31 août 2019

Dansecorde, Les archives de Roshar tome 2.5 de Brandon Sanderson

Titre original : Edgedancer

Spoilers sur les tomes précédents

Résumé :
Lasse de la cour d'Azir, où son ami Gawx est devenu empereur, la jeune Lift, âgée de 13 ans mais qui pense avoir 10 ans pour toujours, arrive à la ville de Yeddaw où elle a entendu que l'Obscur, qui avait essayé de la tuer, s'en prend à des personnes "géniales" comme elle...


Mon avis :
L'histoire de Lift, la Dansecorde, n'avait été qu'un petit interlude dans le tome 2 des Archives de Roshar mais suffisamment marquante pour qu'elle laisse son empreinte durablement. J'avais d'ailleurs dit lors de ma chronique du tome 2 que je lirais cette novella avant d'entamer le tome 3. Et j'ai bien failli oublier. Mais grâce à Lianne qui l'a lu un peu avant moi, je me suis rappelé que la nouvelle s'intercalait entre les deux tomes et je l'ai donc lu début juillet. Ce fut une lecture très agréable et un tome intermédiaire qu'il est préférable de lire avant d'entamer Oathbringer/Justicière, le tome 3.

La nouvelle de 270 pages en VO porte donc sur la visite de Lift dans cette ville très particulière, qui serait une sorte de réplique des Plaines Brisées mais habitées. ou un labyrinthe en cercle mais dont les parois seraient des falaises. Lors de sa visite à Yeddaw, Lift ne va pas que manger les 10 sortes de pancakes que propose la ville, ce qui est un de ses objectifs :) mais aussi découvrir que d'autres possèdent aussi des habilités spéciales et elle va essayer de les sauver de l'Obscur, tout en tentant de lui échapper.

Pour ceux qui se demanderaient s'ils doivent nécessairement lire cette novella avant d'entamer le tome 3, je dirais que oui. Il y a des situations, des personnages, des évolutions qui peuvent s'avérer importants pour la suite, le tome 3 bien sûr mais peut-être aussi les tomes suivants. Dans la saga de Roshar, tout est lié et tout est important.

Pour ceux qui liraient le tome 3 sans avoir lu cette novella, vous risquez de vous demander comment certains personnages ont... évolué, ou changé comme ça, pas seulement Lift mais aussi deux autres personnages qu'on ne se serait pas attendu à changer comme ça...

Et pour ceux qui liraient juste la nouvelle, qui en VF est insérée dans le recueil Sixième du crépuscule, et en VO à la fin d'Arcanium Unbounded qui regroupe des nouvelles se déroulant dans le Cosmère, ça risque de n'avoir aucun intérêt. Il y a des novellas qui se suffisent à elle-même (j'ai en tête L'âme de l'Empereur) mais là, comme j'ai dit, c'est fortement intégré dans Les Archives de Roshar. C'est vraiment un tome 2.5.

Lift est une jeune fille attachante mais qui peut être parfois agaçante. Un peu comme Dany dans la série Fever qui avait le don de m'énerver quand elle était ado. Mais je pense, et j'espère, qu'elle peut être un élément important, voire primordial, dans la saga et la lutte contre les néantifères. Et j'aime que sous ses dehors parfois désinvoltes, elle ait deux sous de jugeote. J'aime aussi beaucoup Wyndle, son sprène, qui n'est pas un néantifère comme elle se plaît à le croire une bonne partie du temps :)

Il y a aussi d'autres personnages intéressants dans la novella mais je ne veux pas trop en parler pour ne pas spoiler.

Le style de l'auteur est toujours très très agréable à lire en anglais.

En conclusion, Edgedancer est une novella très agréable à lire, intéressante par bien des côtés, même si on pourrait penser qu'il ne s'agit que d'un intermède concernant la fantasque Lift. Lift que j'ai été ravie de retrouver, même si elle m'a parfois agacée. Alors si vous aussi voulez retrouver la jeune fille et son sprène, vivre ses aventures et découvrir quels sont les autres personnages importants dont je n'ai pas voulu parler, lisez-la.

