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Le mystère de Callander Square, Charlotte et Thomas Pitt tome 2 d'Anne Perry

Titre original : Callander Square

Résumé :
Les cadavres de deux nourrissons sont découverts dans le jardin d'un square londonien. L'inspecteur Pitt est chargé de l'enquête. Mais sa femme Charlotte entend bien enquêter elle aussi et se met en tête de découvrir les secrets qui se cachent derrière les belles façades du square...



Mon avis :
J'avais lu le premier tome de cette saga voilà déjà plus de trois ans et j'avais beaucoup aimé l'enquête policière se passant sous l'ère victorienne avec des personnages plutôt sympathiques à suivre. Cette année, je me suis quand même dit qu'il fallait que je reprenne surtout qu'il y a pas loin de trente tomes et je serai grabataire à ce compte-là quand j'arriverai au bout, si jamais j'y arrive... Bon bref, pour en revenir à ce Callander Square, je l'ai trouvé dans la lignée de la première enquête très agréable à lire et surtout prétexte à pointer du doigt la bonne société londonienne de la fin du XIXe siècle.

Voilà deux ans que Thomas Pitt a épousé Charlotte et qu'ils coulent des jours tranquilles. Charlotte attend leur premier enfant tout en tenant sa maisonnée. Quand deux nourrissons sont découverts morts dans un square londonien et que Thomas est affecté à l'enquête, Charlotte et sa soeur vont également enquêter de leur côté pour découvrir quels secrets cachent les habitants du très huppé square Callander...

Ce deuxième tome reprend, par bien des aspects, des thèmes déjà évoqués par l'auteur dans l'histoire précédente, à savoir une vision assez acerbe de la société bourgeoise et aristocratique londonienne, qui semble bien sous rapports mais qui, dès qu'on gratte un peu le vernis, se révèle avoir bien des secrets. Et cette triste histoire de nourrissons morts ou tués à la naissance va démontrer la veulerie de certains. C'est l'aspect du roman que j'ai le plus aimé, cette peinture de la fin du XIXe, ces hommes qui semblent tous avoir quelque chose à cacher (difficile de trouver qui est le coupable) et ces femmes qui en savent davantage que ce qu'elles ne montrent.

Ce roman parle aussi beaucoup du mariage et du couple. Comment les hommes et les femmes "de la haute" se marient sans se connaître, cohabitent sans vraiment vivre ensemble, chacun vacant aux tâches qui leurs sont assignés et qui, au final, restent deux étrangers même au bout de 30 ou 40 ans de vie commune. J'ai aimé comment certains hommes de Callander Square découvrent qu'ils ont une épouse qui a de la jugeote, qui en savent davantage que ce qu'ils voudraient. Car il ne faut pas se voiler la face, la société londonienne est une société masculine où les épouses sont réduites à l'état de mères et de régentes de la domesticité et où les filles et les femmes n'ont pour seules échappatoires ou loisirs, que d'avoir des histoires d'amour illicites qui bien souvent débouchent sur de grossesses non désirées. Et je ne parle pas des petites femmes de ménage, qui sont à la merci du désir de leurs patrons... Mais au moins cette histoire va permettre à certaines de ces femmes de ce rendre compte qu'elles aussi ont une place et peuvent montrer ce qu'elles savent faire...

L'enquête, elle, est plus classique. Elle est assez triste puisqu'elle concerne des enfants mais d'autres meurtres vont venir prendre le pas sur cela. C'est l'occasion pour Thomas Pitt de démontrer qu'un policier n'est pas qu'un subalterne désargenté qu'on peut manipuler et que personne n'est au-dessus des lois. J'ai juste regretté qu'il ne soit pas plus présent. Il sert un peu à passer les plats si vous me pardonnez cette expression. Mais j'aime beaucoup son personnage et son intégrité.

On voit un peu plus Charlotte car elle s'arrange pour être au coeur des affaires. Sinon en tant que femme de policier qui n'a pas un sou, elle resterait cantonnée chez elle. J'aime beaucoup ce personnage avec son caractère têtu et son opiniâtreté mais j'espère que la prochaine fois, on la verra encore davantage.

