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Deux secondes de trop de Rachel Joyce

Posté par Frankie le 16 décembre 2017 à 10:21 - Catégorie : , ,
Titre original : Perfect

Résumé :
En 1972, en Angleterre, le jeune Byron Hemmings, âgé de onze ans, apprend par son meilleur ami, James, que deux secondes vont être ajoutées afin que l'heure officielle rattrape la rotation de la Terre. Cela perturbe grandement le jeune garçon. Et le jour où il pense voir ces deux secondes ajoutées sur sa montre, il provoque l'inattention de sa mère au volant et un accident qui va avoir des conséquences terribles sur la famille...

Mon avis :
Lorsque j'avais vu ce livre en poche, j'avais eu très envie de le lire. En fait, en l'achetant, je pensais qu'il y avait une touche de surnaturel avec ces deux secondes de trop. En fait, pas du tout. Cela ne m'a pas empêchée de vouloir le découvrir, ce que j'ai fait en novembre et il m'a beaucoup plu, même si l'histoire est un peu particulière.

Avec ce roman, Rachel Joyce brosse un tableau assez déprimant de la classe moyenne anglaise au début des années 70. Les femmes et les enfants vivent dans une petite ville de campagne pendant que les maris travaillent à Londres la semaine, ne rentrant que pour le week-end et faisant davantage preuve d'autorité paternelle et matrimoniale que d'amour. C'est la vie de ces femmes au foyer qui se doivent toujours d'être pimpantes, parfaites (d'où le titre VO) même au téléphone lorsque le mari appelle... Et bien sûr ces fameuses deux secondes de trop vont venir gripper la machine au sein du foyer Hemmings.

C'est l'histoire de Byron Hemmings, petit garçon réservé qui n'a vraiment qu'un seul ami, James, et qui va voir sa routine bouleversée par cet accident et découvrir que sous le joli vernis, sa mère n'est pas forcément l'épouse et mère impeccables que son mari voudrait avoir, qu'elle a un passé, des envies, des névroses et tout les événements qui découlent de cela vont ronger le jeune garçon.

Parallèlement, on suit également l'histoire de Jim, un homme d'une cinquantaine d'années, de nos jours. On ne sait pas trop bien qui il est, on suppose, vu le prénom, qu'il s'agit peut-être de James, l'ami de Byron mais dans ce cas-là pourquoi parle-t-on de lui et comment est-il devenu cet homme plein de tocs et de tics, renfermé et pratiquement autiste ? C'est vraiment l'histoire que j'ai préférée dans le roman, car Jim est extrêmement touchant dans ses rituels et ses névroses et la façon dont il se laisse apprivoiser par Eileen, une femme excentrique et qui va savoir, avec maladresse certes, l'approcher et l'aimer

Diana, la mère de Byron m'a touchée aussi car elle est victime de la société, du carcan dans lequel elle vit.

Un personnage est important également, il s'agit de Beverly, un personnage opportuniste qui va profiter de la détresse de Diana et la phagocyter. Je ne l'ai pas aimée à cause de cela, justement.

Quant au père Hemmings, franchement, je l'ai détesté, c'est vraiment le mâle dans toute sa splendeur, le père et l'époux auquel on doit dévotion et respect et qui pourtant n'est jamais là...

Le style de l'auteur est agréable à lire, l'histoire est lente parfois mais pas ennuyeuse pour un sou. Du haut de notre 21e siècle on a du mal à accepter certaines choses, ce régime du chef de famille tout puissant et les femmes qui doivent être pimpantes et se taire...

En conclusion, voici un roman qui comporte deux histoires qu'on peut penser distinctes mais qui ne le sont évidemment pas et qui révolte parfois sur la condition de la femme. Et l'histoire de Jim m'a davantage touchée que le reste. En tout cas, si vous voulez savoir ce que ces deux secondes de trop vont avoir comme conséquence terrible et suivre l'histoire de Jim, lisez ce roman.

