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08 janvier 2012

Jane Eyre de Charlotte Brontë

Résumé :
Orpheline, Jane Eyre, recueillie bébé par son oncle et sa tante, est élevée par cette dernière sans la moindre chaleur pendant 10 ans. Jane passe ensuite 8 ans en pension avant de devenir l'institutrice de la petite Adèle, pupille de Mr. Rochester. Jane, ne répondant pas aux canons de la beauté en vigueur à l'époque mais dotée d'une admirable force de caractère, devra surmonter bien des épreuves avant de trouver le bonheur...




Mon avis :
Jane Eyre fait partie de ces classiques qu'il faut avoir lu. Et lu je pensais l'avoir fait jusqu'à ce que je lise L'affaire Jane Eyre de Jasper Fforde et que je m'aperçoive qu'en fait pas du tout ! :) Je dois dire que je suis agréablement surprise car je ne m'attendais pas à aimer autant et au final, j'ai eu un vrai coup de coeur pour ce roman.

Élevée sans amour par une tante par alliance, Jane Eyre, pauvre et orpheline, est mise en pension à l'âge de 10 ans. Au bout de 8 ans et devenue institutrice, elle est employée pour s'occuper d'Adèle, la pupille de Mr Rochester. Celui-ci semble développer un intérêt particulier envers la jeune fille qui, pourtant, ne correspond pas aux canons de la beauté en vigueur dans l'Angleterre du début de l'ère victorienne tandis que celle-ci semble éprouver une certaine attirance envers cet homme qui a le double de son âge. Hélas, bien des embûches et des malheurs se dressent sur leur route et la jeune femme devra faire preuve de beaucoup de courage pour les surmonter et trouver le bonheur...

J'ai aimé d'emblée ce roman mais j'ai eu peur que ma lecture soit longue et pesante. D'abord, mon édition est écrit tout petit et serré sur plus de 500 pages et toute la partie concernant son enfance chez sa tante, les privations, les vexations sont bien tristes et on croirait presque voir Cosette ! Heureusement, dès que Jane quitte sa famille pour aller en pension, on entre pleinement dans le vif du sujet et j'ai été peu à peu conquise par cette histoire et sa narratrice pour finir par vraiment adorer ce livre.

C'est d'abord une très belle histoire d'amour entre deux êtres que tout oppose et qui doivent surmonter bien des chagrins pour se trouver. J'ai trouvé cette histoire passionnante et on vibre de savoir ce qu'il va arriver, comment ça va évoluer et se terminer ! Je n'ai, bien sûr, pas pu m'empêcher de comparer avec les romans de Jane Austen, même si ce n'est pas pas tout à fait la même époque, et je dois dire que même si le romantisme discret d'Austen me plaît beaucoup, j'ai préféré quand même qu'ici on parle vraiment d'amour, avec passion, exaltation, qu'on s'embrasse, qu'on se touche, que Miss Brontë parle de sexe (enfin pas de façon abrupte, hein, on est pas dans un roman bit-lit :)) et qu'on ne se cache pas derrière des pudeurs et des non-dits. Parce que chez Jane Austen, avant d'assister à un baiser, faut se lever de bonne heure ! Bref, j'ai été conquise par l'amour que se portaient ces deux êtres peu choyés par la vie et je dois dire que - en spoilant un peu - leurs retrouvailles m'ont beaucoup émue.

Derrière l'histoire d'amour, c'est aussi un témoignage de son époque que nous livre-là Charlotte Brontë, les us et coutumes de la haute société anglaise du milieu de XIXe siècle, les convenances, les mariages de raison, la façon dont sont traités les gens bien nés mais pauvres et l'on retrouve tout cela aussi bien au début quand Jane vit chez sa tante que toute la partie où Rochester reçoit ses amis (et amies) à Thornfield ou encore la façon dont vivent Diana et Mary Rivers, parentes de Jane.

Il y a aussi un côté surnaturel (des fantômes, des cris, des événements mystérieux) qui avait la cote à cette époque parce que la haute société aimait bien jouer avec le fantastique (d'où une scène de "voyance" à un moment) et qui entre pour beaucoup dans le secret qui entoure Thornfield et qui donne une atmosphère un peu lugubre et pesante à l'endroit.

Ah et on sent que les anglais se sont pas les copains des français (au XIXe, les guerres avec Napoleon n'étaient pas si loin...) car faut voir ce que l'auteur nous passe ! :)

C'est peu de dire que j'ai aimé le personnage de Jane Eyre. J'ai adoré ce petit bout de femme, volontaire, passionnée, qui n'hésite pas à dire ce qu'elle pense et faire ce dont elle a envie ! Elle a un sacré caractère mais reste adorable en toute circonstance. L'auteur a certainement mis tout ce qui lui tenait à coeur dans ce personnage, féministe et indépendant. On voit que Jane se veut l'égale des hommes et n'entend pas se faire entretenir, quitte à vivre chichement. Elle n'est pas du genre à minauder pour obtenir quelque chose et c'est vraiment ce que j'ai aimé chez elle. C'est aussi pour cela que j'ai aimé sa relation avec Rochester car tout en restant polie et consciente de sa position, elle n'hésite pas à lui dire les choses comme elle le sent et à lui tenir tête. Elle est vraiment attachante.

J'ai des sentiments assez contradictoires concernant Rochester. Je trouve très bien qu'il ne soit pas un héros sans reproches mais je l'ai trouvé vraiment culotté parfois ! Culotté dans sa façon de faire croire qu'il en aime une autre et qu'il va l'épouser pour rendre Jane jalouse (ouh le vilain !), et vraiment salaud quand il cache des gros secrets à Jane et qu'elle est humiliée et qu'il pense que Jane pourrait encore rester avec lui quand tout est découvert ! Edward, tu ne connais pas les femmes, toi ! :) Je l'ai trouvé beaucoup plus attachant et touchant à la fin, une fois qu'il n'a plus cette morgue et cette dureté qui le caractérisaient parfois.