J'avais trouvé Emily, sa soeur, bécasse dans le premier tome, là je dois dire que j'ai un peu révisé mon jugement. Elle est en fait assez marrante et plus futée qu'elle n'en a l'air. Et ses contacts sont très utiles dans cette enquête. On voit qu'elle aussi n'a pas envie de s'ennuyer dans la vie qu'on attend d'elle et qu'elle a envie d'autre chose, d'un peu plus de piment.

Parmi les gens de Callander Square, peu sont sympathiques, en tout cas, les hommes. Mais j'ai bien apprécié le général Balantyne, un homme solide et plutôt sympathique. Et j'ai beaucoup aimé Jemina, une préceptrice, sans doute parce qu'elle ne fait pas partie de la bourgeoisie et de l'aristocratie.

Le style de l'auteur est très agréable à lire en anglais. J'aime qu'elle adapte son écriture à l'époque qu'elle décrit, cela donne un côté très charmant.

En conclusion, Le mystère de Callander Square est un roman policier très agréable à lire, surtout pour la société qu'il dépeint plus que pour l'enquête elle-même qui va pourtant révéler les fissures qui craquèlent les belles façades des demeures victoriennes. Et si vous voulez savoir ce qu'il s'est vraiment passé à Callander Square et qui sont ces deux nourrissons retrouvés morts, lisez-le. Quant à moi, j'espère ne pas mettre trop de temps pour retrouver Thomas et Charlotte Pitt.

Note :



Le roman fait partie du Challenge ABC 2017 de Nanet
12/26

du Challenge Polars et Thrillers de Sharon
8

du Challenge Thrillers/Fantasy de Licorne
Thrillers/policiers 6/6
Total : 11/12
+ 3 points pour le livre
+ 1 car l'auteur est une femme

et enfin du Challenge Read in English 2016 - 2017 que j'organise
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Monsieur et Madame Adelman de Nicolas Bedos

Posté par Frankie le 11 juin 2017 à 10:31 - Catégorie : , , ,
avec Dora Tillier, Nicolas Bedos, Pierre Arditi, Denis Podalydès

Résumé :
Pendant presque 50 ans, Sarah et Victor se sont aimés, souvent déchirés, parfois quittés, lui est devenu un écrivain célèbre, elle la femme de l'ombre. Le jour de l'enterrement de son mari, Sarah accepte de raconter sa version de la vie de monsieur et madame Adelman à un journaliste...




Mon avis :
Vous avez dû le remarquer, je vais rarement voir des films français au cinéma (mais ça m'arrive). Généralement, j'attends qu'ils sortent en DVD ou qu'ils passent à la télé. Mais c'est là où la promo de Monsieur et Madame Adelman a été très bien faite car j'en ai beaucoup entendu parler à la radio et Ruquier en a fait une pub d'enfer à On n'est pas couchés. Du coup, j'ai eu très envie de le voir dès sa sortie, surtout que j'étais en France à ce moment-là. Et j'ai adoré ce film drôle et touchant, pas exempt de défauts mais porté par une actrice lumineuse et caméléon.

Sarah et Victor sont étudiants quand ils se rencontrent au début des années 70. Lui veut devenir écrivain, elle tombe sous le charme et le poursuit de ses assiduités. Ils vont s'aimer passionnément, lui va devenir un écrivain célèbre, elle le soutenir dans l'ombre, jusqu'à se perdre parfois. La vie va les éprouver, ils vont se quitter, se retrouver, jamais cesser de s'aimer. Quand Victor meurt en 2015, tout le monde se pose des questions sur les circonstances de ce décès soudain. Sarah, le jour des obsèques, décide de raconter sa version de leur vie commune à un jeune homme qui voudrait faire sa biographie...

Avec ce film, ce sont 45 ans de la vie d'un couple qui sont passés au microscope. Une vie avec ses hauts et ses bas, ses joies et ses épreuves et tout ce qui fait qu'on restent ensemble, ou pas. Une histoire assez classique somme toute et déjà vue et revue depuis que le cinéma existe. Alors qu'est-ce qu'il fait que la sauce prend malgré la non originalité du sujet ? Tout d'abord, c'est très ludique et lumineux, en tout cas dans la première partie, on rit beaucoup devant l'acidité de certaines scènes, notamment les scènes familiales, on fond devant le couple Sarah et Victor (même si elle est peu "stalkeuse" avant) et on se prend à rêver que le côté comédie romantique reste de bout en bout.