Note :



Le roman fait partie du Challenge ABC 2017 de Nanet
24/26

2

Plume fantôme d'Isabel Wolff

Posté par Frankie le 9 décembre 2017 à 10:24 - Catégorie : , , , , , , ,
Titre original : Ghostwritten

Résumé :
Prête-plume spécialisée dans les autobiographies, Jenni est approchée pour écrire les mémoires de Klara, vieille dame qui va avoir 80 ans et qui, petite, vécut plusieurs années, dans des condition inhumaines, dans un camp d'internement japonais à Java, lors de la seconde guerre mondiale. Jenni accepte un peu à contrecoeur car Klara vit dans un village de Cornouailles qui ravive en la jeune femme des souvenirs tragiques survenus quand elle avait 9 ans et qui sont encore très douloureux. Les séances avec Klara et l'amitié qui va en découler vont agir sur les deux femmes comme une sorte de thérapie...

Mon avis :
Avec Un amour vintage il y a quelques années, Isabel Wolff avait pris un sacré virage pour s'éloigner des romans chick-lit qui portaient des prénoms dans ses titres, et que j'avais beaucoup aimé (Un amour vintage, même si ses autres romans m'avaient plu). Elle a continué avec Tout son portrait, que j'ai beaucoup apprécié aussi et c'est donc sans hésitation que j'ai mis ce Plume fantôme dans mon challenge ABC, roman que j'avais vu en premier chez Galleane, il me semble. Et j'ai vraiment énormément aimé ce très beau roman très émouvant sur deux femmes de différentes générations marquées par des drames.

Tout d'abord, sachez qu'il y a quelques semaines, le très vilain terme de nègre littéraire a été officiellement supprimé par le Ministère de la Culture au profit du mot "prête-plume", c'est pour cela que je l'emploie dans mon résumé et j'en suis très contente car cela donne un très joli terme, encore plus joli que l'écrivain fantôme anglophone (Ghostwriter).

Comme Un amour vintage ou Tout son portrait, Plume fantôme raconte deux histoires, l'une contemporaine et l'autre se déroulant dans le passé et portant souvent sur les souvenirs d'une vieille dame. Mais les histoires du passé des deux précédents romans étaient plus anecdotiques alors qu'ici, la vie de Klara petite est l'histoire majeure du roman. Et c'est bouleversant.

Bouleversant car ces camps terribles en Asie du Sud-Est ont vraiment existé et ce qu'il s'y passe est aussi révoltant que ce qu'il s'est passé en Europe au cours de la guerre. Ce roman est l'occasion d'en savoir plus et d'en apprendre sur ce pan de l'histoire très méconnu de nous. Par exemple, je savais que les Japonais avaient envahi certains endroits mais pas la totalité de cette Asie ni qu'ils y avaient établi des camps d'internement à l'usage des colons, ici Néerlandais puisque la Hollande avait colonialisé Java. Certaines scènes dans ces camps sont très dures, les Japonais n'ont vraiment pas le beau rôle et je me suis même dit que l'auteur exagérait et s'était évertuée à les rendre clichés tellement ils sont ignobles mais en fait, certains dirigeants de camp ont vraiment existé et les horreurs qu'ils y ont commises étaient bien réelles. Cela émeut encore plus. Car Klara est peut-être un personnage de fiction mais il y a eu de vrais enfants et des vraies femmes qui ont subi tout cela.

L'auteur raconte aussi très bien le retour au pays, les Pays-Bas, l'ostracisme subit par ces gens qui reviennent et qui bien souvent ne sont pas nés en Hollande ou y ont peu vécu et à qui ont fait bien sentir qu'ils viennent voler le travail des braves gens "d'autant plus qu'ils n'ont pas autant souffert qu'eux"...