J'ai beaucoup aimé Diana et Mary, dont j'ai parlé plus haut. Ce sont vraiment des rayons de soleil dans la vie de Jane et je les ai trouvées fort sympathiques.

En revanche, j'ai moins aimé St.-John, leur frère, sympathique au début mais finalement assez prétentieux et compassé et qui ne fait aucun cas des autres tellement il est tourné vers sa vocation religieuse.

J'ai beaucoup aimé le style de l'auteur qui tout en ayant un charme désuet est finalement assez moderne. Ce n'est pas de la dentelle comme peut l'être celui de Jane Austen mais il est finalement plus réaliste, plus facilement compréhensible et tout aussi efficace. J'ai peut-être trouvé que c'était parfois, comment dire, exalté, grandiloquent dans certains cas, mais passionné également et on ressent bien les émotions de Jane. C'est elle la narratrice et j'ai beaucoup aimé les petits clins d'oeil qu'elle fait au lecteur. J'ai adoré sa façon décrire les paysages (particulièrement la lande) et certaines situations.

En conclusion, voilà un vrai coup de coeur et je suis ravie d'avoir découvert ce classique de la littérature anglaise qui me donne envie de relire L'affaire Jane Eyre pour mieux comprendre certains passages maintenant que j'ai lu l'original ! :) Et si vous voulez savoir quel est ce secret que cache Rochester et si Jane et lui arriveront à surmonter les obstacles et les peines pour faire triompher leur amour, lisez ce livre, lisez-le ! Quant à moi, j'espère bien le relire un jour !

Note :



C'est une lecture commune organisée par Arcaalea avec dingue-de-livres, Caya, LIZI, Aaliz, Mia, loki44, Elora, StupidGRIN, Platinegirl.

Ce livre fait partie du Big Challenge Livraddict
1/12

du Baby Challenge Classique
17/20

et du Challenge ABC 2012 de Nanet
1/26

Et l'auteur est anglaise, il fait partie du Challenge God Save the Livre d'Antoni
7/5

13 décembre 2011

De bons présages de Neil Gaiman et Terry Pratchett

Titre original : Good Omens

Résumé :
Tout est en place pour que l'Apocalypse ait lieu samedi prochain. Un bébé a été échangé contre l'Antechrist, il y a 11 ans, Aziraphale, l'ange et Crowley, le démon, sur terre depuis depuis 6000 ans et ayant pris des mauvaises habitudes d'humains, sont là pour superviser que tout se passe bien, les 4 Cavaliers de l'Apocalypse sont en embuscade et tout a été prévu dans le livre de prophéties d'Agnès Nutter, sorcière. Mais il semblerait que le Plan Ineffable ait eu un micmac lors de l'échange des bébés et que certains ne soient pas aussi enthousiastes à l'idée que le monde se termine...



 Mon avis :
De Neil Gaiman, j'ai lu Neverwhere, American Gods et Nobody Owens. J'avais beaucoup aimé les deux premiers, le 3e étant un peu trop jeunesse à mon goût. De Terry Pratchett, je n'avais encore rien lu jusqu'à présent mais je sais que ses Annales du Disque-Monde sont des livres fantasy déjantés et il n'en fallait pas plus que ce Good Omens me tente bien. Et comme il fait partie de divers challenges Livraddict, il n'en fallait pas plus également pour que j'aie envie de le lire. Et je dois dire que je me suis régalée à le lire, surtout en VO.

Voilà 6000 ans que les forces du Bien et du Mal s'équilibrent et que leurs représentants sur Terre, l'ange Aziraphale pour le Bien et Crowley pour le Mal vivent au milieu des humains, ayant adoptés leur façon de vivre et venant à les apprécier. Et on pourrait même dire que ces deux-là sont devenus amis au fil des ans ! Or voilà que la fin du monde est annoncée pour samedi prochain et que tout le monde est sur le pied de guerre, à commencer par les quatre Cavaliers de l'Apocalypse qui n'attendent que ça.

Il y a 11 ans, Crowley a procédé à l'intégration de l'Antéchrist sur Terre en échangeant un nouveau né contre le rejeton du Diable et que tout repose sur lui mais un micmac a fait que le supposé Antéchrist que chaque camp a essayé d'éduquer selon ses principes n'est pas le bon, et que le vrai est devenu un petit garçon tout à fait normal et peu conscient des pouvoirs qu'il pourrait avoir. Voilà qui risque fort de gripper la belle mécanique mise en place, le moment venu, d'autant plus que Crowley et Aziraphle ne sont plus très chauds pour que le monde dans lequel ils vivent soient détruit...

Tout d'abord, je voudrais préciser que j'ai lu le livre en version originale et qu'apparemment dans la version française, certains noms ont été traduits. C'est ainsi que Crowley (de Crawl : ramper) est devenu Rampa ou que Agnès Nutter (de Nut : dingue) est devenue Agnès Barge. Quoi qu'il en soit, je vais garder les noms anglais.

Si vous avez l'esprit terre à terre, il faudra passer votre chemin car ce livre ne vous plaira sûrement pas. Il est complètement farfelu, plein de jeux de mots, de situations parfois absurdes (ah le fameux humour britannique !) et c'est souvent un joyeux fouillis mais qui finalement tient vraiment bien la route. Moi, j'ai adoré.

J'ai d'abord adoré l'histoire elle-même, cette fin du monde mise en place dans ses moindres détails, que tout le monde attend (tout le monde étant les forces du bien et du mal, pas vous et moi, hein !) et dont la belle mécanique risque de se gripper par la faute d'un petit garçon élevé comme un humain.

J'ai beaucoup aimé les histoires concernant Aziraphale et Crowley, Adam Young (le jeune Antéchrist), les Cavaliers de l’Apocalypse (qui sont devenu des motards avec le monde moderne) et Anathema Device (Anathème Bidule en VF),. Il y a plein de trouvailles qui font dire "mais comment ils peuvent trouver tout ça ?" et c'est vraiment sympa à lire.