Mais le film montre que la réalité ce n'est pas que cela, il y a l'usure du temps et les jalousies et si le film accuse un petit coup de mou au milieu, notamment quand Victor est en plein succès et que Sarah en plein doute, c'est intéressant à voir. Et puis la dernière partie est excellente aussi, notamment certaines révélations.

Mais ce qui fait le charme fou de ce film c'est son actrice principale, Dona Tillier. Je suis complètement tombée amoureuse de cette comédienne aux multiples facettes. Je ne la connaissais pas du tout et je savais à peine à quoi elle ressemblait (si, je l'ai vue chez Ruquier). Si bien qu'elle interprète Sarah de façon tellement convaincante à chaque étape de sa vie qu'on ne sait pas très bien si dans la réalité elle a 20 ans, 40 ans, 75 ans. En vrai elle en a 31 :) mais c'est pour dire qu'elle est belle et convaincante à chaque âge (et très bien maquillée). Et son compagnon, Nicolas Bedos, la filme de façon sublime. Franchement, j'espère qu'elle sera nommée aux prochains César, elle est au moins aussi convaincante que Virginie Efira dans Victoria.

J'avoue que je ne connais pas bien Nicolas Bedos, le fils de Guy. Je sais qu'on l'aime ou qu'on le déteste, qu'il peut être très mordant et que c'est un touche à tout, chroniqueur, scénariste, acteur et j'en passe. À chaque fois que je l'ai vu quelque part, je l'ai bien aimé. Dans son film, il passe très bien en personnage écrivain bobo parfois bougon, il n'en fait pas des tonnes et sait s'effacer derrière son personnage, même si finalement on voit qu'il est écrit sur mesure.

Les autres acteurs ont du mal à exister mais il y a quand même Arditi en père pas très sympa (et l'acteur a vieilli !) et Denis Podalydès très bon en psy.

Pour ce qui est de la réalisation, c'est le premier film de Bedos, c'est plutôt bien filmé avec des aller-retours entre le présent (l'enterrement de Victor) et le passé (tout le reste). On a reproché au film d'être bobo parisien, je suis la première que ça crispe quand c'est le cas dans un roman ou un film mais franchement là ça ne m'a pas dérangée car j'étais sous le charme.

En conclusion, si vous cherchez une belle histoire d'amour racontée sur plus de 45 ans, avec des moments de grâce, des révélations et une actrice belle à tomber, lumineuse et qui éclaire ce film de sa grâce, il est fait pour vous. Certes, il n'est pas parfait et à un petit coup de mou au milieu mais franchement, j'ai eu un gros coup de coeur pour lui et j'ai très envie de le revoir. Alors n'hésitez et venez découvrir qui sont Monsieur et Madame Adelman ! Il pourrait même vous surprendre !

Note :
+ +


Le film fait partie du Film de la semaine 2017 de Benji
14/52

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C'est lundi ! Que lisez-vous ? (270)

Posté par Frankie le 5 juin 2017 à 08:08 - Catégorie : ,

Bonjour bonjour ! C'est à nouveau lundi et même si c'est férié pour certains, on est tous sur le pont (ha ha !) pour faire le point sur nos lectures dans ce rendez-vous créé par Mallou et repris par Galleane.

- La semaine dernière, je n'ai lu que De soie et de sang, le 5e tome des enquêtes de l'inspecteur Chen de Qiu Xialong. Un très bon tome encore, j'adore le personnage de Chen, l'ambiance de Shanghai dans les années 90 et la bouffe constamment présente qui donne envie de sauter dans le premier avion pour aller manger là-bas :D Et l'enquête était, accessoirement, très intéressante. Et je n'ai ni lu le tome 26 de Walking Dead ni le tome 3 de Miss Peregrine comme prévu car j'avais complètement oublié que le premier juin sortait le tome 3 de La Passe-Miroir de Christelle Dabos et j'ai eu envie de le lire donc je l'ai commencé hier soir.