Note :



Ce livre a été lu pour Le Challenge Un genre par mois d'Iluze
Juillet : Fantasy
7/12

et du Challenge Read in English 2018-2019 
que j'organise
19

29 août 2019

La favorite de Yórgos Lánthimos

Titre original : The Favourite
avec Olivia Colman, Rachel Weisz, Emma Stone, Mark Gatiss, Nicholas Hoult

Résumé :
En 1708, alors que la guerre contre la France bat son plein, la reine Anne, excentrique monarque et de santé fragile, préfère laisser la gestion du royaume d'Angleterre à sa favorite et amante, Sarah Churchill et à ses conseillers qui, eux, essaient de saper son autorité. Mais la cousine de Lady Sarah, Abigaïl Hill, jeune et mutine, embauchée d'abord comme souillon, puis comme femme de chambre, parvient bientôt à s'attirer les faveurs de la reine...




Mon avis :
Dès que j'ai vu la bande-annonce de ce film, j'ai eu envie d'aller le voir au cinéma et c'est donc peu après sa sortie, le 3 mars dernier, que je suis allée le voir avec ma fille. J'ai mis un peu de temps à entrer dans le film pour des raisons dont je parle plus bas mais au bout d'une vingtaine de minutes, j'ai commencé à franchement aimer ce film burlesque et légèrement anachronique et porté par un trio d'actrices magnifiques.

Comme je l'ai dit en préambule, au début, je me suis vraiment demandé dans quoi je m'embarquais tant la réalisation était spéciale, un peu trop moderne à mon goût et puis je me suis dit que si ça avait marché pour le Marie-Antoinette de Sofia Coppola, pourquoi ne pas donner sa chance à celui-ci. Et ça a marché et j'ai trouvé le film excellent.

J'aime l'Histoire et l'Histoire d'Angleterre mais j'avoue que je ne connaissais absolument pas cette reine Anne ni vraiment l'époque à laquelle elle a vécu. En France, Louis XIV règne toujours et pour encore 7 ans, mais je ne savais pas que les Français et les Anglais étaient (pour la nième fois et pas la dernière) en guerre.

La Favorite porte surtout sur la cour d'Angleterre, les soubresauts de l'Histoire n'étant que des prétextes à faire agir les courtisans ou les favorites. Le film se déroule en vase clos, au palais de la Reine et ses jardins et quelques alentours. Tout est prétexte à jeux ou manipulations, complots et tromperies de la part de tous.

Au milieu, cette pauvre reine Anne, qui est comme une enfant, aussi capricieuse qu'attachante. Obèse, malade, avide d'attention. Et formidablement interprétée par Olivia Colman. J'adore cette actrice depuis Broadchurch et elle est impeccable dans tous les rôles qu'elle interprète et là elle a franchement mérité tous les prix qu'on lui a donnés, notamment l'Oscar de la meilleure actrice, le Golden Globe ou encore le Batfta. À priori tout ce qui la concerne est fidèle, sauf que son mari était encore vivant à l'époque où se déroule le film alors qu'il n'est pas évoqué.

J'ai beaucoup aimé le personnage de Sarah Churchill, Duchesse de Marlborough et là aussi excellemment joué par Rachel Weisz. De prime abord, son personnage n'est pas hyper sympathique. Elle est froide, dirigiste et jalouse. Mais c'est aussi quelqu'un qui aime profondément la reine et son pays et ne veut que leur bien. Et cette fidélité lui coûtera cher.

En revanche, Abigaïl Hill est une véritable peste. Au début, je l'ai trouvée charmante et mutine mais on voit vite que ce n'est qu'une sale arriviste qui va réussir à faire son chemin à force de complots et de mensonges. Son intérêt n'est pas la reine mais le pouvoir que l'intérêt que la reine lui procure. J'avais franchement envie de lui mettre des baffes. Mais Emma Stone est très bien dans le rôle.

Les courtisans masculins sont en retrait et parfois tournés en ridicule. J'ai vu un commentaire, sur Seriebox, se plaignant de cela et ça m'a fait rigoler car il y a tellement de films où les femmes sont des potiches... Mais dès qu'un film met en avant des femmes fortes, ça se plaint ! Bon, il y a quand même Nicholas Hoult et Mark Gatiss et ils ont des rôles savoureux (même si Gatiss est moins présent).

