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Plume fantôme d'Isabel Wolff

Posté par Frankie le 9 décembre 2017 à 10:24 - Catégorie : , , , , , , ,
Titre original : Ghostwritten

Résumé :
Prête-plume spécialisée dans les autobiographies, Jenni est approchée pour écrire les mémoires de Klara, vieille dame qui va avoir 80 ans et qui, petite, vécut plusieurs années, dans des condition inhumaines, dans un camp d'internement japonais à Java, lors de la seconde guerre mondiale. Jenni accepte un peu à contrecoeur car Klara vit dans un village de Cornouailles qui ravive en la jeune femme des souvenirs tragiques survenus quand elle avait 9 ans et qui sont encore très douloureux. Les séances avec Klara et l'amitié qui va en découler vont agir sur les deux femmes comme une sorte de thérapie...

Mon avis :
Avec Un amour vintage il y a quelques années, Isabel Wolff avait pris un sacré virage pour s'éloigner des romans chick-lit qui portaient des prénoms dans ses titres, et que j'avais beaucoup aimé (Un amour vintage, même si ses autres romans m'avaient plu). Elle a continué avec Tout son portrait, que j'ai beaucoup apprécié aussi et c'est donc sans hésitation que j'ai mis ce Plume fantôme dans mon challenge ABC, roman que j'avais vu en premier chez Galleane, il me semble. Et j'ai vraiment énormément aimé ce très beau roman très émouvant sur deux femmes de différentes générations marquées par des drames.

Tout d'abord, sachez qu'il y a quelques semaines, le très vilain terme de nègre littéraire a été officiellement supprimé par le Ministère de la Culture au profit du mot "prête-plume", c'est pour cela que je l'emploie dans mon résumé et j'en suis très contente car cela donne un très joli terme, encore plus joli que l'écrivain fantôme anglophone (Ghostwriter).

Comme Un amour vintage ou Tout son portrait, Plume fantôme raconte deux histoires, l'une contemporaine et l'autre se déroulant dans le passé et portant souvent sur les souvenirs d'une vieille dame. Mais les histoires du passé des deux précédents romans étaient plus anecdotiques alors qu'ici, la vie de Klara petite est l'histoire majeure du roman. Et c'est bouleversant.

Bouleversant car ces camps terribles en Asie du Sud-Est ont vraiment existé et ce qu'il s'y passe est aussi révoltant que ce qu'il s'est passé en Europe au cours de la guerre. Ce roman est l'occasion d'en savoir plus et d'en apprendre sur ce pan de l'histoire très méconnu de nous. Par exemple, je savais que les Japonais avaient envahi certains endroits mais pas la totalité de cette Asie ni qu'ils y avaient établi des camps d'internement à l'usage des colons, ici Néerlandais puisque la Hollande avait colonialisé Java. Certaines scènes dans ces camps sont très dures, les Japonais n'ont vraiment pas le beau rôle et je me suis même dit que l'auteur exagérait et s'était évertuée à les rendre clichés tellement ils sont ignobles mais en fait, certains dirigeants de camp ont vraiment existé et les horreurs qu'ils y ont commises étaient bien réelles. Cela émeut encore plus. Car Klara est peut-être un personnage de fiction mais il y a eu de vrais enfants et des vraies femmes qui ont subi tout cela.

L'auteur raconte aussi très bien le retour au pays, les Pays-Bas, l'ostracisme subit par ces gens qui reviennent et qui bien souvent ne sont pas nés en Hollande ou y ont peu vécu et à qui ont fait bien sentir qu'ils viennent voler le travail des braves gens "d'autant plus qu'ils n'ont pas autant souffert qu'eux"...

Et puis il y a l'histoire contemporaine, celle de Jenni, ses blessures surtout qui l'empêche de vivre une relation épanouie avec son compagnon et qui au début du roman est à un carrefour difficile de sa vie. J'ai beaucoup aimé cette jeune femme, été très touchée par elle et j'ai été très contente que l'auteur la conforte dans ses choix, même si à la toute fin, on suppose qu'il y a du nouveau. Je ne veux pas trop en parler car ce serait dommage de dévoiler un pan essentiel du vécu de ce personnage.