Bien sûr, tout n'est pas excellent dans ce livre, il y a parfois des longueurs, des passages peu intéressants (concernant Shadwell, un personnage qui est Witchfinder - qui trouve donc les sorcières) et qui m'ont parfois barbée mais dans l'ensemble, c'est du tout bon.

Mes deux personnages préférés sont sans contestation Crowley et Aziraphale. J'ai même trouvé dommage qu'on ne les voit pas plus souvent car ils sont vraiment sympas. Crowley surtout qui, tout démon qu'il soit, ne peut s'empêcher d'éprouver quelque chose pour ces pauvres humains dont il a pris les habitudes. Et c'est marrant que les K7 audio (ça a été écrit en 1990) qu'il met dans sa voiture se transforment toutes en chansons de Queen. Quant à notre ange transformé en libraire, il est sympa comme tout et pas si angélique que ça !

J'ai bien aimé le petit Adam Young, notre Antéchrist. Un peu sûr de lui au début, il délivre un message de paix et d'espoir qui doit mettre papa Diable en fureur ! ^^ Je ne veux pas plus en parler car bon, je ne vais pas raconter tout le livre non plus ! :D

D'autres personnages m'ont encore bien plu comme les quatre motards qui suivent les 4 cavaliers de l'Apocalypse et qui décident de changer leurs noms pour faire comme Guerre, Famine, Pollution et Mort. C'est un passage très marrant. Parmi les Cavaliers, j'ai bien aimé que Famine soit le roi des régimes destructeurs ! Très actuel...

J'ai aussi beaucoup aimé Anathema Device même si je trouve que son personnage reste finalement décrit de manière superficielle.

Je n'ai pas réussi à distinguer les styles de Gaiman et Pratchett. Je ne maîtrise pas assez bien l'un et l'autre pour en être vraiment connaisseuse. Disons qu'il y a un ton loufoque qu'on peut attribuer à Pratchett d'après ce que je sais et une manière de raconter parfois qui m'a fait penser à American Gods. En tout cas, j'ai beaucoup aimé la façon dont l'histoire était racontée, les tournures de certaines phrases, les jeux de mots. Je n'ai sans doute pas saisi toutes les subtilités mais, dans l'ensemble, j'ai bien compris ce qui se disait ! :) Je suis d'ailleurs ravie car je pensais vraiment galérer davantage ! En tout cas, je le répète, j'aime beaucoup lire cette façon de raconter des histoires. À noter des notes de bas de pages régulières qui sont pleines d'humour.

En conclusion, un livre fou fou fou sur l'Apocalypse et comment l'arrêter. Et si vous voulez savoir si cette Apocalypse arrivera vraiment samedi prochain et pourquoi toutes les K7 audio de Crowley deviennent des chansons de Queen, lisez ce livre !

Note :



Ce livre fait partie du Big Challenge 2011 de Livraddict
13/12

Il fait aussi partie du Baby Challenge Fantasy toujours de Livraddict
10/20

Avec Monsieur Gaiman, c'est ma lettre G du Challenge 26 livres - 26 auteurs de Nanet
15/26

Je l'ai lu en anglais donc il fait partie du Challenge Read in English de Petit-lips
17

Et comme les auteurs sont anglais, il fait partie du Challenge God Save the Livre d'Antoni
6/5
Et comme je l'ai lu en anglais et que je devais lire au moins un livre VO d'un auteur anglais pour ce challenge
(dans la catégorie Queen Mom),
j'ai donc accompli ma mission !

13 octobre 2011

Hamlet de Shakespeare

Résumé :
Hamlet, prince de Danemark, apprend par le spectre de son père que celui-ci fut assassiné par Claudius, son frère, qui épousa ensuite la mère d'Hamlet, le corps du défunt à peine refroidi. Hamlet se met en tête de jouer les fous afin de confondre son oncle...






 Mon avis :
Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas lu de théâtre, pratiquement 30 ans, en fait, alors que j'aimais bien ça, à l'époque. De Shakespeare, j'avais déjà lu Roméo et Juliette ainsi que Songe d'une nuit d'été dont je garde un excellent souvenir.

Je ne sais pas si j'aurais lu Hamlet sans Jasper Fforde. Quel est le rapport, me direz-vous ? Le rapport c'est que dans sa série Thursday Next, que j'adore, on entre et on sort dans les livres comme qui rigole et parfois on change des intrigues.
M'étant fait avoir sur L'affaire Jane Eyre (je n'ai pas lu Jane Eyre, shame on me), je n'entendais pas me trouver comme une idiote en lisant le tome 4 de Thursday Next, Sauvez Hamlet ! C'est pourquoi j'ai voulu lire la pièce avant. Qui m'a plu. Sans plus.

Hamlet est un jeune prince du Danemark dont le père est mort voici deux mois et dont la mère s'est remariée au bout d'un mois avec Claudius, l'oncle d'Hamlet. Un jour, le spectre de son père lui dit qu'il a été assassiné par Claudius et Hamlet décide alors de se venger. Pour cela, il va jouer la folie et va devoir anéantir les sentiments amoureux que la douce Ophélie éprouve envers lui...

Je m'étais acheté la version bilingue en pensant lire cette pièce en anglais tout en jetant un oeil vers la version française de temps en temps. Évidemment, l'anglais ancien de Shakespeare n'est pas aussi évident à comprendre que l'anglais de la bit-lit ou du Young Adult. Donc je suis vite passée à la version française. J'aurais pu persister dans ma lecture VO que je trouvais très belle mais je pense qu'on y serait encore. Donc j'ai préféré privilégier le confort de lecture plutôt que de me perdre à essayer de comprendre ce que voulait dire chaque personnage.

L'histoire elle-même est archi-connue dans ses grandes lignes, mais je ne connaissais pas les détails de ce qui arrivait à Hamlet. C'est fascinant de découvrir le personnage, son histoire et de se dire que, finalement, 400 ans après, on parle toujours de ce drame.

Concernant ma lecture, c'est une tragédie en 5 actes d'inégales longueurs. Ça se lit vite car le livre est peu épais mais j'avoue avoir eu un peu de mal à entrer vraiment dans la pièce. La trame est somme tout classique, une histoire de vengeance familiale, les protagonistes complotent, veulent se tuer mutuellement, y arrivent parfois et entre le début et la fin, le personnage principal aura beaucoup monologué sur les difficultés de la vie, sur sa mission, ses amours, et j'en passe.

