dommage d'ailleurs !), nous en découvrons de nouveaux, en particulier Siam, la guerrière, soeur d'Edwin et qui ne laisse pas Mathieu indifférent ! ;)

Comme dans le tome précédent, tout semble relativement facile pour nos héros et quand ce n'est pas facile, un Deus Ex Machina vient leur sauver la mise. Mais, ce n'est pas très important car on passe un très bon moment.

À la fin du livre, tous nos héros seront prêts à prendre des routes différentes. Qu'adviendra-t-il d'Ewilan, de Salim, d'Ellana ou d'Edwin, que vont devenir Bjorn le chevalier ou Maniel le soldat ?  Reverrons-nous  Chiam le Faël ou Artis le moine timide ? Heureusement, Bottero a écrit deux autres trilogies : Les mondes d'Ewilan et Le pacte des Marchombres dans lesquels nous aurons, je l'espère, des réponses à mes questions !

Note :



À la fin du livre nous trouvons un "Making of" très sympa et un glossaire sur les personnages. J'ai beaucoup aimé cet ajout.

En conclusion, cette trilogie est une bonne surprise ! Les 800 pages se lisent tellement vite que j'ai lu l'Intégrale en quelques jours et malgré son ton et son style résolument jeunesse, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde ! J'ai même eu envie de me plonger dans la suite rapidement (ce qui ne sera pas possible, pour
le moment !) Et si vous voulez savoir si Ewilan saura maîtriser son don, si elle délivrera les Figés et retrouvera ses parents, lisez cette très jolie trilogie ! Vous passerez un très bon moment de détente !

Note globale de l'intégrale :



Cette trilogie fait partie de mon Challenge Livraddict et compte donc pour 3 livres ! ^^

9/12

21 août 2010

Destination Islande


Après l'Afrique du Sud, c'est en Islande que nous mènera le prochain Destination organisé par Evertkhorus.

Une destination pleines de contrastes et paysages pour une île pas très grande qui possède un vaste désert  minéral en son centre et une piste, le Sprengisandur, qui le traverse du nord au sud, des geysers, des landes à l'irlandaise, des fjords à la norvégienne, des icebergs et des glaciers dignes du Pôle Nord et des volcans qui se réveillent parfois pour cracher des nuages de cendres paralysant le traffic aérien européen !
Pour y avoir passé une semaine en été 2001, je suis ravie que ce soit cette destination-là qui ait été choisie lors du vote.

Comme pour les autres destinations, le livre choisi doit rester un mystère jusqu'à sa date de publication qui aura lieu le 18 décembre prochain !

Rendez-vous donc à cette date-là pour savoir quel sera le titre que j'aurais choisi !

28 juillet 2010

Les Piliers de la Terre de Ken Follett

Titre original : The Pillars of the Earth

Résumé :
Dans l'Angleterre du XIIe siècle marqué par les guerres de succession, un prêtre se bat pour pouvoir construire sa cathédrale. Cette mission prendra 40 ans au cours desquels bonheurs et malheurs, luttes de pouvoirs, traitrises, amitiés se succèderont. Autour de Philip le Prieur de Kingsbridge, toute une galerie de personnages, certains touchants et attachants, d'autres manipulateurs, voleurs et menteurs...

Mon avis :
Que voilà une fresque magistrale, envoûtante et palpitante ! Un roman de plus de 1000 pages qui se lit comme une nouvelle tellement il est prenant et passionnant ! J'avais vraiment peur en commençant ce pavé de ne pas y adhérer à 100 % et de mettre longtemps à le lire. Aucun souci, vraiment, il se lit vraiment tout seul !

L'histoire (ou plutôt les histoires) est celle d'une cathédrale. Une cathédrale qui mettra 40 ans à se construire. Autour de cette future cathédrale, sise à Kingsbridge, une multitude de personnages, le Prieur de Kingsbridge, Philip, celui qui mettra tout en oeuvre pour avoir son église, Tom le bâtisseur qui trouvera du travail grâce à cette construction, Ellen, sa 2e femme, un peu sorcière sur les bords, Jake, le fils de celle-ci, qui reprendra le flambeau de la construction, Aliena, fille du comte déchu de Shiring, son frère Richard, Alfred, le fils de Tom, jaloux et bagarreur, Martha, la fille de Tom, douce et réservée, Jonathan, l'enfant trouvé et élevé par les moines, William Hamleigh, méchant, veule et fourbe, l'évêque Waleran, avide de pouvoir et prêt à tout pour en avoir.

