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Gainsbourg (vie héroïque), un conte de Joann Sfar

Posté par Frankie le 27 février 2010 à 19:35 - Catégorie : ,

Avec Eric Elmosnino, Laetitia Casta, Lucy Gordon, Philippe Katerine...

Résumé :
La vie de Serge Gainsbourg, du jeune Lucien Ginsburg des années 40 épris de peinture jusqu'à l'icône Gainsbarre des années 80. Le film suit son itinéraire artistique et ses amours tumultueuses.



Mon avis :
Pour qui aime Gainsbourg (moi par exemple ! ;)), c'était le biopic le plus attendu de ces dernières années ! Les premières images bluffantes d'Eric Elmosnino en Serge Gainsbourg avait été diffusées en avril 2008 et la sortie du film était attendue avec impatience. Alors est-ce que le film allait être à la hauteur de l'attente ?

À l'arrivée, un vrai coup de coeur pour moi ! Joann Sfar a réussi le tour de force de faire revivre Gainsbourg sous nos yeux tout en livrant un film assez personnel. Son conte (comme il l'appelle lui-même) est émaillé de petits dessins animés ou de marionnettes et je trouve que c'est une très bonne idée. Ça évite de faire une biographie banale et convient bien à l'univers hétéroclite de Gainsbourg.

La grande marionnette qui suit Gainsbourg de sa vie de jeune adulte jusqu'à la fin des années 70 m'a beaucoup plu. Cette marionnette représente le côté obscur de Gainsbourg, le Gainsbarre des années 80 qui se permet tous les excès. C'est d'ailleurs quand Gainsbarre prendra le pas sur Gainsbourg que la marionnette fusionnera avec Serge et disparaîtra...

Le film raconte donc la vie (et surtout les amours) de Lucien Ginsburg, petit immigré juif russe rêvant de devenir peintre et qui, pour vivre, fera de la musique, un art mineur selon lui, son gagne-pain. On le voit alors, jeune homme un peu timide, côtoyer Boris Vian ou écrire pour Juliette Gréco. Les décennies suivantes ont failli lui être fatales mais il a toujours su rebondir en s'adaptant à l'air du temps (ses chansons "yéyé" des années 60, par exemple) ou en écrivant pour les jeunes filles en fleurs du moment : France Gall en 64 ou Vanessa Paradis en 90. La reprise de sa chanson, Les Papillons noirs, par Bijou à la fin des années 70 a fait beaucoup pour relancer sa notoriété auprès des jeunes de cette époque.

Je regrette simplement que Joann Sfar ait complètement occulté son passé de réalisateur. Il a quand même réalisé quatre films dont "Je t'aime moi non plus" en 1976 et "Équateur" en 1983.

De même que si toute la période Gainsbourg, du "Poinçonneur des Lilas" à "L'Homme à la tête de chou," est très bien faite, la période Gainsbarre est, à mon avis, très rapide, presque bâclée. Il faut dire aussi que ce n'est pas la tranche de vie la plus intéressante du personnage. J'ai moi-même préféré tout ce qui concernait ses débuts, sa période Saint-Germain des Près, puis les années 60-70 avec Bardot puis Birkin.

En ce qui concerne les acteurs, mention spéciale à Éric Elmosnino. Il EST Serge Gainsbourg. C'est d'ailleurs très troublant de le voir jouer tout au long du film, on a vraiment l'impression que Gainsbourg est là, bien vivant... J'en avais des frissons à le voir jouer ! En revanche, il est moins convaincant en Gainsbarre... Là, on voit les limites du jeu et de la ressemblance. Mais ce n'est pas très grave tellement ce qui a précédé était bien !

Philipe Katerine en Boris Vian ne fait que passer cinq minutes et ne m'a pas plus marquée que ça.

Anna Mouglalis campe une Juliette Gréco qui ressemble plus, de façon troublante, à Fanny Ardant qu'à Gréco elle-même !

Sarah Forestier joue une France Gall, gauche, bécasse et empruntée. Je pense que l'original était comme cela mais j'ai trouvé la scène bancale.

Laetitia Casta EST Bardot ! Quand elle a débarqué dans le film, j'en ai eu des frissons et les larmes aux yeux tellement on aurait dit le modèle original ! Toutes les scènes Gainsbourg-Bardot sont un pur bonheur et j'aurais voulu que ça dure plus longtemps ! Laetitia Casta ne joue pas très très bien mais Bardot  n'était pas non plus une super actrice alors ça va ! :)

Lucy Gordon est une jolie Birkin. Difficile de passer après la flamboyance de Casta/Bardot, aussi l'actrice semble un peu fade. Mais elle a bien les mimiques de Birkin et il ne faut pas oublier qu'à l'époque, même si elle avait tourné dans quelques bonnes productions, Jane Birkin était une petite chose aux longues jambes et robes courtes, aux yeux de biche et faire-valoir dans les films de Pierre Richard ! Je trouve que Lucy Gordon la joue plutôt pas mal.

Quant à l'actrice qui joue Bambou, difficile de se faire une idée... on la voit 5 minutes !

Deux désagréments au cours  de la séance mais qui n'ont rien à voir avec le film : le froid ,tout d'abord, dans la salle apparemment pas chauffée ! J'ai été obligée de garder mon manteau et mon écharpe ! Super !

Ensuite, les spectateurs. Nous étions six dans la salle, un couple de seniors (pour être politiquement correcte ;)), deux copines, seniors également, et un gars. Et comme souvent quand je vais voir des films français, (et ça m'horripile), le couple (surtout le mari) a commencé à parler comme s'il était dans son salon,  c'est à dire fort, même le film une fois commencé ! Pareil pour les deux vieil...euh seniors !J'ai dû leur dire de se taire ! Et, à la fin du film, le mec seul a laissé son téléphone sonner trois fois, avant de sortir répondre ! Que c'est agaçant ! Au moins, quand je vais voir les films en VOST, tout le monde se la ferme !

Enfin bref, en conclusion et malgré les quelques défauts du film,  courez le voir si vous êtes un fan de Gainsbourg (et même si vous ne l'êtes pas), vous passerez un excellent moment. Ah et je n'ai pas parlé de l'affiche ! Je la trouve vraiment très belle, une réussite !

Note :



5 Comments


Je suis d'accord avec toi. Un superbe hommage tout en poésie. Un coup de coeur pour nous également!
De très bons acteurs. Une finesse dans le rendu... Bref, THE claque!
Si ça te dis de lire notre avis, c'est par ici: http://cafardsathome.canalblog.com/archives/2010/01/31/16743296.html


Merci pour ce petit mot, Nelfe. Je suis allée voir ta critique et on est assez d'accord sur plusieurs points, en particulier sur la dernière partie, trop rapide.


Merci beaucoup pour ce billet Frankie. Je l'ai vu il y a quelques semaines, mais c'est impossible pour moi de parler ou d'écrire sur Serge même après toutes ces années. Le manque est trop cruel. Je rejoins entièrement ton avis tant sur la flamboyance du film que sur cette dernière partie un peu trop vite traitée. Pour ceux qui hésiterai encore je me joins à Frankie pour vous enjoindre de courir le voir.


Merci El Jc pour ce gentil mot. C'est vrai que Gainsbourg nous manque beaucoup et c'est pour cela que c'est troublant de le voir presque revivre dans ce film.


J'ai vu une émission sur Gainsbourg il y a peu de temps. Pas sur le film en lui même mais sur sa vie, et ça m'a donné bien envie de voir ce film.

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