Et puis il y a l'histoire contemporaine, celle de Jenni, ses blessures surtout qui l'empêche de vivre une relation épanouie avec son compagnon et qui au début du roman est à un carrefour difficile de sa vie. J'ai beaucoup aimé cette jeune femme, été très touchée par elle et j'ai été très contente que l'auteur la conforte dans ses choix, même si à la toute fin, on suppose qu'il y a du nouveau. Je ne veux pas trop en parler car ce serait dommage de dévoiler un pan essentiel du vécu de ce personnage.

J'ai aimé aussi qu'il n'y ait pas de romance. Certes Jenni a un compagnon depuis un an mais dans tout roman de chick-lit (et je rappelle que ce n'en est pas un), l'auteur aurait fait rompre le couple en crise et Jenni se serait trouvé un nouvel amoureux dans ce village balnéaire. Hé bien non et c'est très reposant ! :)

La vraie héroïne du roman c'est évidemment Klara. Qu'elle soit une vieille femme adorable ou une petite fille qui voit son monde sombrer et elle aussi. J'ai aimé comment Jenni et elle s'apprivoisent, se parlent pour s'apercevoir qu'elles ont vécu certains drames similaires et arriver chacune à une sorte d'apaisement.

Du coup, les autres personnages sont un peu en retrait. Il y a certes la mère de Klara qui est une très beau personnage, courageux et digne et le frère de Klara, petit garçon touchant mais c'est à peu près tout. Le copain de Jenni fait plus ou moins de la figuration, on voit un peu les copines de celle-ci et d'autres personnages ne font que passer.

Le style de l'auteur est très agréable à lire en VO, pas trop compliqué, le roman alterne le présent et le passé mais pas de façon systématique. Et à la fin du livre, il y a une interview de l'auteur, très intéressante.

En conclusion, voici un roman qui a été pratiquement un coup de coeur et qui m'a émue bien souvent aux larmes, notamment la fin que j'ai lue dans un avion et j'ai dû me planquer un peu pour qu'on ne voit pas mes yeux larmoyants. C'est une histoire touchante aussi bien dans sa terrible version du passé que dans le présent, avec deux beaux personnages de femmes, notamment Klara. Alors si vous voulez découvrir son histoire et être émue de son parcours et savoir quels sont les drames que les deux femmes ont vécus et qui vont les rapprocher, lisez-le. Quant à moi, j'ai très hâte de savoir quelle nouvelle histoire nous concoctera Isabel Wolff.

Note :



Le roman fait partie du Challenge ABC 2017 de Nanet
23/26

et du Challenge Read in English 2017 - 2018 que j'organise 
2

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Seven Sisters de Tommy Wirkola

Posté par Frankie le 6 décembre 2017 à 11:18 - Catégorie : , , ,
Titre original : What Happened to Monday?
avec Nomi Rapace, Glenn Close, Willem Dafoe

Résumé :
En 2043, naissent des septuplées alors que la politique de l'enfant unique est instaurée pour préserver la planète. Leur grand-père les appellent suivant les jours de la semaine et fait en sorte qu'une seule des filles ne sorte, suivant le jour de son nom et sous l'appellation Karen Settman. Tout se passe sans encombre pendant 30 ans jusqu'au jour où Lundi disparaît...



Mon avis :
Dès que j'ai entendu parler de ce film cet été, j'ai eu envie de le voir. Car le thriller S.F est un de mes genres de prédilection préférés, même si je n'en regarde plus autant qu'avant et le pitch était très prometteur. J'ai pu le voir en Tunisie en septembre et si la trame reste classique, le film est vraiment haletant à regarder.