J'ai aimé aussi qu'il n'y ait pas de romance. Certes Jenni a un compagnon depuis un an mais dans tout roman de chick-lit (et je rappelle que ce n'en est pas un), l'auteur aurait fait rompre le couple en crise et Jenni se serait trouvé un nouvel amoureux dans ce village balnéaire. Hé bien non et c'est très reposant ! :)

La vraie héroïne du roman c'est évidemment Klara. Qu'elle soit une vieille femme adorable ou une petite fille qui voit son monde sombrer et elle aussi. J'ai aimé comment Jenni et elle s'apprivoisent, se parlent pour s'apercevoir qu'elles ont vécu certains drames similaires et arriver chacune à une sorte d'apaisement.

Du coup, les autres personnages sont un peu en retrait. Il y a certes la mère de Klara qui est une très beau personnage, courageux et digne et le frère de Klara, petit garçon touchant mais c'est à peu près tout. Le copain de Jenni fait plus ou moins de la figuration, on voit un peu les copines de celle-ci et d'autres personnages ne font que passer.

Le style de l'auteur est très agréable à lire en VO, pas trop compliqué, le roman alterne le présent et le passé mais pas de façon systématique. Et à la fin du livre, il y a une interview de l'auteur, très intéressante.

En conclusion, voici un roman qui a été pratiquement un coup de coeur et qui m'a émue bien souvent aux larmes, notamment la fin que j'ai lue dans un avion et j'ai dû me planquer un peu pour qu'on ne voit pas mes yeux larmoyants. C'est une histoire touchante aussi bien dans sa terrible version du passé que dans le présent, avec deux beaux personnages de femmes, notamment Klara. Alors si vous voulez découvrir son histoire et être émue de son parcours et savoir quels sont les drames que les deux femmes ont vécus et qui vont les rapprocher, lisez-le. Quant à moi, j'ai très hâte de savoir quelle nouvelle histoire nous concoctera Isabel Wolff.

Note :



Le roman fait partie du Challenge ABC 2017 de Nanet
23/26

et du Challenge Read in English 2017 - 2018 que j'organise 
2

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Seven Sisters de Tommy Wirkola

Posté par Frankie le 6 décembre 2017 à 11:18 - Catégorie : , , ,
Titre original : What Happened to Monday?
avec Nomi Rapace, Glenn Close, Willem Dafoe

Résumé :
En 2043, naissent des septuplées alors que la politique de l'enfant unique est instaurée pour préserver la planète. Leur grand-père les appellent suivant les jours de la semaine et fait en sorte qu'une seule des filles ne sorte, suivant le jour de son nom et sous l'appellation Karen Settman. Tout se passe sans encombre pendant 30 ans jusqu'au jour où Lundi disparaît...



Mon avis :
Dès que j'ai entendu parler de ce film cet été, j'ai eu envie de le voir. Car le thriller S.F est un de mes genres de prédilection préférés, même si je n'en regarde plus autant qu'avant et le pitch était très prometteur. J'ai pu le voir en Tunisie en septembre et si la trame reste classique, le film est vraiment haletant à regarder.

2043, alors que la Terre est surpeuplée et ne peut plus faire vivre tous ses habitants, une politique de l'enfant unique voit le jour. Les parents qui ont un 2e enfant voient ce dernier leur être enlevé par le Bureau d'Allocation des Naissances dirigé par Nicolette Crayman et cryogénisé en attendant des jours meilleurs. Toute la population est mise sous surveillance au moyen d'un bracelet électronique. C'est dans ce contexte que Karen, la fille de Terrence Settman, met au monde des septuplées. Elle meurt en couches et Terrence nomme les petites filles chacune suivant un jour de la semaine et les élève en secret, ne les autorisant à sortir qu'une à la fois, le jour correspondant à leur prénom et sous le nom de Karen Settman. Les années passent et les 7 filles deviennent femmes et acceptent tant bien que mal cette vie monotone. Mais il en va de leur survie. Tout change le jour où lundi disparaît sans laisser de traces...

Voilà une histoire assez classique dans sa dystopie avec un gouvernement totalitaire qui emploie des méthodes coercitives pour le bien de tous, jusqu'au jour où la belle machine se grippe à cause d'un élément perturbateur, en l'occurrence ici la disparition d'une des soeurs Settman. Ce qui fait son originalité, c'est bien sûr l'histoire de ces 7 soeurs qui prennent tour à tour la même identité et devant la reproduire à l'identique, jusqu'au moindre bobo que l'une pourrait avoir. C'est vraiment le pan de l'intrigue que j'ai beaucoup aimé. Mais dans l'ensemble, j'ai aussi beaucoup apprécié le reste car c'est haletant, plein d'action et on ne s'ennuie pas une seconde.

