06 septembre 2015

All Clear, Blitz tome 2 de Connie Willis

Spoilers sur le tome précédent

Résumé :
Polly, Eileen et Mike sont toujours coincés en 1940 à Londres pendant le Blitz, incapables de rentrer en 2060, d'autant plus que les éléments semblent se liguer contre eux. Bravant les dangers tout en essayant de ne pas modifier le cours de l'histoire, parviendront-ils à trouver un autre Historien pouvant les aider ou à faire parvenir un message jusqu'en 2060 afin qu'on leur ouvre une fenêtre pour les faire revenir à leur époque ?

Mon avis :
J'avais lu le premier tome, il y a déjà pratiquement deux ans, et je l'avais beaucoup aimé malgré quelques petites réserves. Cette année, j'ai décidé de sortir le tome 2, grâce encore, comme le premier en 2013, au challenge ABC, et je suis ravie d'avoir retrouvé l'univers historiquement si riche de Connie Willis. Car si j'ai eu un petit peu de mal à me replonger dedans au début, ce fut ensuite une lecture passionnante, un vrai coup de coeur pour moi.

Polly, Eileen et Mike, les trois Historiens temporels dont nous avions fait la connaissance dans Black-out, sont toujours coincés en 1940, en plein Blitz à Londres. Ils cherchent par tous les moyens à trouver une fenêtre temporelle qui leur permettra de revenir en 2060 mais toutes semblent fermées. Ils se demandent si le fait d'avoir interagi avec certains londoniens au cours de leur mission n'a pas bouleversé le continuum, les coinçant ici à jamais et empêchant qu'une équipe de récupération viennent les chercher. Vont-ils rester vivre dans ce Londres en proie aux raids aériens allemands ou Mr Dunsworthy ou même le jeune Colin Templer vont-ils trouver un moyen de faire revenir nos naufragés du temps ?

Un petit conseil à ceux qui ont lu le premier tome, n'attendez pas trop avant d'entamer ce second opus. Je vous conseillerais même de les lire à la suite (même si ça fait plus de 1300 pages en 2 tomes). En effet, le tome 2 commence vraiment à la suite de Black-Out, comme si ce n'était qu'un seul livre en fait. Du coup, si vous attendez (comme moi qui ai mis presque deux ans pour sortir All Clear de ma Pal), vous risquez d'avoir du mal à vous y remettre car il y a peu de rappels.

Du coup, comme je l'ai dit en préambule, j'ai eu un peu de mal à me remettre dedans, d'autant plus qu'il faut bien l'avouer les 100-150 premières pages ne sont pas franchement folichonnes. Intéressantes (sinon j'aurais abandonné) mais pas folichonnes.  Il y a beaucoup de redondance, les 3 Historiens veulent toujours rentrer chez eux, n'y arrivent pas, Polly essaie d'empêcher Mike et Eileen de découvrir des événements et des morts qui pourraient les convaincre que le continuum a été modifié (vous savez, l’effet papillon), que tout va de travers et du coup, on tourne beaucoup en rond. Et puis tout à coup, le miracle a eu lieu et c'est devenu passionnant ! Je ne sais pas à quel moment, sans doute lors des événements du 29 décembre 1940, peut-être avant, mais à partir de là, je me suis mise à dévorer le livre, pestant quand l'auteur nous laissait sur une fin de chapitre haletante et un mini cliffhanger.

Dans le tome précédent, j'avais un peu regretté que le côté voyage dans le temps ne soit pas plus présent, et délaissé au profit du contexte historique. Ce dernier est toujours là (j'y reviendrai) mais cette fois-ci les voyages temporels, tout ce qui touche au continuum, font partie intégrante de l'histoire. J'ai adoré la façon dont l'auteur arrivait à raccrocher les wagons avec ses différentes histoires et époques dont elle parlait depuis le début de Black-out. Certains événements ou personnages qu'on suivaient en se demandant ce qu'ils faisaient là prennent alors tout leur sens, tout est entremêlé, important, prenant. J'ai adoré les explications sur pourquoi le continuum agissait comme cela, sur qui provoquait (inconsciemment) tous ces obstacles sur la route de nos héros et quelle était la mission de tous. Et sans spoiler, j'ai aussi adoré la quête dans le futur (futur de 1940) d'un personnage pour retrouver nos 3 historiens.