J'ai bien aimé mais j'ai trouvé qu'il était parfois un peu difficile à comprendre ce que voulaient ou pensaient vraiment les personnages (mes neurones doivent être vieux et/ou fatigués) et j'ai trouvé que tout était très rapide. Comme c'est une pièce, on ne sait pas combien de temps il se passe entre le début et la fin, les gens entrent, sortent, vont, viennent, on apprend qu'ils sont partis au loin et on a l'impression que tout ce passe en une semaine alors qu'il doit se passer des mois. Donc, cela m'a un peu perturbée.

Je ne dois pas être la seule à avoir eu de la difficulté à comprendre parfois, puisque le texte est truffé de chiffres qui renvoient à des notes explicatives en fin de livre. Ça aide bien à comprendre ce que veulent dire les personnages à vrai dire, qui parlent parfois de façon imagée ou absconse. Le seul souci est de devoir jongler entre notre lecture et les notes de fin, ce qui hache un peu la lecture.

J'ai aussi beaucoup aimé la préface et toute la postface qui là aussi analyse parfaitement la pièce et nous la rend plus accessible.

Concernant les personnages, c'est Hamlet, bien sûr, qui est au centre de tout et donc est le personnage le plus intéressant même si finalement, je ne le trouve pas aussi présent que je ne le pensais. On parle beaucoup de lui par personnages interposés et ça nous empêche de l'apprécier vraiment. Et quand il joue la folie, je l'ai trouvé plus neuneu que vraiment dérangé. En fait, c'est difficile d'avoir vraiment de l'empathie pour lui car tout ce qui lui arrive est trop rapide.

L'autre personnage que je retiendrai c'est Ophélie. Je connaissais son nom, savait qu'elle était un personnage de la pièce mais n'en savait pas plus. Là, aussi, je trouve que c'est un personnage principal trop vite esquissé. Et tout ce qui lui arrive ou son destin nous est conté par d'autres. En plus, au début, je n'ai vraiment pas trouvé qu'il y avait vraiment des sentiments amoureux entre Hamlet et Ophélie. C'est évoqué mais quand on les voit ensemble, c'est assez flou. En revanche, j'ai trouvé qu'il y avait pas mal d'allusions grivoises de faites, et particulièrement de son fait.

Claudius, l'oncle fratricide est machiavélique et salaud à souhait. Je n'ai pas réussi à déterminer si la mère d'Hamlet était complice ou si elle fermait simplement les yeux sur les événements...

Il y a pléthores de personnages annexes ce qui fait qu'on s'y perd un peu et qu'on est parfois obligé de revenir au début du livre voir qui est qui dans la liste des personnages. Du coup, le reste des protagonistes restent dans le flou.

Concernant le style, la version anglaise est de toute beauté, même si je n'ai pas lu le livre en entier dans cette langue. C'est une langue qui chante et qui enchante, on y sent toute la poésie que l'auteur a mise dans son écriture. D'un autre côté, c'est assez difficile à lire avec des tournures de phrases assez obscures parfois. La version française est très bonne également, il n'y a rien à dire dessus si ce n'est que parfois c'est un peu alambiqué.

En conclusion, un classique de la littérature anglaise que je suis ravie d'avoir découvert même si je ne suis pas plus emballée que ça par les atermoiements d'Hamlet. Et si vous voulez savoir pourquoi être ou ne pas être est la question et s'il y a vraiment quelque chose de pourri au royaume de Danemark, lisez cette pièce quadricentenaire !

Note :




Ce livre-là fait partie du Baby Challenge Classique Livraddict
11/20

Il fait aussi partie du Challenge God Save the Livre d'Antoni
5/5
Youpi, j'ai atteint mon objectif, il ne me reste plus qu'à lire en VO un livre d'un auteur anglais !
J'aurais pu avec celui-ci mais c'était vraiment trop ardu.

Et il fait également partie du challenge Vie de Château de de Cess, Pimpi et Mlle Pointillés
2/2

30 août 2011

Avant d'aller dormir de S.J. Watson

Titre original : Before I go to Sleep

Résumé :
Chaque matin, Christine Lucas se réveille dans une maison qu'elle ne connaît pas, auprès d'un inconnu. Tous les matins, Ben, son mari doit  lui remettre en mémoire sa vie. À la suite d'un grave accident, il y a 20 ans, Christine est devenue amnésique et elle oublie sa vie chaque soir en s'endormant. Mais avec l'aide de son nouveau médecin, elle tient un journal dans lequel elle note les évènements de sa journée. C'est en le lisant chaque matin qu'elle va s'apercevoir d'incohérences par rapport à ce que lui dit son mari...

Mon avis :
C'est en entendant une très bonne critique sur ce livre dans une émission de radio début août que j'ai eu envie de le lire. Mon anniversaire arrivant juste après, j'ai eu la surprise de me le voir offrir par mes enfants et il ne sera donc pas resté bien longtemps dans ma Pal (pour une fois, j'entends dire, là, au fond ! ^^). Je dois dire que si la trame est sans grande surprise, ce thriller psychologique m'a vraiment plu et que je l'ai lu très vite.

Depuis un accident survenu il y a 20 ans, Christine Lucas est atteinte d'une rare forme d'amnésie. Nos seulement ses souvenirs ont disparu, mais les nouveaux qu'elle se fabrique chaque jour disparaissent pendant son sommeil et elle se réveille chaque matin en pensant qu'elle est très jeune et en se demandant où elle se trouve et quel est cet inconnu qui dort auprès d'elle. Chaque matin, donc, Ben, son mari, doit lui réapprendre sa vie et il le fait avec un dévouement et une patience rare.
Tous les traitements essayés ayant échoué, Christine croit beaucoup en son nouveau psychiatre, le Dr Nash qui lui conseille de tenir un journal jour après jour. En le relisant chaque matin, Christine va trouver des incohérences entre ce que lui raconte son époux et ce qu'elle écrit...