Quand on a vu Orphan Black et Tatiana Maslany jouant différentes versions de son personnage à travers ses clones, difficiles de ne pas faire la comparaison quand on voit les 7 soeurs incarnées par Nomi Rapace. Et ce n'est pas à l'avantage de cette dernière, même si elle se débrouille bien. Mais il ne suffit pas de changer la coiffure et l'apparence des soeurs pour les jouer différemment. Tatiana Maslany arrive, elle, à jouer un clone endossant l'identité d'un autre clone et on voit les subtilités des deux personnages. Les sept soeurs de Nomi Rapace sont un peu trop identiques dans leur jeu et ce qui est marrant c'est qu'il y a une geek rasta, une collet montée etc, comme dans Orphan Black. Je chipote un peu car l'histoire des sept femmes est intéressante car les voilà condamnées à n'être qu'une entité alors qu'effectivement ce sont des êtres différents, avec des envies différentes. Et là, elles ne peuvent (avant que la machine ne s'enraye) être elles-mêmes que dans le vase clos de leur appartement. En dehors, elles ne sont que Karen Settman, un être qui n'existe pas. Et gare si l'une d'elle se blesse, toutes devront alors avoir la même blessure...

Comme les sept soeurs prennent pas mal de place, il en reste peu pour les autres personnages. Glen Close a un rôle assez caricatural (mais elle le joue bien), Willem Dafoe fait de la figuration au début et j'ai oublié les noms et les visages des autres personnages.

Tommy Wirkola est un réalisateur norvégien qui a déjà réalisé Hansel et Gretel, Witch Hunters. Il maitrise donc le bon nanar d'action et là dans Seven Sisters il se débrouille pas mal, faisant à la fois un film nerveux lorsqu'on sort de chez les soeurs et intimiste lorsqu'on se trouve dans leur appartement. Bon en revanche, les distributeurs ont encore fait très fort en traduisant le titre anglais, What Happened to Monday? (qu'est-il arrivé à Lundi ?) par un autre titre anglais, Seven Sisters. Pourquoi n'avoir pas mis Les sept soeurs, du coup ? Ce procédé me laisse toujours perplexe...

En conclusion, Seven Sisters est un très bon thriller de science-fiction, assez classique dans sa trame générale mais réussi grâce à l'histoire plutôt originale des sept soeurs. Et Nomi Rapace, même si elle n'arrive pas à la cheville de Tatiana Maslany, se débrouille très bien pour les interpréter. Alors si vous voulez aussi savoir ce qu'il est arrivé à Lundi ;) regardez-le !

Note :



Ce film fait partie du Film de la semaine 2017 de Benji
32/52

1

On regrettera plus tard d'Agnès Ledig

Posté par Frankie le 30 novembre 2017 à 09:11 - Catégorie : , , ,
Résumé :
Un soir d'orage, Valentine voit frapper à sa porte Éric et sa fille de 7 ans, Anna Nina. Voilà 7 ans que ceux-ci sillonnent les routes dans leur roulotte mais les dégâts occasionnés par l'orage les obligent à rester chez la jeune femme quelques semaines. Entre l'homme qui fuit depuis la mort de sa femme et la jeune femme qui n'a jamais voulu retenir un homme se noue une étrange relation, avec au milieu cette petite fille qui n'a jamais connu sa maman et qui aimerait bien en avoir une...


Mon avis :
J'ai lu tous les romans précédents (3) de l'auteur et j'avais acheté celui-là lors du Salon du livre de Paris en mars 2016 en me le faisant dédicacer par sa charmante auteure. J'ai un peu tardé pour le lire mais j'ai profité du challenge un genre par mois de novembre pour le sortir enfin de ma Pal (et j'avais pris soin de le mettre dans mon Challenge ABC pour être sûr de le lire cette année). Voilà un roman que j'ai trouvé vraiment touchant mais dont le plaisir de le lire a été un peu amoindri par une storyline annexe qui m'a agacée...

Voilà un roman à l'image des précédents d'Agnès Ledig, de jolies histoires, tendres et émouvantes, qui nous font sentir comme dans un cocon ou une bulle. J'étais bien partie pour avoir pratiquement un coup de coeur avec ce roman, comme avec Marie d'en haut auquel il fait un peu penser mais sur la longueur et la totalité de l'histoire, je suis un tantinet moins enthousiaste.