- Aujourd'hui, donc, je lis La mémoire de Babel, le tome 3 de La Passe-Miroir, je suis ravie de retrouver cet univers. Je sens que je vais le lire rapidement ! :)

- Cette semaine, je vais donc lire La Passe-Miroir 3. Après je lirai sûrement L'appel aux armes, le tome 26 de Walking Dead de Robert Kirkman et Charlie Adlard comme j'avais prévu et après, comme je n'aime pas lire deux fois le même genre et que les Miss Peregrine sont des romans jeunesse fantastiques un peu dans le même genre que La passe-miroir, même si l'un est fantastique et l'autre fantasy, je vais attendre un peu et lire le tome 1 des Chroniques d’Édimbourg, 44 Scotland Street de Alexander McCall Smith que j'ai dans ma Pal depuis longtemps. Je crois que c'est un peu le même style que les fameuses Chroniques de San Francisco mais en Écosse :) Et ce sera tout ! :)

Bonne semaine ! Et n'hésitez pas à laisser un petit commentaire ! ;)

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Ça déménage, Le journal d'Aurélie Laflamme, tome 6 d'India Desjardins

Posté par Frankie le 4 juin 2017 à 11:13 - Catégorie : , , , ,
Résumé :
La fin de l'année approche mais pour Aurélie, les vacances ont une saveur douce-amère car sa maman a décidé de vendre la maison dans laquelle elles vivaient depuis si longtemps, pour commencer une nouvelle vie avec François son compagnon. Et Aurélie n'est pas prête à quitter ce cocon si chargé en souvenirs de son papa...




Mon avis :
Après avoir lu La servante écarlate, j'ai eu vraiment envie d'une lecture légère et fraîche et j'ai donc jeté mon dévolu sur la sympathique Aurélie Laflamme que j'ai retrouvée dans sa 6e aventure, un tome très amusant à lire avec son lot d'émotions malgré tout et une Aurélie qui grandit encore un peu plus.

Il reste encore deux mois avant les grandes vacances mais Aurélie n'est pas pressée de les voir arriver. Car cela signifiera qu'elle devra quitter la maison où elle a grandi et a tant de souvenirs avec son papa. Car sa mère a décidé de s'installer avec François dans une nouvelle maison et évidemment Aurélie n'a pas son mot à dire. Heureusement, elle peut compter sur ses meilleurs amis pour la soutenir et l'aider à passer ce cap difficile.

Voilà une chronique qui va être assez rapide car au bout de 6 tomes, il n'y a rien de bien nouveau dans Le journal d'Aurélie Laflamme. Le schéma est toujours le même, on suit la jeune fille dans son quotidien sur 4 mois, ici de mai à août, soit deux mois d'école et deux mois de vacances, on a droit aux jolis petits dessins au début de chaque mois et une Aurélie qui raconte sa vie de façon drôle et touchante.

Si le tome précédent se focalisait surtout sur son histoire d'amour avec le beau sportif du lycée et les décisions parfois hasardeuses qu'elle prenait, notamment concernant ses amis, là on est de retour au groupe soudé entre Aurélie et Kat (même si celle-ci roucoule au début) et qui se cimente encore plus. On est à l'époque où l'amitié va durer toujours, envers et contre tout :)

Et puis il y a cette histoire de déménagement qui perturbe notre jeune adolescente qui a déjà les hormones qui bouillonnent d'un rien alors imaginez lorsqu'on la sort de son cocon habituel. J'y ai retrouvé beaucoup de ma fille qu'on a fait beaucoup bouger depuis sa plus tendre enfance mais l'adolescence a été vraiment une période difficile pour elle quand il a fallu déménager (à peu près tous les trois ans). C'est l'époque où les amis, les copains, voire les petits copains sont plus importants que tout et surtout les parents et où tout prend des proportions cataclysmiques ! J'ai cru parfois qu'on allait devoir la laisser en arrière... Alors qu'à peine arrivée dans un nouvel endroit, tout allait bien au bout de deux jours ! ^^ Et l'on retrouve tout cela avec Aurélie avec son enthousiasme et sa verve habituels. C'est là où cette série est toujours très juste.