Mais All Clear, c'est aussi un formidable roman historique sur une période cruciale de l'Histoire des anglais, à savoir ce fameux Blitz qui a régi leurs vies pendant de longs mois. Connie Willis fait une magnifique reconstitution de cette époque, avec beaucoup de détails et c'est comme si on y était. Avec All Clear, et Black-out auparavant, elle met en avant tous ces héros de l'ombre, les ambulancières, les pompiers, les troupes de théâtres qui remontent le moral des Londoniens pendant le couvre-feu ou encore les petites gens qui ont participé de près ou de loin à sauver la vie des leurs. J'ai vraiment été passionnée par tous ces épisodes, notamment lors du bombardement de Saint- Paul en décembre 40. En plus, ayant été à Londres en juillet dernier, je me suis régalée à retrouver dans le livre tous les endroits où j'avais marché durant mon séjour. C'était vraiment sympa de visualiser Picadilly Circus, Marble Arch, Oxford Street, les marches de la National Gallery et Trafalgar Square et de nombreux autres endroits.  Ça m'a fait penser à Eileen (je crois que c'est elle) qui dit qu'elle n'aurait pas pu autant apprécier le V-Day (le jour de la victoire) en tant qu'Historienne si elle avait été juste parachutée là ce jour-là, sans avoir vécu le blitz et les privations en compagnie des Londoniens auparavant.

J'ai adoré retrouver les personnages du premier tome, en premier lieu Polly, Michael et Eileen (avec une petite préférence pour cette dernière), courageux de bout en bout, Si Godfrey, l'acteur shakespearien aux airs de Laurence Olivier et surtout les enfants, Binnie et Alf, malins, savoureux, attachants et apportant un peu d'humour dans ce roman parfois sombre, même si dans la vie réelle, je les trouverais insupportables.

Outre les anonymes, on croise aussi des figures connues, notamment Alan Turing, dont le nom et son rôle au sein du projet Ultra à Bletchey Park (vous savez pour casser les codes de la machine Enigma) n'auraient pas eu la même résonance si je n'avais pas vu The Imitation Game il y a quelques mois.

Il y a quelque chose de très prenant dans le style de l'auteur. J'avais lu Black-out en français mais j'ai décidé de lire All Clear en anglais et je ne le regrette pas du tout ! J'ai adoré sa façon d'écrire, très prenante, très fluide et compréhensible, et qui m'a séduite d'emblée même quand l'histoire ne me passionnait pas plus que ça.

En conclusion, voici un roman qui est un vrai coup de coeur (inattendu) et dont l'histoire, les personnages, le travail de recherches effectué par l'auteur,  le contexte Historique et l'aspect SF m'ont passionnée et certains passages beaucoup émue. Le livre fait 658 pages en VO, franchement, j'aurais aimé qu'il dure encore et encore et j'ai quitté Polly, Michael, Eileen, Alf, Binnie et les autres avec regret. J'ose espérer que l'auteur réécrira un roman dans cet univers-là (celui des voyageurs dans le temps) mais en attendant, il me reste Doomsday (Le grand livre), son premier roman sur les Historiens temporels. Et si vous voulez savoir pourquoi le continuum s'acharne sur nos pauvres héros et s'ils arriveront à retourner à leur époque, lisez-le !