2043, alors que la Terre est surpeuplée et ne peut plus faire vivre tous ses habitants, une politique de l'enfant unique voit le jour. Les parents qui ont un 2e enfant voient ce dernier leur être enlevé par le Bureau d'Allocation des Naissances dirigé par Nicolette Crayman et cryogénisé en attendant des jours meilleurs. Toute la population est mise sous surveillance au moyen d'un bracelet électronique. C'est dans ce contexte que Karen, la fille de Terrence Settman, met au monde des septuplées. Elle meurt en couches et Terrence nomme les petites filles chacune suivant un jour de la semaine et les élève en secret, ne les autorisant à sortir qu'une à la fois, le jour correspondant à leur prénom et sous le nom de Karen Settman. Les années passent et les 7 filles deviennent femmes et acceptent tant bien que mal cette vie monotone. Mais il en va de leur survie. Tout change le jour où lundi disparaît sans laisser de traces...

Voilà une histoire assez classique dans sa dystopie avec un gouvernement totalitaire qui emploie des méthodes coercitives pour le bien de tous, jusqu'au jour où la belle machine se grippe à cause d'un élément perturbateur, en l'occurrence ici la disparition d'une des soeurs Settman. Ce qui fait son originalité, c'est bien sûr l'histoire de ces 7 soeurs qui prennent tour à tour la même identité et devant la reproduire à l'identique, jusqu'au moindre bobo que l'une pourrait avoir. C'est vraiment le pan de l'intrigue que j'ai beaucoup aimé. Mais dans l'ensemble, j'ai aussi beaucoup apprécié le reste car c'est haletant, plein d'action et on ne s'ennuie pas une seconde.

Quand on a vu Orphan Black et Tatiana Maslany jouant différentes versions de son personnage à travers ses clones, difficiles de ne pas faire la comparaison quand on voit les 7 soeurs incarnées par Nomi Rapace. Et ce n'est pas à l'avantage de cette dernière, même si elle se débrouille bien. Mais il ne suffit pas de changer la coiffure et l'apparence des soeurs pour les jouer différemment. Tatiana Maslany arrive, elle, à jouer un clone endossant l'identité d'un autre clone et on voit les subtilités des deux personnages. Les sept soeurs de Nomi Rapace sont un peu trop identiques dans leur jeu et ce qui est marrant c'est qu'il y a une geek rasta, une collet montée etc, comme dans Orphan Black. Je chipote un peu car l'histoire des sept femmes est intéressante car les voilà condamnées à n'être qu'une entité alors qu'effectivement ce sont des êtres différents, avec des envies différentes. Et là, elles ne peuvent (avant que la machine ne s'enraye) être elles-mêmes que dans le vase clos de leur appartement. En dehors, elles ne sont que Karen Settman, un être qui n'existe pas. Et gare si l'une d'elle se blesse, toutes devront alors avoir la même blessure...

Comme les sept soeurs prennent pas mal de place, il en reste peu pour les autres personnages. Glen Close a un rôle assez caricatural (mais elle le joue bien), Willem Dafoe fait de la figuration au début et j'ai oublié les noms et les visages des autres personnages.

Tommy Wirkola est un réalisateur norvégien qui a déjà réalisé Hansel et Gretel, Witch Hunters. Il maitrise donc le bon nanar d'action et là dans Seven Sisters il se débrouille pas mal, faisant à la fois un film nerveux lorsqu'on sort de chez les soeurs et intimiste lorsqu'on se trouve dans leur appartement. Bon en revanche, les distributeurs ont encore fait très fort en traduisant le titre anglais, What Happened to Monday? (qu'est-il arrivé à Lundi ?) par un autre titre anglais, Seven Sisters. Pourquoi n'avoir pas mis Les sept soeurs, du coup ? Ce procédé me laisse toujours perplexe...

En conclusion, Seven Sisters est un très bon thriller de science-fiction, assez classique dans sa trame générale mais réussi grâce à l'histoire plutôt originale des sept soeurs. Et Nomi Rapace, même si elle n'arrive pas à la cheville de Tatiana Maslany, se débrouille très bien pour les interpréter. Alors si vous voulez aussi savoir ce qu'il est arrivé à Lundi ;) regardez-le !