Aurélie Laflamme est toujours un personnage très attachant. Elle peut être terriblement agaçante parfois mais dès qu'elle nous énerve un peu, pouf, elle dit ou fait quelque chose qui nous émeut aux larmes et on a envie de la consoler très fort. C'est le propre de cette période adolescente. Même si ce changement de vie occupe beaucoup la jeune fille, elle n'en oublie pas pour autant les affaires de coeur, même si en début de tome, elle avait l'air sevrée des garçons. Y aurait-il un nouveau petit copain dans l'air ? Hum je vous le dirai quand je lirai le prochain tome :)

Je n'ai pas grand chose à dire sur les autres personnages. J'aime toujours beaucoup la maman qui n'a pas la vie facile entre son adolescente de fille qui a des sautes d'humeur (et bien sûr c'est TOUJOURS la faute de la maman, merci, j'ai donné aussi !) qui ne se rend pas toujours compte que ce n'est pas facile aussi, que lorsque Aurélie a perdu son papa, elle a perdu un mari, et son désir de tourner la page, d'avancer, d'avoir une nouvelle vie, à deux avec François, à trois avec sa fille et c'est bien normal.

J'aime aussi beaucoup Tommy, le meilleur ami d'Aurélie, je trouve que c'est un chouette ado. En revanche, j'ai toujours du mal à accrocher avec Kat. C'est une très bonne amie pour Aurélie mais bon, ça passe moins avec elle.

Pas grand chose à rajouter sur le style de l'auteur, j'en est parlé plus haut, c'est ado, c'est frais, c'est amusant, on rit souvent, on a les larmes aux yeux parfois. Et le livre objet est encore bien joli avec une couverture orange cette fois-ci.

En conclusion, ce tome 6 est une lecture fraîche et très sympathique où l'on voit notre ado de 16 ans en plein bouleversements de toute sorte et notamment à cause de ce fameux déménagement. Mais cela fait grandir la jeune fille et la fait gagner encore en maturité. Alors si vous voulez savoir comme va se passer ce déménagement et si finalement Aurélie va accepter sa nouvelle maison et quelle direction sa vie aura prise au bout de ces 4 mois mouvementés, lisez-le.

Note :



Le roman fait partie du Big Challenge 2017 de Livraddict
3/8
8/100

du Baby Challenge Jeunesse
2/5
4/20

et du Challenge Jeunesse/Young Adult de Mutinelle
6/10

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C'est lundi ! Que lisez-vous ? (269)

Posté par Frankie le 29 mai 2017 à 08:54 - Catégorie : ,

Bonjour tout le monde ! En ce dernier lundi de ce joli mois de mai :) je vous retrouve pour faire le point sur mes lectures dans ce rendez-vous créé par Mallou et repris par Galleane.

- La semaine dernière, j'ai continué et terminé White Witch, Black Curse, le tome 7 de Rachel Morgan de Kim Harrison. J'ai énormément aimé ce tome, qui est un peu de transition ou qui termine un cycle. C'est parfois un peu long à lire mais franchement j'ai été prise par le charme qui se dégage du roman. Et je n'ai pas commencé le tome 3 de Miss Peregrine comme prévu mais De soie et de sang, le tome 5 des Enquêtes de l'inspecteur Chen de Qiu Xiaolong. 

- Aujourd'hui, je lis donc De soie et de sang. J'ai juste commencé car hier soir je me suis endormie au bout de 5 pages :/ mais c'est toujours un plaisir de retrouver le flic-poète Chen et son univers.

- Cette semaine, je vais donc finir De soie et de sang et ensuite je commencerai le mois  de juinavec L'appel aux armes, le tome 26 de Walking Dead de Robert Kirkman et Charlie Adlard, qui sera vite lu comme c'est un comics et ensuite je lirai enfin Library of Souls (La bibliothèque des âmes), le tome 3 de Miss Peregrine et les enfants particuliers de Ransom Riggs.

