Titre original : The Man in the High Castle
Résumé :
Après la mort prématurée de Roosevelt, les Alliés ont perdu la deuxième guerre mondiale. L'Allemagne et le Japon ont conquis le monde et occupent les États-Unis, le Japon dans sa partie Ouest et l'Allemagne dans sa partie Est, le Midwest étant plus ou moins autonome.
Sur la côte Pacifique, japonais et américains de souche vivent selon les préceptes du Yi-King, le livre des transformations d'un Oracle.
Sous le manteau circule un livre interdit par les Allemands qui décrit la défaite de l'Axe et la victoire des alliés et écrit par un homme qui, dit-on vit reclus dans un château...
Mon avis :
Je ne sais pas si vous faites attention quand vous lisez mes chroniques, mais j'essaie toujours de faire un petit résumé original et ne provenant pas de la 4e de couverture... Là, j'avoue que, déjà, j'ai eu du mal à faire le résumé ! C'est vous dire combien ce livre m'a inspirée !
Je n'ai jamais lu de Philip K. Dick. J'ai vu au cinéma Blade Runner (grandiose) et Minority Report (bien) tiré de ces livres. Je sais que c'est un auteur majeur dans la science-fiction... Et pourtant, je n'ai absolument pas accroché à ce livre !
Attention , je ne dis pas qu'il est nul. Je conçois tout à fait qu'on puisse trouver que Dick est un grand auteur et aimer ce livre, son histoire et son style, c'est juste moi qui n'ai pas adhéré à cette histoire précise !
L'histoire de ce livre est donc une uchronie. J'ai déjà expliqué ce qu'était une uchronie dans
L'Affaire Jane Eyre. À un moment de notre Histoire, un événement diffère, ce qui donne lieu à un monde parallèle.
Dans le Maître du Haut Château, les Alliés ont perdu la guerre, l'Allemagne et le Japon (ainsi que l'Italie dans une moindre mesure) ont gagné... Les vainqueurs se sont partagés le monde et en particulier les États-Unis. L'Est est sous domination allemande et l'Ouest est occupé par les japonais. Le Midwest est une sorte d'état libre (enfin on ne sait pas trop !)
Nous suivons l'histoire de plusieurs personnages : Childan, un antiquaire qui fournit les riches japonais en "antiquités américaines " (une montre Mickey Mouse par exemple ! :), Frank Frink, un juif qui a changé son nom et crée des bijoux, M. Tagomi, un commercial japonais, Baynes un officier de l'Abwehr qui se fait passer pour un suédois et Juliana, l'ex-femme de Frank, qui vit dans les Rocheuses. Et bien sûr, le mystérieux auteur d'un livre qui décrit que les Alliés auraient gagné la guerre... Tout ce petit monde vit d'après les préceptes du Yi King, le livre des transformations, une sorte d'oracle qu'on sort dès qu'on a une décision à prendre ou une action à mener...
J'ai cru plusieurs fois que j'allais finir par accrocher... et puis non ! Déjà, il ne se passe pas grand chose ! Parfois ça s'emballe un peu et puis pouf le soufflé retombe ! Par exemple, à un moment, Juliana avale une lame de rasoir, elle dit qu'elle va en mourir et puis, tout à coup, ah ben non, tout va bien ! Je suis retournée en arrière, pensant qu'elle avait réussi à faire sortir lame et je n'ai rien vu... Bon... Pareil pour l'effervescence provoquée par une rencontre mystérieuse chez Tagomi, là encore, au bout de quelques pages, il ne se passe plus rien, on retombe dans une espèce de contemplation à la japonaise en sortant son Yi King pour voir si c'était comme ça que ça devait se passer... Ce n'est franchement pas mon trip !
J'ai trouvé également le livre vieillot et daté. Qu'en 1960, on écrive sur les suites de la seconde guerre mondiale, le Reich, les Nazis etc... bon d'accord, mais, en 2010, ça ne m'intéresse plus vraiment. J'aime pourtant beaucoup l'Histoire de notre monde, en général, mais Dick ne parvient pas à m'intéresser à cette Amérique dominée par le Reich et les Japonais.
Mon reproche principal est que ce livre est extrêmement bavard, à la limite de l'indigestion ! Que ce soit dans leurs monologues intérieurs ou leurs dialogues, c'est long et inintéressant au possible ! Les personnages passent leur temps à se poser beaucoup de questions existentielles qui n'intéressent qu'eux et à demander à leur Oracle bien-aimé ce qu'ils doivent faire ! Et nous, lecteur, on... plonge... du... nez... zzzzz... ce qui m'est arrivé plusieurs fois !
Quand au fameux livre interdit par le Reich, l'uchronie dans l'uchronie, là aussi, j'ai trouvé que ça tombait complètement à plat ! Il faut dire qu'on en entend parler par petites touches tout au long du roman, puisque de nombreux protagonistes du roman ont ce livre chez eux et le lisent sous le manteau et c'est vraiment à la fin que l'auteur et le livre prennent tout leur sens mais c'est, là encore, peu intéressant et surtout trop tard !
Les personnages du roman sont peu intéressants et aucun ne m'a particulièrement plu. On peut juste constater qu'à la fin du livre, aucun n'est allé au bout de ce qu'il avait entrepris ( à part peut-être Frank), il doit sûrement y avoir une signification cachée à cela ! :)
Le style de l'auteur n'est pas compliqué à lire mais comme j'ai dit, c'est assez bavard et parfois indigeste !
En conclusion, un livre que je n'ai vraiment pas aimé, mais comme Dick est quand même une sommité en matière de science-fiction, il faudra que je réessaye de le lire. Et si vous voulez savoir qui est Le Maître du Haut Château, lisez ce livre, il vous plaira peut-être plus qu'à moi !
Ah et j'aimerais bien lire une uchronie qui parlerait d'une société d'aujourd'hui où ce serait les Amérindiens qui auraient gardé leur pays, l'Amérique. Ça m'intéresserait nettement plus ! Quelqu'un sait s'il en existe une ?
Note :