Autour de la petite histoire, la grande. Nous somme au XIIe siècle et, à la mort du roi Henri 1er, le royaume d'Angleterre se retrouve sans héritier, celui-ci ayant péri dans le naufrage d'un bateau. S'ensuit alors une guerre de succession entre deux prétendants, Stephen (Etienne de Blois) et Maud (Mathilde l'Emperesse, fille du défunt Henri 1er) qui auront des conséquences parfois dramatiques sur le destin des habitants de Kingsbridge. Pendant que certains essayeront de bâtir leur cathédrale, d'autres (William et Waleran) n'auront de cesse de de ruser, d'ourdir des complots afin d'avoir toujours plus de puissance et d'écraser les faibles et ceux qui pourraient leur faire de l'ombre...

Difficile de résumer et de parler d'un livre aussi riche et foisonnant ! Beaucoup de personnages, de nombreuses aventures, l'Histoire qui s'écrit en même temps et toute une description sur la construction d'une église gothique et la vie dans un petit village d'Angleterre, village qui deviendra ville à mesure que la cathédrale avancera.

Mais à aucun moment, on ne s'ennuie au cours du livre. C'est toujours passionnant, intéressant et instructif ! J'avais déjà lu ce livre il y a une quinzaine d'années mais je n'en avais plus aucun souvenir (ce que je trouve bien dommage !) et cette relecture vierge m'a vraiment passionnée. J'aime beaucoup toutes les situations, les rebondissements, le contexte historique, le courage incessant d'Aliena, la quête de Jake à travers l'Europe, etc... J'ai été pétrifiée d'horreur par les agissements de William Hamleigh, un pourceau fait homme et les magouilles sans fin de l'évêque Waleran pour mettre des bâtons dans les roues de Philip, le Prieur.

4 personnages emblématiques du livre sont mes préférés.
Le premier est sans contestation Aliena, la fille de l'ancien comte de Shiring. Adolescente de 16 ans au début du livre, elle se permet le luxe de refuser d'épouser William Hamleigh. Nombre de méfaits et de crimes de l'ignoble William découleront de cela, mais, malgré les vicissitudes de la vie, l'horreur de certaines situations qu'elle subit, elle se relève toujours et va de l'avant ! De petite fille riche, elle va devenir marchande de laine, choisira la raison au lieu de l'amour mais heureusement le destin finira par lui donner le bonheur auquel elle aspire et auquel elle a droit. Beau personnage de femme, forte, belle, émouvante, un modèle dans cette Angleterre du moyen-âge.

J'ai aussi beaucoup aimé le prieur Philip. Voilà, un personnage bon et généreux, qui n'hésite pas à recourir à de petites ruses pour parvenir à ses fins. Il lui faudra beaucoup de courage tout au long de ces quarante ans, pour déjouer les pièges et les complots tendus par waleran et William Hamleigh. Heureusement qu'entouré d'amis fidèles, il arrivera à toujours rester digne et droit. Une belle figure de moine, même s'il n'est pas exempt de défauts, à savoir son attitude dure face à Ellen, ou Jake et Aliena. D'un autre côté, comment le lui reprocher, c'est sa condition de prêtre, qui plus est de Prieur, qui lui dicte sa conduite, aussi bien en bonté qu'en rigueur et intransigeance.

Mon troisième personnage emblématique est, bien sûr, Jake. Fils d'Ellen, curieux garçon roux aux yeux bleus, il est très attachant ! Toujours fidèle à ses principes et à son amour d'enfant pour Aliena, il n'hésite pas à souffrir pour ne pas déroger à ce qu'il croit ! Je l'aime beaucoup !

Le 4e est Tom le bâtisseur. Un personnage terrien, fort, dont le rêve est de construire la plus belle église qui soit. Toujours calme et réfléchi, il est un des piliers de la Terre... :)

Deux personnages de gentils sont plus en retrait : Ellen d'abord, qui pourtant donne son titre au livre 1 ! J'ai trouvé ça très étonnant d'ailleurs car ce n'est pas un personnage très présent, à la différence d'Aliena qui donne son nom au livre 2. J'ai beaucoup aimé ce personnage de femme entière et indépendante.

