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Un monde sans fin de Ken Follett

Titre original : World without End

Résumé :
En 1327, à l'ombre de la cathédrale de Kingsbridge, 4 enfants sont témoins d'un événement sanglant à cause d'un secret pouvant remettre en cause la monarchie anglaise. À partir de ce jour-là, leurs destins sont liés et les décennies suivantes vont les voir vivre au gré des embûches et des bonheurs que l'Histoire et les hommes vont mettre sur leur chemin...


Mon avis :
Il y a 6 ans, j'avais lu Les piliers de la Terre, roman fleuve sur la construction d'une cathédrale avec en arrière-plan l'histoire de l'Angleterre au XIIe siècle et celle de personnages attachants ou détestables. J'avais eu un vrai coup de coeur pour cette saga romanesque mais n'avais jamais pris le temps de lire cette suite qui n'en est pas vraiment une. Cette année, Un monde sans fin s'est rappelé à mon bon souvenir lorsque le roman a été dans la liste du Big Challenge Livraddict et je me suis dit que c'était le bon moment pour retrouver cet univers. Encore une fois, l'auteur a su m'emporter dans son moyen-âge anglais, même si le roman est moins passionnant que son prédécesseur.

En 1927, 4 enfants assistent à l'affrontement entre un chevalier et deux soldats de la reine. Le chevalier parvient à se débarrasser des soldats et enfouit une lettre dans les bois près de Kingsbridge. Ce jour-là, le destin des quatre enfants va être lié à jamais, Caris va devenir une belle jeune femme indépendante, refusant le rôle que la société et l'église veulent imposer à sa condition, Merthin va devenir un architecte réputé, rêvant de construire la plus haute tour de cathédrale d'Angleterre mais qui ne peut pas obtenir la femme de sa vie, Gwenda va tout faire pour se faire aimer de l'homme qu'elle aime mais qui est fiancé à une autre et Ralph, le frère de Merthin, va chercher à assouvir ses rêves de gloire et de fortune par tous les moyens. Alors que l’Église est toute puissante, que la guerre fait rage entre l'Angleterre et la France et que la Peste Noire ravage la campagne, les 4 personnages vont vivre bien des épreuves et subir de nombreuses embûches avant de pouvoir éventuellement trouver la sérénité...

C'est toujours difficile de faire un résumé sur un roman de plus de 1000 pages et de parler du livre avec concision quand il est foisonnant. Car Un monde sans fin fait partie de ces sagas historiques se déroulant sur plusieurs décennies avec de multiples personnages auxquels il arrive bien sûr beaucoup de choses.

En commençant Un monde sans fin, je me suis dit que j'avais bien fait d'attendre 6 ans avant de le lire, comme cela Les piliers de la Terre ne serait plus frais dans ma mémoire et je n'aurais pas de comparaison à faire. Il faut croire que Les piliers de la Terre sont de ces livres qui marquent car je m'en rappelais assez bien et je n'ai évidemment pas pu m'empêcher de remarquer les similitudes entres les deux sagas. Un monde sans fin n'est pas vraiment la suite du premier mais il se déroule, même si c'est deux cents ans plus tard, à Kingsbridge, lieu emblématique de la première saga. Certains personnages sont les descendants de Jack et Aliena et leur aura est encore bien présente dans les esprits de la ville. Ici il n'est pas question de construire une cathédrale, puisqu'elle existe déjà, mais un pont ou une tour qui sera la plus haute d'Angleterre. Comme Jack, Merthin est un bâtisseur, dont l'amour pour une jeune fille sera longtemps contrarié et qui finira par "fuir" sur le continent.

Mais Un monde sans fin est malgré tout une saga historique très intéressante à lire, même si elle n'est pas aussi palpitante que Les piliers. On suit donc ces quatre personnages tout au long de leur vie, ainsi que de nombreux autres, avec en toile de fond cette Angleterre du XIVe siècle où la noblesse et le clergé ont tout pouvoir sur les autres, la noblesse sur les serfs qui travaillent pour eux et le clergé sur le reste de la population notamment en médecine avec des pratiques souvent obscurantistes. Les années 1300 sont aussi celles qui voient arriver la grande peste noire qui décima une grande partie de la population et du début de la guerre de 100 ans contre la France. C'est donc tout cela que conte le roman. J'avoue avoir trouvé certains passages un peu longs mais je ne me suis pas ennuyée pour autant.

Dans mes résumés, j'ai parlé d'un secret mais ce n'est pas le moteur du roman, c'est presque même anecdotique, il ne sert qu'à lier certains personnages entre eux.

Mon personnage préféré dans le roman a été Merthin. Merthin qui pourrait être le double de Jack par son physique (il est roux et pas très grand) et par son caractère. C'est un personnage fort, droit, fidèle, et qui pendant des décennies va devoir se battre pour imposer ses idées. Quand on est un gentil, on met évidemment plus de temps à parvenir à ses objectifs que quand on est un méchant :)

Caris, elle, c'est le pendant d'Aliena. Aliena était la fille d'un noble déchu devenant marchande de laine, Caris, elle, c'est la fille d'un marchand de laine devenue nonne et guérisseuse. Elle aussi reste fidèle à ses principes, refusant l'autorité de l'église ou celle d'un homme. Amoureuse de Merthin (qui le lui rend bien), elle va faire passer ce en quoi elle croit avant tout le reste, quitte à blesser l'homme qu'elle aime. C'est une jeune fille puis femme moderne, en avance (un peu trop ?) sur son temps. J'ai beaucoup aimé ce personnage également car je l'ai trouvée attachante et surtout c'est l'une des rares à s'opposer à l'obscurantisme et l'avidité de certains. On peut ne pas être d'accord avec certains de ses choix mais j'ai trouvé que dans cette époque où la femme est à assujetti à l'homme, elle se dresse contre cet état de fait.