Ce n'est sûrement pas le thriller de l'année mais je dois dire que j'ai beaucoup aimé ce livre qui est bien fait et très efficace. J'ai veillé tard  pour avancer dans l'histoire (et je l'ai lu en 3 jours) et le combat de Christine pour trouver un sens à sa vie, à ses souvenirs et à ce qu'on lui disait m'a bien plu.

Même si le principe est un peu redondant - Christine est comme un nouveau né chaque matin et réapprend à se réapproprier sa vie, chaque jour, elle écrit dans son journal et lit les entrées des jours précédents - je ne me suis jamais ennuyée, même si pendant une bonne partie du livre, il ne se passe pas vraiment grand chose.

Mais c'est bien car on avance au même rythme qu'elle et on se demande avec elle ce qu'il se passe. Le fait qu'elle n'ait pas de mémoire nous rend la lecture angoissante et stressante en nous faisant demander comment ça va finir et quel est le fin mot de l'histoire.

Concernant le fin mot de l'histoire justement, je me suis prêtée au jeu des suppositions pendant tout le livre mais finalement la trame finale se dessine au fur et à mesure que l'histoire avance. Ce n'est pas le mieux du livre et ce n'est pas surprenant et je trouve que tout se résout un peu facilement. Mais comme le reste est prenant, ça ne m'a pas dérangée.

J'ai beaucoup aimé Christine, et on prend à coeur son combat pour connaître son passé et retrouver ses souvenirs. Le fait qu'elle soit la narratrice et celle qui est perdue chaque matin nous rend sa situation aussi angoissante que ça doit l'être pour elle.

Concernant les autres personnages, comme ils sont vu à travers les yeux de Christine, on ressent pour eux ce qu'elle ressent. Ben est vu comme un homme amoureux mais qui cache des choses et donc peu fiable à nos yeux. Quand au docteur Nash, il a l'air sympathique et engagé dans son combat pour Christine mais comme avec Ben, je me suis demandé constamment s'il n'y avait pas un vaste complot derrière les apparences et j'ai eu tendance à trouver tout le monde suspect ! :)

Le style de l'auteur est fait de phrases courtes ce qui donne parfois une impression de sécheresse. Comme un  constat clinique. Mais au-delà, il arrive à nous embarquer dans son histoire et à nous donner envie d'en savoir toujours plus.

En conclusion, un thriller psychologique de bonne facture qui sans être follement palpitant vous tiendra en haleine jusqu'au bout afin de découvrir la vérité. Et si vous voulez savoir si Christine va sortir de son amnésie, s'il y a complot ou machination visant à la maintenir dans ce flou permanent, lisez ce livre !

Note :



Et comme il s'agit d'un thriller psychologique,
il entre logiquement dans le Challenge Thriller de Cynthia !
1/5

Et l'auteur étant anglais,
il fait aussi partie du Challenge God save the Livre d'Antoni !
4/5

15 août 2011

Raison et sentiments de Jane Austen

Titre original : Sense and Sensibility

Résumé :
Elinor et Marianne Dashwood sont deux sœurs on ne peut plus différentes. La première est réservée et raisonnable tandis que la 2e est extravertie et hypersensible. Elinor soupire après Edward tandis que Marianne connaît les affres de la passion non partagée auprès du vil Willoughby.



Mon avis :
Voici le troisième Jane Austen que je lis et le deuxième cette année. Alors que j’avais beaucoup aimé Orgueil et préjugés et surtout Persuasion, ce Raison et sentiments, bien que très plaisant, m’a laissée sur une note moins enthousiaste.

Elinor Dashwood est une jeune fille sage et raisonnable toujours encline à la réflexion avant d’agir. Tout le contraire de sa sœur, Marianne, toujours enjouée, enthousiaste et extravertie et qui ne jure que par l’amour passion. Toutes deux vont connaître les affres de l’amour contrarié, la première de façon silencieuse, la deuxième de façon brutale et passionnée.

Comme je l’ai dit en préambule, je suis moins enthousiaste avec ce Raison et sentiments qu’avec mes deux précédents Jane Austen. À cela plusieurs raisons :

La première est que j’ai mis longtemps à le lire. 6 jours pour moins de 400 pages, c’est très long pour moi, même si je ne lis pas vraiment très vite. Et cela d’autant plus que j’ai lu la 2e moitié du livre en deux jours. Donc le début a été assez laborieux, pas par ennui mais plus par manque de temps.

Or, pour vraiment apprécier un roman de Jane Austen, il ne faut pas lire 10 pages par-ci, par-là ! Il faut rentrer dedans, s’imprégner du style et de l’histoire et se les approprier ! Ce que je n’ai pas réussi à faire sur les 150 à 200 premières pages.

L'autre raison est que contrairement à mes deux précédents Jane Austen, l'histoire bien que très charmante, m'a moins emballée. J'ai trouvé que le carcan social avec ses codes, ses non-dits, ses suppositions, et ses supputations était un peu lourd et que l'aimable marivaudage que j'aimais bien avait trop goût de vaudeville. Je veux surtout parler des deux histoires d'amour supposées d'Elinor et Marianne où l'on en parle beaucoup sans qu'il se passe quelque chose et que j'ai trouvées fades et pas vraiment intéressantes, enfin surtout pour Elinor. Ça m'a un peu agacée, à vrai dire.

Cependant la façon dont Jane Austen croque ses contemporains reste toujours un vrai délice et les scènes de vie des uns et des autres, de ceux qui ne recherchent que l'argent et la notoriété et de ceux qui sont vraiment philanthropes m'ont énormément plu. J'ai beaucoup aimé la façon dont, encore une fois, les héroïnes de Jane Austen étaient libres et pas du tout en accord avec les conventions de leur temps. Et je suis toujours étonnée que les jeunes filles se promènent avec des jeunes gens sans chaperon (même si on a tendance à vouloir les fiancer au bout de la 2e promenade ! :))

La vie des femmes Dashwood à Barton est vraiment intéressante ainsi que les semaines passées à Londres. J'aime beaucoup le regard ironique que Miss Austen porte sur ses contemporains plein de préjugés et les croque jusqu'à la caricature pour certains. Mais au contraire de l'histoire elle-même, on ne tombe jamais dans l'agacement quand elle dépeint la vie des Anglais de cette fin du XVIIIe.