Quant à Martha, la fille de Tom, elle traverse les 1000 pages du livre comme une petite souris. Toujours présente, toujours dans l'ombre. On ne sait finalement pas grand chose d'elle à la fin du roman...

Les méchants du livre sont, eux, vraiment des ordures ! À commencer par William Hamleigh, un véritable méchant, mauvais comme la gale ! Il tire sa méchanceté de la jalousie, de la vengeance, de l'avidité et n'a vraiment rien pour lui ! Il n'hésite pas à commettre les pires méfaits qui ont des répercussions sur la vie des habitants de Kingsbridge, à commencer par Aliena...

L'évêque Waleran est, lui, plus un avide de pouvoir qui essaie de manipuler tout le monde pour avoir ce qu'il désire.

L'écriture de Follett est très agréable à lire. En lisant son histoire, on se sent emporté dans ce XIIe siècle de bruit et de fureur. On a vraiment l'impression d'assister à la construction (pourtant fictive) de la cathédrale. On tremble aux côtés de nos personnages préférés, on pleure sur ce qu'ils subissent, sur leurs joies comme sur leur peine. J'avoue avoir versé ma larme quand Jonathan apprend qui est son père...

En conclusion, un roman qui nous emporte sur plus de 1000 pages sans jamais nous lasser. Et si vous voulez savoir si la Cathédrale de Kingsbridge finira par être construite et ce qu'il adviendra de tous les personnages attachants dont je vous ai parlé, lisez ce livre !

Note :



C'est une lecture commune avec Melcouettes, Leyla, Melisende, Moune, Aricie, Mamzllebulle, Véro, Mlle Pointillés, MeL, Avalon, Lolo.

Ce livre avait déjà fait l'objet d'une première lecture commune le 6 juin dernier avec Fée Bourbonnaise, Heclea, Phooka, Djak, Lagrandestef, Galleane, Lexounet, Evylisangel, louisemiches, annso2.

Ce  livre fait également partie du Challenge Livraddict 2010.
6/12

21 juillet 2010

Le portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde

Titre original : The Picture of Dorian Gray

Résumé :
Le jeune Dorian Gray, jouvenceau d'une beauté inouïe, a été peint de façon magistrale par Basil Hallward. Dans un élan de vanité, Gray fait le voeu de ne jamais vieillir et que ce soit son portrait qui subisse les stigmates du temps et de ses péchés. Dès lors, ce sera effectivement son image qui subira les conséquences de ses turpitudes tandis que Dorian Gray ne bougera pas...


Mon avis :
Que ce livre est bavard et d'un ennui abyssal ! Un vrai pensum que je me suis forcée à lire jusqu'au bout. C'est pourtant un classique de la littérature anglaise sorti à la fin du XIXe siècle et qui fit scandale à l'époque de par les idées qu'il véhiculait : L'homosexualité latente des personnages ou l'usage de l'opium.

L'histoire est donc celle de Dorian Gray, jeune homme d'une merveilleuse beauté, qui fascine tous ceux qu'ils croisent. C'est tout d'abord le peintre Basil Hallward qui n'a de cesse de faire de lui un portrait parfait puis Lord Henry, qui veut avoir l'amitié de Gray à tout prix. Naïf et innocent au début, Dorian Gray fait preuve de vanité sous les compliments répétés de ces hommes. Quand Lord Henry lui dit qu'il faut qu'il profite de sa beauté et de sa jeunesse, Dorian fait le souhait que son portrait subisse les affres du temps et de sa vie à sa place.

À la suite d'une histoire d'amour malheureuse, Dorian Gray s'aperçoit qu'effectivement c'est son portrait qui en subit les conséquences. Dès lors, Gray passe sa vie à tomber toujours plus bas dans la déchéance et l'immoralité, sans en subir aucun châtiment. C'est toujours son portrait qui subit les outrages du temps et de ses turpitudes. Jusqu'où pourra-t-il aller sans devoir répondre de ses actes?

J'ai beau ne pas avoir aimé du tout ce roman, je lui reconnais quand même de nombreuses qualités. Il décrit assez bien la bonne société anglaise de la fin du XIXe siècle avec ses codes et ses règles et ses gens qui passent leur temps à les enfreindre joyeusement. Lord Henry et son épouse sont, par exemple, un couple de façade, puisque chacun mène sa vie amoureuse comme il l'entend et surtout pas avec l'autre. De même qu'on fréquente allègrement des bouges et des fumeries d'opium.