Note :



Ce film fait partie du Film de la semaine 2017 de Benji
32/52

1

On regrettera plus tard d'Agnès Ledig

Posté par Frankie le 30 novembre 2017 à 09:11 - Catégorie : , , ,
Résumé :
Un soir d'orage, Valentine voit frapper à sa porte Éric et sa fille de 7 ans, Anna Nina. Voilà 7 ans que ceux-ci sillonnent les routes dans leur roulotte mais les dégâts occasionnés par l'orage les obligent à rester chez la jeune femme quelques semaines. Entre l'homme qui fuit depuis la mort de sa femme et la jeune femme qui n'a jamais voulu retenir un homme se noue une étrange relation, avec au milieu cette petite fille qui n'a jamais connu sa maman et qui aimerait bien en avoir une...


Mon avis :
J'ai lu tous les romans précédents (3) de l'auteur et j'avais acheté celui-là lors du Salon du livre de Paris en mars 2016 en me le faisant dédicacer par sa charmante auteure. J'ai un peu tardé pour le lire mais j'ai profité du challenge un genre par mois de novembre pour le sortir enfin de ma Pal (et j'avais pris soin de le mettre dans mon Challenge ABC pour être sûr de le lire cette année). Voilà un roman que j'ai trouvé vraiment touchant mais dont le plaisir de le lire a été un peu amoindri par une storyline annexe qui m'a agacée...

Voilà un roman à l'image des précédents d'Agnès Ledig, de jolies histoires, tendres et émouvantes, qui nous font sentir comme dans un cocon ou une bulle. J'étais bien partie pour avoir pratiquement un coup de coeur avec ce roman, comme avec Marie d'en haut auquel il fait un peu penser mais sur la longueur et la totalité de l'histoire, je suis un tantinet moins enthousiaste.

J'ai beaucoup aimé l'histoire entre Éric et Valentine et leur relation qui reste circonspecte et très réaliste. Même si on est dans une histoire doudou, on n'est pas dans un conte de fée où tout se résout par magie. Non, les vicissitudes de la vie font que on ne tombe pas amoureux comme cela et on n'envisage encore moins une vie ensemble en un claquement de doigts. C'est assez frustrant mais c'est la vie.

Si on a l'impression que le sujet principal du roman est la relation entre Éric et Valentine ou l'histoire d'Anna-Nina, petite fille adorable, en fait, pour moi, c'est surtout l'histoire de Valentine et son meilleur ami Gabriel. Et c'est là où le bats blesse un peu. Car Gabriel est un excellent ami mais son histoire personnelle n'est absolument pas intéressante. Ou plutôt elle est très agaçante et parasite le reste. Voilà un type très gentil certainement, très bien marié, amoureux (ou qui le croit) de sa femme, mais qui a une sorte d'infatuation pour une jeune femme qui ne le lui rend pas et toute son histoire c'est "ah elle ne me parle pas" "Ah elle ne me répond pas", "ah elle ne m'aime pas" et ça ma É-NER-VÉE ! Car il veut quoi finalement le Gabriel ? Quitter sa femme si l'autre répond à son "amour" ? Vivre une liaison clandestine qui ne peut le satisfaire ? J'ai l'impression que le sentiment qu'il ressent pour j'ai-oublié-son-nom tient plus de l'ordre du fantasme que d'autre chose. Et pendant ce temps, je pensais à son épouse qui ne se doutait de rien et l'aimait sans condition... Bon bref, vous l'avez compris, je n'ai pas été convaincue par ce côté-là du roman.

En revanche, j'ai beaucoup aimé la relation de la petite Anna-Nina avec Valentine. La petite est toute choupi, comme l'était la petite de Marie d'en haut, des gamines à croquer et à aimer. C'est vraiment le rayon de soleil de ce roman.

Parallèlement on suit aussi l'histoire d'une femme pendant la seconde guerre mondiale, enceinte et torturée par les Allemands puis recueillie par un jeune garçon lors de sa libération dans des circonstances dramatiques. On se demande longtemps quel est le rapport entre les deux histoires et les deux périodes et tout prend son sens vers la fin du roman et donne une touche assez émouvante à l'ensemble.