J'ai beaucoup aimé l'histoire entre Éric et Valentine et leur relation qui reste circonspecte et très réaliste. Même si on est dans une histoire doudou, on n'est pas dans un conte de fée où tout se résout par magie. Non, les vicissitudes de la vie font que on ne tombe pas amoureux comme cela et on n'envisage encore moins une vie ensemble en un claquement de doigts. C'est assez frustrant mais c'est la vie.

Si on a l'impression que le sujet principal du roman est la relation entre Éric et Valentine ou l'histoire d'Anna-Nina, petite fille adorable, en fait, pour moi, c'est surtout l'histoire de Valentine et son meilleur ami Gabriel. Et c'est là où le bats blesse un peu. Car Gabriel est un excellent ami mais son histoire personnelle n'est absolument pas intéressante. Ou plutôt elle est très agaçante et parasite le reste. Voilà un type très gentil certainement, très bien marié, amoureux (ou qui le croit) de sa femme, mais qui a une sorte d'infatuation pour une jeune femme qui ne le lui rend pas et toute son histoire c'est "ah elle ne me parle pas" "Ah elle ne me répond pas", "ah elle ne m'aime pas" et ça ma É-NER-VÉE ! Car il veut quoi finalement le Gabriel ? Quitter sa femme si l'autre répond à son "amour" ? Vivre une liaison clandestine qui ne peut le satisfaire ? J'ai l'impression que le sentiment qu'il ressent pour j'ai-oublié-son-nom tient plus de l'ordre du fantasme que d'autre chose. Et pendant ce temps, je pensais à son épouse qui ne se doutait de rien et l'aimait sans condition... Bon bref, vous l'avez compris, je n'ai pas été convaincue par ce côté-là du roman.

En revanche, j'ai beaucoup aimé la relation de la petite Anna-Nina avec Valentine. La petite est toute choupi, comme l'était la petite de Marie d'en haut, des gamines à croquer et à aimer. C'est vraiment le rayon de soleil de ce roman.

Parallèlement on suit aussi l'histoire d'une femme pendant la seconde guerre mondiale, enceinte et torturée par les Allemands puis recueillie par un jeune garçon lors de sa libération dans des circonstances dramatiques. On se demande longtemps quel est le rapport entre les deux histoires et les deux périodes et tout prend son sens vers la fin du roman et donne une touche assez émouvante à l'ensemble.

Valentine est une jeune femme sympathique, de son époque et qui a donc du mal à s'engager dans une relation sérieuse. Quand je dis sérieux, je veux dire à long terme plutôt. On peut avoir une courte relation tout à fait sérieuse ! :) Bon bref, je l'ai bien aimée.

Éric aussi est charmant, mais bon il est compliqué ce garçon. Mais on le comprend après ce qu'il a vécu. J'ai eu du mal parfois avec son côté très taciturne (mais qui est le propre de bien des hommes... non je ne fais pas de généralités mais des taiseux j'en ai pas mal dans mon entourage :D) mais 7 ans après la mort de sa femme, je comprend très bien qu'il la chérisse encore et n'aie pas forcément envie de refaire sa vie. D'ailleurs si le roman c'était terminé sur le fait que sa fille et lui partait définitivement, ça m'aurait été. Mais je suis contente aussi qu'il y ait une suite à l'histoire...

Le style de l'auteur est très agréable à lire, simple et doux et on sent toute la tendresse qu'elle a pour ses histoires et ses personnages.

En conclusion, On regrettera plus tard est une fois de plus un livre tout doux d'Agnès Ledig avec de beaux personnages, une histoire pas toujours facile à vivre pour eux et une petite fille adorable. Le seul hic est l'histoire de Gabriel qui est un personnage sympathique mais pénible avec ses amours... Mais si vous voulez à votre tour découvrir Éric, Valentine et Anna-Nina, la roulotte d'Éric, le village où vit Valentine et où l'on viendrait bien poser ses valises, lisez-le. Et malgré mes petites réserves, je serai ravie de retrouver tout ce petit monde dans De tes nouvelles.