De même que le livre montre bien le refus de vieillir qui est terriblement d'actualité encore de nos jours. Que ne sommes nous prêts à faire pour ne pas vieillir ? Certains (et surtout certaines) vont jusqu'à se défigurer pour rester éternellement jeunes. Que ne serions prêts à faire si nous avions l'assurance de ne pas vieillir aussi  ou que nos actes seraient sans conséquences ? Signerait-on un pacte avec le Diable en échange de la jeunesse éternelle comme Faust ou souhaiterions-nous un tableau qui prendrait les coups du sort à notre place, comme Dorian Gray ?

Mais le problème du roman est qu'il est, malgré ses qualités, profondément ennuyeux et ses personnages peu attachants. On peut ne pas avoir d'empathie pour des personnages mais trouver le livre excellent parce que l'auteur sait nous le narrer de façon magistrale. Ici ce n'est pas le cas en ce qui me concerne. Certaines situations qui seraient intéressantes deviennent vite ennuyeuses ou superficielles et on n'a qu'une hâte c'est que le livre se termine au plus vite pour passer à autre chose. On finit par perdre tout intérêt pour la déchéance morale de Dorian Gray.

S'il est assez désarmant au début du livre, Dorian Gray devient vite superficiel et vaniteux. Tout commence par son supposé amour pour Sybil Vane, la jeune comédienne. Il s'enflamme aussi vite qu'il se détourne d'elle  pour un motif bien léger et révèle alors sa toute sa superficialité. À partir de ce moment-là, ce personnage  et ses agissements deviennent surtout d'un ennui profond. Malgré quelques scènes intéressantes, celle avec Basil Hallward ou la fin, le reste n'est qu'une succession de blablas soporifiques dans des salons ou entre Lord Henry et Dorian Gray.

Concernant Lord Henry, le personnage aurait également pu être intéressant mais tout ce qu'on retient de lui, finalement, c'est qu'il est assez prétentieux et hautain, et soliloque énormément jusqu'à la nausée. Ébloui d'entrée par la beauté de Dorian Gray, il n'a de cesse de conquérir son amitié et plus si affinités. ^^ La relation homosexuelle entre les deux hommes est suggérée plus que montrée mais assez tangible malgré tout même si apparemment chacun vit sa vie de son côté. Leur relation se distant au fil des années, me semble-t-il.

Il fait également office d'âme damnée auprès de Dorian Gray puisqu'il le persuade de la fugacité de la jeunesse et de la beauté et le jeune jouvanceau fait alors ce voeu que son tableau vieillisse à sa place.

J'ai davantage aimé le peintre Basil Hallward, même si lui aussi encourage le jeune homme à être infatué de sa personne en louant sans relâche sa beauté. Mais on peut y voir l'intérêt d'un artiste pour son modèle et cherchant à produire le meilleur tableau possible. Lui, aussi semble amoureux de Dorian Gray mais c'est davantage de sa beauté qu'autre chose. Il me semble moins perverti que le reste des personnages et cela lui sera fatal.

Le style de l'auteur est très beau, on ne peut le nier, mais tellement alambiqué avec ses longues descriptions, dialogues ou monologues qu'on finit par ne plus voir le côté poétique. D'un autre côté, Oscar Wilde ne dépare pas de ses collègues écrivains anglais du XIXe siècle, friands de longues phrases emberlificotées. J'avais ressenti le même ennui en lisant Un conte de Noël de Dickens même si ce livre-là était quand même plus intéressant à lire.

Mon édition comporte une introduction qui aurait davantage sa place en postface. En effet, l'auteur de l'introduction dévoile et décortique toute l'intrigue du roman à venir. Quand j'ai vu ça, j'ai arrêté tout de suite de la lire et l'ai reprise après le livre. Elle est très intéressante mais, avouons-le, également très soporifique.

En conclusion, vous l'aurez remarqué, je n'ai pas du tout aimé ce livre ! J'ai d'ailleurs eu beaucoup de mal à écrire cette chronique car je ne savais pas comment l'argumenter... Mais si vous voulez savoir si Dorian Gray échappera éternellement à son destin, lisez ce livre...