Valentine est une jeune femme sympathique, de son époque et qui a donc du mal à s'engager dans une relation sérieuse. Quand je dis sérieux, je veux dire à long terme plutôt. On peut avoir une courte relation tout à fait sérieuse ! :) Bon bref, je l'ai bien aimée.

Éric aussi est charmant, mais bon il est compliqué ce garçon. Mais on le comprend après ce qu'il a vécu. J'ai eu du mal parfois avec son côté très taciturne (mais qui est le propre de bien des hommes... non je ne fais pas de généralités mais des taiseux j'en ai pas mal dans mon entourage :D) mais 7 ans après la mort de sa femme, je comprend très bien qu'il la chérisse encore et n'aie pas forcément envie de refaire sa vie. D'ailleurs si le roman c'était terminé sur le fait que sa fille et lui partait définitivement, ça m'aurait été. Mais je suis contente aussi qu'il y ait une suite à l'histoire...

Le style de l'auteur est très agréable à lire, simple et doux et on sent toute la tendresse qu'elle a pour ses histoires et ses personnages.

En conclusion, On regrettera plus tard est une fois de plus un livre tout doux d'Agnès Ledig avec de beaux personnages, une histoire pas toujours facile à vivre pour eux et une petite fille adorable. Le seul hic est l'histoire de Gabriel qui est un personnage sympathique mais pénible avec ses amours... Mais si vous voulez à votre tour découvrir Éric, Valentine et Anna-Nina, la roulotte d'Éric, le village où vit Valentine et où l'on viendrait bien poser ses valises, lisez-le. Et malgré mes petites réserves, je serai ravie de retrouver tout ce petit monde dans De tes nouvelles.

Note :



Le roman fait partie du Challenge ABC 2017 de Nanet
22/26

et du Challenge Un genre par mois d'Iluze
ce mois-ci : contemporain
11/12

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Les Chuchoteurs, Walking Dead tome 27 de de Robert Kirkman, Charlie Adlard, Stefano Gaudiano et Cliff Rathburn

Posté par Frankie le 26 novembre 2017 à 10:30 - Catégorie : , ,
Titre original : The Whisperer War

Spoilers sur les tomes précédents

Résumé :
Alors qu'on se demandait quand allait avoir lieu l'affrontement contre les Chuchoteurs, paf voilà qu'un événement précipite les choses et ce sont eux qui vont aller porter l'estocade aux alliés de Rick.


Mon avis :
Nous voici déjà au 27e tome de Walking Dead, saga qui ne me passionne plus depuis un bout de temps mais que j'apprécie quand même de retrouver régulièrement. J'ai plutôt bien aimé ce tome-là qui relance encore un peu certaines choses et qui donnent envie de lire la suite.

Précédemment dans Walking Dead, alors que Rick et ses alliés fourbissaient leurs armes en attendant un affrontement inévitable contre les Chuchoteurs, Negan réussissait à s'évader (avec l'aide de quelqu'un) et ralliait les Chuchoteurs. Mais alors qu'on croyait qu'il allait tout faire pour s'incruster dans leur groupe, voilà qu'il tuait sauvagement Alpha. Quand le tome 27 commence, Negan, à la surprise générale, dont la mienne et celle des lecteurs, revient à Alexandria avec la tête d'Alpha en cadeau pour Rick et en voulant participer à la guerre contre les Chuchoteurs. Mais doit-on vraiment croire en sa sincérité ou joue-t-il encore un jeu pervers ? Pendant ce temps-là, les Chuchoteurs, emmenés par Bêta, veulent bien évidemment venger leur leader assassinée...