Note :
++


Ce livre fait partie du Challenge ABC 2015 de Nanet
  21/26

du Challenge Un genre par mois 2015 organisé par Nathalie
Ce mois-ci (enfin le mois d'août), Science-fiction
8/12

et du Challenge Read in English d'Avalon
  29,5

Challenge Read in English 2015-2016


Le Challenge Read in English revient pour une nouvelle année (la 4e) et c'est moi qui vais m'en occuper ! :) En effet, Avalon (que je remercie de l'avoir organisé ces dernières années) n'a pas souhaité continuer l'aventure par manque de temps et j'ai donc accepté de prendre le relais car c'est un challenge que j'aime beaucoup, lisant pas mal en anglais.

Les modalités ne changent pas, le challenge commencera le 1er octobre 2015 pour se terminer le 30 septembre 2016. Les inscriptions se font à partir d'aujourd'hui jusqu'au 31 octobre afin de vous laisser un peu de temps pour décider de participer. Vous pouvez vous inscrire ici ou sur le post dédié sur Livraddict, ce qui sera plus facile pour moi pour centraliser les participants. Pas besoin de faire un article sur votre blog, le simple fait de dire "j'en suis" validera votre inscription :)

Si vous avez déjà participé au challenge, l'objectif est évidemment de faire mieux que l'année précédente mais sans stress. L'essentiel est surtout de prendre plaisir à lire en anglais.

Les tomes de sagas comptent pour une lecture par tome, même si vous ne faites qu'une chronique pour l'ensemble de la saga. Les nouvelles, elles, ne comptent que pour une demi-lecture mais un recueil de nouvelles lu entièrement comptera pour une lecture.

Pour valider vos lectures, soit vous ferez une petite chronique dont vous viendrez mettre le lien sur le post de Livraddict soit un court avis toujours sur le post de LA suffira.

Pour cette nouvelle année, j'ai concocté 4 logos, vous prenez celui que vous voulez, vous pouvez même reprendre celui d'Avalon si le coeur vous en dit.

Celui-ci est fait à partir de photos personnelles de Londres et New-York et représentant Picadilly Circus, Big Ben et un double-decker bus (et on ne voit pas bien mais il y a une voiture de police et un taxi sur la photo du bus) pour Londres et Time Square, l'Empire State Building et un taxi (plus un van estampillé NYPD) pour NY. J'ai trouvé sympa de mettre en parallèle ces endroits ou objets emblématiques des deux villes et de les monter en carte postale. C'est celui que j'ai choisi pour moi.

Celui-là est le même que le premier mais avec effet "vieille carte postale" il est peut-être un peu sombre et moins sympa mais pourra sans doute plaire à certains.

Celui-là est typiquement British, comme vous pouvez le constater et très simple :)

Celui-ci est un peu à la manière des "Keep Calm and Carry on"

Sinon, voici celui d'Avalon qui est très joli


Voilà ! J'espère que vous serez nombreux à venir participer, dans la joie et la bonne humeur !

05 septembre 2015

Guerre totale, Walking Dead tome 21 de Robert Kirkman

Titre original : All Out War - Part Two
Illustrations : Charlie Adlard
Spoilers sur les tomes précédents

Résumé :
Après leur dernier affrontement contre Negan, Rick et les siens pansent leurs blessures. La prochaine bataille à venir sera décisive...





Mon avis :
Le dernier tome, dont ma lecture remonte à il y a 3 mois, m'avait bien plus enthousiasmée que les précédents. C'est donc avec une certaine impatience que j'ai entamé ce 21 tome de la saga, surtout qu'il promettait une "guerre totale". Hélas, même s'il n'est pas mauvais, il n'a pas répondu à mes attentes, le trouvant redondant par certains moments avec tous les tomes déjà sortis.

Le dernier affrontement opposant les communautés alliées d'Alexandria et la Colline contre Negan a laissé des traces et des morts. Mais Rick ne veut pas se laisser abattre et surtout veut se débarrasser une bonne fois pour toute du psychopathe quitte à mener une guerre totale...