Note :



Ce livre est une lecture commune avec Setsuka, Lexounet, Touloulou, Jana, Emilie, Amandine et Karline05. Liens à venir.

 Il fait également partie de mon Challenge Livraddict 2010
5/12

02 juin 2010

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee

Titre original : To Kill a Mockingbird

Résumé : De 1932 à 1935, trois ans de la vie d'une petite ville d'Alabama vus à travers les yeux d'une petite fille dégourdie, Scout. Une époque marquée par la Dépression, la ségrégation, les préjugés et la religion mais aussi l'entraide entre voisins. Une époque où il fait pas bon être un avocat blanc défendant un noir accusé de viol...



Mon avis :
Je suis très contente d'avoir découvert ce livre grâce au Challenge Livraddict et à une lecture commune car ce roman est un délice ! Il n'est certes pas exempt de toutes petites longueurs parfois mais, malgré cela, c'est un excellent livre, un véritable enchantement.

Le livre raconte donc l'histoire de la famille Finch, composée d'Atticus, le père, qui élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Atticus Finch est un avocat d'une petite ville d'Alabama, Maycomb, qui peine à se remettre de la Grande Dépression. Finch est plus souvent payé en victuailles qu'en argent sonnant et trébuchant. Presque 70 ans après la fin de la guerre de Sécession, les préjugés raciaux battent encore leur plein et la ségrégation est le quotidien de toute la partie noire de la population. De même que les classes sociales sont extrêmement marquées, : il y a la classe moyenne de Maycomb qui ne se prive pas de juger les uns et les autres et est, à quelques exceptions près, bourrée de principes aussi bien religieux que sociaux. On trouve ensuite les ptits blancs, méprisés, pauvres et pouilleux  qui viennent à peine avant la population noire qui, elle, n'a droit à rien.

C'est dans ce contexte-là que Scout et Jem, 6 et 10 ans au début du roman, grandissent sous la responsabilité bienveillante de leur père et l'autorité de Calpurnia, la gouvernante noire. Les deux enfants adorent parcourir la ville et regardent les adultes évoluer avec une certaine curiosité. Élevés dans le respect et la tolérance, ils ne comprennent pas toujours leurs concitoyens... Ils adorent aussi faire des blagues avec leur copain Dill qui vient tous les étés. Et leur grand jeu est d'essayer de savoir à quoi ressemble leur voisin, Arthur "Boo" Radley, reclus depuis toujours.

Leur insouciance va prendre fin quand leur père va être commis d'office pour défendre un jeune noir accusé du viol d'une blanche. Au cours d'un procès d'anthologie, Atticus va essayer de changer le cours des choses en essayant de sauver son client désigné coupable par la vindicte populaire avant même le verdict du jury. Après cela, les enfants prendront conscience de l'injustice et de la cruauté d'une certaine société américaine...

Ce roman est un classique de la littérature américaine et est étudié dans les lycées outre-Atlantique. Ici, en France, il est curieusement peu connu. Avant que je le découvre sur la liste du Challenge Livraddict, je n'en avais jamais entendu parler et pourtant je ne lis pas que de la bit-lit ! :) 

Son auteur, Nell Harper Lee est une femme qui n'a écrit qu'un livre, celui-ci. Je pensais, curieusement que Harper Lee, son nom de plume, était un homme et j'ai lu dans la très intéressante Postface d'Isabelle Hausser qu'en fait on lui avait demandé d'abandonné le Nell qui faisait trop masculin ! Ah bon ? Pour moi Nell est un prénom féminin ! :) Enfin bon, passons ! Miss Lee écrivit son livre en 1960 en plein combat pour les droits civiques des noirs et l'abolition de la ségrégation. Cent après la fin de l'esclavage, rien n'avait vraiment changé dans le Sud des États-Unis, et ce roman situé dans les années 30 en est le parfait exemple. Elle reçut le prix Pulitzer pour cette belle histoire.

Le roman est un magnifique témoignage d'une époque difficile, l'après Dépression, et d'une certaine Amérique sudiste, raciste, religieuse à outrance et bourrée de préjugées. Le fait que ce soit raconté par une petite fille qui pose un regard curieux et malicieux sur tout ce qui l'entoure nous donne un livre plein d'humour, de tendresse et de tolérance. Outre l'Histoire, on assiste également à toute une myriade de scènettes cocasses ou tendres, mettant en lumière les voisins des Finch, leur parentèle ou leurs connaissances.