C'est la première fois que je vois un film de Yórgos Lánthimos que je ne connaissais absolument pas. Sa réalisation est donc baroque, burlesque et pleine d'humour. Comme j'ai dit, elle désarçonne au début mais ensuite on ne peut que l'apprécier. Il y a par ailleurs des plans sublimes.  Ma fille qui fait des études de cinéma a vraiment apprécié cette réalisation.

En conclusion, si on arrive à dépasser certains préjugés au début du film sur la façon dont c'est filmé, La favorite est un excellent long métrage et un magnifique portrait de trois femmes très différentes et superbement bien interprétées par Olivia Colman, Rachel Weisz (que je n'avais pas vu depuis longtemps) et Emma Stone, à l'aise dans tous ses rôles si différents soient-ils. Alors si vous l'avez manqué au cinéma, n'hésitez pas à le voir en DVD ou à le regarder sur le petit écran quand il y sera diffusé.

Note :



Vu en version originale sous-titrée en français

Le film fait partie
du Film de la Semaine 2019 de Benji
16/52
et il me valide la Consigne de la semaine 9
puisque c'est nous qui décidions ce que nous allions voir
7/52

23 août 2019

Le grand huit, Stephanie Plum tome 8 de Janet Evanovich

Titre original : Hard Eight
Spoilers sur les tomes précédents

Résumé :
La mission de Stephanie Plum est cette fois-ci plus que délicate. Elle doit retrouver Evelyn, une mère de famille soupçonnée d'avoir kidnappé sa fille, Annie. Si elle ne la retrouve pas, le maison de la mère d'Evelyn sera saisie. Mais voilà qu'Eddie Abruzzi, le mafioso local, s'en mêle et menace Stephanie, qu'un mec déguisé en lapin tueur s'en prend à notre chasseuse de primes préférée qui doit aussi composer avec un vieux qui ne veut pas se rendre, un avocat pas très futé, des amours plus que compliquée entre Morelli et Ranger et une famille toujours aussi loufoque...


Mon avis :
Non, vous n'avez pas la berlue, il s'agit bien de ma 2e chronique de l'année d'un Stephanie Plum ! J'ai toujours émis le voeu pieux de pouvoir lire plus d'un tome par an mais jusqu'à présent je n'y étais pas arrivée. Fin juin, après deux lectures un peu longues, j'ai eu envie de légèreté et d'une lecture plus facile et je me suis donc tournée vers ce 8e tome de la saga Plum et je dois dire que j'ai passé un très bon moment, avec cette aventure plus intéressante que la précédente.

Bon, ne vous attendez pas à quelque chose de très original, ce n'est pas forcément ce qu'on recherche avec cette série et surtout au tome 8 (mais je me demande comment ça peut tenir sur 25 tomes plus les romans de Noël...). C'est donc toujours le même schéma, Stephanie doit retrouver quelqu'un qui a omis de se présenter pour sa caution, l'affaire qui devait être simple devient très compliqué, des méchants en ont après elle et elle peut toujours compter sur ses amis et sa famille pour l'aider ou, au contraire, lui compliquer la vie.

Ici il s'agit donc de retrouver une maman qui s'est enfuie avec sa fille alors qu'elle avait signé un accord de partage de la garde avec son ex-mari. Si l'un deux se soustrait à la garde, il doit payer une amende et s'il ne paie pas on saisit la garantie, en l'occurrence la maison de la grand-mère. Cela donne donc une motivation supplémentaire à Stephanie, partagée malgré tout car elle sait qu'Evelyn a bien fait de s'en aller.

Car il ne s'agit pas seulement que d'une affaire familiale, la situation s'élargit vers quelque chose de plus criminel et évidemment notre Stephanie se retrouve vite dans les ennuis jusqu'au cou. Et ennuis n'est pas un mot assez fort car elle se retrouve encore plus d'une fois en grand danger. C'est d'ailleurs ce qui me "choque" parfois avec cette série, c'est qu'il y a des situations dramatiques avec notre héroïne en danger de mort mais le ton reste léger et à la rigolade. Ça fait bizarre parfois et d'ailleurs j'en parlais déjà dans ma chronique du tome 6.