Concernant les personnages, les deux principaux sont Elinor et Marianne Dashwood, respectivement 19 et 17 ans.

J'ai mis un peu de temps à apprécier Elinor que je trouvais trop effacée, dont on se savait finalement pas grand chose. Mais j'ai fini par aimer cette jeune fille raisonnable dont l'avis compte pour de nombreuses personnes à commencer par sa mère et sa soeur. En revanche, franchement, son histoire avec Edwards Ferrars et tout ce qu'il y a autour m'a laissée indifférente.

J'ai eu beaucoup de mal avec Marianne au début que je trouvé écervelée et superficielle. mais il ne fallait pas oublier que c'était une toute jeune fille de 17 ans, excessive et extravertie et qu'on pouvait lui pardonner l'élan de la jeunesse. Mais, petit à petit, elle a su me conquérir surtout par sa façon de dire haut et fort ce qu'elle pensait devant les gens bien-pensants. J'ai trouvé qu'elle avait beaucoup de caractère et cette langue bien pendue m'a plu. Et comme pour Elinor, son histoire avec Willoughby m'a laissée de glace ainsi que son amoureux transi, le colonel Brandon.

Il y a de nombreux autres personnages et j'avoue avoir été un peu perdue parfois parmi les membres d'une même famille surtout les femmes portant le nom de leur mari ! Aucun de ces personnages ne m'a vraiment marquée à part Mrs Jenning qui, si je me rappelle bien, est la mère de Lady Middleton dont le mari loue un cottage à la famille Dashwood. J'ai trouvé cette Mrs Jennings, qui voit des mariages partout dès qu'une jeune fille parle d'un jeune homme, bien sympathique.

Edward Ferrars, le jeune homme après qui Elinor soupire est certes charmant, mais je ne lui ai trouvé aucune consistance et on ne le voit pratiquement pas du livre. Mais on en parle beaucoup. Pareil pour Willoughby ou le colonel Brandon qui ont finalement peu de consistance également et ne sont finalement que des personnages un peu lointains (même si Brandon est assez touchant).
Doit-on mettre cela sur la jeunesse et l'inexpérience de l'auteur en matière de relations amoureuses puisque ce roman fut son premier écrit ? En tout cas, comme avec ses autres livres, tout ça reste très prude et chaste. On pratique l'amour courtois, rien d'autre, même si Marianne est plus passionnée que les autres ! :)

D'autres personnages sont carrément odieux et désagréables comme Lady Middleton, justement ou la belle-soeur des soeurs Dashwood.

J'ai eu un peu de mal avec le style de Jane Austen. J'ai toujours un peu de mal à entrer dans un de ces livres car il faut le temps de s'adapter à certaines tournures de phrases mais là, j'avoue que j'ai trouvé parfois les phrases longues, certaines un peu brouillonnes ou confuses et j'ai trouvé que c'était très dense. Et je ne sais pas si ça vient de l'auteur ou de la traduction mais certaines phrases contenaient beaucoup de négations si bien que parfois je me demandais ce que l'auteur voulait dire et si c'était positif ou négatif ! :D J'ai vraiment eu parfois l'impression d'être sotte à manger du foin ! Mais, je ne veux pas être négative car dans l'ensemble, j'ai quand même bien apprécié de retrouver l'écriture de Jane Austen.

En conclusion, un roman qui m'a moins enthousiasmé que les précédents mais qui reste quand même charmant à lire et qui me donne l'impression de rehausser un peu le niveau par rapport à certaines de mes lectures ! ;) Et si vous voulez savoir qui est ce Willoughby qui chagrine Marianne ou pourquoi Elinor soupire (en vain ?) après Edward, lisez ce roman !

Note :



Lecture commune organisée par Cynthia avec Sofynet, Soukee, Marion, Melusine, Reveline, Sabbio, L'Ogresse de Paris et Michel.


Ce roman fait partie du challenge God save the Livre d'Antoni


3/5

04 août 2011

La ferme des animaux de George Orwell

Titre original : Animal Farm

Résumé :
Un 21 juin, les animaux de la Ferme du Manoir, en Angleterre, menés par les cochons, se révoltent et chassent Mr. Jones, le propriétaire des lieux. Est alors édictée un règlement donnant l'égalité à tous les animaux. Mais au fil du temps, on s'aperçoit que certains animaux sont plus égaux que d'autres...



Mon avis :
J'avais lu 1984 de George Orwell il y a bien longtemps mais jamais cette Ferme des animaux qui est une fable sur la dénonciation des régimes totalitaires et comment le pouvoir pervertit ceux qui s'y adonnent.

Lassés d'être sous le joug de Mr Jones, leur fermier, les animaux de la Ferme du Manoir, décident un jour de se révolter et de chasser leur maître. Et voilà que sous la houlette de Boule de Neige et de Napoléon, deux cochons, ils prennent leur destin en mains et édictent une série de commandements visant à instaurer l'égalité entre tous les animaux. Las, certains, avides de pouvoir, commencent à instaurer la dictature et la censure et le bien-être et l'égalité de tous devient bientôt le bien-être et l'égalité d'un petit groupe...

Voilà un classique qui se lit très vite (il fait 151 pages), très bien et qui sans m'avoir vraiment emballée m'a beaucoup plu. De par son sujet et ses personnages dont certains attachants et qui se font avoir comme des bleus.