Avec ce tome 27, on est dans la suite des tomes précédents, la tension monte de plus en plus, on fourbit ses armes et l'une ou l'autre communauté va attaquer. Et c'est donc le cas ici. Mais ce n'est pas Rick qui va lancer les hostilités (on sait depuis que les Chuchoteurs ont massacré bien des siens qu'il est plus pour réfléchir avant d'agir) mais les Chuchoteurs eux-mêmes à cause de ce psychopathe de Negan qui a encore fait des siennes. Et la réponse des Chuchoteurs va être destructrice, comme va l'être la contre-attaque de certains alliés de Rick. C'est un tome avec pas mal d'action, peu de temps mort mais il faut dire qu'avec Negan un peu plus présent, le rythme est plus soutenu.

Rick est étonnamment très en arrière-plan dans ce tome. L'histoire porte sur ses lieutenants, ses alliés de la Colline comme Maggie, sur son fils, sur Dwight mais lui fait de la figuration. On sait qu'il a choisi de devenir un leader sage et éclairé (lol !) et donc de laisser les autres combattre mais bon, ça fait bizarre de le voir aussi en retrait.

C'est vraiment Negan qui est au centre de l'attention et on s'attend qu'à tout moment il fasse un mauvais coup comme il est coutumier du fait. Bon, spoiler, apparemment pour le moment, il s'est assagi...

Les Chuchoteurs aussi occupent une place importante dans l'histoire bien sûr et on peut voir leur machiavélisme et leur ingéniosité quand ils se battent et pour faire croire que le vent tourne en faveur de leurs adversaires. Il ne faut plus s'étonner qu'ils aient réussi leur coup quand ils avaient massacré tant de gens lors de la foire...

Pas grand chose à dire sur le style de l'auteur et les dessins des illustrateurs. Je reconnais de moins en moins certains personnages. Ça a toujours été le cas mais là, je me suis souvent demandé qui était qui, à part pour les plus évidents. Mais à un point où je me suis demandé si on n'avait pas changé de dessinateurs. Et non, ce sont pourtant toujours les mêmes.

En conclusion, un tome pas hyper passionnant mais intéressant à lire qui relance encore une fois un peu la machine poussive qu'est devenue Walking Dead. Il doit y avoir décidément quelque chose dans cette série car cela fait une bonne dizaine de tomes que je râle que c'est moins bien mais j'y reviens toujours et j'y trouve mon compte malgré tout. En tout cas, pour ceux qui auront persisté 26 tomes, si vous voulez savoir ce que devient Negan, ce que vont faire les Chuchoteurs pour se venger de la mort de leur Alpha et quel est le personnage (mais pas une personne !) emblématique de la saga qui va "mourir", lisez-le. Quant à moi, je vous retrouve très bientôt pour le tome 28 qui est sorti début octobre et que je vais sans doute lire pour le Bingo Séries de Shipou.

Note :


1

120 battements par minute de Robin Campillo

Posté par Frankie le 24 novembre 2017 à 08:39 - Catégorie : , ,
avec Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Adèle Haenel, Antoine Reinartz

Résumé :
Début des années 90, voilà des années que le Sida tue et que les pouvoirs publics sont lents à mettre en place des vrais parcours de soins et de thérapie. Pour contrer cette inertie, l'association militante Act UP - Paris organise des coups d'éclats pour faire bouger les choses. C'est dans ses locaux que le nouvel arrivant, Nathan rencontre l'écorché vif Sean...


Mon avis :
Dès que le film a fait le buzz au dernier Festival de Cannes, j'ai eu envie de voir le film et à ma grande joie, il est sorti lorsque j'étais encore en France fin août et j'ai pu aller le voir avec mon cher mari. Et c'est un film qui m'a bouleversée et qui sera sûrement, sauf grosse surprise de dernière minute, mon gros coup de coeur 2017.

Ce film est un petit bijou. Non mais vraiment. De prime abord, il ne paie pas de mine mais au fur et à mesure qu'on avance dans le film, il vous prend aux tripes et au coeur et vous en ressortez bouleversés.