Donc outre ses graves ennuis, Stephanie a d'autres problèmes à gérer et je dois dire qu'elle n'a pas le temps de s'ennuyer et nous non plus ! À commencer par ses amours, toujours bien compliquées, même si avec Morelli ça semble terminé au début du roman. Mais, s'ils ne sont plus ensemble, Joe est toujours très présent dans la vie de Stephanie, pour mon plus grand plaisir. Et puis il y a aussi le troublant Ranger...

Et comme dans certains autres tomes, il y a deux gars qui collent aux basques de Stephanie mais autant c'était assez amusant quand c'était Bunchy et Randy ou Mitchell et Habib, autant là c'est assez flippant. Et comme aussi dans d'autres tomes, il y a toujours un petit mec rigolo qui squatte plus ou moins chez Stephanie, ici c'est un avocat du nom d'Albert Kloughn (à prononcer comme clown).

Pour ce qui est de Stephanie, c'est toujours un personnage amusant et attachant, qui n'en fait qu'à sa tête et se retrouve évidemment en danger avec généralement sa voiture qui explose ou qui brûle.

Et puis il y a sa famille et ses amis, Mamie Mazur toujours très tordante ou Lula sa collègue dont j'adore le franc-parler, elle me fait beaucoup rire.

Côté style, rien de bien nouveau à dire, ça se lit très bien et vite.

En conclusion, Hard Eight est un tome que j'ai beaucoup apprécié de lire, un peu meilleur que le précédent. Mais ne vous attendez pas, non plus, à quelque chose de bien original. Mais quand on lit un Stephanie Plum, on sait à quoi s'attendre et c'est aussi pour cela qu'on les lit. Alors si vous voulez voir Stephanie une fois de plus dans les emmerdes jusqu'au cou, savoir si elle arrivera à mener ses missions à bien, si sa voiture va encore brûler/exploser et si ça va évoluer avec Ranger ou, qui sait, Morelli, lisez-le. Quant à moi j'espère lire un autre tome d'ici la fin de l'année.

Note :



Le roman fait partie du Challenge Read in English 2018-2019 
que j'organise
18,5
du Challenge Polars et Thrillers 2019-2020 de Sharon
1

et du Challenge de Licorne
T/P : 9/9
Total 18/18
Point bonus pour le livre : 1

14 août 2019

La porte de cristal, Les livres de la Terre fracturée, tome 2 de N.K. Jemisin

Titre original : The Obelisk Gate, The Broken Earth Book 2

Spoilers sur le tome précédent

Résumé :
Alors que la cinquième saison menace toute civilisation, Essun doit fortifier son pouvoir afin d'essayer de contrer cette saison. Au loin, sa fille, Nassun, découvre son pouvoir, entre un père qui abhorre ce qu'elle est et un nouveau mentor qui veut l'aider à s'épanouir en tant qu'Orogène.


Mon avis :
Il y a un an, j'avais lu le premier tome de cette trilogie fantasy après avoir lu de très bons avis et confortée par le fait qu'il avait reçu le prestigieux pris Hugo en 2017. Même si j'avais aimé, j'avais été moins enthousiaste que beaucoup, pour diverses raisons. Cette année, c'est donc le tome 2 que j'ai mis à mon programme et lu en juin et j'espérais, maintenant qu'on n'était plus dans l'introduction, accrocher davantage. Malheureusement, ça n'a pas été le cas. J'ai aimé ce que j'ai lu mais je me suis parfois ennuyée.

Après des mois d'errance, et à la recherche de sa fille, Essun, l'Orogène connue petite sous le nom de Damaya et jeune femme sous celui de Syenite, s'installe à Castrima où cohabitent Fixes et Orogènes et y retrouve Alabaster son ancien amant en train de mourir. Auparavant, il veut lui donner les moyens de mettre fin à cette terrible cinquième saison qui risque de durer des siècles voire des millénaires. Bien loin, Nassum, sa fille qu'elle croit perdue à jamais, a été emmenée par son père qui abhorre tout ce qu'elle est et entend bien la "guérir". Mais c'est un tout autre destin qui attend la petite fille en la personne d'un mentor qui va lui faire prendre conscience de son potentiel...