Note :



Le roman fait partie du Challenge ABC 2017 de Nanet
22/26

et du Challenge Un genre par mois d'Iluze
ce mois-ci : contemporain
11/12

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Les Chuchoteurs, Walking Dead tome 27 de de Robert Kirkman, Charlie Adlard, Stefano Gaudiano et Cliff Rathburn

Posté par Frankie le 26 novembre 2017 à 10:30 - Catégorie : , ,
Titre original : The Whisperer War

Spoilers sur les tomes précédents

Résumé :
Alors qu'on se demandait quand allait avoir lieu l'affrontement contre les Chuchoteurs, paf voilà qu'un événement précipite les choses et ce sont eux qui vont aller porter l'estocade aux alliés de Rick.


Mon avis :
Nous voici déjà au 27e tome de Walking Dead, saga qui ne me passionne plus depuis un bout de temps mais que j'apprécie quand même de retrouver régulièrement. J'ai plutôt bien aimé ce tome-là qui relance encore un peu certaines choses et qui donnent envie de lire la suite.

Précédemment dans Walking Dead, alors que Rick et ses alliés fourbissaient leurs armes en attendant un affrontement inévitable contre les Chuchoteurs, Negan réussissait à s'évader (avec l'aide de quelqu'un) et ralliait les Chuchoteurs. Mais alors qu'on croyait qu'il allait tout faire pour s'incruster dans leur groupe, voilà qu'il tuait sauvagement Alpha. Quand le tome 27 commence, Negan, à la surprise générale, dont la mienne et celle des lecteurs, revient à Alexandria avec la tête d'Alpha en cadeau pour Rick et en voulant participer à la guerre contre les Chuchoteurs. Mais doit-on vraiment croire en sa sincérité ou joue-t-il encore un jeu pervers ? Pendant ce temps-là, les Chuchoteurs, emmenés par Bêta, veulent bien évidemment venger leur leader assassinée...

Avec ce tome 27, on est dans la suite des tomes précédents, la tension monte de plus en plus, on fourbit ses armes et l'une ou l'autre communauté va attaquer. Et c'est donc le cas ici. Mais ce n'est pas Rick qui va lancer les hostilités (on sait depuis que les Chuchoteurs ont massacré bien des siens qu'il est plus pour réfléchir avant d'agir) mais les Chuchoteurs eux-mêmes à cause de ce psychopathe de Negan qui a encore fait des siennes. Et la réponse des Chuchoteurs va être destructrice, comme va l'être la contre-attaque de certains alliés de Rick. C'est un tome avec pas mal d'action, peu de temps mort mais il faut dire qu'avec Negan un peu plus présent, le rythme est plus soutenu.

Rick est étonnamment très en arrière-plan dans ce tome. L'histoire porte sur ses lieutenants, ses alliés de la Colline comme Maggie, sur son fils, sur Dwight mais lui fait de la figuration. On sait qu'il a choisi de devenir un leader sage et éclairé (lol !) et donc de laisser les autres combattre mais bon, ça fait bizarre de le voir aussi en retrait.

C'est vraiment Negan qui est au centre de l'attention et on s'attend qu'à tout moment il fasse un mauvais coup comme il est coutumier du fait. Bon, spoiler, apparemment pour le moment, il s'est assagi...

Les Chuchoteurs aussi occupent une place importante dans l'histoire bien sûr et on peut voir leur machiavélisme et leur ingéniosité quand ils se battent et pour faire croire que le vent tourne en faveur de leurs adversaires. Il ne faut plus s'étonner qu'ils aient réussi leur coup quand ils avaient massacré tant de gens lors de la foire...

Pas grand chose à dire sur le style de l'auteur et les dessins des illustrateurs. Je reconnais de moins en moins certains personnages. Ça a toujours été le cas mais là, je me suis souvent demandé qui était qui, à part pour les plus évidents. Mais à un point où je me suis demandé si on n'avait pas changé de dessinateurs. Et non, ce sont pourtant toujours les mêmes.

En conclusion, un tome pas hyper passionnant mais intéressant à lire qui relance encore une fois un peu la machine poussive qu'est devenue Walking Dead. Il doit y avoir décidément quelque chose dans cette série car cela fait une bonne dizaine de tomes que je râle que c'est moins bien mais j'y reviens toujours et j'y trouve mon compte malgré tout. En tout cas, pour ceux qui auront persisté 26 tomes, si vous voulez savoir ce que devient Negan, ce que vont faire les Chuchoteurs pour se venger de la mort de leur Alpha et quel est le personnage (mais pas une personne !) emblématique de la saga qui va "mourir", lisez-le. Quant à moi, je vous retrouve très bientôt pour le tome 28 qui est sorti début octobre et que je vais sans doute lire pour le Bingo Séries de Shipou.