Je ne vais pas disserter sur le contenu politique ou philosophe du roman car je n'y connais pas grand chose mais j'ai trouvé que c'était un parallèle saisissant avec de nombreuses révolutions, qui commencent démocratiquement dans l'euphorie en s'étant libérées de leur dictateur et qui finissent bien souvent sous le joug d'un autre. On pourra prendre comme exemple la Révolution Française qui donna lieu à la Terreur, la Révolution Russe qui en engendré 70 ans d'un des régimes les plus totalitaires et répressifs au monde. Et pendant toute ma lecture, je n'ai pas arrêté de penser à la Tunisie (où je vis), qui vient de se libérer de son dictateur il y a quelques mois et qui a une formidable opportunité d'accéder à la démocratie... alors que tous les sondages donnent à penser que ce sont les islamistes qui l'emporteront ! Là encore, va-t-on sortir d'une dictature pour retomber dans une autre ?

Le déroulement du livre m'a beaucoup touchée. Dès le début, on voit que les cochons veulent le pouvoir et vont s'employer à le garder et à tourner les événements en leur faveur. la façon dont ils s'y prennent, sournoisement, m'a fait de la peine pour tous les autres animaux qui croyaient en cette liberté retrouvée et qui, petit à petit, sans qu'ils ne puissent rien faire puisqu'il est pratiquement déjà trop tard, voient leur liberté d'expression et de possession se réduire à peau de chagrin.

La fin m'a vraiment glacée.

J'ai beaucoup aimé certains animaux comme Douce et Malabar les chevaux, Edmée la chèvre ou Benjamin l'âne grognon qui voit bien que tout va à vau-l'eau sans qu'il n'y fasse rien. Mais curieusement c'est la frivole Lubie, la petite jument, qui a eu ma préférence car j'ai bien aimé qu'elle aime les fanfreluches et que ce concept de révolution et d'égalité lui passe au-dessus !

Boule de Neige et Napoléon m'ont fait penser à Danton et Robespierre. Ne me demandez pas pourquoi, c'est comme ça ! :) J'aimais bien l'idéalisme de Boule de Neige qui lui,croyait vraiment en sa révolution pour le bien de tous, contrairement à Napoléon qui porte bien son nom ! ;)

Le style de l'auteur est très agréable à lire. Ça a un peu vieilli malgré tout mais ça reste tout à fait intéressant. Avec des mots simples, il arrive à nous faire entrer dans son histoire et à nous faire croire qu'effectivement des animaux pourraient se révolter, apprendre à lire et s'occuper d'une ferme !

En conclusion, je n'ai pas grand chose à dire sur ce court roman intéressant car j'aurais peur de dire n'importe quoi et c'est un livre qu'il faut découvrir par soi-même. Et si vous voulez savoir comment les animaux prennent le pouvoir et créent La ferme des animaux, lisez-le.

Note :



Ce livre fait partie du Baby Challenge Livraddict Drame de Livraddict
9/20

du Challenge 26 livres - 26 auteurs de Nanet
7/26

Ainsi que du Challenge God Save the Livre d'Antoni
2/5

14 février 2011

Persuasion de Jane Austen

Résumé :
Il y a huit ans, la douce Anne Elliott s'est laissé persuader de renoncer au Capitaine Frederick Wentworth qui n'était pas assez bien pour elle selon sa famille. La vie, le destin les remet face à face quand la jeune femme vient vivre quelques semaines chez sa plus jeune soeur. Elle ne l'a pas oublié mais lui semble toujours lui en vouloir. L'amour est-il toujours possible après tant d'années ?




Mon avis:
J'ai découvert Jane Austen, en avril dernier quand j'ai lu Orgueil et Préjugés. J'avais alors beaucoup aimé la plume délicate de cette auteur qui n'écrivit que 6 romans. J'ai depuis souhaité découvrir si c'était le roman que j'avais aimé ou bien l'auteur. Une lecture commune étant organisée par Evy sur Persuasion, j'ai été ravie de me replonger dans la bonne société anglaise du début du XIXe siècle. Et si je ne devais qualifier ce roman que d'un seul mot, ce serait exquis ! Même si le style est parfois alambiqué, surtout au début, je dois dire que j'ai passé de délicieux moments en compagnie d'Anne et du Capitaine Wentworth et me voilà définitivement fan de Miss Austen !

1814, la famille Elliott voit sa vie bouleversée. Le père, un baronnet désargenté se voit contraint de louer son domaine de Kellynch à un amiral de la marine anglaise, pour aller vivre à Bath. Ses deux filles Elizabeth, l'aînée et Anne, la cadette s'apprêtent à le suivre tandis que la benjamine, Mary vit avec son mari à quelques lieues de Kellynch Village, à Uppercross.

Anne qui souffre d'être inexistante aux yeux de son père et de sa soeur aînée va passer quelques semaines chez sa petite soeur en attendant que les Elliott soient installés dans leur maison de Bath. Là, son destin bascule quand la belle-famille de sa soeur invite l'amiral Croft, son épouse et le frère de celle-ci qui n'est autre que le beau Frederick Wentworth. Se nouent alors des amitiés et des amours entre les divers jeunes gens des différentes familles et Anne s'aperçoit que ses sentiment pour le beau capitaine n'ont pas varié. Mais lui semble lui en vouloir encore des ces fiançailles rompues alors et semble avoir de tendres sentiments envers Louise Musgrove, belle-soeur de Mary...

Difficile de faire un résumé qui retranscrive correctement l'abondance de personnages  et de situations qui traversent ce roman comme ça l'était déjà dans Orgueil et Préjugés. Il faut dire qu'au début du XIXe siècle, les familles sont nombreuses et se reçoivent beaucoup ! Du coup, on s'y perd un peu dans tout ce petit monde ! ^^

En commençant ce roman, j'ai eu peur de ne pas retrouver ce qui m'avait tant plus dans O&P, la dentelle qu'on a l'impression de voir se créer en avançant dans la lecture. Mais si j'ai mis 30 ou 40 pages pour vraiment entrer dans le roman (j'en avais mis 100 pour Orgueil et Préjugés), la suite n'a été que pur délice. Bien sûr, le style est parfois alambiqué et l'histoire à l'eau de rose mais Jane Austen nous emballe si bien son cadeau dans un joli papier qu'on ne peut être que conquis.