Ma chronique ne sera pas bien longue car je n'ai pas grand chose à dire sur ce tome que je n'aie déjà dit précédemment. Voilà quelques tomes que Negan fout la pagaille au sein des communautés pacifiques alentours et voilà quelques tomes qu'il en sort vainqueur et laissant les autres meurtris physiquement et moralement ou morts. Alors est-ce que ce tome change la donne ? Je ne vous en dirai rien ou pas grand chose, juste que la fin est plutôt surprenante (surtout de la part de Rick) et les décisions prises annoncent, j'espère, une nouvelle direction pour nos personnages. Car Alexandria, Negan, sa batte, sa psychopathie, c'est bien joli mais y en a un peu marre. Je veux quelque chose de neuf !

Même si je suis assez réservée sur ce tome, il réserve quand même son lot de batailles sanglantes et bien retorses de la part de Negan. J'avoue qu'on ne s'ennuie pas même si j'attendais quelque chose de plus épique.

Depuis, le dernier tome, Rick est remonté dans mon estime. Ici, je le trouve plus réfléchi, même si l'esprit de vengeance l'anime toujours, plus leader à l'écoute du bien de ceux qui le suivent. Pourvu que ça dure.

Quant à Negan, lui, je n'en peux vraiment plus. Ok, c'est vraiment un méchant à la hauteur mais c'est bon on a fait le tour du personnage.

Ezechiel m'a un peu déçue dans ce tome. Ok, il a vécu quelque chose de douloureux dans le tome précédent mais je n'ai pas retrouvé cette originalité et cette flamboyance qui le caractérisaient.

Pas grand chose à dire de nouveau sur les textes et les dessins, j'ai toujours du mal à reconnaître certaines personnages et surtout, dans les scènes de combat, je trouve que c'est toujours un peu fouillis, on a du mal à vraiment savoir ce qu'il se passe (qui est blessé ou tué).

En conclusion, comme vous pouvez le constater, ce n'est pas un tome qui m'a énormément plu, même si j'en ai aimé certains aspects et ma chronique s'en ressent. J'espère faire mieux pour le prochain :) En tout cas, si vous voulez savoir qui ressortira vainqueur de cette "guerre totale", lisez-le.

Note :

03 septembre 2015

Ru de Kim Thúy

Résumé :
Un femme d'origine vietnamienne égrène, dans le désordre, ses souvenirs, de son enfance à Saïgon, à la fuite dans un bateau et les camps de Malaisie et sa vie au Canada ensuite.







Mon avis :
Le challenge ABC (comme le Challenge Destination) est l'occasion pour moi de sortir des sentiers battus, de découvrir de nouveaux auteurs, notamment sur les lettres peu courantes. Il me semble que c'est Karine de Mon coin lecture qui m'a donné envie de découvrir Kim Thúy car elle avait chroniqué un autre livre (Mãn) peu avant que j'établisse ma liste. Si j'ai trouvé l'écriture de l'auteur très jolie et poétique, j'ai été un peu désarçonnée par sa narration, ce pêle-mêle de souvenirs évoqués par bribes et qui laisse un peu sur sa faim.

Elle est née au Vietnam et toute jeune a fui la guerre avec sa famille pour se retrouver dans des camps en Malaisie. Mais c'est au Canada qu'elle a trouvé refuge et grandi, y faisant sa vie. L'auteur nous raconte dans le désordre les souvenirs et la vie de sa narratrice tels un petit ruisseau ou une berceuse (traduction du mot ru en vietnamien).

À travers ce premier roman très autobiographique (même si la narratrice porte un autre nom que celui de l'auteur), l'auteur nous parle donc de sa vie, une vie qui commence douillettement au Vietnam, qui prend un tournant tragique avec la guerre et les camps d'internement en Malaisie et qui trouve une issue optimiste à partir du moment où elle débarque au Québec. Tout ça est très intéressant. Vraiment. J'ai beaucoup aimé quand elle évoque les scènes de la vie quotidienne au Vietnam, la parentèle qu'on appelle par numéro (Oncle Deux, Tante Sept), ces petites touches qui nous font découvrir la globalité d'une vie.