Note :


1

120 battements par minute de Robin Campillo

Posté par Frankie le 24 novembre 2017 à 08:39 - Catégorie : , ,
avec Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Adèle Haenel, Antoine Reinartz

Résumé :
Début des années 90, voilà des années que le Sida tue et que les pouvoirs publics sont lents à mettre en place des vrais parcours de soins et de thérapie. Pour contrer cette inertie, l'association militante Act UP - Paris organise des coups d'éclats pour faire bouger les choses. C'est dans ses locaux que le nouvel arrivant, Nathan rencontre l'écorché vif Sean...


Mon avis :
Dès que le film a fait le buzz au dernier Festival de Cannes, j'ai eu envie de voir le film et à ma grande joie, il est sorti lorsque j'étais encore en France fin août et j'ai pu aller le voir avec mon cher mari. Et c'est un film qui m'a bouleversée et qui sera sûrement, sauf grosse surprise de dernière minute, mon gros coup de coeur 2017.

Ce film est un petit bijou. Non mais vraiment. De prime abord, il ne paie pas de mine mais au fur et à mesure qu'on avance dans le film, il vous prend aux tripes et au coeur et vous en ressortez bouleversés.

Ce film est à la fois un docu-fiction et une magnifique histoire d'amour. Toute la première partie du film parle des actions d'Act-Up-Paris au début des années 90, de leur engagement dans la lutte contre le Sida, contre les pouvoirs publics et franchement, j'ai trouvé cela très intéressant. C'est bien sûr une oeuvre de fiction mais on a vraiment l'impression d'assister aux réunions de l’association. Et tout le film aurait porté sur cela, ça m'aurait très bien convenue. Car on voit des personnages marquants au cours de ces réunions et surtout, pour les jeunes qui grandissent maintenant, c'est nécessaire de rappeler qu'il y a eu des gens qui se sont battus pour que les malades du Sida ne soient plus des laissés pour compte ou des gens qu'on laisse mourir faute de traitements adéquats. Car je ne sais pas si vous vous en êtes rendus compte mais le Sida ne fait plus peur de nos jours et Act-Up n'est plus une association dont on parle beaucoup. Sous prétexte qu'il existe la tri-thérapie, nombreux sont les jeunes qui ne voient plus la maladie comme une menace et ne font plus attention... Il faut rappeler et marteler que si, la maladie existe et tue, que ces thérapies ne sont qu'une solution et qu'il faut encore et toujours essayer de trouver un vaccin ou un vrai remède. Et ce film permet de remettre les perspectives en place.

Bref, si la première partie du film parle d'Act-Up, l'histoire se resserre petit à petit pour se faire plus intimiste et parler de Sean, le militant activiste et atteint du Sida et Nathan, séronégatif mais qui milite aussi pour les Sidéens et nous raconter leur belle histoire. Et c'est beau. Et c'est émouvant. Et on pleure. Et franchement, je n'avais pas été émue comme cela depuis Brokeback Mountain, encore une belle histoire entre deux mecs...

Franchement si Nahuel Perez Biscayart n'a pas le César du meilleur acteur début mars prochain, je serai très en colère. Car il est vraiment épatant dans le rôle de Sean, le militant écorché vif. Et tellement choupinou qu'on a envie de le câliner :) Non mais franchement, il ne joue pas Sean, il EST Sean. Je ne le connaissais pas avant mais c'est déjà un acteur chevronné. Il a beaucoup joué en Argentine mais aussi en France depuis 2010 et outre le rôle de Sean, on peut le voir actuellement dans le film d'Albert Dupontel, Au revoir là-haut.

Arnaud Valois qui joue Nathan est également très bon mais un peu plus classique. Mais il est extrêmement touchant. Il a peu de films à son actif.

Les autres acteurs ne me sont pas très connus non plus mais ils sont tous excellents et naturels. J'ai beaucoup aimé Adèle Haenel, qui est sans doute la plus chevronnée, dans le rôle de Sophie mais j'ai aussi en tête et dans mon coeur Thibaut (le président de l'asso, rôle pas forcément très sympathique), Max, Eva, Marcus, Germain et j'en passe.