J'ai également beaucoup aimé tout la partie du procès ! Je ne suis pas férue de ce genre de chose mais la façon dont il se passe est vraiment passionnante ! Je me suis surprise à trépigner intérieurement pour savoir la suite ! :)

Le livre tient surtout par sa narratrice, la jeune Scout Finch. Âgée de 6 ans au début du roman, elle en a 9 à la fin. Pour ceux qui trouveraient que la petite Scout s'exprime trop bien pour une enfant aussi jeune, il ne faut pas oublier que c'est la narratrice adulte qui raconte des souvenirs d'enfant. De plus, Scout est une petite fille extrêmement éveillée ayant appris à lire très tôt, très curieuse et élevée par un père qui lui a toujours parlé comme à une adulte et non pas un bébé. J'ai vraiment adoré cette gamine drôle et qui entend vivre comme ça lui chante, et surtout pas comme une dame, en portant des salopettes ! :)

Ce livre et son héroïne m'ont fait penser, dès le début, à une série que je regardais ado, mettant en scène Jody Foster dans le rôle d'une gamine d'une dizaine d'années voyageant avec son père, escroc en bibles (ça ne s'invente pas !) dans l'Amérique des années 30 ! Comme Scout, c'était un vrai garçon manqué ! Cette série c'était "Qu'est-ce qui fait courir papa ou Paper Moon en anglais.


De même que cette petite fille me fait fortement penser à la petite Vanessa Guedj dans le Grand chemin de Jean-Loup Hubert.
Ne dirait-on pas Scout et Jem ? :)

Le personnage d'Atticus Finch est un personnage exemplaire ! C'est un homme intègre, fidèle, bon et généreux. Il ne se laisse pas non plus faire ! La façon dont il se bat pour essayer de sauver Tom Robinson de la potence est tout à son honneur, jamais il se déroge de sa ligne de conduite.

J'ai beaucoup aimé la relation qu'il avait avec ses enfants ! Père veuf, il ne les a pas élevés de façon conventionnelle, au grand dam d'une partie de la population et de la famille mais il en a fait des êtres curieux, ouverts et tolérants. Nul doute qu'il deviendront des adultes concernés par les problèmes de la société et qu'ils feront peut-être partie de ceux qui feront avancer les choses dans les années 60, surtout Jem.

Le jeune Jem est également un garçon ouvert et se posant beaucoup de questions. Au moment du procès, il arrive à l'adolescence et tout ce qui se passe à ce moment-là le fait énormément réfléchir. Concernant ses relations avec sa petite soeur, il est comme tous les grands frères, protecteur mais qui la jette quand il a autre chose à faire. :) En grandissant, il s'éloigne un peu de Scout ce qui chagrine beaucoup celle-ci qui a l'air de beaucoup aimer son frère.

Au début, je trouvais la tante Alexandra revêche et pas sympa (n'oublions pas qu'elle est vue à travers les yeux de Scout, ceci explique peut-être cela) mais au fil des pages, on sent qu'elle s'inquiète beaucoup pour les enfants et tient à eux. Bien sûr, elle essaie d'empêcher Scout d'être un garçon manqué mais je l'ai trouvée plus humaine sur la fin, après des engueulades avec son frère, quand même ! :)

J'ai beaucoup aimé Miss Maudie  qui se démarque de toutes les pipelettes et ces femmes de Maycomb qui mettent leur nez dans les affaires des autres et se permettent de critiquer tout le monde !

J'ai aussi beaucoup aimé (décidément je me répète ! ^^) tout ce qui tourne autour de Boo Radley, le voisin reclus depuis toujours et que les enfants, accompagnés de leur ami Dill, essaient de faire sortir par tous les moyens ! J'ai trouvé ce personnage invisible particulièrement émouvant, surtout sur la fin...

Le style d'Harper Lee est très agréable. Le livre est très bien écrit et la traduction est très bonne. Certains ont vu dans ce livre une autobiographie mais si la petite Scout peut-être en partie autobiographique ainsi qu'Atticus Finch, ça reste un roman.