Le problème c'est que c'est trop court. Et trop décousu. L'auteur passe d'une anecdote amusante (l'histoire d'un bracelet en acrylique rempli de diamants par exemple) à un événement tragique, puis à un souvenir sur sa vie d'adulte, sans aucun lien, et rebondit comme cela pendant à peine 200 pages. Du coup, difficile de s'émouvoir sur certains faits dramatiques lorsqu'ils ne sont évoqués sur sur une page ou deux, et qu'aussitôt après l'auteur parle de faits plus légers. Et difficile de cerner la vie de l'auteur sur un livre aussi court. C'est un principe de narration original et intéressant malgré tout mais qui a aussi ses limites. On referme le livre avec un goût de trop peu et l'impression de finalement n'avoir fait qu'effleurer cette vie qui semble passionnante et de n'avoir eu que trop peu de temps pour s'investir dans cette lecture.

Du coup, difficile de cerner le personnage de la narratrice, de vraiment savoir quels ont été ses traumatismes liés à ce qu'elle a vécu. Et certains moments m'ont semblé flous. Elle dit plusieurs fois qu'elle a été sourde et muette mais c'est juste dit comme ça et ensuite on comprend qu'en fait elle parle et entend comme vous et moi et du coup on ne sait pas vraiment d'où cela vient...

Ce qu'on ne peut nier c'est que c'est très joliment écrit. Vraiment. D'où ma frustration que le recueil soit si court car j'aurais bien aimé passer un peu plus de temps avec sa plume délicate et poétique.

En conclusion, voilà un petit roman autobiographique bien écrit mais qui n'a pas su me convaincre tout à fait de par ses chapitres très courts et des tranches de vie trop succinctement abordées. Mais si vous voulez le découvrir, n'hésitez pas, la vie de Kim Thúy (ou plutôt Nguyen An Tinh, le nom donné dans le livre) vous intéressera sans doute.

Note :



Ce roman fait partie du Challenge ABC 2015 de Nanet
  20/26

02 septembre 2015

Loup de Nicolas Vanier

Résumé :
Sergueï, jeune Évène de 17 ans, est appelé à devenir chef de clan et gardien de la harde de rennes, comme son père. Mais sa rencontre avec une louve, accompagnée de ses 4 petits, va venir bouleverser sa vie et hypothéquer son futur puisque les loups, qui égorgent les rennes indispensables à la survie des Évènes, sont les ennemis héréditaires des hommes...




Mon avis :
Je n'ai pas pour habitude de vous chroniquer ce genre de livres, parce que je ne me tourne pas obligatoirement vers ce type de lectures, même si le genre me plaît plutôt bien. Aussi quand il m'a fallu faire une liste pour le Challenge ABC de cette année et que je galérais pour trouver un auteur en V, je me suis dit que ce serait sympa de lire ce Loup que ma soeur avait dans sa bibliothèque et qu'elle a bien voulu me prêter :) Et je dois dire que j'ai passé un très joli moment, très dépaysant, au pays des Évènes en compagnie de Sergueï et de ses amis loups.

17 ans est la passage à l'âge adulte pour le jeune Sergueï, fils de Nicolas, chef de clan, et qu'on s'attend à voir succéder à son père comme chef et comme meneur de la harde de rennes, animaux indispensables à la survie des Évènes dans les contrées froides et désertiques de Sibérie et proies des loups que les hommes traquent sans merci. La vie de Sergueï va se trouver bouleversée le jour où il découvre une louve et ses petits et il va devoir se battre contre les préjugés des siens pour faire accepter cette amitié contre nature et contre des hommes de l'Ouest avides de sensations fortes qui menacent la survie même de son peuple.