Robin Campillo est surtout scénariste. Il n'a que 3 films à son actif dont Les revenants, film qui a servi de base à la série du même nom. Avec 120 battements par minute, il nous offre un film sincère, vibrant, vivant malgré la mort qui rôde sans arrêt, touchant, amusant parfois, bref il nous fait palpiter pendant 2h20 et je peux vous dire que le film n'est vraiment pas trop long. Et j'espère que le film aura plein de récompenses aux prochains César (outre celui du meilleur acteur) et sera choisi pour le meilleur film étranger aux Oscars.

En conclusion, voici mon énorme coup de coeur de l'année avec ce film bouleversant sur une période historique de la lutte contre le Sida avec en point d'orgue une superbe histoire d'amour. Alors si vous aussi voulez vibrer au rythme de 120 battements par minute :), jetez-vous dessus dès qu'il sort en DVD ou courez le voir s'il passe encore en salle.

Note :
+++

Ce film fait partie du Film de la semaine 2017 de Benji
31/52

0

Le pacte de Sliter, L'Épouvanteur tome 11 de Joseph Delaney

Posté par Frankie le 21 novembre 2017 à 10:59 - Catégorie : , , , , ,
Titre original : Spook's Slither's Tale

Résumé :
Dans les contrées du Nord, Sliter, un mage Kobalos, un être à l'apparence d'un loup mais qui se tient sur deux pattes, a passé un pacte avec le fermier Rowler. Lorsque ce dernier meurt, Sliter doit honorer sa part du pacte. En échange de la vie sauve pour ses deux cadettes, il ne pourra vendre que Nessa, la fille aînée, comme esclave. Voilà donc Sliter et les 3 filles qui se lancent sur les routes où le danger guettent à chaque tournant...



Mon avis :
Voilà trois ans et demi que je n'avais pas lu de tome de l'Épouvanteur. Il faut dire qu'à l'époque, je les lisais en lecture commune et que nous avions rattrapé, avec le tome 10, le rythme des parutions des tomes. Du coup, chacune a vaqué à d'autres occupations et L'Épouvanteur est un peu tombé dans l'oubli. Enfin pour ma part. Mais cette année, la saga s'est rappelée à mon bon souvenir quand elle a a fait partie des challenges Livraddict et je me suis dit que c'était le bon moment pour se remettre dedans. Au début, je voulais faire l'impasse sur ce tome car j'avais envie de vite retrouver Tom, Alice et l'Épouvanteur. Puis après je me suis dit que si l'auteur faisait un tome sur ce personnage c'était peut-être parce qu'ils serait essentiel pour la suite, du coup, je l'ai lu et  j'ai bien fait car il est super à lire.

Sliter est donc un mage Kobalos, créature à forme de loup qui tient se tient comme un homme et parle. Les Kobalos vivent plusieurs siècles, se nourrissent de sang et ont des pouvoirs magiques. Sliter peut, lui, grandir et rapetisser à volonté. La cité des Kobalos, Walkarky, est située près du cercle Arctique mais certains vivent en Haizdas, des cités d'humains dont un Kobalos est le maître et qui se nourrit de ses sujets. La Haizda de Sliter se situe au Nord de l'Europe et le fermier Rowler et ses filles en font partie. Quand les filles étaient toutes petites, Rowler a passé un pacte avec Sliter. En échange de sa coopération dans la vie de tous les jours, lorsqu'il (Rowler) mourrait, Sliter pourrait vendre Nessa comme esclave, comme c'est l'usage, mais il laisserait la vie sauve à ses deux plus jeunes filles et les confierait à leur parentèle. Lors de la mort du fermier, Sliter entend bien respecter les termes du contrat et en compagnie de Nessa et de ses deux soeurs, il s'élance sur les routes. Mais leur voyage ne va pas être de tout repos et ils vont vivre maintes mésaventures toutes plus dangereuses les unes que les autres, surtout pour les créatures appétissantes que sont les filles du fermier...

