09 décembre 2012

L'erreur de l'Épouvanteur, tome 5 de Joseph Delaney

Titre original : The Spook's Mistake

Spoilers sur les tomes précédents

Résumé :
Avec le Malin lâché en liberté, la situation devient de plus en plus catastrophique dans le Comté. Afin de préparer Tom aux épreuves qui l'attendent, John Gregory l'envoie parfaire son apprentissage chez un autre Épouvanteur, Bill Arkwright. Mais une sorcière d'eau les menace et Bill Arkwright commet une erreur. Tom va devoir compter sur l'aide d'Alice et de Gregory pour affronter les forces obscures...

Mon avis :
Déjà le cinquième tome, que j'ai beaucoup aimé, de cette saga qui reste toujours un moment de lecture plaisante, toujours jeunesse mais avec des moments sombres et des révélations étonnantes.

Le Malin ayant été libéré par les sorcières de Pendle, la situation s'obscurcit dans le Comté où vivent John Gregory et Tom Ward. Sachant que le Malin en a après Tom, il l'envoie pour six mois auprès d'un autre Épouvanteur, Bill Arkwright, afin qu'il poursuive son apprentissage. Arkwright vit dans un moulin hanté et se montre très exigeant envers le jeune Tom. Mais alors qu'ils combattent un dangereuse sorcière d'eau, qui n'est autre que la fille du Malin envoyée par lui pour détruire Tom, l'Épouvanteur commet une terrible erreur mettant la vie de Tom en danger. Heureusement, il peut compter sur Alice et John Gregory pour l'aider à affronter l'obscur...

La première moitié du livre est assez classique de cette saga, Tom apprend, auprès d'un autre Épouvanteur, les rudiments de sa formation, avec difficultés vu le caractère du bonhomme. Il y a des sorcières, même si elles sont différentes des précédentes. Tout s'emballe ensuite dans la deuxième moitié avec pas mal d'action, de rebondissements et surtout de révélations, vraies ou fausses (dont je ne vous parlerez pas).

J'ai trouvé ce tome vraiment bien, un cran au-dessus du précédent et pourtant, je ne saurais pas dire pourquoi car il reste dans la même veine. Tout en restant jeunesse, je trouve qu'il y a toujours autant de scènes qui font peur (enfin pas vraiment peur mais qui sont assez sanglantes et peuvent effrayer un jeune public) et l'auteur n'y va pas avec douceur. Tom est constamment confronté à des dangers et il a bien du mérite d'arriver à s'en sortir.

J'ai beaucoup aimé qu'on change d'environnement, dont le moulin où vit Bill Arkwright, et on sent bien la chape de plomb qui s'abat sur le pays.

Tom grandit mais est toujours ce garçon courageux, prêt à se battre contre l'obscur et qui doit souvent se dépasser pour s'en sortir.

Je n'ai, en revanche, pas trop apprécié Bill Arkwright, homme violent, peu sympathique, même s'il montre d'autres facettes au fur et à mesure que l'histoire avance.

Au bout de cinq tomes, je ne sais toujours pas quoi penser d'Alice. Est-elle gentille ou cache-t-elle de sombres dessins ? J'espère que les prochains tomes nous apporteront plus de réponses.

On voit davantage le Malin dans ce tome, un être vil et corrupteur, il me fait assez froid dans le dos, je dois dire, et son intérêt pour Tom est assez glaçant.

Gergory est assez peu présent dans ce tome.

Le livre se lit rapidement, le style est très agréable à lire, toujours jeunesse mais a une touche de je-ne-sais-quoi qui ne le rend pas simpliste à lire pour autant.

En conclusion, je n'ai pas grand chose à dire de plus sur ce tome-là, à part que j'ai beaucoup aimé, que ce soit l'aventure ou les nouvelles révélations que nous apprenons. Et si vous voulez savoir si Tom viendra à bout de la méchante sorcière d'eau, s'il arrivera à résister à l'obscur et au Malin, lisez-le. Quant à moi, je suis partante pour lire le tome 6 bien sûr !

Note :



C'est une lecture commune organisée par Sevmarguerite avec également Pimousse.