Et si ça vous intéresse, j'ai publié mon avis sur La servante écarlate de Margaret Atwood. C'est une chronique qui me tient à coeur donc je tiens à la partager.

Bonne semaine et bonnes lectures à tous !

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La servante écarlate de Margaret Atwood

Posté par Frankie le 27 mai 2017 à 10:55 - Catégorie : , , , ,
Titre original : The Handmaid's Tale

Résumé :
Dans un futur proche, une jeune femme raconte son quotidien dans une société totalitaire qui a pris le pouvoir aux États-Unis et déchu toutes les femmes de leurs droits...




Mon avis :
Sans la série télé qui vient de commencer, je ne sais pas si j'aurais lu ce livre. Je le connaissais de nom, même si avant je le confondais avec La lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne qui raconte l'histoire d'Hesther Pryme, femme adultère dans l'Amérique puritaine, mais n'avais jamais eu envie de le lire. Et puis j'ai donc vu la bande-annonce de la série et je me suis dit qu'il fallait que je lise le roman avant. Et puis Arcaalea l'a lu et m'a définitivement donné envie de le découvrir. Au final, j'ai été glacée par cette histoire pas si fictionnelle que ça mais il m'a manqué quelque chose pour vraiment être passionnée.

Dans un futur proche, après des crises économiques et des catastrophes écologiques qui ont vu le taux de natalité chuter de façon dramatique, le gouvernement des États-Unis a été renversé et remplacé par un régime théocratique et militaire et le pays a pris le nom de République de Gilead. La constitution a été remplacée par les préceptes très stricts de l'Ancien Testament et les femmes ont été déchues de tous leurs droits et réparties en caste, Femmes, Bonnes et les Servantes, jeunes femmes fertiles destinées à la reproduction de l'espèce et habillée d'une longue robe rouge écarlate et d'une coiffe blanche. Chaque Servante est attribuée à une maison dans laquelle vivent un haut dignitaire, le Commandant et son épouse stérile, et le rôle de la Servante est de donner un enfant à ce couple après s'être accouplée chaque mois avec le chef de la maison lors d'un acte appelé Cérémonie. Une de ces Servantes, appelée Offred (DeFred en français car le maître de maison s'appelle Fred...) nous raconte son quotidien, dur, sans espoir et se rappelle sa vie passée auprès de son mari et leur fille, quand elle travaillait et vivait librement...

La servante écarlate est un roman dont on ne ressort pas indemne. Il révolte tout autant qu'il glace et fait prendre conscience de la chance qu'on a de vivre, pour le moment, dans une société où l'on a encore des droits, que l'on soit homme ou femme, mais surtout femme. Le roman a été écrit il y a plus de 30 ans, en 84 et sorti en 1985. À cette époque, post hippie, on n'imaginait pas que nos droits puissent être remis en cause. Même si aux États-Unis, l'ère Reagan battait son plein et certaines factions de la droite dure des Républicains prônaient un recul sur certains droits. À cette époque, l'auteur s'est surtout inspirée de ce qu'il s'était passée en Iran, qui a ravalé les femmes, qui étaient plutôt libres à cette époque, à des êtres dépendants, voilés et sans droits.

Trente ans plus tard, le roman de Margaret Atwood résonne bien différemment. Dans de nombreux pays, le nationalisme monte, la peur du terrorisme fait se replier les peuples sur eux-mêmes, les religions se radicalisent et les USA ont élu Donald Trump et sa cohorte de politiciens blancs ultra-religieux, qui voudraient interdire le droit à l'avortement aux femmes, leurs droits à la contraception, qui remettent en cause les droits des mouvements LGBT et coupent les dons aux associations et planning familiaux. Lisez le livre et vous verrez que La servante écarlate n'est plus tellement un roman d'anticipation. Tout comme 1984 d'Orwell l'est de moins en moins... Je ne dis pas que l'Amérique est sur le point de basculer vers une république de Gilead mais je dis qu'il faut être vigilant.