Tout d'abord, je dois dire que j'aime énormément l'univers de l'autrice. C'est un monde compliqué à appréhender avec les obélisques, les mangeurs de pierre, les gardiens, les saisons mais c'est vraiment passionnant à suivre. Et, dans ce tome, on en apprend davantage sur tout cela, tout en nous faisant poser 1000 nouvelles questions qui, j'espère, trouveront des réponses dans le dernier tome.

Outre l'univers, il y a toute cette orogénie qui est intéressante. J'avais dit pour le premier tome que ce n'était pas une magie mais plutôt un don à la X-Men, en fait, je m'étais trompée. Ce tome 2 dit bien que c'est une magie. Mais quelle magie ! Pas étonnant que les humains soient effrayés par les Orogènes qui sont des êtres puissants et qui peuvent être destructeurs (hein Alabaster...) et encore plus quand ils ne maitrisent pas leur magie, comme Nassun. Le premier tome était un peu réservé sur l'Orogénie mais ce tome 2 l'approfondit à plusieurs niveaux et j'ai beaucoup aimé.

En revanche, il y a des passages qui m'ont vraiment ennuyée. J'ai aimé Castrima où cohabitent (avec succès ou pas...) fixes et orogènes. Mais j'ai trouvé qu'on y faisait parfois un peu du surplace. C'est bien joli qu'Essun s'y pose le temps de ce tome mais pfiou que c'est long ! J'ai aussi trouvé très longues les histoires de guerre entre communautés et notamment entre je ne sais plus laquelle et Castrima. Là, ça m'a barbée à 100 sous de l'heure, je me suis même surprise à lire certains passages en diagonale.

Et il y a des aspects politiques qui me laissent perplexes. Ou alors j'ai été peu attentive et j'ai raté des trucs. Il est bien censé y avoir un pouvoir politique avec un empire, un empereur et c'est où tout ça ? Car là, on a l'impression que chaque comm est séparée des autres dans un chaos post apocalyptique et vit comme elle l'entend, sans avoir à référer à un pouvoir central. Ou alors, la Fracture a isolé les comms où se déroule l'histoire... Bon, après avoir écrit cela, je suis allée voir le glossaire en fin de roman et j'aurais mieux dû le lire la première fois car l'organisation politique y est bien décrite. Mais n'est pas tellement plus claire pour cela ! :D Je n'arrive pas à savoir si l'Empire est une chose du passé ou un pouvoir encore en place. On verra bien dans le tome 3.

Dans le tome 1, j'avais beaucoup aimé les trois personnages de femme qu'on suivait et vite deviné qu'elles étaient une seule et même personne, Essun, qui n'est pas celle que j'avais préférée car je la trouvais très froide et distante. Et évidemment, c'est Essun qu'on suit maintenant et je dois dire que je regrette Syenite qui m'avait le plus touchée. Essun est intéressante et son évolution dans ce tome 2 l'est aussi mais elle est assez ennuyeuse même si je l'ai trouvée un peu plus sympathique. En fait, c'est surtout dans sa relation avec Alabaster (Albâtre en VF) ou Hoa que je l'ai aimée.

C'est surtout l'histoire de Nassun, la fille d'Essun, que j'ai appréciée. Elle m'a touchée, peinée, effrayée. Je l'ai plainte quand son père la considérait comme une pestiférée et j'ai beaucoup aimé sa relation avec son mentor qui devient un peu son père de substitution tout en l'encourageant sur la voie de l'orogénie pure et dure...

Je ne vais pas trop parler des autres personnages car pour certains je ne veux pas spoiler et pour d'autres, j'ai oublié leurs noms et j'ai la flemme de chercher ! :D Enfin si, j'ai beaucoup aimé Hoa et son évolution.