Ce livre fait partie du Challenge Jeunesse/Young Adult de Mutinelle et Kalea 
8/20

Et l'auteur étant anglais, 
il fait aussi partie du Challenge God Save the Livre d'Antoni 
14/5

08 décembre 2012

Le chemin de Sarasvati de Claire Ubac

Résumé :
Isaï, née fille et considérée par une moins que rien par sa tante toute puissante, décide à la mort de sa mère, de partir à Bombay retrouver son père. Elle va effectuer un voyage dangereux à travers le pays en compagnie de Murugan, un jeune garçon "Intouchable" qui comme elle ne rêve que de chant et de musique...





Mon avis :
C'est complètement par hasard que j'ai choisi ce livre. En effet, il me fallait un auteur en U pour le Challenge ABC et j'ai donc choisi ce petit roman jeunesse qui me paraissait sympathique. Et bien m'en a pris car j'ai vraiment aimé suivre les pérégrinations de Isaï et Murugan.

Isaï, 10 ans, a eu la malchance de naître fille dans une Inde où les préjugés sont encore tenaces. Considérée comme une bouche inutile par sa tante qui règne en maîtresse sur la maisonnée, elle ne trouve de réconfort qu'auprès de sa mère qui lui apprend des chants traditionnels et de son grand-père. Mais lorsque sa mère meurt, Isaï ne supporte plus les exactions de sa tante et, en compagnie d'un jeune garçon, né Intouchable et qui adore le chant et la musique comme elle, elle décide de partir à Bombay retrouver son père qui n'a plus donné de nouvelles depuis longtemps. Tous deux vont braver bien dangers avant de pouvoir atteindre leur but...

C'est vraiment un livre très attachant, une sorte de fable initiatique racontée comme un conte de fée. Et qui dit conte de fée ne veut pas forcément dire que l'histoire se résume à "ils finirent heureux". Pour en arriver là, bien souvent, les personnages doivent affronter un chemin semé d'embûches, des méchants qui veulent les exploiter ou les tuer  et c'est tout à fait cela que rencontrent nos deux jeunes héros qui devront faire preuve de beaucoup de courage pour s'en sortir. Alors bien sûr le happy end est là, mais les épreuves que vont vivre Isaï et Murugan bien présentes également.

Je n'avais jamais lu d'histoire se passant en Inde et je ne sais pas si l'auteur retranscrit bien la réalité mais elle donne quand même bien un aperçu de ce pays entre modernité et traditions. Modernité parce qu'il se passe à notre époque (disons dans les années 2000) et internet et DVDs y sont évoqués et traditions parce que le système de castes est toujours en vigueur, les préjugés sur la valeur des filles, surtout dans les villages, y sont tenaces et parce que les Dieux sont encore omniprésents dans la vie des gens qui leur font des offrandes. Ce voyage à travers l'Inde nous permet de mieux connaître ces dieux ou les us et coutumes (culturels, culinaires, linguistique) de ce pays multicolore.

Au travers d'Isaï ou Murugan, c'est aussi un livre qui parle de l'exploitation des enfants, travaillant comme domestiques ou ouvriers dès leur plus jeune âge et elle évoque aussi la misère et la détresse de ceux qui sont laissés-pour-compte.J'ai trouvé que c'était parfois un livre dur pour un lectorat destiné aux jeunes.

J'ai beaucoup aimé Isaï, malmenée par la vie et par sa tante et qui va avoir le courage de partir et éventuellement s'en sortir. J'ai aimé sa joie de vivre, son optimiste, sa façon de chanter, comme un exutoire à la vie qui ne lui a jamais fait de cadeau. J'ai beaucoup aimé également sa maman, si douce, si compréhensive, même si on la voit peu, ainsi que le grand-père, vraiment attachant.

Murugan, l'acolyte d'Isaï, m'a bien plu également. Je l'ai trouvé très sympathique, amusant et touchant.

L'auteur nous offre également toute une galerie de personnages tout au long du voyage des deux enfants, certains touchants ou sympathiques (je pense à ce montreur de singe rencontré à un moment), d''autres odieux et malfaisants.

Le style de l'auteur est agréable à lire, c'est jeunesse sans que ce ne soit trop enfantin ou simple et elle décrit une Inde qui semble lui tenir à coeur.