Loup allie le roman d'aventures à la fable écologique. Roman d'aventures surtout dans sa première partie où l'on découvre ce clan d'Évènes vivant suivant des traditions séculaires et se contentant de peu dans cette immensité sibérienne. À la lecture de ces pages, même si la vie y est chiche et difficile, on a envie de tout quitter pour partager le quotidien de Sergueï et des siens, mener les rennes aux pâturages ou vivre sous la tente.

C'est aussi une formidable et belle histoire d'amitié entre un homme et des loups et j'ai énormément aimé les passages où Sergueï apprivoise les loups et passe du temps avec eux. Le contexte, la façon dont l'auteur décrit ces moments, font qu'on croit immédiatement possible cette amitié.

Le livre n'aurait parlé que de cette histoire-là et des difficultés que la relation de Sergueï avec les loups engendre au sein de son clan, cela m'aurait été suffisant. Car il y avait suffisamment matière à décrire une histoire passionnante, faite d'embûches lorsque l'hiver est là et de solidarité entre les gens. Mais l'auteur y a rajouté un contexte écologique à coup de vilains hommes occidentaux venus chercher l'aventure dans ces contrées désertiques et n'ayant aucun respect pour la faune et la flore, à la différence des Évènes. C'est marrant (enfin pas trop), parce que j'ai lu le livre alors que l'histoire du dentiste américain avide de sensations fortes et sans scrupules qui avait tué Cecil le lion ne datait que de quelques semaines et faisait encore polémique et cela m'a peinée que la réalité et son sordide fait divers et la fiction se rejoignent ainsi...

En tout cas, ce côté-là du livre est un peu naïf et manichéen (les hommes de l'ouest sont des ordures, à deux exceptions près) mais au moins il pose le problème de ces contrées encore préservées de l'industrialisation et la modernisation à tout crin et qui le vivent très bien. Même si on aime bien notre petit confort, nous occidentaux, on ne peut qu'avoir de l'empathie pour ces Évènes qui luttent pour ne pas se faire avaler et pour préserver leur nature et leur environnement. Un combat sans doute perdu d'avance malheureusement mais dont j'espère que l'issue ne sera pas immédiate tant j'aimerais que ces paysages vierges le restent longtemps, en Sibérie ou partout ailleurs dans le monde où l'occidentalisation broie tout sur son passage. Alors naïf sûrement le message écologique de Nicolas Vanier mais sincère et touchant car il ne laisse pas insensible.

J'ai beaucoup aimé Sergueï, ce jeune garçon courageux, volontaire et un peu naïf, tiraillé entre le code d'honneur de son clan et son amitié avec ces loups, voulant sauvegarder et préserver ce qui l'entoure et dont les actes simples et sincères parlent davantage que des coups d'éclats.

Les loups de l'histoire sont vraiment des personnages à part entière du livre. On ne peut que s'attacher à cette mère louve et ses petits, s'attendrir lorsque Sergueï arrive à les apprivoiser et s'amuser de voir leur jeu. Mais ce serait nous faire oublier que ce sont des bêtes sauvages et leur nature de prédateurs est également bien retranscrite dans le roman.

Pas grand chose à dire sur les autres personnages, le père est l'archétype du chef de clan droit dans ses bottes mais qui grâce à son fils arrive à évoluer, Naztasia, la petite amie de Sergueï est bien mignonne et apporte la touche romantique à l'histoire. Quant à Oksanna et Astrov (pas sûre du nom, je n'ai pas le livre sous la main), elle est une Évène occidentalisée et lui un pilote russe sans états d'âme, ils font partie de ces personnages moins manichéens qu'on aurait pu le penser de prime abord, même si j'ai détesté Astrov au début.