J'ai eu un peu de mal avec l'écriture de l'autrice. Je l'avais trouvé assez agréable à lire dans le premier tome, mais là j'ai trouvé que ce n'était un style forcément fluide. Bon je n'ai pas eu de problème de compréhension mais là, par exemple, je lis le tome 3 des Archives de Roshar de Sanderson en anglais, c'est aussi un livre à l'histoire complexe et je dois dire que ça se lit tout seul. Ce qui n'est pas toujours le cas de La porte de cristal. Pour ce qui est de la structure du roman, on a deux points de vue, celui d'Essun et celui de Nassun et comme dans le premier tome, les chapitres concernant Essun disent "you" "tu fais ceci, tu fais cela" et si je me demandais pourquoi dans le premier tome, on a la réponse à ce mystère dans ce 2e. Et c'est vraiment un procédé que j'ai aimé.

En conclusion, si j'ai beaucoup aimé l'univers que propose l'autrice et les personnages, ce 2e tome m'a parfois ennuyée et j'ai trouvé le temps un peu long, ce qui fait que je ressors moins emballée que je ne l'espérais. Un peu comme pour le 1er tome en fait. Cependant, il s'y passe aussi des choses intéressantes et dont j'ai hâte d'avoir les réponses et le dénouement dans le dernier tome.

Note :



Ce roman fait partie du Demi-Challenge ABC 2019 de Nanet
9/13

du Challenge Read in English 2018-2019 
que j'organise
17,5

et du Challenge de Licorne
SFFF : 9/9
Total 17/18
Point bonus pour le livre : 1
et du Challenge des pavés de Gribouille
7
livre grand format de + de 400 pages : 5 points

31 juillet 2019

Complots et cabales, Fortune de France tome 12 de Robert Merle

Résumé :
Le siège de La Rochelle étant terminée, Pierre-Emmanuel de Siorac aspire à un peu de tranquillité, dans son domaine d'Orbieu en compagnie de sa dulcinée, Catherine de Brézolles, devenue sa femme. Mais c'est sans compter sur l'instabilité politique qui secoue le pays et la confiance sans faille que lui vouent Louis XIII et Richelieu et qui lui confient des missions de la plus haute importance. Pendant trois ans, Pierre-Emmanuel va assister au rétablissement de l'autorité royale et la chute de ceux qui complotent sans fin contre le monarque, dont la propre mère de ce dernier, Marie de Médicis...


Mon avis :
Ne cherchez pas les chroniques des onze premiers tomes de cette saga historique qui n'a rien à envier aux Rois Maudits de Druon car vous ne les trouverez pas. Pour la bonne raison que j'avais arrêté de lire cette saga il n'y a pas loin de vingt ans et que j'ai décidé de m'y remettre grâce au Challenge Un genre par mois d'Iluze. J'avais adoré les 6 premiers tomes lus fin des années 80 début des années 90 et qui portait sur le XVIe siècle et Pierre de Siorac, le père de Pierre-Emmanuel, puis continué lorsque Robert Merle avait sorti de nouveaux tomes avec le fils en protagoniste. Mais je dois avouer que les tomes suivants m'avaient un peu moins passionnée et, un jour je suis passée à autre chose, alors que j'avais les deux derniers tomes dans ma Pal. C'est donc grâce à Iluze que je me suis replongée dans les aventures de Pierre-Emmanuel, que j'ai retrouvé avec plaisir mais en regrettant un manque de souffle.

Complots et Cabales se focalise surtout sur la grande Histoire, celle qui voit Louis XIII et Richelieu asseoir leur autorité et déjouer maints complots contre eux. C'est vraiment minutieux, détaillé, c'est la cour de France comme si vous y étiez et je dois dire que cela n'a rien à envier à Game of Thrones ! Coups bas et trahisons sont le lot quotidien des Grands de France. Le roman voit aussi la fin des revendications qui va mener à une sorte de status quo pendant quelques décennies,  et traite de la guerre contre la mainmise des voisins catholiques trop avides.

Ce que j'aimais surtout dans les premiers Fortune de France c'est que la petite histoire avait autant, sinon plus, d'importance que la grande et cela donnait des romans d'aventures épiques et haletants. Quand Pierre-Emmanuel, le fils, est devenu le personnage principal, la petite histoire s'est mise en retrait et c'est pour cela que j'avais arrêté à un moment car le siège détaillé de La Rochelle c'était sympa cinq minutes mais j'aurais aimé plus de romanesque. Dans Complots et Cabales, bien sûr on suit la vie de Pierre-Emmanuel, ses amours avec la belle Catherine, son importance auprès du roi et de Richelieu mais ça reste en arrière-plan, au lieu d'être au premier. Et je ne suis pas la seule à avoir regretté cela, en lisant les avis sur Babelio. Cependant, je ne me suis pas ennuyée une seule minute.