En conclusion, un très joli livre et une belle histoire, assez triste parfois dont la fin est porteuse d'espoir pour tous les laissés pour compte ou les opprimés. Et si vous voulez savoir si Isaï arrivera à retrouver son père, et quel destin l'attend, lisez-le.

Note :



Ce livre fait partie du Challenge ABC 2012 de Nanet
26/26
Challenge terminé et réussi ! :)

Il fait aussi partie du Challenge Jeunesse/Young Adult de Mutinelle et Kalea 
7/20

06 décembre 2012

Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand

Résumé :
Cyrano de Bergerac, cadet de Gascogne, bagarreur et grande gueule, est un amoureux  des mots mais affublé d'un long nez que beaucoup raille. Amoureux de sa cousine Roxane, c'est pourtant vers Christian, beau mais un peu sot, qu'il va pousser celle-ci, en mettant dans la bouche du jeune homme ses propres mots qui vont séduire la jeune femme...




Mon avis :
De Cyrano je ne connaissais que le film de Jean-Paul Rappeneau (avec Depardieu) que j'avais trouvé à l'époque excellent. Grâce aux Challenges Livraddict, j'ai pu enfin découvrir la pièce et je dois dire que j'ai été très agréablement surprise car j'ai beaucoup aimé.

Cyrano de Bergerac, Cadet de Gascogne, souffre d'avoir un grand nez et s'en prend à quiconque ose se moquer de lui. Sachant manier les mots aussi bien que l'épée, il n'ose pourtant pas déclarer sa flamme à sa cousine, la belle Roxane, de peur de se voir rejeter à cause de sa supposée laideur. Mais Roxane n'a d'yeux que pour Christian, un cadet aussi beau que peu intelligent et Cyrano décide d'aider le jeune homme à conquérir la belle, en mettant dans sa bouche les mots qu'il lui dictera...

Voilà, une pièce qui me réconcilie avec le théâtre après ma déconvenue avec Macbeth. C'est un texte vraiment flamboyant, tour à tour amusant ou tragique et qui a même réussi me faire pleurer sur le 5e acte.
Cependant, je persiste à penser qu'une pièce de théâtre est faite pour être vue plutôt que lue et c'est ici flagrant, même si je dois dire que c'est vraiment très agréable à lire et que la pièce étant assez courte (sur le papier), elle se lit très vite. Je dis flagrant car c'est une pièce avec de nombreux personnages, qui entrent, qui sortent, qui s'invectivent et au début, ça donne un peu le tournis à lire ! :) Du coup, je me disais qu'à voir, ça devait être plus sympa.

L'histoire, tout le monde la connaît, c'est celle d'un amour de l'ombre, d'un homme qui s'efface par peur du regard que pourrait avoir sur lui la femme qu'il aime parce qu'il se trouve laid, au profit d'un autre plus beau, plus jeune sans doute. Mais non content de s'effacer, il va s’évertuer à rapprocher les deux tourtereaux, grâce aux mots qui lui sortent avec tant de facilité et que Christian, lui, est incapable de créer, et leurrer ainsi la belle Roxane qui s'apercevra trop tard qu'elle n'est pas amoureuse d'une forme (Christian) mais plutôt d'un fond (Cyrano).

Mais l'histoire c'est aussi celle de la France. Nous sommes en 1640, Louis XIII est encore vivant, Richelieu est son Premier ministre et la guerre de 30 ans bat son plein avec le siège d'Arras en point d'orgue. C'est également cela qui est évoqué dans cette pièce.

J'ai beaucoup aimé le personnage de Cyrano, un trublion qui sous des dehors un peu rustres et colériques est un vrai poète, une belle âme tourmentée. J'ai aimé sa façon de manier les mots, de sortir des tirades magnifiques, ses envolées lyriques qui émeuvent et exaltent.

J'ai eu plus de mal avec Roxane. Je l'ai trouvée assez égoïste et immature pendant une grande partie de la pièce. Aveuglée par les apparences, elle ne voit pas plus loin que le bout de son nez (si je puis me permettre...). Il n'y a que sur la fin que je l'ai appréciée et qu'elle devient touchante.