Gwenda, elle, est un personnage moins charismatique mais son parcours est intéressant et douloureux par bien des côtés. Elle avait tout pour être soumise et avoir une vie misérable (bon sa vie ne sera pas facile facile non plus) mais sous des dehors de petite chose, on sent une volonté de fer pour parvenir à ses fins.

Ralph, lui, c'est l'ordure de l'histoire. Peut-être un peu moins que ne l'était William Raleigh mais ses agissements ne sont pas vraiment reluisants. C'est un homme sans état d'âme, sans morale, n'hésitant pas à violer, tuer, tromper, pour parvenir à ses fins. J'ai cherché s'il y avait un truc pouvant le racheter mais je n'ai rien trouvé :)

Parmi les personnages dont je n'ai pas parlé, on trouve Goodwin, le cousin de Caris, moine utilisant tous les moyens possibles pour devenir Prieur de Kingsbridge. On est bien loin du digne et droit Philip, premier Prieur de la cathédrale. L'aveuglement, la veulerie et la jalousie de Goodwin m'ont donné bien des boutons ! Et son ombre, Philémon, frère de Gwenda, est à peu près sur le même moule. J'ai bien cru que ces deux-là arriveraient toujours à s'en sortir, au dépends de personnes éclairées comme Merthin et Caris.

J'ai lu ce roman fleuve en VO et je dois dire que j'ai beaucoup apprécié découvrir la plume de Follett en anglais. Tout d'abord, c'est assez facile à lire. Franchement, je n'ai eu aucune difficulté de compréhension, ça coule tout seule. Il retranscrit très bien cette Angleterre médiévale, ses villes, son prieuré, ses rues, ses villages, le contexte historique est très vivant, c'est toujours très agréable de le suivre dans ses histoires.

En conclusion, même si Un monde sans fin n'est pas aussi passionnant et palpitant que Les piliers de la Terre, ce roman de plus de 1000 pages en anglais se lit tout seul (mais sur 3 semaines quand même pour ma part) et est une formidable saga historique sur l'Angleterre du 14e siècle, nous faisant vivre aux côtés de personnages attachants ou détestables, luttant avec eux lors de la grande peste noire, frémissant quand les gentils subissent des contretemps douloureux et fulminant quand les méchants arrivent à leurs fins. Et si vous voulez savoir si Merthin arrivera à mener à bien ses projets de construction, si Caris et lui arriveront enfin à trouver le bonheur ensemble après des années d'embûches et les coups du sort (et de l'église), si Ralph, Goodwin et Philemon auront le sort qu'ils méritent et quel est finalement ce secret dont je vous ai parlé, lisez-le.

Note :



Ce livre fait partie du Big Challenge 2016 de Livraddict
7/10

du Challenge Read in English que j'ai repris
http://www.lesescapadesculturellesdefrankie.com/2015/09/challenge-read-in-english-2015-2016.html
21

du Challenge Un genre par mois d'Iluze
ce mois-ci : Historique
5/12

et comme il fait presque 1500 pages,
il fait aussi partie du Défi des 1000 de Fattorius
2

8 Comments


J'ai la saga Le Siècle qui m'attend dans ma PAL... En tout cas, à chaque chronique que je vois sur un des livres de cet auteur, ça a l'air bien sympa.


Comme toi, je n'avais pas trouvé cette suite aussi passionnante que le premier tome mais il m'avait quand même fait passer un bon moment :)


C'est un roman que j'ai beaucoup apprécié, mais que pour ma part j'ai lu en français (je ne me sens pas capable de lire un tel pavé en V.O.). j'avais également lu les piliers de la terre (un de mes premiers Ken Follet) que j'avais également préféré à celui-ci.


Oui, comme toi, j'ai été moins charmé par un monde sans fin. Ce qui m'avait géné au fur et a mesure de la lecture c'est une espèce de rengaine dans l'enchainement des événements. cela dit, ça reste une belle fresque historique !


j'avais beaucoup aimé ce livre.


@Marinette, c'est un auteur à lire, n'hésite pas.

@La tête dans les livres, même moins bien ça reste une très bonne lecture effectivement.

@Avenael, il se lit pourtant très facilement en VO :)

@Licorne, c'est vrai qu'il y a des trucs un peu redondants dans l'histoire (notamment la peste noire, j'ai cru qu'on ne s'en sortirait pas :)) mais comme tu dis c'est une belle fresque historique.

@Stephanie, difficile de ne pas l'aimer même s'il est moins bien que Les piliers.

Merci pour vos commentaires.


J'avais commencé par celui là, n'ayant pas vraiment percuté que c'était une "suite", mais ça ne m'a finalement pas trop embêté (ni trop spoilé ma lecture des Piliers de la Terre, même en connaissant certaines destinées, le cheminement était toujours aussi tortueux). J'en garde un très bon souvenir même et le sentiment que Ken Follet aime décidément torturer ses personnages. Mais cela fait du bien des battements de cœur effrénés de temps en temps.


Ça c'est sûr que l'auteur aime malmener ses persos ! :) Merci beaucoup pour ton commentaire, Gilwen.

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