J'aurais toujours une affection particulière pour Pierre de Siorac le père mais Pierre-Emmanuel est un personnage que j'aime aussi beaucoup. Il a un peu vieilli, s'est rangé mais a toujours l'oeil qui frise et surtout il est d'une fidélité exemplaire envers son souverain qui lui rend bien son affection.

Sous la plume de Robert Merle, Richelieu et Louis XIII deviennent des êtres tangibles, qu'on pourrait presque croire encore vivants. C'est comme si on assistait en direct à des scènes de cour. On a toujours une image un peu négative de Richelieu mais l'auteur le décrit ici comme un homme entièrement dévoué à la couronne et à la France.

En revanche, cela se voit que Merle déteste Marie de Médicis, la mère de Louis. Sous sa plume, on voit une femme avide, rancunière, voire hystérique, comploteuse (ce qui est vrai), pas maternelle pour un sou envers son fils qui en a souffert, et qui cherche par tous les moyens à se débarrasser de lui.

La reine Anne, l'épouse de Louis XIII, n'a pas le beau rôle non plus. Mais elle, je n'ai pu m'empêcher de la plaindre car je pense que ça a été une jeune femme bien malheureuse dans ce pays étranger qui détestait son père.

Il y a bien d'autres personnages, je ne peux les citer tous mais il y a en a que j'ai été contente de retrouver comme Miroul, son ancien écuyer (si je ne me trompe pas).

La plume de l'auteur est vraiment le gros plus de cette saga. Il a pris le parti, depuis le début, de s'exprimer dans un langage s'apparentant au vieux français, mais un vieux français lisible par nous, profanes. Et si cela peut déconcerter et si j'ai eu un petit temps de réadaptation, je me suis une fois de plus régalée à lire sa prose. J'ai adoré ses tournures de phrases, certains mots savoureux qui m'ont renvoyée 30 ans en arrière quand je me passionnais pour les premiers tomes. Et j'ai toujours autant apprécié ses apartés avec ses "belles lectrices", brisant ainsi le quatrième mur avant l'heure.

En conclusion, cela a été un vrai plaisir de retrouver cette saga et ses personnages après une séparation de presque vingt ans, même si j'ai regretté de ne pas trouver l'aspect romanesque des premiers tomes. Mais tout ce qui est historique reste passionnant à suivre et le roman porte bien son nom tant les complots et cabales, ou plutôt les cabales et les complots (puisque l'auteur tient à préciser que les cabales viennent avant les complots mais qu'il a interverti dans le titre car ça sonnait mieux :)) sont nombreux et touchant le roi de près. Alors je sais que ce tome seul ne vous intéressera sans doute pas, mais si vous voulez découvrir une très belle saga historique bien construire, magnifiquement écrite ou continuer si vous aviez arrêté, n'hésitez pas. Quant à moi, il me reste un tome à lire, je me le garde pour l'année prochaine :)

Note :



C'est le roman que j'avais choisi de lire en juin
pour Le Challenge Un genre par mois d'Iluze
juin : Historique
6/12

et du Challenge des pavés de Gribouille
6
livre grand format de + de 400 pages : 5 points

22 juillet 2019

Exil, Gardiens des cités perdues, tome 2 de Shannon Messenger

Titre original : Exile, Keeper of the Lost Cities Book 2

Spoilers sur le tome précédent

Résumé :
Après son enlèvement, Sophie a été définitivement adoptée par Grady et Edaline. Mais son intégration au sein de la société elfique n'est pas toujours évidente. Quand elle arrive à attraper et ramener une Alicorne femelle, elle doit faire ses preuves auprès du conseil. Mais un événement dramatique, impliquant l'un des elfes qu'elle aime le plus, va la lancer sur un chemin des plus périlleux...