Le style de l'auteur est agréable à lire,. Ce n'est pas de la grande littérature mais sa façon d'écrire est juste et convient bien avec son histoire. Grâce à ses mots on file à la suite de Sergueï sur son traîneau tiré par ses rennes, on gèle pratiquement sur place lors des nuits glacées d'hiver, on chasse les mouflons avec les loups, on est horrifiés par les agissements des chasseurs occidentaux, on s'émeut du courage des Évènes et on a envie de planter sa tente au bord d'un lac gelé. Et ce livre de 400 pages se lit très vite. En revanche, la 4e de couverture du livre est un peu trompeuse.

En conclusion, voici une très jolie histoire d'amitié et d'aventures qui ne laisse pas insensible par le message qu'il dégage. Et si vous voulez savoir si Sergueï parviendra à faire accepter son amitiés avec sa famille loup et s'il parviendra à empêcher les vilains chasseurs et prospecteurs occidentaux de détruire l'eco-système sibérien, lisez-le.

Note :




Ce roman fait partie du Challenge ABC 2015 de Nanet
  19/26

01 septembre 2015

Magic Rises, Kate Daniels, tome 6 d'Ilona Andrews

Risque de spoilers sur les tomes précédents

Résumé :
Kate et Curran acceptent d'aller servir de témoins neutres en Europe, dans une affaire de grossesse dont 2 hommes de deux packs différents revendiquent la paternité. Même s'ils savent qu'ils se précipitent dans un piège, l'enjeu est primordial pour nos deux héros et la meute d'Atlanta, puisqu'ils seront payés avec un remède facilitant la transition des jeunes métamorphes dont bien peu arrivent à maîtriser leur bête et meurent avant d'atteindre l'âge adulte...



Mon avis :
Après la nouvelle Magic Gifts, Heclea et moi avons enchaîné avec ce tome 6, nous réjouissant de retrouver plus longuement Kate et la meute d'Atlanta. Et je dois dire que Magic Rises est une vraie réussite, sûrement l'un des meilleurs de la saga, tant il est prenant, émouvant, surprenant et plein d'action.

Chez un métamorphe, l'adolescence est un cap difficile car bien peu réussissent leur transition et deviennent "loups" qu'il faut abattre. Aussi quand la meilleure amie de Julie, Maddie, est incapable de maîtriser sa transition, Kate est révoltée. La seule solution est un remède, la Panacée, qui coûte une fortune et n'est produit qu'en un seul endroit en Europe. Aussi quand Kate et Curran sont invités en Géorgie, sur les bords de la Mer Noire, pour servir d'arbitre autour d'une grossesse gémellaire dont l'enjeu est un passage décisif dans les Carpates, arbitrage payé en Panacée suffisante pour soigner les ados de la meute pendant de longs mois, ils n'hésitent pas. Même s'ils savent qu'ils se dirigent droit dans un piège. De fait, leur mission va se révéler très compliquée, et pour Curran, et pour Kate et leur relation va être mise à rude épreuve...

Voilà un tome qui démarre sur les chapeaux de roue de façon poignante, puisque, comme je l'ai dit dans mes résumés, son point de départ touche des ados, des enfants que les parents sont impuissants à sauver (on se rappelle que Tante B, l'alpha des boudas, hyènes-garous, tient comme à la prunelle de ses yeux à son fils Raphael, le seul de ses enfants ayant réussi  sa transition). Les premières scènes sont vraiment émouvantes.

Et d'enfants, il en est question tout au long du livre, puisque l'une des intrigues tourne autour cette grossesse et des futurs enfants convoités par deux meutes et dont le premier né accordera un droit de passage à l'une d'elles (désolée de ne pas davantage détailler mais ce serait un peu long et puis ça vous enlèverait tout suspense :))

Ce tome est aussi l'occasion de sortir un peu d'Atlanta, ce qui change agréablement, et de découvrir l'Europe et ses meutes ainsi que d'autres créatures surnaturelles assez sanguinaires et des nouveaux personnages attachants. J'ai trouvé très intéressant cet aspect-là du livre qui donne une autre tonalité à la magie de cet univers.