Christian est, lui, peu intéressant en fait. Un joli minois et c'est tout ! Il a la fougue de la jeunesse, accepte une situation intenable si elle avait dû perdurer. Je me demande vraiment ce qu'il serait advenu du couple s'ils avaient eu la possibilité de vivre ensemble. Roxane se serait vite aperçue de la supercherie...

Il y a de nombreux autres personnages dont De Guiche (le "méchant", amoureux de Roxane, lui aussi), Le Bret, Ragueneau, amis de Cyrano.

Mais bien sûr, ce qui fait la force de cette pièce c'est son style, son écriture, une vraie merveille ! C'est écrit en alexandrins ce qui évidemment donne une tonalité très musicale à l'ensemble mais c'est surtout la façon d'écrire, virevoltante, bien souvent, qui fait le sel de cette histoire. Même si c'est une pièce dramatique dans l'ensemble, il y a beaucoup d'humour, de cocasseries, on ne s'ennuie pas un seul instant. J'ai été un peu perdue au début car les différents personnages s'engagent dans des joutes verbales qui donnent l'impression d'être dans un match de ping pong, se répondant du tac au tac et j'avoue que parfois c'est un peu épuisant. :) Mais il y a aussi ces tirades célèbres, celle du nez, celle de "À la fin de l'envoi, je touche" et d'autres toutes aussi savoureuses qui montrent tout le talent de l'auteur. ce serait trop difficile de toutes vous les citer. Mais ma phrase préférée, celle que je trouve magnifique et touchante est  :

Je vous dois d'avoir eu, tout au moins, une amie.
Grâce à vous, une robe a passé dans ma vie.

En relisant ma chronique, je me rends compte qu'elle reflète mal cette belle oeuvre qu'est Cyrano de Bergerac. Mais, je ne suis pas une fine analyste du théâtre classique et vous me pardonnerez de n'être qu'une profane qui essaie de rendre au mieux ce qu'elle a ressenti.

En conclusion, une bien belle pièce qui ravira les amateurs de belles lettres et de belles histoires. Et si vous voulez savoir si le nez de Cyrano est vraiment un cap, que dis-je une péninsule ou comment Roxane apprendra que c'était Cyrano qui pendant tout ce temps était l'auteur des mots mis dans la bouche de Christian, lisez-le.

Note :



Cette pièce fait partie du Big Challenge 2012 de Livraddict
18/12

du Baby Challenge Classique
19/20

et du Baby Challenge Théâtre
17/20


et du Challenge Le tour des genres en 365 jours du Reading Corner 
19/20
Catégorie Théâtre 2/2

04 décembre 2012

Mort d'une héroïne rouge de Qiu Xiaolong

Titre original : Death of a Red Heroine

Résumé :
Shanghai, 1990, alors que la Chine marxiste se tourne de plus en plus vers l'économie capitaliste, la découverte du corps d'une jeune femme assassinée, meurtre à priori banal, va provoquer bien des remous...




Mon avis :
C'est avec des lectures comme cela que ma participation aux Challenges de lectures "imposées" (Livraddict ou ABC) prend tout son sens. Sans ces challenges, je resterais à ronronner tranquillement dans mon coin, avec mes petites lectures habituelles sans vraiment chercher ailleurs. C'est donc grâce au Challenge ABC que j'ai pu lire cet excellent policier chinois. En effet, lorsque je fais ma liste pour ce challenge, j'aime bien varier les genres et lorsque j'ai dû choisir un auteur vers la lettre Q (en 2011 déjà), j'ai décidé de mettre ce livre-là. Je n'ai pas pu le lire en 2011, je l'ai donc remis en 2012 et franchement je suis ravie d'avoir pu enfin le découvrir ! J'ai vraiment beaucoup aimé.

Shanghai, 1990, une jeune femme est retrouvée morte étranglée. L'inspecteur Chen, poète à ses heures, et son adjoint Wu enquête sur une affaire qui prend un tournant politique lorsque la jeune femme s'avère être une employée communiste modèle. Dans une Chine en pleine mutation, leur enquête provoque bien des remous et certains essaient de les arrêter...

Vous avez peut-être remarqué que le titre original est en anglais et non en chinois, c'est parce que l'auteur, même s'il est chinois et écrit sur la Chine, a émigré aux USA, après les événements de Tian'anmen en 89, d'où il écrit dorénavant ses romans.

