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Le très corruptible mandarin, une enquête de l'inspecteur Chen, tome 4 de Qiu Xiaolong

Posté par Frankie le 6 mars 2016 à 10:02 - Catégorie : , , , , ,
Titre original : A Case of Two Cities

Résumé :
L'inspecteur Chen est amené à enquêter sur une affaire de corruption mais voilà qu'au beau milieu de son enquête on l'envoie aux États-Unis à la tête d'une délégation d'écrivains...




Mon avis :
Tous les ans j'aime bien retrouver Qiu Xiaolong et son inspecteur-poète Chen. C'est donc le tome 4 que j'ai lu cette année et j'ai retrouvé avec beaucoup de plaisir l'ambiance de ce Shanghai de la fin des années 90 en pleine mutation avec une petite nouveauté puisqu'une partie de l'histoire se passe aux États-Unis, ce qui est vraiment sympathique.

Un policier, chargé d'une enquête sur la corruption d'un riche cadre du Parti exilé aux États-Unis, est retrouvé assassiné. Le comité de discipline du Pari charge alors l'inspecteur Chen de l'enquête sur la corruption et avec son opiniâtreté habituelle, Chen obtient quelques résultats. Mais son avancée ne semble pas du goût de gens bien placés puisque soudainement, l'inspecteur-écrivain est nommé à la tête d'une délégation d'écrivains qui part effectuer une tournée aux États-Unis. Mais cela n'empêchera pas Chen de continuer à enquêter...

Avec ce quatrième tome, l'auteur poursuit donc son exploration de la Chine post-révolution culturelle. On a déjà vu, dans les tomes précédents, les ravages qu'avait fait le régime de Mao sur la population, ici c'est davantage la course au capitalisme qui est pointée du doigt avec les magouilles et la corruption orchestrées par ceux qui veulent une belle part du gâteau. Le très corruptible mandarin est donc moins un roman policier qu'une histoire politique et d'ailleurs l'histoire se focalise davantage sur l'histoire de corruption que sur le ou les meurtre(s).

Avec bien sûr l'inspecteur Chen pris, comme bien souvent, entre deux feux, entre son désir de justice et le fait que ce sont les dignitaires du Parti qui l'emploient, qui font sa carrière et peuvent la défaire en un clin d'oeil s'il les gêne. Du coup, il marche encore sur des oeufs pendant une bonne partie du tome car c'est difficile de naviguer en eaux troubles, d'autant plus qu'on ne sait jamais très bien, et lui non plus je pense, s'il est employé pour, effectivement, faire éclater la vérité ou si le Parti veut quelqu'un qu'il peut manipuler en lui donnant un os à ronger pour l'empêcher de s'en prendre à ceux des hautes sphères qui s'en mettent plein les poches. D'ailleurs la fin du tome et la résolution de l'enquête sur Xing, l'homme corrompu exilé aux USA sont assez douces-amères et tout se termine un peu brusquement, sans réelle conclusion. C'est peut-être le seul reproche que je ferai à ce tome.

En fait, et j'ai déjà eu l'occasion de le dire dans les tomes précédents, ce que j'aime dans cette série ce n'est pas tant le côté policier que tout le reste. Les poèmes qui surgissent des pensées de Chen en toutes circonstances, l'aspect culinaire qui prend beaucoup de place et qui m'enchante et me donne très très faim à chaque fois et toute cette société shanghaienne de la fin des années 90 en pleine mutation. Et dans ce tome, j'ai beaucoup apprécié qu'on sorte de Chine pour aller aux États-Unis. Cela permet de voir le gouffre qui existe entre les deux sociétés, même si Chen, lui, s'adapte très bien et surtout de revoir Catherine Rohm, l'agente du FBI qui avait collaboré avec Chen dans le tome 2 et que j'avais beaucoup appréciée.

Je suis toujours très fan de Chen qui est un personnage intéressant et attachant. C'est un personnage complexe bien loin du petit fonctionnaire chinois, et son côté poète-écrivain, bilingue et homme éclairé, lui permet d'avoir une vision moins obtuse qui le rend à part dans l'appareil du pouvoir. Je ne sais pas combien de temps il pourra rester lui-même tout en étant l'homme du parti mais pour le moment, j'aime la façon dont il reste fidèle à ses principes.

Comme j'ai dit plus haut, j'ai été ravie de revoir Catherine Rohm car ce tome permet de conclure (là aussi de façon douce-amère) son histoire avec Chen qui était restée en suspension. Je ne pense pas qu'on reverra le personnage mais j'espère me tromper.

J'aime beaucoup aussi Yu, l'adjoint de Chen, et sa femme Peiquin, qui sont, eux, peut-être moins érudits que Chen mais qui sont des personnages tout aussi intéressants et j'admire la fidélité de Yu envers Chen.

Pas grand chose à dire sur le style de l'auteur ou du moins la traduction, c'est très agréable à lire. Ce n'est pas un roman gore ou plein d'action mais c'est ce qui me plaît justement dans cette série policière, le rythme, l'ambiance, cette contemplation même parfois. Franchement, je me régale à chaque tome. Et j'aime beaucoup le titre en VO de ce tome, A Case of Two Cities, qui fait référence bien sûr à Dickens et son Tale of Two Cities, et à l'histoire ici qui se passe en Chine (Shanghai) et aux États-Unis (Los Angeles et Saint-Louis).

En conclusion, voici une enquête de l'inspecteur Chen plus tournée vers l'aspect politique et économique de la Chine que vers le côté policier mais qui a beaucoup su me plaire une fois de plus, même si la fin est un peu abrupte et laisse pas mal de choses en suspend. En tout cas, si vous voulez savoir si Chen arrivera à faire traîner les coupables de corruption devant la justice, malgré les embûches, lisez-le.

Note :



Il fait partie du Challenge ABC 2016 de Nanet
8/26

et du Challenge Thriller et Polar repris cette année par Sharon
10

ainsi que du Challenge Fantasy/Thrillers de Licorne
Session 3 : les thrillers/policiers
2/2
6/12

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