Mon avis :
Il y a six mois, j'avais commencé cette saga et l'avait bien appréciée. En mai, quand je me suis aperçue que j'étais à la traine dans mon challenge Jeunesse/Young Adult, j'ai décidé de lire ce tome 2 qui a été très sympathique à lire mais m'a moins emballée que le premier.

Quand je dis qu'il m'a moins emballée, je ne veux pas dire non plus que je ne l'ai pas appréciée. Mais j'avais trouvé le premier plus haletant et intéressant. Peut-être parce qu'on découvrait ce nouvel univers et ses personnages et que ce 2e tome, même s'il est prenant, n'a plus l'élément découverte et j'ai trouvé que, du coup, c'était parfois un peu plan-plan jeunesse.

Mais si j'y réfléchis bien, c'est peut-être une fausse impression de ma part. Car il se passe pas mal de choses, on approfondit ce qu'est Sophie avec de nouvelles révélations. Elle, de son côté, cherche à comprendre et maitriser ses pouvoirs, à s'adapter à sa nouvelle vie avec ses nouveaux parents et à essayer de ne pas se faire mal voir ou même se faire tuer par les méchants qui sont après elle. On en apprend aussi un peu plus sur le Cygne Noir dont on ne sait pas très bien s'ils sont amis ou ennemis.

Et puis il y a toute la partie qui donne son titre à ce tome, Exil, qui donne lieu à des scènes assez dures et qui montrent que les Elfes ne sont pas forcément des gens bienveillants. J'ai trouvé cet aspect-là de l'histoire très intéressante.

En revanche, le côté école, avec ses clans et ses "mean girls", me passe un peu au-dessus. Mais bon je comprends que ça plaise au jeune lectorat.

Sophie est toujours très sympathique et mignonne à voir. Son côté toute jeune ado se ressent bien dans certaines situations mais c'est aussi une jeune fille intrépide et courageuse.

Un qui m'énerve profondément c'est Dex, qui est jaloux comme un pou des autres garçons qui gravitent autour de Sophie et on dirait un Ron Weasley bis par moment. Franchement, dans ce tome, c'est plus un boulet qu'autre chose. Fitz, lui m'a aussi agacée mais pour d'autres raisons. En revanche, j'ai beaucoup apprécié Keefe, celui qui a un côté un peu bad boy (mais un gentil bad boy :)) et qui est d'une aide précieuse pour la jeune fille. On lui découvre des qualités humaines (ou elfiques :D) qui m'ont bien plu.

J'ai un peu de mal avec Grady et Edaline, les parents adoptifs de Sophie. Ils sont gentils et attentionnés mais je les trouve un peu insignifiants. Je ne sais pas si c'est la façon dont l'autrice les a écrits mais voilà, ils manquent de présence. Ce qui n'est pas le cas d'Alden, le père de Fitz et Bianna et que j'aime beaucoup.

Et j'adore quand il y a des animaux extraordinaires dans les films ou les livres et qui apportent de l'humour ou un peu de légèreté et ici on a droit à Silveny, une alicorne dont Sophie peut entendre les pensées et qui noue une belle relation avec l'animal qui est important à l'histoire.

Le style de l'autrice se lit très bien. C'est jeunesse bien sûr mais c'est bien passé.

En conclusion, ce tome 2 est très sympathique à lire, même si j'avais préféré le premier tome et il approfondit ce qu'on avait découvert auparavant tout en distillant de nouvelles informations et révélations. Il a aussi des côtés assez sombres notamment en ce qui concerne le fameux Exil. mais aussi des moments joyeux avec Silveny l'Alicorne. Alors si vous aussi voulez savoir ce qu'est ce fameux Exil et faire connaissance avec Silveny, lisez ce tome 2. Quant à moi, j'espère lire le tome 3 d'ici la fin de l'année.

Note :



Le roman fait partie du Challenge Read in English 2018-2019 
que j'organise
16,5

du Challenge de Licorne
SFFF : 8/9
Total 16/18
Point bonus pour le livre : 1

du Challenge Jeunesse/Young Adulte de Mutinelle
4/10

Du Baby Challenge Jeunesse de Livraddict
7/20

et enfin du Challenge des pavés de Gribouille
5
livre grand format de + de 500 pages : 6 points