Plusieurs thèmes se dégagent de ce roman extrêmement prenant qui nous montre la Chine, et Shanghai en particulier, sans fard et avec beaucoup de poésie.

Tout d'abord l'intrigue policière, assez classique, avec un meurtre, une enquête et éventuellement la découverte du coupable (c'est marrant parce que j'ai mis à peu près la même chose pour la Cité des Jarres d'Indridason et pendant ma lecture, j'ai beaucoup pensé à cette lecture-là, alors qu'elles n'ont rien à voir) avec un inspecteur opiniâtre, qui n'hésite pas à se mettre les gens à dos dans sa quête de la vérité.

Mais ce livre est également une peinture de la société chinoise en plein changement. Le régime communiste est toujours bien présent avec son Parti omniprésent et omnipotent, ses magouilles, ses intérêts qu'il faut servir, mais on voit arriver l'économie capitaliste et un marché libre de plus en plus présent, au vu et au su de tous.  Les gens portent de moins en moins l'uniforme chinois pour se tourner vers les tenues occidentales.

J'ai beaucoup aimé les descriptions des petites rues de Shanghai, ses échoppes, ses restaurants et gargotes (on mange beaucoup dans le livre, ça risque de vous donner faim ! ^^). Moi qui ai passé 15 jours en Chine (à Pékin entre autres) il y a 4 ans, j'y ai tout à fait retrouvé cette atmosphère particulière. Mais le changement se fait sentir quand des bâtiments entiers sont détruits pour laisser place à des constructions plus modernes.  D'ailleurs, petit aparté, je suis allée voir Skyfall le dernier James Bond qui se passe à Shanghai à un moment et on voit dans ce film, l'évolution de la ville par rapport au livre, une ville devenue comme Hong-Kong avec ses hauts gratte-ciels.

L'auteur n'hésite pas à aborder les problèmes de cette société comme ceux du logement où des familles entières vivent dans une seule pièce alors que d'autres, par leur mérite ou piston, vivent dans un appartement. Ses descriptions des réchauds posés devant les portes de ces chambres m'ont un peu rappelé le film In The Mood for Love (excellent film d'ailleurs) de Wong Kar-Wai. Il y règne la même atmosphère.

C'est également un livre avec beaucoup de poésie. De par la nature même de son héros, poète avant d'être inspecteur, et cette poésie prend une grande place dans le roman, lui donnant une tonalité tout à fait particulière et moins pesante que dans d'autres romans policiers. J'ai beaucoup aimé le mélange des deux genres.

L'inspecteur-poète Chen m'a beaucoup plu. C'est un homme érudit, droit, assez mélancolique j'ai trouvé, qui fait son boulot, qui doute, tiraillé entre son métier et sa passion. C'est aussi un homme de transition entre la chine traditionnelle marxiste et celle bouillonnante post-Tian'Anmen qui rêve de vivre à l'américaine. J'ai beaucoup aimé cette dualité en lui qui en fait un homme tout à fait intéressant.

L'autre personnage important du roman, même s'il l'est moins que Chen, est son adjoint Wu. Lui est davantage de la vieille école, un peu guindé, un peu jaloux des avantages que possède Chen mais, comme il a su évoluer au côté de son chef, j'ai aussi appris à l'apprécier au fil du roman car c'est aussi un homme droit et tout aussi intègre que Chen. J'ai en outre beaucoup aimé sa vie privée avec sa femme et son fils, toute empreinte de douceur.

Pas grand chose à dire sur les autres personnages. J'aimais bien Wang, l'amie journaliste de Chen mais elle m'a un peu déçue. On trouve aussi des représentants du Parti qui vont là où le vent souffle ou encore le petit peuple de la rue, essentiel à l'enquête de Chen et dont certains sont vraiment touchants et dignes.

J'ai trouvé que le livre se lisait très bien, que le style était plaisant et, comme je l'ai déjà dit, la poésie présente tout le long du livre lui donne une tonalité vraiment spéciale et surtout un peu mélancolique. J'ai beaucoup apprécié.