Un film, Du silence et des ombres, avec Gregory Peck dans le rôle d'Atticus Finch a été tiré du livre. Peck obtint un Oscar pour ce rôle. Il va sans dire que je compte bien le regarder !

En conclusion, si vous voulez lire un excellent témoignage sur une époque difficile de l'histoire des États-Unis et si voulez savoir si Scout et Jem arriveront à faire sortir Boo de sa réclusion, précipitez vous sur ce livre. En ce qui me concerne, c'est mon deuxième 5 étoiles de 2010 !

Note :



Ce livre fait partie de mon Challenge Livraddict 2010
4/12

12 avril 2010

Orgueil et préjugés de Jane Austen


Titre original : Pride and Prejudice

Résumé : La vie d'Elizabeth Bennet et de son entourage dans l'Angleterre de la fin du XVIIIe siècle, sa rencontre avec le hautain Mr Darcy, l'orgueil et les préjugés des uns envers les autres...






Mon avis :
Ce livre est une surprise totale ! :) Comme le titre du livre, je faisais preuve de préjugés envers l'auteur en général et ce livre en particulier ! J'avais bien sûr entendu parler de Jane Austen en termes élogieux mais je n'avais jamais eu envie de vraiment lire ses romans les jugeant sans doute trop vieillots ou pour des jeunes filles évaporées et romantiques. Et ma seule référence concernant Orgueil et Préjugés était l'engouement de Bridget Jones (bonjour la référence ! :)) envers Mr Darcy joué par Colin Firth pour un film dont elle fait mention dans son Journal. Donc, je partais avec un à priori certain ! Et franchement, ce n'est pas la préface de Virginia Woolf, une vraie purge, ni les 80 premières pages que j'ai mis 3 jours à lire qui allaient me faire changer d'avis ! Ni même la couverture vraiment laide et triste de mon édition ! Et puis soudain le miracle eut lieu et j'ai dévoré le reste du roman ! Et j'ai vraiment beaucoup aimé !

L'histoire est donc celle de la famille Bennet qui vit dans une belle propriété de la campagne anglaise. Cette famille est composée des parents et de 5 filles, toutes bien différentes ! Le père est un homme affable qui aime avoir la paix et fait tout pour que sa femme et ses filles le laissent tranquille ! La mère est une femme qui parle à tort et à travers, est superficielle et plutôt sotte ! La fille aînée, Jane, est très jolie, très posée et voit le bien en chaque personne. L'héroïne du livre est la seconde fille, Elizabeth, une jeune fille de 21 ans, spirituelle, vive d'esprit, plutôt jolie et qui ne s'en laisse pas conter ! Elle est assez moderne pour son époque. Mary est la 3e, peu présente dans le livre (à mon avis), elle a tout l'air d'un bas bleu ! Les deux dernières filles, Kitty et Lydia sont frivoles et superficielles, à l'image de leur mère.

Leur vie est rythmée par les visites avec le voisinage ou les sorties en ville, rien de bien folichon. Aussi quand un riche et jeune gentleman londonien, Mr Bingley vient s'installer dans la propriété voisine, chacun y voit son avantage ! Surtout Mrs Bennet qui espère vite voir une des ses filles mariées à ce gendre idéal. Dans le sillage de Bingley, ses soeurs et son ami Mr Darcy. Celui-ci est un jeune homme de 27 ans à l'air hautain et cassant et portant des avis péremptoires lors de sa première sortie dans l'entourage des Bennet. Il va sans dire qu'il ne fait, dès lors, pas très bonne impression sur Elizabeth...

Le livre décrit donc les relations des uns et des autres, l'amour naissant puis contrarié de Mr Bingley et de Jane, les préjugés de Darcy envers la famille Bennet puis son intérêt pour Elizabeth, non payé de retour au début, l'attitude frivole et scandaleuse de Lydia, les relations entre les différentes classes sociales et on se demande qui des convenances ou de l'amour triomphera à la fin du livre.

C'est aussi une description de l'Angleterre de cette fin du XVIIIe où dès qu'un homme et une femme se parlent deux-trois fois, c'est qu'ils se plaisent et ils se retrouvent mariés avant de dire ouf... et encore si la fille apporte un dot conséquente ! Souvent, point d'amour  mais plutôt des convergences d'intérêt et, dans ces cas-là, on fera tout pour que les deux familles soient réunies par un mariage ! Et si le mariage ne se fait pas, le fiancé potentiel se tournera vers une autre jeune fille, sans état d'âme et en moins de temps qu'il ne faut pour dire " non" !
Pour nous, femmes libérées du XXIe siècle, il y a de quoi bondir mais c'était la norme jusqu'à il y a encore peu et cela existe encore dans bien des pays.