Mais ce tome est également très centré sur Kate, sur ce qu'elle est, comment elle a été élevée (notamment parce qu'on rencontre enfin un personnage clé de ses origines - et non, ce n'est pas l'énigmatique Roland) et son statut par rapport à la meute (nous on sait que Kate est bien autre chose qu'une faible humaine, d'autres ne le voient pas comme cela) et sa relation avec Curran. J'avoue que j'ai failli m'énerver à un moment vu la tournure que ça prenait et je me suis dit "oh non, ça ne va pas tourner au drama amoureux comme on en trouve dans maints romans d'Urban Fantasy/Romance paranormale. Mais ouf, Ilona Andrews a su judicieusement éviter cet écueil et notamment parce que l'histoire d'amour entre Curran et Kate est profonde et équilibrée.

Lors des derniers tomes (du moins le 5e), j'ai déjà eu l'occasion de dire combien Kate était devenue plus vulnérable depuis qu'elle était plus sociable ou amoureuse. C'est encore le cas ici où sa fragilité, ses doutes, ses questions également, sont plus présents et font partie d'elle-même. Elle est toujours tête brûlée et a un caractère qui ne s'en laisse pas conter (il faut bien, face à son lion de chéri) mais l'équilibre qu'elle trouve petit à petit (mais avec pas mal d'épreuves) entre ce qu'elle a été et ce qu'elle devient la rend tout à fait passionnante et attachante.

Curran, lui, est toujours égal à lui-même, l'Alpha de la meute dans toute sa splendeur, attentif au bien être des siens, leader charismatique et empathique (on voit bien la différence avec les chefs des autres meutes, notamment les européens), colérique et parfois arrogant mais aussi capable de vrais sentiments, notamment envers Kate.

On retrouve les personnages emblématiques des précédents tomes, Andrea, Raphael, Tante B, le Dr Dolittle (que j'adore) et bien d'autres encore, alliés fidèles et amis de Kate, toujours là pour la soutenir (malgré ce que voudraient faire croire les autres). Certains ne seront pas épargnés par les épreuves et c'est toujours poignant de voir des personnages que l'ont aime être malmenés.

Deux nouveaux personnages bien sympathiques font leur apparition, Astany, un drôle de petit bonhomme et Astamur, un berger mystérieux qui m'a beaucoup plu. J'espère qu'on aura l'occasion de les revoir même si j'en doute étant donné qu'ils vivent en Europe. Un 3e m'a aussi bien plu c'est Christopher, un humain que Kate sauve.

Quant aux méchants, je n'en parle pas, notamment pour ne pas trop en dire, et particulièrement d'un très important que j'ai évoqué plus haut, et qui m'a plu de par son ambiguïté.

La VO n'est pas particulièrement difficile à comprendre (après le tome 2 des Gentlemen Bastards, j'ai même trouvé que ça coulait tout seul :)) et le style de l'auteur est agréable à lire.

En conclusion, voici un excellent tome, sûrement le meilleur, même si les précédents étaient déjà très bon. Il y a dedans tout ce que j'aime dans cette série et l'intrigue "du jour" ne m'a pas déçue du tout et le tout est passionnant à suivre. Alors si vous voulez savoir comment cela va se passer pour nos amis en Europe, s'ils réussiront à revenir à Atlanta avec la Panacée, si l'amour de Kate et Curran va réussir à surmonter les obstacles et les épreuves et quel est le mystérieux méchant dont j'ai parlé, lisez-le. Quant à moi, je vous retrouverai en novembre pour le tome 7 ! :)

Note :



Livre lu en compagnie d'Heclea

Le livre fait partie du Challenge Read in English d'Avalon
  28,5

et du Baby Challenge Bit-lit de Livraddict
6/20
(4+2 jokers)