En conclusion, un excellent roman policier qui a su me plaire non seulement pour son enquête mais également pour sa galerie de personnages haute en couleurs, pour la poésie de certains passages et pour sa vision sans fards de la société chinoise d'il y a vingt ans. Et si vous voulez savoir si Chen et Wu trouveront le coupable sans qu'on ne leur mette trop de bâtons dans les roues, lisez-le. Je pensais que ce roman n'était qu'un "one shot" (une histoire unique) or j'ai appris en farfouillant sur le net qu'il y avait 7 autres romans mettant en scène Chen qui suivaient ! Je serai donc ravie de retrouver un jour cet inspecteur-poète !

Note :



Ce livre fait partie du Challenge ABC 2012 de Nanet
25/26


Et il fait aussi partie du Challenge Thrillers et Polars de Liliba
9/12


03 décembre 2012

C'est lundi ! Que lisez-vous ? (106)

C'est à nouveau lundi et donc notre rendez-vous hebdomadaire, C'est lundi que lisez-vous, rendez-vous imaginé par Mallou et repris par Galleane. De retour à Tunis pour deux mois avec dans mes valises très peu de livres cette fois-ci (ça change !). Juste deux livres pour deux LC d'ici fin janvier et les tomes 6 et 7 de Walking Dead. J'ai dû laisser le tome 8 dans ma maison en France, pour cause de poids largement atteint pour mes bagages. :(

- La semaine dernière, j'ai fini Ellana, le tome 1 du Pacte des marchombres de Pierre Bottero (mon avis est en ligne), j'ai lu Le chemin de Sarasvati de Claire Ubac, que j'ai beaucoup aimé. J'ai également lu Les enchantements d'Ambremer de Pierre Pevel qui m'a ravie et pour finir, j'ai lu The Giver (Le passeur) de Lois Lowry qui m'a énormément plu également et que j'ai fini hier soir (il faisait 180 pages en VO, ce fut vite lu !). Que des lectures courtes et rapides.

- Aujourd'hui, j'ai commencé The Lies of Locke Lamora (Les mensonges de Locke Lamora) de Scott Lynch, tome 1 des Salauds gentilshommes.
 
- Cette semaine, je lirai donc The Lies of Locke Lamora. Je pense qu'il va me tenir une bonne partie de la semaine car il fait 500 pages VO. Ensuite, je pense lire Queen Betsy, Undead and Unwed (Vampire et célibataire, c'est le tome 1) de MaryJanice Davidson. Et si j'ai fini, je lirai deux nouvelles de Side Jobs de Jim Butcher (le recueil de nouvelles sur Harry Dresden). Donc une semaine avec que des lectures VO ! ^^

Bonne semaine à tous, à lundi prochain !

02 décembre 2012

La déclaration, tome 1 : Anna de Gemma Malley

Titre original : The Declaration

Résumé :
Angleterre 2140, les gens peuvent acquérir l'immortalité en signant une déclaration renonçant à avoir des enfants. Certains enfreignent la loi et les enfants nés sont appelés Surplus et arrachés à leurs parents pour être élevés comme de la main d'oeuvre bon marché. Anna est l'une de ses Surplus, vivant dans un pensionnat depuis son plus jeune âge et endoctrinée à penser qu'elle est une bouche inutile. Un jour, un Surplus de son âge, Peter, arrive au pensionnat et dit la connaître...

Mon avis :
Voilà un roman que j'avais mis dans ma wish-list il y a bien longtemps et que j'ai donc décidé de lire parce qu'il fait partie du Baby Challenge Science-fiction de Livraddict. Je dois dire que je suis assez mitigée sur cette lecture qui se lit très facilement mais qui n'est pas exceptionnelle tant le style est simpliste et l'héroïne également.

Anna, bientôt 15 ans, est une Surplus née dans l'Angleterre du XXIIe siècle où les gens peuvent vivre éternellement et, en contrepartie, signent une déclaration comme quoi ils n'auront pas d'enfants. Mais certains font des enfants illégalement qui leurs sont arrachés, élevés dans des pensionnats et conditionnés à se considérer comme des rebuts de la société, des Surplus devant trimer pour effacer les fautes de leurs parents. Anna, élevée au pensionnat de Grange Hill, n'a aucun souvenir de sa vie d'avant, elle considère ses anciens parents comme des criminels irresponsables mais un jour, un jeune homme de son âge arrive et semble en connaître beaucoup sur elle...