Ce film est à la fois un docu-fiction et une magnifique histoire d'amour. Toute la première partie du film parle des actions d'Act-Up-Paris au début des années 90, de leur engagement dans la lutte contre le Sida, contre les pouvoirs publics et franchement, j'ai trouvé cela très intéressant. C'est bien sûr une oeuvre de fiction mais on a vraiment l'impression d'assister aux réunions de l’association. Et tout le film aurait porté sur cela, ça m'aurait très bien convenue. Car on voit des personnages marquants au cours de ces réunions et surtout, pour les jeunes qui grandissent maintenant, c'est nécessaire de rappeler qu'il y a eu des gens qui se sont battus pour que les malades du Sida ne soient plus des laissés pour compte ou des gens qu'on laisse mourir faute de traitements adéquats. Car je ne sais pas si vous vous en êtes rendus compte mais le Sida ne fait plus peur de nos jours et Act-Up n'est plus une association dont on parle beaucoup. Sous prétexte qu'il existe la tri-thérapie, nombreux sont les jeunes qui ne voient plus la maladie comme une menace et ne font plus attention... Il faut rappeler et marteler que si, la maladie existe et tue, que ces thérapies ne sont qu'une solution et qu'il faut encore et toujours essayer de trouver un vaccin ou un vrai remède. Et ce film permet de remettre les perspectives en place.

Bref, si la première partie du film parle d'Act-Up, l'histoire se resserre petit à petit pour se faire plus intimiste et parler de Sean, le militant activiste et atteint du Sida et Nathan, séronégatif mais qui milite aussi pour les Sidéens et nous raconter leur belle histoire. Et c'est beau. Et c'est émouvant. Et on pleure. Et franchement, je n'avais pas été émue comme cela depuis Brokeback Mountain, encore une belle histoire entre deux mecs...

Franchement si Nahuel Perez Biscayart n'a pas le César du meilleur acteur début mars prochain, je serai très en colère. Car il est vraiment épatant dans le rôle de Sean, le militant écorché vif. Et tellement choupinou qu'on a envie de le câliner :) Non mais franchement, il ne joue pas Sean, il EST Sean. Je ne le connaissais pas avant mais c'est déjà un acteur chevronné. Il a beaucoup joué en Argentine mais aussi en France depuis 2010 et outre le rôle de Sean, on peut le voir actuellement dans le film d'Albert Dupontel, Au revoir là-haut.

Arnaud Valois qui joue Nathan est également très bon mais un peu plus classique. Mais il est extrêmement touchant. Il a peu de films à son actif.

Les autres acteurs ne me sont pas très connus non plus mais ils sont tous excellents et naturels. J'ai beaucoup aimé Adèle Haenel, qui est sans doute la plus chevronnée, dans le rôle de Sophie mais j'ai aussi en tête et dans mon coeur Thibaut (le président de l'asso, rôle pas forcément très sympathique), Max, Eva, Marcus, Germain et j'en passe.

Robin Campillo est surtout scénariste. Il n'a que 3 films à son actif dont Les revenants, film qui a servi de base à la série du même nom. Avec 120 battements par minute, il nous offre un film sincère, vibrant, vivant malgré la mort qui rôde sans arrêt, touchant, amusant parfois, bref il nous fait palpiter pendant 2h20 et je peux vous dire que le film n'est vraiment pas trop long. Et j'espère que le film aura plein de récompenses aux prochains César (outre celui du meilleur acteur) et sera choisi pour le meilleur film étranger aux Oscars.

En conclusion, voici mon énorme coup de coeur de l'année avec ce film bouleversant sur une période historique de la lutte contre le Sida avec en point d'orgue une superbe histoire d'amour. Alors si vous aussi voulez vibrer au rythme de 120 battements par minute :), jetez-vous dessus dès qu'il sort en DVD ou courez le voir s'il passe encore en salle.

Note :
+++

Ce film fait partie du Film de la semaine 2017 de Benji
31/52

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