Heureusement, dans le roman de Jane Austen, on y parle quand même d'amour et on le vit. Mais halte là ! Point d'emportement passionné, n'exagérons rien ! On ne s'embrasse pas, on se contente de se tenir la main et, surtout, on ne parle pas de sexe ! Quant à le faire... On le suppose puisque les femmes mariées se retrouvent dans des "situations intéressantes" comme c'est le cas de Charlotte Lucas mariée à Mr Collins, le cousin des Bennet. Il faut dire que Miss Austen resta vieille fille jusqu'à la fin de sa vie (41 ans). Elle n'était peut-être pas très au fait de ces choses-là, ceci explique peut-être cela ! ;)

Alors, comment ai-je pu être charmée par ce livre somme toute très conventionnel ? Grâce au style de l'auteur principalement, qui rend la lecture de son roman très agréable, très fluide et avec des petites pointes d'humour. Grâce à, surtout, ses personnages très bien troussés, à commencer par Elizabeth.

C'est ce personnage plutôt moderne qui rend le livre vraiment bien ! Elle n'entre pas dans le carcan de l'époque, elle ose dire tout haut ce qu'aucune jeune fille de l'époque ne dirait tout bas. Elle rit, elle pleure, elle réfléchit, elle n'est pas tête de linotte comme ses jeunes soeurs, ni aveuglée par la bonté comme sa soeur aînée, elle a les deux pieds sur terre et dit non quand elle le pense ! À commencer par refuser de se marier tout net avec son cousin, Mr Collins, un clergyman confit de bêtise et de préjugés ! Ce qui aurait pourtant bien fait les affaires de la famille Bennet, une disposition dite "entail" laissant la propriété à ce personnage à la mort de Mr Bennet aux dépens de Mme et des filles, directes descendantes ! Encore un aspect de la misogynie de l'époque.
Plus tard, Lizzy tiendra également tête à la redoutable Lady Katherine, tante de Mr Darcy, peu habituée à ce genre de façons !

Quant à Mr Darcy, j'ai été très étonnée car, finalement, on en parle beaucoup dans le livre mais il est physiquement peu présent ! J'arrive même à me demander comment ils peuvent avoir des sentiments sur tous ces longs mois ! Pour ce qui est de son caractère, c'est vrai qu'il parait pédant et mal embouché au début mais je pense, à sa décharge, qu'il ne doit pas beaucoup aimer les mondanités et que ça l'ennuyait au plus haut point d'assister à cette soirée un peu frivole. Je peux le comprendre ! Je ferais aussi ma mauvaise tête dans ce cas-là ! :) En fait, je pense qu'il est assez réservé, avec les pieds sur terre et loin de tous les jeunes gens légers que les filles Bennet ont l'habitude de fréquenter. La suite du livre nous prouve que sous des dehors sévères, Mr Darcy, Fitzwilliam de son petit nom, est ouvert et n'est pas tout ce à quoi on s'attendait. Je trouve que Lizzy et lui se complètent à merveille et forment un très beau couple !
Je vous épargne le reste des personnages, j'en ai déjà évoqué un certain nombre, il y en a de nombreux autres dans cette histoire, un peu trop même, j'étais un peu perdue au début du livre.

En conclusion, une évocation un peu surannée mais très séduisante et charmante de l'Angleterre de la fin du XVIIIe siècle. Je m'imagine très bien Elizabeth et sa soeur se promenant dans le parc avec leurs ombrelles tout en se faisant des confidences. Et si vous voulez savoir si Miss Bennet aimera et épousera Mr Darcy, lisez ce livre indémodable. Quant à moi, cela m'a donné envie de découvrir d'autres romans de Miss Austen, et c'était loin d'être gagné d'avance quand j'ai commencé Orgueil et Préjugés !


Note :



Ce livre fait partie de mes lectures dans le cadre du Challenge Livraddict 2010. C'est le 3e lu depuis le début de l'année.

3/12