Ce roman a été écrit en 2007, est sorti en France cette année-là également et je pense que si je l'avais lu à ce moment-là, quand la dystopie young adult n'était pas encore un phénomène de mode, j'aurais sûrement beaucoup aimé. Mais il a le malheur de passer après bien d'autres dystopies que j'ai lues, dont des excellentes comme Hunger Games, et je dois dire que la comparaison n'est pas flatteuse.

L'histoire et les thèmes abordées ne sont pas inintéressants cependant, ils sont même terrifiants ! Imaginez une société qui préfère avoir une population vieillissante mais immortelle au renouvellement des générations. Où si tu as de l'argent, tu peux te fournir en petites pilules qui te feront vivre des siècles éternellement jeunes... C'est donc ce monde-là que nous décrit l'auteur, un monde qui asservit les enfants qui n'auraient pas dû naître, qui les endoctrine pour mieux en faire des esclaves et qui les maltraite. Mais j'ai trouvé, malheureusement, que l'auteure restait assez superficielle dans le traitement de son histoire et celle-ci manque de densité et de maturité (c'est vraiment un livre destiné aux jeunes ados).

Cependant, on devine, d'après certaines scènes, qu'il y a aussi autre chose derrière la fabrication des pilules miracles, quelque chose de terrible... Et il y a des rebondissements un peu inattendus...

Grange Hall, le pensionnat, m'a fait penser à certains orphelinats du XIXe siècle ou de certains pays de l'Est lorsqu'on voit des reportages sur la conditions des enfant élevés dans ces orphelinats insalubres.

Anna ne m'a pas vraiment convaincue. J'ai trouvé que pour une ado de 14 ans et demi, elle avait plus une mentalité et des propos d'une gamine de 8-10 ans. Je sais bien qu'elle a été enfermée depuis l'âge de 2 ans et demi, qu'elle a subi un endoctrinement poussé mais franchement, elle est très enfantine et gnangnan. Et se laisse porter par les événements sans vraiment prendre l'initiative. Je suis plus habituée à des personnages principaux ayant du caractère, qui vont porter l'histoire et en changer son cours.

Ici, c'est davantage Peter le jeune garçon qui fait tout le boulot ! :) Je l'ai vraiment aimé et si je continue la série, ce sera grâce à lui. Il est sympa, courageux, tenace.

Mrs Pincent, celle qui dirige Grange Hall est vraiment l'archétype de la bonne femme odieuse qui prend un malin plaisir à faire mal à plus faible qu'elle. Son histoire, que nous découvrons à un moment, pourrait racheter ses fautes mais n'excuse pas sa cruauté.

J'ai beaucoup aimé en revanche Julia Sharpe, une dame qui aide Anna et Peter à un moment.

Le style de l'auteur est vraiment le bât qui blesse dans ce livre. Il est très très simple, même en VO, à un point tel que j'aurais presque pu écrire le livre moi-même, sans me vanter ! ^^ Ce n'est vraiment pas une lecture qui fait mal à la tête et qui pose problème !

En conclusion, une histoire qui n'est pas mal mais qui comporte de nombreux défauts et qui ne m'a pas plus convaincue que ça, même si j'envisage de lire la suite un jour, quand même, ne serait-ce que pour voir ce qu'il arrive à Anna (qui aura peut-être muri) et Peter. Enfin, si vous voulez en apprendre plus sur ce monde totalitaire à sa façon, si vous voulez savoir si Peter arrivera à convaincre Anna à quitter Grange Hall et ce qu'il leur arrivera ensuite, lisez-le !

Note :



Il fait donc partie du Baby Challenge Science-fiction de Livraddict
15/20

du Challenge Version Originale d'Avalon
 

6

du Challenge Jeunesse/Young Adult de Mutinelle et Kalea 
6/20

Et l'auteur étant anglaise, 
il fait aussi partie du Challenge God Save the Livre d'Antoni 
13/5

Et il fait partie du Challenge Le tour des genres en 365 jours du Reading Corner 
18/20
Catégorie Young Adult 2/2