Vous comprendrez donc pourquoi à la lecture ce roman on ressort assez bouleversé. Car Offred, demain, ça pourrait être vous, ça pourrait être moi (ah moi, moi je suis trop vieille, je serais envoyée aux Colonies pour y mourir...). Et le quotidien d'Offred n'est pas une partie de plaisir croyez-moi. La jeune femme raconte minutieusement ce qu'il en est, la solitude, le fait de ne laisser ressortir aucune émotion, les viols à répétition chaque mois, car appelons un chat un chat. Mais il y a aussi ces souvenirs qui lui permettent de tenir, souvenirs de sa vie d'avant et l'espoir que peut-être, un jour, tout pourrait changer...

Et ce qui est révoltant, c'est que on voit qu'on a beau vivre sous un régime ultra religieux, les instincts des hommes ne sont jamais étouffés et ils s'arrangent toujours pour les assouvir d'une manière ou d'une autre, aux dépends de la dignité des femmes d'ailleurs...

Ce qui m'a empêchée de vraiment apprécié le roman, c'est la façon dont il est narré. Offred raconte sa vie de façon neutre, sans laisser paraître beaucoup d'émotion et du coup, on se sent un peu en marge de sa vie. C'est terrible certes mais j'ai manqué un peu d'empathie. Et on ne sait pas grand chose de ce qu'il se passe ailleurs (à dessein d'ailleurs puisque les femme ne doivent plus savoir lire ni connaître les nouvelles). On suppose ou plutôt devine que ce régime est circonscrit aux seuls États-Unis (il faut d'ailleurs voir les touristes japonaises visiter la ville où vit Offred) et il faut attendre plus de la moitié du roman pour savoir comment tout ça est arrivé. Et la fin, sous forme d'une conférence se passant une bonne centaine d'années après, éclaircit certains points.

On souffre beaucoup pour Offred, dont on ne connaît jamais le vrai prénom, contrairement à la série qui le donne (tout comme le nom du Commandeur, ou Commandant, n'est pas connu), car c'est un personnage qui a été libre et qui se retrouve enfermée dans un carcan et une idéologie du jour au lendemain. Elle m'a bien évidemment touchée, surtout pour sa façon de rester "libre" comme m'ont touchée OfGlen, une autre servante écarlate, sa binôme ou encore Moira, sa meilleure amie dans sa vie d'avant.

C'est difficile de se prononcer sur le Commandant et sa Femme, qui semblent faire partie du système mais ont aussi leurs fêlures. Mais c'est difficile de les plaindre... Et puis il y a Nick, le Gardien, chauffeur, homme à tout faire de la maison...

Ah et je n'ai pas parlé des Tantes, ces femmes psycho-rigides qui dressent les jeunes femmes à devenir de bonnes Servantes. Les scènes dans le Centre où Offred et Moira passent avant d'être postées dans des familles sont souvent dures.

Le roman est très bien écrit, pas très difficile à comprendre en anglais mais je l'ai dit, il m'a manqué un quelque chose dans cette écriture pour être vraiment emballée.

En revanche, je suis passionnée par la série télé. Pour le moment, 7 épisodes ont été diffusés et c'est une excellente adaptation. Elizabeth Moss joue une magnifique Offred qui garde toujours une touche de cynisme et une pointe d'humour dans ce qu'elle raconte ce qui la rend plus vivante que son double de papier. D'ailleurs j'ai l'impression que certaines règles sont un peu moins rigides que dans le roman mais ce n'est qu'une impression. Car la série est aussi glaçante et révoltante que le roman et chaque épisode me laisse en vrac et j'y pense des heures après.

En conclusion, je pourrais vous parler encore et encore de ce roman, de la série, des thèmes qu'il aborde et dont il est impossible de ressortir indifférent et que sera l'une des lectures marquantes de mon année, même si le style de narration m'a laissée un peu trop spectatrice (et c'est peut-être tant mieux). Mais ne peux que vous conseiller de le lire pour en découvrir la teneur ou de regarder la série et d'espérer que l'histoire que le roman raconte restera ce qu'il est : un roman d'anticipation et non pas un livre d'histoire un jour...

Note :



Le roman fait partie du Challenge Read in English 2016 - 2017 que j'organise
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