Il faut savoir aussi que ce roman fut le dernier écrit par l'auteur qui était malade à l'époque et qui n'eut pas le temps de le réviser avant de mourir. D'où peut-être ces longues phrases... Mais ce n'est pas pour cela qu'il m'a plu. Aurait-il été le premier de sa courte carrière d'écrivain que je l'aurais aimé tout autant. Il y a une sorte de grâce dans ce livre tout au long de ses 295 pages et je dois dire que je l'ai trouvé trop court.

Derrière l'apparente légèreté et les rires et les histoires d'amour des demoiselles en fleurs du début du XIXe, on retrouve aussi les thèmes chers à Miss Austen, une certaines société confite d'orgueil et de préjugés qui ne s'abaisse pas à visiter les gens de rang inférieur au leur. Et ne parlons pas alors des mariages qui semblent inappropriés comme celui d'Anne et de Frederick. Je trouve que Jane Austen dépeint très bien tout cela et nous avons vraiment l'impression de vivre à son époque.

Si l'on pourrait lui reprocher quelque chose, c'est de nous montrer une peinture naïve  et très romantique de l'amour. Chez Jane, on pratique l'amour courtois et les amoureux éperdus ne se perdent jamais, justement, dans les bras l'un de l'autre. En tout cas, ni dans Orgueil et Préjugés, ni dans Persuasion. On se rencontre on se fréquente, on se plaît, on se promène dans les jardins, on s'épouse ! Fin de l'histoire ! :) Même pas u,n baiser volé dans un coin, même chaste ! On est loin des scènes parfois crues de la bit-lit ! ;) Mais je dois dire aussi que lire ce genre de roman, bien écrit, agréable et beau est très reposant et enrichissant.

En revanche, je suis très surprise de l'apparente liberté qu'ont les jeunes filles de cette époque ! Elles se promènent sans chaperon avec des jeunes gens sans que personne n'y trouve à redire ! C'est sous le règne de la reine Victoria que c'est devenu plus strict ?

Concernant les personnages, j'ai beaucoup aimé Anne Elliott. Elle peut sembler effacée de prime abord, mais elle est douce, attachante, tenace et finalement ne s'en laisse pas compter par sa famille qui la considère comme quantité négligeable. Heureusement que ses vertus et ses qualités sont reconnus par les autres, à commencer par ses amis.

J'ai aussi bien aimé le Capitaine Frederick Wentworth, moins lointain et plus volubile que Mr. Darcy de O&P. Il est attachant, on le sent touché par ce qui lui est arrivé avec Anne et il écrit comme personne ! :)

J'ai aussi apprécié Mme Smith, une amie fidèle d'Anne, qu'on voit peu mais qui est de bons conseils, ainsi que toute la famille Munsgrove qui est nombreuse et amusante !

J'ai trouvé que le couple Croft donnait une belle image de personnes équilibrées, réfléchies et s'aimant  profondément.

Concernant les personnes que je n'ai pas aimées, ce sont essentiellement celles faisant partie de l'entourage proche d'Anne.
Je ne dirai pas que Lady Russell est méchante mais croyant faire le bonheur de sa petite protégée, elle fut de mauvais conseil quand elle lui conseilla de rompre ses fiançailles à cause des préjugés de la famille Elliott. Anne, jeune et influençable, se laissa persuader que c'était mieux pour elle... Heureusement 8 ans après, son caractère plus affirmé lui permet de passer outre un éventuel désaccord de la dame.

J'ai franchement détesté Sir Elliott et Elizabeth, sa fille aînée ! Que voilà des gens prétentieux, condescendants, méprisants, toujours à l'affut d'amitiés qui pourraient les favoriser, jamais désintéressés ! J'ai eu vraiment peur au début du livre que ce soit Elizabeth, l'héroïne du roman, car je la trouvais vraiment froide et calculatrice ! J'ai poussé plusieurs fois des interjections de dégoût en lisant la façon dont ils se comportaient envers certaines personnes et surtout envers Anne qu'ils tiennent pour quantité négligeable ! Pas étonnant, qu'à presque 30 ans, Elizabeth, elle, soit encore célibataire ! Quant à son père, parce qu'il est un petit baronnet de rien du tout, il se voit au-dessus de certaines personnes et se permet de les mépriser.  J'avais envie de les baffer tous les deux !

Quant à Mary, la benjamine, elle est plus sotte qu'autre chose ! Elle aussi est pleine de préjugés et de mépris envers les gens de rang inférieur mais qu'elle est bête à manger du foin ! Son mari est bien patient avec elle pour supporter ses jérémiades incessantes ! On se demande comment, au milieu de cette famille, Anne a su devenir la jeune femme douce et compréhensive qu'elle est.

Le style de Jane Austen est bien sûr de toute beauté ! Très romanesque, il nous emporte et nous ravit ! Je dois avouer qu'au début du livre, j'ai eu un peu de mal avec certaines phrases alambiquées si bien que je me suis demandé si c'était bien du français que je lisais ! :D J'ai dû parfois relire certaines phrases mais après j'ai été conquise.

En conclusion, un superbe roman d'une époque surannée et romantique avec des héroïnes qui soupirent en rêvant de leur prince charmant et si vous voulez savoir si Anne arrivera à reconquérir le beau Capitaine Wenthworth, lisez ce livre que j'ai au moins autant aimé, sinon plus, qu'Orgueuil et préjugés. Je voulais regarder l'adaptation TV faite par la BBC mais je n'ai pas eu le temps. Mais, je vous promets, vous en entendrez bientôt parler... :)

Note :



C'est donc une lecture commune organisée par Evy et à laquelle participent aussi Amandine, anasthassia, Betynou, Chantilly, didi8921, Eden1487, Elea23, Elizabeth-Bennet, Elphaba, Exxlibris, Iluze, Jelydragon, jostein, (Lady K), Leyla, Melisende, Morgouille, Niënor, Sakina et Scor13.


Cette lecture est ma lettre A du Challenge 26 livres - 26 auteurs de Nanet
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Et il faut aussi partie du Challenge God Save the Livre d'Antoni
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