J'ai pris le temps de faire un résumé détaillé pour bien mettre l'histoire en place. Car là on est loin du Comté, des sorcières et des Épouvanteurs. Et après les légendes anglaises, irlandaises, grecques et roumaines, c'est celles du Nord (Finlande, Suède, Norvège ?) que l'auteur nous conte. Ou pas. Car je n'ai rien trouvé sur internet qui m'indiquerait de quelle légende est tiré ce tome. J'ai juste trouvé une référence aux Kobalos qui viendraient de la mythologie grecque (on est donc très loin du Nord) et qui étaient des compagnons de Dionysos et plutôt des genres de trolls blagueurs. Rien à voir avec Le Grand Méchant Loup de ce tome (et là, Frankie a tout lâché pour aller regarder Les trois petits cochons de Disney sur Youtube ! :D oui, vraiment !). Du coup, je ne sais pas d'où Joseph Delaney a tiré son histoire. De son imagination fertile, je suppose ! :D

Quoi qu'il en soit, j'ai été très surprise d'aimer autant cette histoire. Je ne suis pas super fan des tomes où l'auteur s'éloigne de son sujet principal, même si j'avais bien apprécié celui sur Grimalkin, mais celui sur les sorcières ne m'avait pas passionnée et donc j'ai commencé à lire ce tome 11 un peu à reculons. Mais bien vite, j'ai été plongée à fond dans l'histoire de cette créature féroce et sanguinaire, pas franchement attachante mais qui, grâce à son interaction avec Nessa, la fille du fermier de sa Haizda, arrive à s'humaniser un peu. C'est un peu le conte de La belle et la bête revisité, mais sans aucune romance.

C'est un tome qui est mené tambour battant sans trop de temps mort. Sliter et les 3 filles du fermier vivent maintes aventures, toutes plus terrifiantes les unes que les autres et on se demande vraiment s'ils vont s'en sortir à chaque fois. Et il faut avoir l'estomac bien accroché ! Les tomes de L'épouvanteur ne font généralement pas dans la délicatesse au niveau terreur mais là je l'ai trouvé particulièrement sanglant et gore. Plusieurs fois, j'ai eu l'estomac qui faisait des saltos :) Mais c'est ce que j'aime aussi avec cette saga, elle ne fait pas dans la dentelle. Et puis on a déjà Grimalkin qui elle aussi est bien sanguinaire.

Sliter n'est pas un personnage très attachant, je l'ai dit, ni même aimable. Mais c'est intéressant de le voir évoluer au fil des pages et se démarquer de ses congénères qui restent des cruels sauvages. J'ai dit que c'était grâce à Nessa qu'il s'humanisait mais je pense qu'il avait un "bon" fond auparavant, puisqu'il passe un pacte avec le fermier alors qu'il aurait très bien pu prendre tout le sang qu'il voulait, même tuer le fermier et ses filles, et sans état d'âme.

Nessa aussi est intéressante car ce n'est pas seulement une jeune fille en détresse. Elle a de l'aplomb, du courage et ne s'en laisse pas conter face à Sliter. Et elle sera une alliée en certaines circonstances.

En revanche, ses soeurs sont insignifiantes et sans intérêt. Elles passent leur temps à pleurnicher et se plaindre. Bon pour la petite c'est un peu normal mais la cadette, qui n'a qu'un ou deux ans de moins que Nessa, est un vrai boulet.

On retrouve avec plaisir un personnage emblématique de la saga et qui va être d'une aide précieuse dans les aventures de Sliter and co. Je ne vous dis pas son nom mais vous pouvez sûrement le devenir surtout que je l'évoque dans cette chronique.

Le style (la traduction, plutôt), est très agréable à lire. Ça se lit tout seul, les descriptions sont intéressantes, très réelles, j'ai vraiment aimé que l'auteur nous emmène encore ailleurs dans le grand Nord et j'ai frissonné quand il parlait de neige :) Et la ville des Kobalos est impressionnante (et terrifiante).

En conclusion, je ne regrette pas du tout d'avoir lu ce tome sur Sliter et j'ai presque eu un goût de trop peu car quand j'ai refermé le livre j'ai eu l'impression qu'on venait à peine de faire connaissance avec Sliter, le mage Kobalos, et Nessa l'humaine. Du coup, j'espère que Tom croisera leur route et qu'on les reverra, même si la fin du roman apporte une conclusion satisfaisante à l'histoire de chacun. Et si, vous aussi, voulez découvrir qui sont ces cruels mages Kobalos, qui est Sliter et en quoi il se démarque de ses congénères et surtout si quelqu'un va couper le sifflet à la pénible soeur cadette de Nessa :), lisez-le !

Note :



Le roman fait partie du Challenge de la Licorne
Fantasy : 2/9
Total :4/18
Point Bonus pour le livre : 3
et 1 point pour l'alternance des genres

et du Challenge Jeunesse/Young Adult de Muti
2/10

du Baby Challenge Jeunesse de Livraddict
5/5
7/20

et du Baby Challenge Fantasy
5/5
14/20

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